BITIIPATION DU CANCER DU RECTUM
telquela pratiqué M. Amussat. On conçoit bien (|uesi le cancerilii rectum se présentait jamais sous une forme p<kJicnlée semblableàcelled'unpolyi e,on pourrait désorganiseria niasse •Itérée jusqu'à son pédicule inclusivement, et dont er lien par là à sa disi'arition complète. Mais, saisir, pour ainsi dire, en pleine chair et au milieu des tissus sains un noyau ou une plai|ue de nature cancéreuse, c'est exposer le malade à tous les effiets fâcheux des grandes violences mécaniques, sans avoir le nHiins du monde la certitude de le débarrasser complètement de son affection locale. Il n'y a donc aujourd'hui , nous le croyons, aucun chirurgien qui puisse être tenté de recourir à an pareil mode de traitement.
Arrachement. — Ce que nous avons dit du broiement est à peu de chose près applicable à l'arrachement. Ou a bien dit que Récamier avait eu recours plusieurs fois à ce procédé. -^ Uais autre chose est de savoir qu'il y ait eu recours ou de savoir s'il Ta Fait avec avantage pour ses malades. Au milieu de quelques vues bonnes et utiles, il y a eu dans la pratique de Récamier une foule d'inspirations très peu rationnelles, très auisibles même, et qu'un chirurgien de bon sens se gardera toujours d'imiter.
Que Ton racle à la surface des tissus cancéreux, soit avec i'oDgIe, soit avec une curette plus ou moins tranchante, des fengosités qu'on amène au dehors, et <pii, |)our des esprits faàlm è contenter, représentent Tahlation d'un cancer, cela se ooDçoit k la rigueur; mais qu'un pareil genre de traitement soii dans les intérêts bien compris du malade, c'est là ce que nous n'admettons pas. Nous n'avons donc rappelé cette méthode que pour mémoire, et afin de ne rien omettre des oioyeus raisonnables ou déraisonnables qui ont pu se présenter à l'esprit des chirurgiens pour combattre la redoutable afiiection dont nous nous occupons ici.
Ligature. — Toujours préoccupés de la crainte des hémorrhagies, les chirurgiens ont cherché à échapper, par l'emploi de lu ligature, au danger de l'ablation des cancers du rectuo^ fiiite à 1 aide de l'instnimeui tranchant. Mais cette fois encore,
20& LEÇONS SUH L ÉCaASEMENT LIMÉAIBE.
ils ne sonlarrivés qu ade bien pauvres résullats. Enadmettanr, ce qui est déjà fort douteux, qu on puisse, par le secours des ligatures ordinaires, parvenir à circonscrire bien exactement les tissus qui doivent être enlevés, ne voit-on pas surgir aussitôt tous ces inconvénients, si graves et si connus, des ligatures dans la région anale : douleurs atroces et continues, inflammations violentes , phénomènes d^étranglement , nausées , vomissements, péritonite, suppurations abondantes, vastes décollements pelviens, em|)oisonnement putride? Ainsi donc, em[Aoyé, soit à tiire de ligature partielle, soit à titre de ligature eu masse, ce procédé est parfaitement jugé aujourd'hui et considéré h bon droit comme une des plus mauvaises appli* cations de la chirurgie.
Extirpation. — Qu'on la considère comme simple excision quand la tumeur à enlever n'est pas très volumineuse, ou comme amputation du rectum quand une certaine longueur du cylindre intestinal est intéressée, Textirpation est encore une opération qui ne se présente qu'avec les chances les plus déiavorables.
Faisons d'abord remarquer, au sujet des bornes dans lesquelles la maladie doit être restreinte pour être encore attaquable par les moyens dont la chirurgie dispose, qu'il fiiul avoir la certitude de ne point ouvrir le péritoine et de ne point intéresser largement la paroi postérieure de la vessie. Nous savons très bien que la blessure du péritoine en pareille circonstance n'a pas toujours été nécessairement mortelle, et nous avons encore présent ii l'esprit un (ait très curieux communiqué à la Société de chirurgie |>ar notre habile collègue, M. Adolphe Richard, fait duquel il résulte qu'un maladeopéré de cancer du rectum, et chez lequel le péritoine avait été ouvert involontairement pendant l'opération, n'a point succombé par suite de cette lésion. Mais de ce que l'histoire de la science présente çà et là de ces faits qui semblent mettre en défaut les prévisions les mieux fondées, il ne s'ensuit nullement qu'on puisse faire bon marché de ces prévisions.
Parfois il arrive que des actes marqués au coin de la plus