‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 101 sur 112 · Présentation à la Société de chirurgie · texte numérisé non relu

Présentation à la Société de chirurgie

97. On procède à l'opération. L'enfant est assoupi au moyen du chloroforme et plongé dans un étal parfait de tolérance anesibésique. On soulève alors par pincement avec les doigts nu large repli contenant la tumeur érec tile et s'étendant depuis la cicatrice ombilicale jusqu'à deux ou trois travers de doigt vers le flanc gauche de l'enfant. Le pli est assez long pour que l'on soit obligé dVmployer la main gauche et la main droite. On a soin en saisissaut ce pli, de le pincer plus fortement à sa base nHn de le détacher en quelque sorte des parties profondes. L'opérateur es>t à la droite de l'enfant.

Donnant alors à tenir l'extrémité droite du pli à M. Marchand, l'un des aides, M. Chassaignac, ayant ainsi sa main droite libre, plonge à la base de la tumeur, et de gauche à droite, trois aiguilles très longues, au-dessous des* quelles il place immédiatement une ligature transversale très forte, qui pédiculise la tumeur en lui donnant une forme parfaitement arrondie, après quoi l'écraseur est appliqué et mis en jeu. On le fait avancer d'un degré par quart de minute, et l'on obtient la séparation complète d'une tumeur assez volumineuse sans l'effusion (ceci est littéral] d'une seule goutte de sang.

I^ plaie laissée par cette ablation considérable présente la forme d'une cupule n'ayant pas moin<< de 6 centimètres de diamètre dans tous les sens. Viw triple cuirasse, à bandelettes croisées et iHibii(|uées, est immédiatement

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appliquée sur le ventre de Teufant et simiiletmnt soutenue par deux bandef de sparadrap cirLulairenicnt placées auloui* de son rurps, puis lin{[e cératé| cliarpie, compresses et bandes; en un mot, pansement par occlusion exécuté dans toute sa rigueur.

L'opération terminée, Tenfant a repris le sein et n*a pas présenté le moindrt accident.

a8 et 29. LVnfant lette parfaitement; il est très ^ai, ne parait éprouver aucune douleur à la région du ventie, se lient plutôt renversé en arrière que courbé, nouvelle preuve du peu de sensibilité de la partie opérée. La cuirasse u*a pas éprouvé le moindre déplacement,

i**" septembre. L'appareil a été levé aujourd'hui. La plaie, parfaitemeot ronde, offrait des bourgeons charnus de bonne nature. Elle était en pleine suppuration. On a appliqué la solution et une nouvdie cuirasse aussi exacte* nient fermée (|uc possible; pas d'accidents.

4. LVnfant va bien. La cuirasse a été le%-ée ; la plaie offre le meilleur as* pect ; elle s sensiblement diminué dViendue; trè? léger éry thème à la région inguinale des deux cotés.

8. L'apparril est levé. I>a plaie a diminué au moins de moitié dans tous ses diamètres; les botds «ont tout à fait de niveau avec le reste de la surface de la peau. 11 est h présumer que lors de la prochaine levée de la cuirasse qu'on applique aujourd'hui on trouvera une cicatrisation complète : aucun accident d'aucun fjcurc n'est survenu. Il semblerait même que cette opération et la suppuration qui en était la conséquence ont imprimé au développement de l'enfant une impulsion plus rapide.

S'il était possible de conserver le moindre doute sur la nature éreciile de la tumeur dont cet enfant était atteint, toute incertitude se dissiperait devant les considérations suivantes :

1® L'enfant a été présenté à la Société de chirurgie, et tous ceux de mes honorables collè<jues à Texamcn desquels la ttmieur a été soumise n'ont pas hésité a (|uali6er cette der* nicre de tinnetir érectilc vttincuse souscutanée.

2*" La tumeur en question donuail à la peau une teinte bleuâtre très prononcée, entièrement analogue à la coloration (|ui résulte de la présence sous les téguments d'un amas veineux considérable. A quoi nous devons ajouter qu'il existait une continuité non interrompue entre la tumeur et une longue veine épigaslriqiie sous-cutanée, laquelle prenait naissance sur le côté gauche du sternum.

3* La tumeur est surmontée d'une tache vasculaire lie-devin, de la grandeur d'une pièce de 50 centimes, et susceptible

de pâlir au point de s'effacer sous Tinfliience d'une pression continue.

4* La tumeur a acquis un développement si rapide, qu'à peine perceptible au niomcnt de la naissance, elle a pu, dans Fespace de six mois, coïncidemment à la tache érectile cuticulaire située au-dessous d'elle, et qui prenait un accroissement proportionnel, acquérir le volume d'une pomme d'api.

5<* On obtenait par la pression une réduction assez notable du volume de la tumeur, réduction que Ton peut évaluera peu près au tiers de ce volume, c'est-à-dire juste la quantité dont la tumeur a diminué au moment de Topération après l'écoulement du sang qu'elle contenait.

