‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 13 sur 112 · PI. XIII · texte numérisé non relu

PI. XIII

La planche XIII représente le prorëdé opératoire pour ranipiilaiion d'un liourrelei liëmonhoïdal complètement nnnulaire pnr \.i mc'iliocle tie IVcraiement. — La lettre C indique la tumeur hémorrlioïdale. — D, Tcrigne multiple divergente, implantée au centre de la tumeur et la ramenant au dehors. — K, indique la lijjature préalable employée dans le but de pédiculiser la tumeur. — n, indique celle des mains de l'aide qui tient les deux chefs de la li(;atan> pri'jdnMe. — A, l.n main gauche du niAme aide, main qui rrlève la Fesse (gauche du malade pour mettre la tumeur en c%idence. — F, l'écrasenr dont on roit la rliaine en{;a(>ée sur le pédicule de la tumeur hémonhoïdale.

TRAITEMENT DKS TUMEDRS HÉMORRHOÏOALES. 77

sur le pédicule c|ui vient d cire Forme, la chaîne de récrasenr. iprès quoi Ion met Tinstrunient en jeu, d'après les rè(;les formulées ailleurs, jusqu'à séparation complète de la tumeur hémorrhoïJale.

Nous devons dire maintenant, et ce point est d'une grande importance dans révaluatiou comparative de la méthode de iecrasemcnt et de celle des cautérisations potentielles ou actuelles, qu'aucun des sujets que nous avons opérés n'a présenté la moindre suite fâcheuse dans les fonctions de la défécation. Mais nous ne disons pas, cela est bien entendu, que, dans les temps qui ont suivi l'opération, l'émission des matières fécales n'ait pas été douloureuse. Nous reconnaissons inétne que chez quelques malades, il a été utile de placer une mèche. Mais, à part cette seule précaution, aucun des sujets opérés n'a conservé, à la suite de son traitement, ces cicatrices douloureuses et résistantes qui succèdent A la destruction des tumein*s hémorrhoïdales par la cautérisation. Aucun na jamais eu besoin d'un traitement ultérieur relatif à des difficultés quelconques de la défécation.

OsiKBVATios 6*. — Tumeurs hémorrlio'idales circulaires avec chute du rectum, — Emploi de l'érigne multiple. — Ablation des bourrelets hemon hoïdaux par écrasement linéaire, — • Guérison au bout de quelques jours,

Léon Peigné, (|unrasite-rinq an.*», courtier en librairie, cnlre le 12 octobre 1B54 à rhôiiit.nl la Riboisièrr, salle $aiiit-Loui.<i, 3a. A lagc ilc quinze ans, il <nit une blennorrliagie qui, mal «oignce, dura cinq ou six nus. Un an aprè^, il fut aUeiot de quelques accidents s«-ond.-iire:i, tels (|ue roséole, plaquer muqueuses, accidents pour lesquels il entra àriiùpital Saint-Louis. En soriaiii (le cet hôpital, le malade fut pris d*un rhumatisme articulaire ai(ju généralisé, et, quelques années plus tard, il aurait fait deux fluxions de poitrine.

l^n Peigné entre en ce moment dans no^ salles pour se faire traiter d un bourrelet licmorrhoîdal avec chute du rectum. Son père était liémorrhoïdaire. Il semble lui même être sous Pinflnence d'une espèce de diathèse variqueuse ; iJr il présente un varicocèle à gauche, et des variées pelotonnées et volumineuses aux jambes et aux cuisses. Il a, de plus, une hernie inguinale gauche qui date de dix ans ; à droite, une petite tumeur herniaire qui parait due à une éventratiou de la paroi abdominale. Uu double bandage maiutieut ces Hernies.

I>e malade fait remonter Tapparition de ses hémorrhoTdes à Tc^ge de qualone ans. Très longftemps stationnaires, ces tumeurs auraient acquis depuis

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dix auf un volume plus conticlérable ; mais depuif cinq ans, ellea aoni àmt-

nue», à dei intervalles irréguliers et surtout dans les temps chauds, le stfge

dliémorrhagies d'ailleurs peu intenses et se manifestant principalement a«

moment de la défécation. L'écoulement sanguin n*a jamais été précédé ai

accompagné de phénomènes généraux. Il n*y a pas habitoallenaant de

fonsiipation.

