TRAITEMENT DES TUMEURS HK.MOIIKIIOÏOALI^IS. SI
dilatations ampullaires considérablei du rccuim; 5'ilcs hernies abdoraiuuleSy soit simples, soit multiples. Mais nous n'avons peut-être rencontré aucune complication aussi constante que celle qui s'observe du côté des voies urinaires. On peut être à peu près sûr que toutes les fois qu il existe un bourrelet hémorrhoïdal volumineux, il y a quelque désordre plus ou moins notable, soit anatomique, soit fonctionnel, dans l'appareil génito-urinaire.
Parmi les troubles qui portent, tant sur l'état anatomique que sur l'étal physiologique, il en est qui peuvent être considérés comme cause, d'autres comme effet, d'autres, enfin, comme cause et comme effet à la fois. Exemple : comme cause, on conçoit que, pour peu qu'il ait la moindre prédisposition hémorrhoïdaire, l'individu qui est affecté de rétrécissements chroniques et multiples, faisant journellement des efforts répétés et plus ou moins prolongés pour l'expulsion de l'urine, présente un étnt de congestion et de dilatation des veines du bassin, et particulièrement des veines hémorrhoïdales. Comme effet, nous avons noté Thypertrophie de la vessie, la distension pathologique de cet organe et le tcnesme vésical, par saite des dysuries plus ou moins passagères que présentent les sujets qui portent un bourrelet hémorrhoïdal volumineux et douloureux. Ck)mme cause et comme effet i\ la fois, nous avons observé l'engorgement de la prostate. Il suffit, en effet, de la moindre réflexion pour comprendre que la congestion hémorrhoïdaire et les troubles vésicanx qu'el'e entraîne donnent lieu à un étiU hypérémiqiic «lu système vascuhire vésico-prostatique, état hypérémique dont l'effet est de disposer la prostate à Thypertropliie. D'un autre côté, quand la prostate est devenue volumineuse, cet excès de volume produit un effet fiïcheux sur la circulation en retour des veines hémorrhoïdales. Les hémorrlioïdes poussent à l'hypertrophie prostatique, rhypertropliie prostatique aux hémorrlioïdes, et, dans ce renvoi mutuel d'influences, il y a aggravation des deux ninhidics l'une par l'antre. C'est î\ ce litre que nous avons pu dire c|ue les engorgements prosta-
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ti(|iies pouvaient être considérés comme cause et coniiQ^ effet dans les afFections liciiiorrhoïdaires.
De ce que nous venons de dire touchant les concoroitaQceB des troubles urinaires et des hémorrhoïdes, il y a cette double conséquence à tirer : i" qu'il ue faut jamais coipmencer le trf^it^ineiit d'tine tuin^ur hémorrboïdale, sansavpîr coq^tatë sivec un spii) pariicplier I état de lappareil iirinairé; 3* que le traitement complet des tumeurs hémorrhoïdales comprepfl non-seulement la cure de la tumeur hémorrUoïdale en ellemême, mais aussi celle des aHections urinaires concomitantes. I| y a même une considération particulière qui 8*élève en faveur du cathétérisme préalable dans tous le.s cas d'opération dirigée c mtre les tumeurs hémorrhoïdales, et voici k quoi elle se rapporte.
Vous devez toujours vous attendre à ce que, quel que soit, au moment de Topération, Tétai des voies urinaires, quelque sain même que vous le supposiez, vous aurez très prahablement à recourir au cathétérisme. Or, on sait que, chçz les sujets soumis à cette opération, surtout quand c'est pour U première fois, ou voit survenir dans certains cas un frisson suivi de tout la développement d'un véritable acc^s de fièvre intern)iitente. Ce frisson, qui ne nous alarme pa^ beaucoup chez un sujet sur lequel il n'existe encore aucune suppuratioOi nous le redoutons vivement chez les opérés. Non-seulement il inquiète par riuceniiude où Ton est sur la question de savoir s'il ne serait point le frisson initial d'une ipfectiofi purulente, mais, à tort ou à raison, nous avons la croyance que tout frisson intense qui survient chez un sujet atteint de plaie suppurante, constitue une prédisposition au développement des ahcès métastatiques. C'est en vertu de cette manière de voir (pie noi^s nous sommes désormais imposé de soumettre à un cathétérisme préalable, dût-il ne consister (pie dans l'introduction d'une simple bougie, tout sujet destiné à être opéré d'une tumeur hémorrhoïdale.
