PI. XI
La planche XI repréienle le procédé opeVatoire pour Tablation d'une lumeur hémorrhoïdale latérale. Le malade est couche sur le côlé droit, la ouUêe (gauche fortement fléchie sur le bassin, la cniste droite dans Textension. — D indique la tumeur hémorrhoïdale. — A, le doigt indicateur droit de ropériieur, doigt introduit dans la cavitë du rectum pour ramener vers Textérieur dePanus la tumeur he'morrhoïdale. — E, le doigt indicateur gauche de lopérateur. Ce doigt est glissé sous la tumeur, nfin que Tanse de fil F G, serrée par un aide, arrirc sur le collet de l'hémorrhoïde. — C, représente la main d'un aide relevant la fesse gauche du malade pour faciliter la manœuvre.
TBAITEMENT DES TUMEURS HéMORnHOÎDALES. 65
le collet lie la umieur nu moyoïi du fil et qu'on la pédiculise de rannièrc à permettre r:ipplication directe de luppareil à écrasement linéaire. Quand ou opère chez ime fennne, le doigt introduit dans le vagin permet de repousser au dehors la muqueuse pour mieux saisir celles des hémorrhoïdes qui se irouvent correspondre à la paroi recto-vaginale.
Une fois placé, Tinstrument est mis en jeu de manière à
exercer une constriclionde plus eu plus forte. Si Ton se hâtait
de pousser cette constrictiou à sa dernière limite, on ferait
une section beaucoup trop prompte du pédicule de l'hémor-
rhoïde, et Ton rentrerait presque dans le.^ condiiions de Tex-
cision, avec celte dift'érence capitale toutefois que la solution
de continuité qui s'obtient par Téciasement n'expose pas à
riiémorrhagie ainsi que la section faite à l'aide de l'instrument
tranchant. Mais, au lieu de procéder par une constrictiou
prompte, on agit graduellement, on donne le temps à im
coagulumdese fonner au-dessus du lieu oîi la solution de
continuité devra porter, on condense peu à peu les tissus de
manière h écraser le pédicule de la tumeur, et quand, après
avoir étreint de plus en plus ce dernier, on arrive à obtenir la
séparation complète de l'hémorihoïde, on constate qu'il ne
s'écoule pas une seule goutte de sang.
Il était permis de penser que l'écrasement du pédicule de la tumeur se faisant dans l'espace en somme assez court de sept, huit, dix minutes, la condensation des tissus n'aurait sur lecoulement du sang qu'un effet temporaire et que, les vaisseaux redevenant béants, ce mode opératoire exposerait à Ihémorrhagie. Mais l'expérience n'a nullement confirmé ces prévisions. Non-seulement il n'y a aucune hémorrhagie, mais les quelques gouttes de sang qui s'écoident consécutivement à ropération n'apparaissent que lors de la première selle. Que le bourrelet hémorrhoïdal ne donne pas de sang veineux, cela n'a rien de bien extraordinaire, patce cpie quel(|uefois le sang est coagulé par des inflammations antérieures dans les anses hémorrhoïdales; mais ce qui appartient en propreau procédé, c'est l'absence d'bémorrhagie artérielle, c'est l'absence dlié-
66 LEVONS SUA l'écrasement LINÉAIRE.
niorrhagie veineuse, même alors que les veines sont ouvertes dans des points où le sang se trouve à Tétat liquide et en pleine circulation. D ailleurs, a ceux qui objecteraient que si Técrasement ne produit pas d'bémorrhagie, cette immunité est due pet|t-étre à ce (|ue le sang est coagulé dans les tumeurs que Ton divise, il suffirait de rappeler que, quand on ose couper avec le bistouri les tumeurs hémorrhoïdales, il survient des hémorrhagies terril)les.
Il y a parfois, après Temploi de l'écrasement linéaire, quelques douleurs analogues à celles que toute solution de con* tinuité à l'anus, si petite qu on la suppose, ne manquerait certainement pas de produire lors de la défécation.
La suppuration, quand elle existe, consiste en un suintement très faible, une sorte d'bumidité muqueuse, et aucun trouble ne s'observe dans les fonctions de l'opéré.