II y a environ deux mois, le malade, étant resté plusieurs jours sans aller k la selle, s'adressa à un médecin qui lui conseilla une bouteille d*eau de Sediits Une débâcle abondante s'ensuivit. C'est à cette époque, au dire do malade, qu'il y aurait eu pour la première fois sortie de la muqueuse du rectiiai.

La procidence du rectum et les tumeurs hémorrhoïdales n'ont fait que s'accroître à dater de ce moment, et voici dans quel état nous les trouvoiB aujourd'hui.

Quand on invite le malade à pousser comme pour aller à U selle, on voit sortir, à l'orifice anal, un énorme bourrelet muquenz formé par une portioa de la muqueuse du rectum et p;«r des tumeurs hémorrhoïdales. Considéré dans son ensemble, ce bourrelet offre l'aspect d'une masse rouge, irrégolière, sinueuse, constituée par une série de bosselures et de dépressions ; saillanle de 3 centimètres environ hors de l'anus.

Si maintenant on examine cette masse dans ses détails, elle parait fonnéc de deux tumeurs circulaires concentriques à l'anus. La portion interne, qui n'est autre chose que l'intestin hernie, a la forme d'une collerette charnae, mollasse, mais li«se, uniforme, et se continuant directement à l'intérieur avec la muqueuse rectale. D'une autre part, sur la face externe du bourrelet, se détachent trois tumeurs isolées qui constituent la tumeur Id plus excentrique. Ces tumeurs ne sont autre diose que des liémorrhoïdes qui présentent une coloratiou d'un rouge violacé, sont résistantes, ovalaires et aasex sensibles au toucher, tandis qu'on peut presser et manier impunément la partie centrale. Dans l'état de repos, ces tumeurs offrent un dévelop|iement beaucoup moins considérable. Cependant le mnlade ne peut les faire rentrer complètement, excepté au bain. Sous l'influence des licmorrhagies répétées dont nous avons parle, la constitution du malade s'est profondément débilitée. Il a perdu ses forces, et aujourd'hui il se présente à nous pâle, défait, les traiu :iltérés et les membres inférieurs notablement œdcmatiés. En outre, son moral est vivement affecté, el il réclame rummc une grâce l'opération qni le débarrassera de ses tumeurs anales. Les fonctions digesiivcs et respiratoires paraissent intactes, mais la marche occasionne de l'anhélation et des palpitations. I/auscultatinn du cœur ne fait constater qu'une grande irrégularité dans les battements. Point de bruit de souffle.

On se décide à enlever le bourrelet reclo-hémorrhoïUal à l'aide de l'écratemeiit linéaire, et dès le lendemain de sou entrée, le malade est soumis k l'ntagft de l'alcoolaiure d'aconit.

Le i5 octobre, on procède h l'opéraiion en présence de M. Paul Guerfant

et de plusieurs autres confrères. Un lavement a été administre dans la matinée.

Le malade .lyant été préalablement assoupi au chloroforme, on iotrodvil

TBAITEMBNT DBS TOMBDRS HÉMORKHOÏDALK;;. 79

tes Tanas Férigna à ramenient, et^ eo tirant â soi le bouton <|ni termiDe la tige de riosimment, on amène au dehors la muqueuse du rectum et les tumeurs hémorrholdales. Un aide embrasse la tumeur à sa hase avec un 61 cire. Le bourrelet est ainsi prdiculisé au moyen de celte li0ature. On circonscrit alors lepëdicole avec la cbaine de Técraseur. On met en jeu la crémaillère de Tappareil en avançant d*nn cran toutes les quinze secondes, et au bout de dix miontes, la section est opérée. L*eitirpation faite, il sVcoule à peine quelques j^oottes de sang. La plaie est très nette, régulière, et semble avoir été prodmce «romme par Tinstrument tranchant. Le pansement consiste dans une application de frogments d'agaric, formant une pyramide dont la hase est «ooieone par on fçrand nombre de compresses longuettes, que l'on fixe en .ivant ei en arrière à nu bandage de corps. Potion calmante.

Quelques douleurs se sont manifestées après l'opération, mais elles n*ont pas duré pins d'une heure.

