‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 100 sur 112 · TUMEURS ÉRECTILES · texte numérisé non relu

TUMEURS ÉRECTILES

ianç. Je fis alors an pli à la peau, j'en traversai la base avec une épingle or* ilinaire. Jëbarbai ensuite avec des ciseaux le sommet du pli, et je terminai par une suture enlortille'e qui provint toute hémorrhagie ultérieure.

Ce petit point vasculaire parais^iait s'être ouvert spontani^ment. Du moins les parents n'avaient pu rattacher sa rupture à aucune violence extérieure ou tt aucune autre cause appréciable pour eux.

L'Iiéinorrhagiedoii donc Bgiirerau premier rang parmi les dangers que les chirurgiens ont à redouter dans le Craitement des tumeurs éreciiles par Texcision. Rien assurément ne nous parait mieux fondé ([ue celle crainte, toutes les fois que Tinstruroent tranchant, au lieu de se borner à intéresser les tissus dans des points où ils sont jiarfaitement sains, entame dans une de ses dépendances, petite ou grande, la tumeur éreclile elle-même. Il faut bien remarquer que si les coupes se font dans des tissus non altérés, Thémorrhagie n'est pas sensiblement plus redoutable que dans Tablation de toute autre tumeur. Il est, en effet, digne de remarque que Timportance des artères qui vont alimenter une tumeur érectile dépend beaucoup plus d'un accroissement dans l'activité de la circulation que dans le volume de ces vaisseaux. La connaissance que nous avons de la manière dont se comportent les tumeurs érectiles notis porte à admettre qu'elles sont le centre d'une circulation plus active dans les vaisseaux qui y aboutissent; mais aussitôt que l'aboutissant qui paraissait pro. voquercette exagération du mouvement circulatoire est enlevé, il semble que la circulation dont la tumeur est le siège y diminue d'elle-même. La tumeur faisait en quelque sorte fonction de pompe aspirante à IVgard de ces vaisseaux ; celait, pour ainsi dire, le foyer d'un mouvement fluxionnaire, un centre d'appel. Dès que ce centre est supprimé, Fappel cesse. Enfin, pour mieux faire comprendre ma pensée, je dirai que telle artère qui se rend à une tumeur érectile, étant ouverte avant l'ablation de celle-ci, donnera lieu à une hémorrhagie toujours redoutable et qui dé|3asse beaucoup ce (|ue l'on peut attendre de ce vaisseau eu é{;ard à ses dimensions; tandis (|ue cette même artère, une fois la tumeur enleVée, rentre aussitôt dans

le rang qui lui apparlienl normalement eu égard à la graviié des liémorrbagies dont elle peut être la source. Avec la tumeur, la puissance liémorrbagique de cette artère était doublée ou triplée i la tumeur enlevée, cette puissance héiuorrbagicjue redevient telle que le comportent les dimensions naturelles du vaisseau.

L'hémorrhagiedoit donc paraître beaucoup moins effrayaDte toutes les fois que le procédé opératoire |>eut, d*une manière assurée, isoler d emblée la tumeur et 1 isoler avec célérité.

Écrasement linéaire. — I^ confiance que m'avait inspirée Técrasement linéaire, connue agent hémostatique, mavait porté à penser qu'on pourrait faire au traitement des tumeurs ërecliles des applications lieureuses de ce mode de division des tissus. Toutefois j'étais retenu par In crainte de quel(|uc déception, lorsque des circonstances particulières me partirent indiquer d'une n^anière toute spéciale Temploi de ce moyen. Il s'agissait d'une tumeur érectile déjn volumineuse, se développant avec rapidité, et ne |>ermeliant point Tempioi des moyens lents, siégeant auprès de la cicatrice ombilicale chez un enfant de six mois, et à fégnrd de laquelle j'avais été conduit successivement à rejeter toutes les autres méthodes codnites jusqu'ici.

Ainsi : i^ Je repoussais la vaccine à cause du peu de certitude (|ue donne l'emploi de ce moyen. Or, j'ai dit que le développement rapide de la tumeur ne permettait aucune temjmrisation, et dès lors aucun tâtonnement capable de (aire perdre des instants pi*écienx. 'J* Je rejetais au même titix* l'acupuncture. D'ailleurs, j'ai énoncé les raisons pour lesquelles je n'ai point dans cette méthode une très grande confiance. 3« Les caustiques, et notamment le caustique de Vienne, employés dans la pi*oportion que comportait le volume de la tumeur, eussent exposé aux dangers les pitis graves, danger d'une brûlure considérable, danger d'intéresser la paioi aponévrotique de l'a hdotnen et d'amener soit tine péritonite^ boit dans la suite une éveniration, danger d'une suppuration vaste et difVuse dans les couches celluleuses de la pai^oi abdominale,

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daDger d*un travail éliminatoire excessivement long et qui aurait épuisé les forces de lenfant.