Les tumeurs hémorrhoïdales, considérées dans leur forme et dans Tétendue qu'elles occupent, offrent deux grandes divisions : les unes, qu on peut appeler tumeurs hémorrhoïdales latérales, n'occupent que l'un des points du pourtour anal ; les autres, que Ton peut nommer circulaires, forment un relief non interrompu tout autour de l'anus.
Les tumeurs hémorrhoïdales latérales peuvent se présenter à Tétat simple, c est-à dire qu'il n'existe qu'un seul point de l'intestin sur lequel on voie se détacher une tumeur, ou bien à l'état multiple, quand plusieurs tumeurs qui ne se c >ntinuent pas entre elles naissent sur des | oints distincts de l'orifice intestinal.
Les tumeurs hémorrhoïdales annulaires peuvent être accompagnées d'un prolapsus plus ou moins considérable de In muqueuse du rectum.
Nous avons déjà indiqué le mode opératoire à employer dans ces diverses circonstances. Mais il est un genre d'opération dont j'ai fait plusieurs fois lapplication aux bourrelets hémorrhoïdaux complètement circulaires. Voici en quoi coU'* siste ce mode opératoire :
Je fais pénétrer à l'intérieur de l'intçstiA I erigne à $ix
TRAITEMENT DES TUMEURb HÉMORftHOÏOALES. ê7
branches que j'ai feit construire pour lopération de la fistule vésico-vaginale. T/érigue, une fois entrée, est déployée forte -
n. XII.
La plancb* XJl m compoM d« trou B((urei qae nous dittin|(aeroiis, en procédait de ^uche à droite, par le« déiioroioatioDs da fig. i, fig. a, fig. 3. La figure i raprésente un système d*érignaf uialciplef coovergentea. L'inunNBCDl sm compose d*uoe caoole renformaot dans son intérieur «ne
68 LEÇONS SUR l'écrasement LINÉAIRE.
ment et accroche sur tout le pourtour de rintestin le bourrelet hémorrhoïdal. Celui-ci est fortement omené au dehors. Plus on TaKire ù soi, plus il tend à former un pédicule sur lequel on applique une ligature en masse. Après quoi Ton fuit agir sur la partie pédiculée la cliahie de Técraseur linéaire, de sorte qu on opère la séparation en une seule fois.
I/éri<>ne dont je viens de parler n'ayant encore été décrite nulle part, ni représentée dans ses détails de construction, j'ai cru utile d en placer ici le dessin, afin que le lecteur puisse juger d'un coup d'oeil le mécanisme de cet instrument.
Dans le cas où la masse du bourrelet paraîtrait trop considérable, on peut, au moyen de fils passés avec des aiguilles, subdiviser le bourrelet total en deux ou même en trois segments que Ton pédiculise d'une manière isolée. Dans ce
tige (|ui se divise à Tune de ses extrémités en six crochets conveigents. — Ces crochets tendent à se déployer et ^ s*écarter les uns des autres quand on fait sortir de l'intérieur de la canule rexCrémité de la tige porte-éri{]fne. Si, an contraire, on relire vers l'intérieur de la canulu l'exirémité de cette li|>e, les rrochets sont ramenés les uns vers les autres et tendent a saisir solidement les objets reçus dans Tespèce d*infundibulum à jour que représente Tépanouisseluent des ériçnes.
La lettre D de la Kg. i représente les six éri(;nes sorties de la canule centrale. -* .^, indique la gaine de l'instrument. — B, le manche de celai-ci, et C, le relief circulaire au moyen duquel on fait mouvoir In gaine pour fermer ou pour ouvrir rinsirument.
La Hg. 3 représente Térignc multiple ù crochets divergents — Le mode d'action de celte érigne est le contre-pied de celui qui appartient à 1 erigne de la fig. I. — Kn effet, dans Téiigne de la fig. i, c*est l*objet à saisir qui doit s*engagcr h l'intérieur des éiignes, tandis qu'avec TcVigne de la fig. 3, c'est Térigne elle-même qui entre dfans rinicrieur de Tobjetà accrocher.