Il y a, en résumé, dans l'emploi préalable du cathétérisme chez les sujets liémoiThoïdaires (|ue Ton se propose d'opéreri
TfiAITEMENT DES TUMEUBS HÉMOnnUOÏUALES. 8S
le double avantage i^ d'une cxftloiation fort utile, 2** d'uiio sorte d'acclimatement on <'e piTpHnnion des voies nrinaires au contact de la sonde.
Qbsbbt^tidii 7?. — Tumeur ké^orrhoUhle circulaire, — Emploi de Vérigne a lavivement. — Pédiculisation, — /iblation par écrasement linéaire, ^-r Guérison au bout de treize jours.
Uardelle, irente-Crois ans, menuisier, est entré le lo septembre i854i rbèpiial la Riboisière, «aile Saiot-Loui)>, n** 3o.
Il y a une dizaine d'années environ que ce malade, étant soldat en Afrique, l'aprit^t qu'en allant à la selle il perdait du sang, puis, peu de temps après, (foTû aTail des grosseurs à l'anus. Les bémurrhaçies anales se répétèrent penlUoC na an, à des intervalles très rapprochés» puis cessèrent durant quelque temps. Mais, il y a quatre mois, un écoulement de snng très abonda^nt se manifesta par Tanus en même temps que les tumeurs repaiaissaient avec un Tolume plus considérable. Nouvel intervalle de deux mois pendant lequel le malade ne s*a perçut de rien. Réapparition des accidents il y a dix jours. Cest alors que Dardelie se décida à réclamer les set ours de Tari. ]Notons qu'il n'y a jamais en chez ce malade de suintement purifonne par l'anus.
A l'arrivée du malade, on constate au pourtour de ToriHce anal l'exislenee de d«az lumeur^ semi-circulaires, réniientes, d*un rougf^ hrun, assez douioureufe* à la pressiou, et qui ne laissent |)as suinter de hauq. Le malade est hubitoelleroeDC constipé. L'état général est bon. En ce moment il existe un écouiemçnc arétral assez épais quç le malade dit avoir contracté il y a quatre jours. La miction n'est pas douloureuse.
13 septembre. 1^ malade est conduit à ramphithéàtre, apiès avoir pris le matio OD Javemeot. Il est soumis aux inhalations de chloroforme, qu'il supporte assez diflicilemepty et Ton est obligé de lui faire inspirer une assez grande quantité de latent anesthcsique. On introduit IVrignc à branches multiples à l'aide de laquelle les bourrelets sont amenés au dehor^. On pédiculise les tumeurs au moyen de deux ligatures, puis un entoure les hémurrbuïdes au delà du Hl conitricteur avec la chaîne de l'écraseur, laquelle opère la séparation dans l'espace de huit minutes environ. 11 ne s'e.st écouléque quelques gouttes de sang. Jl est bon de faire remarquer que Topéraiion a dû être un peu brusquée en raison des mouvements désordonnés du malade. Le pansement consiste dans une compression légère faite avec une pyramide de morceaux d'agaric. Le panfemeot est assez douloureux.
i3. Bien; pas de suintement sanguin; la suiface opérée e^t complètement sèche.
i5. Même état ; pas d'hémorrhagie. Le malade est allé à la selle sans grandes douleurs. On touche la plaie avec la solution de nitrate d'argent. 19. l'as de selles depuis trois jours; un bain, ao. Pas de garderobes ; lavement.
a3. Il reste une petite surface irnumatique grande comme une pièce de 5o centimes et qui fournit un léger suintement séreux. Le malade n^accuse aucune douleur. On le carde encore quelques jours pour s*assurer que la guéridon est complète et dëfinilive.
On voit, dans cette observation, quelle est lextréme simplicité des suites de Técrasement linéaire dans le traitement des bourrelets hémorrhoïdaux. Notre confiance à Tégard de ces suites a plusieurs fois été telle, que nous avons parfois négligé, impunément il est vrai, des précautions dont il n'y a pas lieu de se dispenser et auxquelles nous ne manquons pas habituellement. Ainsi, chez un sujet atteint d'affection urétrale, avons-nous habituellement soin de traiter cette affection préalablement à toute opération sur les hémorrhoïdes.