Le i6 octobre, pas de fièrre. L'appareil est resté en place; il ne porte pas la Boindrc trace de sang. Limonade; eau de Seitz; pilules de ratanhia comme moyen prérentif de l'hémorrhagie.

Le 1 7, après de légères coliques, selle mêlée d'un peu de sang.

Les 18, 19 et ao, constipation ; pas d*bémorrhagie. Sedlits. Plusieurs selles fiqaidefl contenant quelques Blets de sang.

Le a4 octobre, l'anus se présente sous la forme d'un infundibulum déprimé. Régularité parfaite au niveau de l'excision. Pas trace de l'opération. Il ne reste pins aucune bémorrhoïde.

h. dater de ce moment, le malade est mis k un régime tonique. Deux portions ; vin de Bagnols. On combat la constipation par de;i purgatifs de distance en distance. Le malade ne tarde pas à recouvrer ses forces.

Le 19 décembre, embonpoint; appétit excellent; plus de palpitations. Il d'csi survenu ni hémorrbagie ni récidive d'hémorrhoïdes. Guérison complète.

Noos avons revu ce malade au mois de février i855. La guérison ne s'est pat démentie. La cicatrice est simple et parfaitement régulière, et Tétat général excellent. Il n'y a aucune trace de l'apparitiou d'une nouvelle tumeur.

L'observation qu'on vient de lire se rap|)orte à Tuu des faits les plus remarquables de notre collection. L'état général de réconoroie au moment de l'opération était tout à fait mauvais, et l'infiltration œdémateuse des deux membres inférieurs, coïncidant avec des bruits anormaux dans la région da cœur, permettait de supposer l'existence d'une lésion valvuluire. Ce n'est donc pas sans un étonnement partagé par tous ceux qui ont suivi ce malade que nous l'avons vu recouvrer ses forces, l'embonpoint et la santé. La plupai*t des phénooièoes graves obMr%'ë8 ches lui tenaient à un état

80 LEÇONS SUn LÉCRASEMENT LIVÉAIIIE.

d'anémie, er, de plus, il existait à la stirFacc du cor|iâ des manifestations nombreuses de Tatonie des lissus. Tc5nioin les varices jambières, le varicocèle, les hernies.

Le succès obtenu chez ce malade donne lieu à celle conséquence: 1* (]ue les perles hémorrhoïdales et les souffrances dues à la présence d*un bourrelet héniorrhoïJal volumineux peuvent plonger Tindividu dans un état qui va jusqu'à simuler des lésions or{janic|ues ; 2^ que, tout désespéré que paraisse Tétat d'un malade atteint de tumeurs hémorrhoïdales, il ne Faut pas rononcer 5 l'opération, celle-ci pouvant devenir le point de dcpait d'une amélioration tout à Fuit inattendue.

Il s'est présenté chez ce malade une circonstance qui n'a pas été notée dans l'observation, mais qui mérite d*étre mentionnée d'une tnanièrc particulière : c'est Texislence d'un rétrécissement sur deux points de Turèire. Ce double rétrécissement n'avait point été révélé par le malade, qui avait, du reste, rhabitude de se sonder. Or voici ce qui arriva : le soir même de lopération, le ventre se tuméfie cnormcment; des douleurs très vives, imc tension considérable de labdomen se déclarent. On croit à l'imminence d'une péritonite. Lie lendemain, lorsque j'examine le maladeh la visite du matin, la percussion me fait reconnaître que la vessie est énormément distendue. Je pratique le caihétérisme, et je trouve deux rclrécisseraeuts: Tun à trois travers de doi{;t du méat urinairc; l'autre au niveau de la portion membraneuse. Les accidents, qui avaient pris des proportions etFrayantes, se calment promptcment, et à paiiir de ce moment, rien ne vient entraver la guérison. Seulement le malade porte pendant quelque temps une sonde à demeure d'abord très fine, puis assez volumineuse.

Les accoin|)agnemcnts d'une tumeur hétuorrhoïdale volumineuse sont li*es Fréquents, et sont de plus d'un genre. Les uns peuvent être considérés comme des effets; les années comme des causes de ruffection hémorrhoïdaire. Nous avons vu coïncider avec lexistence des bourrelets hémorrhoïdaux volumineux: 1<* des fistules à l'anus; 2° des abcès à l'anus; ^'^ la fissure anale avec ou sans spasme du sphincter; (i'^des

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