La fig. 3 et la fig. a représentent l'érigne à crochet! divergents; la fig 3 représente l'instrument ouvert, la fig. 2 le représente fermé. — L'indication des diverses parties de ces figures complétera les explications.
Détails de la fig 3. — A, indique la gaiiie de l'instrument. — B, indique l'articulation du manche avec la tige porle>éiigne. — C, D D, indiquent les crochets divergents ramenés contre l'extrémité de la gaine. — F, représente une petite virole servant à retenir la tige centrale portant le bouton E.
Détails de la fig. 3. — A, indique la gaine d«t Tinsirument. — B, Tariiculation du manche avec la tige porte-érigne. — Ë, le boulon terminal de la lige centrale. — D D, les crochets multiples k Téiat de divergence. — G G, indiquent In position des érignes dans leur écartement le plus extrême.
TBAITEMEKT DES TUMEURS HÉMORRHOÏOALES. 69
dernier cas, on est obligé, lorsqu'on n'a pas un nombre suiBsant d*écraseurs, d'opérer successivement sur chacun des pédicules, ce qui augmente la durée de Popéraiion.
Nous avons à signaler un point très important relatif au suites de Tublation en un seul temps de la totalité des bour relets liémorrhoïdaux circulaires. Nous voidons parler du travail adhésif cicatriciel qui, chez certains sujets, s*établit immédiatement après lopération à un degré sudisant pour produire Tocclusion immédiate de Torifice anal , occlusion facile, il est vrai, à prévenir, mois qui, pour être évitée, exige certaines précautions que le chirurgien doit connaître.
Parmi les observations qui vont être rapportées, il en est deux, celle de madame Horry et celle relative au nommé Rouzé, qui prouvent que la section d'un bourrelet hémorrhoïdal peut être suivie d*une adhésion complète avec oblitération positive de l'extrémité inférieure du rectum. Cette adhésion a des inconvénients. En efî'et elle détermine la rétention corn* plète des gaz et des mcntières fécoles. Il résulte de là que quand, pour faire cesser celte oblitération, on vient avec le doigt chercher a refaire l'orifice oblitéré pour remédier aux |)hénomèrjes de rétention fécale, on est exposé à produire des déchirures qui peuvent avoir des suites fâcheuses. En conséquence, il tant prévenir Tadhésiou intempestive des parois du rectum. Quel est le meilleur moyen h employer dans ce but?
On peut, ou bien immédiatement après l'opération, établir une mèche, ou bien ne la mettre qu'au bout de vingt-quatre heures, ou enfin diviser le bourrelet de manière à écraser chaque moitié séparément.
Le placement d'une mèche immédiatement après l'opération peut avoir l'inconvénient de décoller des parois vasculaires qui viennent d'être adossées entre elles il n'y a qu'un instant, et ce décollement peut avoir pour conséquence une hémorrhagie.
Mettre la mèche au bout de vingt-quatre heures expose moins à l'Iiémorrhagie, et comme les adhérences sont très récentes, on peut les décoller sans violence. Ce dernier parti
70 LEÇONS SUR l'écrasement LINÉAIRE.
me semblerait assez proposable. L expérience peut seule nous éclairer à ce sujet.
Mais quon arrive au but, soit parle placement immédiat de la mèche, soit par son placement au bout de vingt-quatre heures, soit par l'opération fnite en deux moitiés, ce qu^il y a de certain, c est que la précaution dont nous parlons doit être prise sous peine de voir survenir des accidents.
Nous avons dû à la méthode de Técrasement linéaire de pouvoir étudier la structure intime des tumeurs bémorrho!dales, ce qu'il est tout à ftiit impossible de faire quand on opère par la cautérisation. On trouvera dans une très bonne observation de M. Eugène Nélaton quelques détails fort exacts et Fort intéressants sur la structure intime de la tumeur enlevée chez la dame Horiry. La tumeur, par ce mode opératoire, se présente dans des conditions qui Facilitent Tétude par la raison qu'elle est comme une pièce d'anatomie pathologique qui viendrait d'être recueillie par la main d'un anatomiste soigneux.