Je pensai que, malgré la répugnance que j'avais à faire emploi d'un moyen nouveau pour un cas aussi grave, tandis que j avais projeté jusque-là de ne commencer que par des tumeurs peu volumineuses; je pensai, dis-je, qu'il était de mon devoir de ne pas reculer, et j ai eu lieu de m'applaudirde cette détermination. Toutefois, le dirai-je, au moment où l'on vit la volumineuse tumeur h la surface de laquelle ruisselait, sous forme de pluie à larges gouttes, le sang fourni par la masse érecttle pendant toute la durée de l'écrasement, au moment où après l'ablation de la tumeur on constata l'énorme perle de substance que l'opération laissait à sa suite, on avait peine à se défendre de quelque sinistre pressentiment. Je dois ajouter que si l'emploi de Técrasement linéaire n'eût point été seconde par celui du pansement par occlusion, il y aurait eu lieu de redouter une inflammation des plus dangereuses.

Obseuvation II 4*. — Tumeur érectile veineuse développée au voisinaye de Vombilic chez un enfant de six mois. — Ablation par écrasement linéaire» — Guériîon,

Le i5 août i855, Pont (Julien), enfant de six mois, bien constltui', allaité par sa mère, est appui té à ma consultation. 11 présente sur la partie latérale {^auclie de l'ombilic une tumeur du volume d'un petit œuf de poule, a!«gez régulièrement arrondie, non pédiculëe, soulevant la moitié gauche de Tinfundibulum cuiané ombilical et communiquant à la peau qui la recouvre une teinte bleuâtre. La surface de cette tumeur, qui est évidemment constiiucc par un laiis de veines variqueuses sons-cutanées, est semée de trois ou quatre petites taches au niveau desquelles la teinte bleuâtre de la peau est plus foncée. Une ;<ufre tache d'un caiaeière bien différent occupe le sommet de la tumeur; son diamètre est celui d'une pièce de 5o centimes ; sa forme n\'St point ronde: elle représente un croissant irrégulicr dont la concavité est tournée eu haut et vers la ligne médiane.

Kntre autres particularités relatives à cette tumeur, nous devons signaler une {;rande veine longitudinale qui, apparaissant sur le côté gauche de l'appendice xiphoïde, descend jusqu'à Tombdic et se continue manifestement aven la tumeur.

Nous avons donc ici affaire à une tumeur veineuse sous-cutanée sui montée d'une tache cuticulaiie formée par les vaisseaux sous-épidcrmiques.

Quand on comprime la tache sous-épidermique, on la fait pâUr un peu, et

l'on pourrait ofre tenté de croire que cest une tache purement pigmentaiif, tandis que, si l'on maintient la pression pendant quelque temps, on la fait pâlir de la manière la plus manifeste, et à partir du moment où la compression est levëe, on voit Tintensitë de la coloration rouge devenir de plus en plut vive. La compression de la tumeur en totalité n'amène qu'une réduction peu marquée de la tumeur veineuse. Les contractions de l'abdomen n'ont aocuo effet brusque, mais quand Tenfant fait un effort* la tumeur se tend un peu.

Si l'on saisit la tumeur comme pour la détacher du corps de Tenf^ut, on sent très bien qu'il n'y a aucune hernie, aucun éraillement de l'aponévrose abdominale.

L'enfont est très vivace, tette très bien, parait jouir d'une bonne santé. Lei deux testicules sont descendus.

La more, interro£|ée, nous apprend que douze ou treize jtiurs après la naissance de l'enfant, elle a constaté, au voisinage de l'ombilic, Te&istence d'one petite tache dn la grosseur d'une tète d'épingle. Un médecin consulté à ce sujet prescrivit un petit bandage compressif qui, ayant été établi et mainteoa pendant six semaines, ne permit pas à la mère de suivre les progrès de 11 tache. Mais cet espace de temps écoulé, on s'aperçut que non-sculement cette dernière avait augmenté d'étendue, mais qu'il s'était furnié au-dessous d'elle un commencement de tuméfaction.

Depuis cette époque, mais surtout depuis ces deux derniers mois, la tumeur et la tache qui lu surmonte ont pris un développement très notable, et>oDt arrivées au point où nous les voyons aujourd'hui.

17 août. La mère ni'ayant apporté son enfant, je constate un accroi>»ement manifeste de la tumeur.

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