Observatio!! 8«. — Bourrelet hémorrhdidal circulaire, — Emploi de Vérigne h branches multiples, — Ablation par écrasement linéaire. — Guérison au bout fie seize jours. (Recueillie par M. Eugène Nétaton.)
Madame Horry, fabricaote de capotes en haleine, demeurant rue Saint- Denis, 374,%ée de quarante et un ans, bien régire, commença à éprouver, il y a six ans, un flui liëmorrhoïdal qui dura, presque sans discontinuer, pendant cinq années consécutives, l'affaiblit beaucoup et la rendit anémique. Son médecin, M. le docteur Despréaiix, parvint à suspendre les liémorrlia(pe8 pendant près d'une année à Paide d'un traitement interne : pilules de ratanbia, de fer, etc. Mais depuis six semaines il s'est développé un bourrelet bémorrhoidal saillant à Pextérieur, composé de quatre à cinq tumeurs arrondies, chacune de la grosseur d'une petite noix, se reliant entre elles par leur base, et qui sont le siège d'une exbalation sanguine assez abondante pour compro<* mettre sérieusement la santé générale. C'est par suite de ces circonstances que la malade s'est décidée à l'opération.
Le 6 janvier i855, on procède à Fcxtirpation du bourrelet par écrasement linéaire.
La malade est amenée à l'état de tolérance anesthésique au moyen du chloroforme. On commence par faire saillir autant que possible la tumeoi* en introduisant dans le rectum une érignc à branches multiples et Hmplantant au niveau de l'anus par un mouvement de traction. Cela fait, l'écraseur est appliqué au-dessus de la tumeur et mis en jeu; une vive résistance est opposée à l'action de Tinâtrument par les tissus qui se gorgent bientôt de sang noir au-<less.>u.s du point de consiricfion.
Dans la naiitle d'ouvrir une voie à Thémorrhagle en sectionnant trop rapidement les tissus, et afin d'obtenir l'adhésion par màchure des parois vasculaires artérielles cl veincnse*, on agit avec lenteur, et pour cela on ne fait
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avancer la crémaillère que d'un cran toutes les quinze secoiides environ. De cette manière roj>ér«ition duie de vingt-cinq a vin|«(-5ix minutes.
I«a plaie presque linéaire résultant de ropciation ne donna pas unr |;outte de sang. liJIe fut recouverte néanmoins de quelques rondelles d*ainadou soutenues par des compresses et un bandn(;e en T.
I^ dissection de la tumeur fit reconnaître qu elle était constituée par ta réunion d*uo certain nombre de lobules qui tous , à Texception d\m seul complètement œdémateux, offraient un lacis inextricable de canaux veineux de 3 à4 millimètres de diamètre et à parois extrêmement minces. L*apparrnce bosselée de ces lobules leur donnait une ressemblance assez frappante avec les Tésicules séminales; seulement les canaux, au lieu de communiquer, comme dans ces dernières, tous les uns avec les autres, étaient fréquemment interrompus par des cloisons, comme on pouvait s*en assurer en les ouvrant m divers points. On en retirait alors tantôt un caillot unique, rougeâtre et arrondi, occupant une cellule close de toutes part), tantôt un caillut un peu plus allongé et présentant comme appendices d'autres petits caillots provenant de cellules i^oisines en communication avec la première par un assez, petit oritice. La muqueuse qui recourre la tumeur devient extrt^roement mince vers le point culminant des bosselures, de sorte qu'il est à peu près impossible de la séparer en ce point du paquet veineux; en certains endroits, elle est même érodée et laisse à nu le tissu spongieux qu'elle recouvre, ce qui peut rendre compte de la transsudation facile du sang. Le lendemain de l'opération, 7 jan« vier, la malade dit avoir un peu souffert ; il n'y a eu aucun écoulement sanguin par la plaie ; peu de fièvre ; point de selles.
8. £n examinant la plaie, on s'aperçoit que les parois opposées du rectum ont contracté adhérence l'une avec l'autre ; on introduit avec précaution le doigt pour faire cesser celte agglutination, et aussitôt aprèi la malade rend one selle.