Parmi de nombi*euses observations, nous rapporterons les eus suivants comme exemples de tumeurs hémorrhoîdales latérales extirpées par écrasement linéaire. Nous devons rap- ])eler que dans aucun cas, sans exception, nous n^avons eu d'exemple d'hémorrhagie.
OisEnvATioM PBRMiÈRB. — TumeuT hémorthoidale latérale, — PédiculUaiîon. — Ablation par écrasement linéaire. — Guériion complète.
nouJangtfr François, trente-c|uatre ans, coiduunifer, rue Popincourt, 34) o%i entré a Thôpital Saint-Antoine le 6 septembre i853. Les hémorrhoîdes chez ce ni^tlacle forment à Textcrieur une tumeur d*an volume d*uoe noix. EUeê ont donné lieu la veille à une hémonlia^ie abondante. Depuis longtemps, le miiUde était fortement incommodé par ces hémorrhoîdes; il ne pouvait marcher que très difficileincut; il ne s*asseyait qu'à grand'peine; son travail rtait souvent interrompu par cette infirmité; c'est, du reste, an homme d'une bonne constitution, et chex lequel on ne constate, .iprès un examen attentif, rexisicnce d'aucune maladie chronique ou constitutionnelle; il accepte de très bonne volonté l'opéialion qu'on lui propose pour ledi^barras- !ter de sa tumeur.
Cette opération est pratiquée d'après la méthode que nous avons décrite et dunt il est inutile de reproduire tei le» détails. Nous ditous seulement que la tumeur fut pédiruli^fV par le prorédi» que nous employons pour les hémor-
TRAITEMENT DES TUMEURS HltMORRHOYOALES. 71
rMdes latries. L'appareil mis en place, la constriction se fit f;rafluelleiiieni et avec des temps da repos. On obiiui ainsi le détacbemeni de rbéroonhoîde.
Le lendemain de Topéraiion, il y eut ane selle facile, mais suivie de douleurs très Tives, et qui durèrent environ deui heures.
Quatre jours après, seconde selle é(]ralement facile; les douleur» sont moÎDS fortes, mais persi<(tene un peu plu» lon|;teaip8.
Le cinquième jour, à dater de celui de Topération, il ne sVst manifesté oi hémorrbagie, ni apparence d'inflammation. La petite plaie, qu'on a saupou* drée tout simplement avec la poudre d'amidon, est presque cicatrisée; le malade repose parfaitement toutes les nuits. Nous le considérons comme étant à Fabri de tout danger.
Le i4 septembre, il sort parfaitement guéri.
Quoique la tumeur héiuorrhoïdale eût le volume d'une noix, on voit quelle a été l'extrême simplicité des suites de lopération. Rien, absolument rien, du côté des voies urinaires, selles très faciles, quoique la première eût été suivie de quel* ques douleurs; cicatrisation presque complt^te vers le cin* quième jour. Que Ton compare de pareils faits à ceux de la cautérisation, sous quelque forme qu'elle soit employée, et Ion verra, d'après le simple récit des observations, quels sont les avantages de l'écrasement linéaire.
Dans Tobservation suivante, les résultats sont encore plus décisifs, puisque, dès le troisième jour, le malade quitte rhôpital dans Tétat le plus satisfaisant.
OtsERTATloïc 1*. — Tumeur hémorrhotdale latéraie, — Ablation par éermiê> ment linéaire, — Guérison au bout de trois joun,
Philippe Claude, cinquante ans, porteur d'eau, rue du faubourg Satnt*Anloine, ai4> ®^^ entré le aS décembre i853 à l'hôpital Saint-Anioine.
Cet homme était affecté depuis très longtemps de tumeurs hémorrhoïdaires qui n'avaient jamais donné lieu à aucun écoulement de sang et n'éttiebt sorties que depuis quinse jours.
L'opération est proposée et acceptée. La tumeur, qui présente le volume d'une petite noix, est pédiculisée à Paide d*nn fil qui sert en même temps à l'attirer au dehors. Elle est engagée dans l'anse de la chaioe qui la serre gra* duellement et Fétrangle bientôt à sa bai>e; la constriction augmentant toujours, les tissus sont écrasés ; de temps en temps on suspend l'action ; la tumeur est enfin séparée.