ô*" Soumise à une compression qui a duré au moins douze minutes, la tumeur n'a pas cessé, depuis le commencement de lopération jusqu'à la fin, de donner lieu à une pluie sanguine assez abondauie pour qu'on fût obligé de l'épongera sept ou huit reprises, sans quoi les parties environnantes se trouvant inondées de sang, on n'aurait pa savoir si ce liquide provenait de la section due à l'écrasement ou de l'espèce de sueur sanguine à grosses gouttes fournie par la surface de la tumeur.

7^ Cette tumeur parait constituée [>ar un tissu cellulaire rougeâtre imprégné de sang en circulation, caractères qu'où n'observe jamais dans les lipomes, par exemple , (pii sont formés par une graisse jaunâtre, et qui ne fournissent jamais, même par la compression sur le vivant, une seule goutte de sang, que! que soit d'ailleurs leur volume, (|ui enfin ne se rencontrent jamais chez les enfants au-dessous de six mois, et ne sont pas susceptibles de présenter un développement aussi rapide.

Voici la note qui nous a été comnmniquée par M. Robin sur la tumeur soumise à l'examen microscopique:

La tumeur est formée de deux parties constituées, l'une par du tissu adipeux proprement dit, l'autre par des vaisseaux et du tissu cellulaire. L'élément vasculaire présente dans plusieurs points des dilatations comme variqueuses. C'est dans

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les vaisseaux les plus volumineux qu on observe surtout ces caractères. Les parois d'un grand nombre de ces vaisseaux soni chargées de granulations graisseuses disséminées dans leur épaisseur.

De la destruclion des larges taches pigmentaires par la cautérisation sèche.

Les taches pigmentaires, si différentes des tumeurs érectiles, bien cjue le no:n de nœvi maievni ail été donné à Tune et à Tautre de ces aberrations du développement organique, nous ont paru, comme les tumeurs érectiles, pouvoir être traitées avec avantage dans certaines régions du corj^s par Técrasement linéaire. On se comporte opératoirement, à Tégard de ces productions, comme on le fait pour les verrues: pli fait à la peau; transfixion du pli à sa base au moyen d'une ou plusieurs épingles; ligature pédiculisatrice au-dessous des épingles; application de Técraseur.

Nous avons bien des raisons de penser que ce mode de traitement sera fun des meilleurs pour beaucoup de ces taches pigmentaires, dont la disparition peut être désirée par ceux qui les portent. Nous disons peut-être désirée^ car, dans les idées de beaucoup (findividus^ et à certains points de vue dans les(|uels nous n'avons pas besoin d'entrer, il est telle personne (jui serait p!us poriée à tirer avantage de ces incidents de la physionomie qu'à en regretter l'existence. Mais cela n\i guère lieu que quand les taches sont peu étendues. Si au contraire leurs dimensions sont considérables, si elles occupent une région du corps (pii est constamment à découvert, si quelque particularité de leur aspect rappelle une idée disgracieuse ou choquante, alors il y a pour le sujet-un désir réel d'être délivré de cette espace de stigmate. Chacun sait qu'il y a une série de tribulations réservées aux individus affectés de ces taches, tribulations qui commencent dès le collège, où les sarcasmes de leurs petits camarades ne leur

S&O APPKNDICB.

épargnent aucune comparaison (lcôubli{;eaDtc. Je ne m'arrête pas sur les souffrances d amour-propre préparées à leur adolescence; mais je vais tout de suite à quelque chose de plus sérieux, leur situation dans la société. Il ne faut pas une bien grande expérience de la vie pour savoir que celte difformité, bien peu grave en elle-même, devient quelquefois pour les familles un obstacle insurmontable à la réalisation de projets auxquels on attachait beaucoup d'importance.

Dans ce cas, fart peut intervenir, à la condition de ne compromettre ni la santé, ni à aucun prix Texistence de Findividu. Ce moyen existe-t-il? Quel est-il? Nous nen connaissons qu'un seul, c est la cautérisation sèche. Il faut savoir, en effet, qu'il est au pouvoir de Tart chirurgical de diri^jer les cautérisations de manière à éviter tout travail suppuralif. L'observation que nous ferons bientôt connaître montrera le modus faciendi et les résidtats qu'il est appelé à produire. Mais, auparavant, nous présenterons quelques considérations sur les taches pigmentaires.

D'abord, nous ferons remarquer que, sur le point le plus important de Thistoire de ces taches, il règne une erreur complète et générale; nous voulons parler de leur origine ou plutôt de Tépoque de leur apparition. On les croit congénitales, et l'iininense majorité de ces taches irapparaît qu'un temps plus vu moins long après la naissance; un très grand nombre même ne surviennent qu'à une épocpie avancée de la vie.

Pour s'assurer de l'exactitude de cette assertion, voici ce qu'il faut faire et ce que nous avons fait nombre de fois. Examinez toute la surface du corps chez un grand nombre d'enfants nouveau-nés, vous ne constaterez l'existence du nœvus maternus, sous quelque fortne que ce soit, que sur nn très petit nombre d'enfants, de telle sorte que lexistence du nasvtis h la naissance est un fait exceptionnel.

Examinez par contre la surfiice du corps chez un nombre quelconque d'adultes, et surtout de vieillards, et vous n'en verrez pas im seul (pii ne présente des taches pigmentaii-es,

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