Pas une goutta de sang ne s*est écoulée pendant ni après l'opération. La douleur a été assez vive, mais pourtant très supportable.
Trois jours après, le malade n'ayant éprouvé aucune incommodité A la i^uite de Topératioa, demande sa sortie.
L'observation qui va suivre» et dans laquelle récrasement de la tumeur bémorrhoïJale a été effectué dans Tespace d^unc minute, offre un exemple que nous nVnj^ngerions pasa imiter. Nous croyons (|u'il faut toujours se soumettre à la règle que nous avons adoptée à Têtard des tumeurs vasculeuses, et qui consiste A ne faille marcher Tinstiumenr que dans la |)ro|>ortion d*un quart de minute pour cli:ique Ci*an de la crémaillère. Nous n'avons pas été conduit à conseiller l'application de cette rè{}le par la crainte des liémorrliagies, puis(|ue nous n'avons jamais eu Tocca^^ion d'observer ce genre d'accident à la suite d'aucune de nos opérations par écrasement linéaire; mais nous croyons qu'une mesure uniforme est utile pour la pratique, en ce sens qu'elle exclut l'arbitraire et qu'elle évite au praticien l'embarras de décider si, pour tel ou tel cas en particulier, il accélérera ou retardera la marche de l'instrument.
OisERVATinx 3*. — Tumeurs hémorrhoidales latérales pédicuïées, — Ahlatkm par l'^écrasemenî linéaire. — Giiérison au bout de dix jours,
nouillon Jospph, soixanle-dix-huit ans, gnrçoii bonInri(«cr, mire le i3 jan» %'ier i853 à I liôpiul Saint -Antoine.
Ancien militaire; constitution robuste; depuis quatre ans, il s'est aperçu qu'il avait à l'anus de petites tumeurs qui lui fais.iieni, après chaque selle, éprouver de la cuisson; de plu:«, la dtHécalion sVst .nccompagnre, depuis qiintre mois, d'un «uinlement sanguin plus ou moins abondant. L'anas examiné présente effectivement deux tumeurs rou(«es pédicuïées, du volume d*UDe pelitn pomme, et qui font saillie au dehors.
On procède à leur ablation, le i4 janvier, par la méthode de 1 écrasement linéaire; les tumeurs sont embrassées chacune par une li£;ature de fil ciré; puiit, le lon(^ des qu.itrc bouts de Ht réunis, on fait glisser Tanncstu formé par la ch.iine de Tinstrument; on serre peu h peu les deux tnmeuis avec cette chaîne, do manière que Texcision complète soit faitt? au bout d'une minute; il s'écoule à prine deux ou trois gouttes de sang.
Le iG, aucun accident n'est survenu; point de douleurs; «sommeil bon; on panse avec de Tamadou.
Le a3. In cicatrisation de la petite plaie rst complète.
Le 38, le malade sort guéri.
OBSRnvATio:< 4*' — Tumeur hémorrhoidale latérale, — Ablation par écrase^ ment linéaire. — Guérison quinze jours après ^opération.
Le i4 ninrs i854, est entré à l'hôpital la lliboisière, le nommé Marchand, manouvrier, ciuquanle-«ept ans, demeurant rue de la Chapelle, a.
TBAITEMENT DES TUMEURS hIMORRHOÏDALES. 7 S
Ce malade dit avoir cté opéré, il y a quelque temps, de fistules anales par . Nélatoii. Il entre dans nus salles avec une tumeur héuiorrlioîdale de la tMscar d'une petite nuis, tumeur située à la partie latérale gauche du ponrnr de i*anus.
Le au mars, on procède à Tablaiion de la tumeur par la méthode de lecra- «lent linéaire; Topéralion est accomplie dons l'espace de huit mimiles; sue d'une très petite quantité de sang qu'on arrête au moyen d'un tampon 'amadou.
Les jours suivants, la plaie préspnte tin bon aspect et ne fournit qu'une wdiocre quantité de pus; on la touche tous les malins avec la solution de itrate d*ai{«eiit.
Le 6 avril, il n'est survenu aucune espèce d'accident depuis Topération ; katrisaiion complète de la petite plaie; le malade soit guéri.
Les observations que nous venons de rapporter présentent la maluilie dans ses Formes les plus simples. Elles offrent, ra égard a Texécution de l'opération et dans ses résultats, une lelle uniformité, que le lecteur ne pourrait supporter la monotODie qu'entraînerait la reproduction d'un plus gnind nombre de faits analogues. Toutefois, comme dans l'observation suivante nous aurons à relever (|uelques circonstances particulières, nous la rapporterons avant de terminer ce qtie nous avons A dire des hémorrlioïdes latérales.
OiscftVATio?( 5*. — Tumeur hémonhoUiale latérale compliquée (Taccidents typhiliiitiues inoculables. •— Guérison préalable de ces accidents. — Opéra^ lion par écrasement, — Guérison de la tumeur hémoirhutJalc.
Lt ^3 décembre i855, la nommée Rosseite, linçère, rue de Londres i5, est caire'e k rhôpiialla lliboi^ière. Celte femme eut eu 1849 un flus hcmorrhoïdal MM tumeur ni douleur, puis resta cinq ans sans rien ressentir. Au mois de (léreuibre dernier, survint à l'anui une tumeur hémorrhuïdale très doulonitQse; mais, cette fois, sani écoulement sanguin. Cet état dura environ trois iemaine.<. Pour calmer les douleurs, un médecin de la vilie fit appliquer des 4D{;sues au pouitour de l'nnus; mais toit que les sangsues eussent déjà servi lar un individu malsain, soit par toute autre cause, plusieurs des piqûres rnlcrrèrcnt et prirent un mauvais aspect.
C*i:!it dans cet état que la malade entra dans nos salles ; elle ne parait offrir nicon antccéileiit syphilitique. Les tumeurs hcmorrhoïdales sont flétries, peu volumineuses, ili«pnséi*s en deux (groupes latéraux nccup.itit les bords do fanns, et formrs rharun de deux j\ iroi-» petite* bossolurrs de la (jrosseiir d'an pois.
Av;ini denle%'er ces tumeurs, ou voulut ^t'an^uror de la n>ture spéciHque
74 LBÇ0M8 8UB L*É0RA8KMBNT LIVÉAIfeB.
des ulcëratioDt grisâtres qui bordaient Tanus. Pour ci*la, on pratiqua fur la face interne de la cuisse gauche une inocnlatton qui fiit bientôt siiitie d'une pustule, puis d'une ulce'ration caractéristique. Dès lors, ropëration fint ajournée, et la malade soumise à un traitement général. - S pilules de Sédillot ; cautérisation quotidienne des ulcères arec la solution de nitrate d'argent.
Le s février, on applique l'écraseur sur un seul groupe de tumeurs hémorrhoïdiles, celui du côté gaucbe, après l'avoir pédiculisé à l'aide d'une ligitare. L'instrument est mis en jeu, et serré d*un cran toutes les quinze secondes. La tumeur se trouve déiacbée dans Tespace de dii minutes environ. Il ne s*écoule que quelques gouttes de sang.
La malade, qui avait été préalablement endormie, éprouve si peu de douleur après l'opération, qu'elle témoigne le désir de retourner Ih pied à ton lit, ce qui, du reste, ne lui est point accordé. Pansement avec rondelles d'amadou, compreiises, bandage en T.
Le 3 février, la malade a éprouvé de petites douleurs pendant une heofc ou deui après Topération ; puis, à partir de ce moment, indolence complète. Le pansement est laissé en place.
Le 4i l> malade va à la selle et souffre beaucoup, mais la douleur se c«lae ensuite complètement.
Le 8, la petite plaie, de la largeur d'une pièce de 5o centimes, tend à se cicatriser ; point de douleur, si ce nVst au moment des selles ; santé générale excellente ; appétit.
Le 19, la cicatrisation est presque achevée; douleurs à peu près nulles. On procède à l'ablation du second groupe de tumeurs. Gellefr-ci sont détachées en cinq ou six minutes par le même procédé que la première fois, et sans plus d écoulement san{>uin. 11 faut dire cependant qu'une demi-heure environ après l'opération, la malade commençai ressentir des douleurs assez intenses qui persiittèient pendant trois ou quatre heures.
Le 30, les selles ne sont plus douloureuses. La nuit s*e8t bien passée.
Le ai et jours suivants, même indolence de Tanus. Santé générale parfiaite.
Le I*'' mars, Tétat généial et local étant toujours etcellent, la malade sort de lliôpital, bien qu'il reste encore une petite phie de la largeur d'une lentille, et un simple sentiment de pesanteur au fondement pendant une ou deui heures après chnque selle.
DaDs lobservation précédente, que je dois à Tobligeance de M. Eugène Néiaton, interne des hôpitaux, les tumeurs hémorrhoïdales furent compliquées d'accidents syphilitiques dont on dut obtenir la guérison avant d'opérer. Si Ton eût adopté une autre marche, il n est guère douteux que la plaie faite par lopération ne se fût inoculée au voisinage des piqiiret rhancreuses (|ui avaient succédé à une application de sang-
TRAITSIieifT DES TUMBUIIS HÉMORRHOÏDALBS. 75
sues et qui donnèrent un résultat positif lors de rinoculation eiplorative pratiquée sur la cuisse.
Cet incident ayant été écarté, lopération fut pratiquée en deux fois, parce que, la division bilatérale du bourrelet étant parfaitement dessinée, il était inutile d*enlever un anneau complètement circulaire delà muqueuse et de la peau. Toutefois, nous ferons remarquer que, dans les cas de ce genre, nous pratiquons les deux opérations dans une même séance, ce qui abrège de moitié le temps qu^exige la guérison. G*est même là Tune des supériorités de Técrasement linéaire sur d'autres méthodes dans lesquelles on attaque en plusieurs fois les bourrelets hémorrhoïduux volumineux, de telle sorte que le malade doit subir un traitement long, dès lors très pénible, et reste quelquefois six mois, une année même, sans pouvoir se considérer comme guéri, tandis qu'avec notre méthode, et sans courir aucun danger, il obtient sa guérison par une seule opération. Les observations qui vont suivre se rapportent toutes à des hémorrhoïdes formant bourrelet circulaire et volumineux, accompagnées, pour plusieurs d'entre elles, de procidence plus ou moins notable de la muqueuse rectale. Chez quelques-uns des sujets, Tfige avancé, le déplorable état de la constitution, auraient été loin de faire prévoir une terminaison heureuse, et il est très dotlleux que tout autre genre d'opération eût pu réussir dans des conditions aussi défavorables.
Avant de faire conoaitre les observations que nous possédons, et qui constituent la partie fondamentale et tout à fait importante de ce travail, nous rappellerons brièvement la description du procédé opératoire qui a été employé.
Le malade, préalablement amené à l'état de tolérance aoesthési(|ue avec les précautions que nous avons indiquées dans nos recherches cliniques sur le chloroforme, est placé dans le décubitus latéral droit tournant le dos au chirurgien. c)elui-ci, armé de l'érigne divergente à six branches, érigne qu il tient fermée, la fait pénétrer dans le centre du bourrelet hémorrhoïdal. Il ramène à lui lu conule pourc|ue Técartement des branches de Térigne puisse s'effectuer librement, et, afin
76 LEÇONS SUR l'écrasement LINÉAIRE.
(le rendre cet écartement plus complet et plus stable, il exerce nne traction sur la tige centrale de rinstrument, et par conséquent sur le bouton par lequel cette tige se tei*inine. Une Fois I erigne bien implantée, ce que l'on reconnaît au moyen d\me traction modérée, puis tm peu plus forte, on fuit jeter par un aide une anse de fil, qui a pour objet d embrasser ciri'ulairemenl à sa base la tumeur hémorrlioïdale tout en* ticre, afin de la pédiculiser. Cette anse de fil peut être serrée directement par un double nœud, ou bien par Temploi d*mie canule à serre-nœud oi*dinaire.
Aussitôt que cette ligature a été serrée, on met en piare,
ÏP^^QU^^^Vi.