‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 38 sur 112 · EZTIBPATION DU CANCER DU RECTUM · texte numérisé non relu

EZTIBPATION DU CANCER DU RECTUM

disposés de manière que la canule du petit tit)cart puisse entrer fisicîlement dans la canule du gros.

Les mouchetures ootérieure et postérieure ayant été faites comme nous Tavons dit, je conduis le gros trocart jusque dans hcaTÎté de Tintestin, en circonscrivant les tissus malades à la"" partie antérieure, et en les isolant de la prostate si Topération se fiiit chez Thomme, des parois du vagin si elle se fait chez la Femme.

Une fois que le gros trocart est arrivé dans Tintestin^je retire sa tige et je fais tenir la canule par un aide. C'est alors que je fois pénétrer le petit trocart de manière à circonscrire la masse cancéreuse en arrière sur la ligne médiane. Je conduis llnstrument jusqu'à ce qu'il ait pëne'tré dans Tintestin, et je cherche à engager la pointe de Tinstrument dans la canule du premier trocart. Cela fait, je retire la tige du petit trocartetj ai alors un canal semi-circulaire qui va circonscrire dans toute sa hauteur le cylindre cancéreux.

Cest à ti'avers ce canal que je conduis, à Taide de bougies très fines, deux fils excessivement forts et diversement colorés, dont Tun sera destiné à former Fause pcdiculisatrice, tandis que l'autre conduira la chaîne de Técraseur.

Lorsque ces fils sont passés, on retire les canules, et dès lors on serait déjà en mesure de former le pédicule. Mais il y aid un obstacle sérieux qui résulte de ce que l'anse du fil pédicnlisateur, au lieu de rester à une hauteur suffisante et par delà la limite supérieure du cylindre cancéreux, pourrait sabaisser de manière à pcdiculiser dans le tissu cancéreux lui-même. H Faut forcer cette ligature à agir au-dessus et en dehors du cyUndre cancéreux, c'est-à-dire en saisissant des lissns parfaitement sains.

J*ai alors recours au procédé suivant : Une moucheture latérale étant faite sur le côté par lequel je dois commencer l'ablation, je conduis le trocart de manière à arriver latéralement à la limite supérieure du cylindre cancéreux. Cette canule, dont la convexité regarde en dehors, est laissée en place pendant qu'on serre le nœud de Tanse

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pédiculisatrice. Force est alors à celle-ci de rester en dehors des tissus malades et de pédiculiser toute une moitié de k tumeur dans i'cpuisseur des parties saines.

Le fil conducteur de 'la chaîne se trouvant tout préparé, oq passe cette dernière et Ton produit Técrasement en se confbiv mant aux règles qui ont été indiquées ailleurs.

Il résulte de cette première partie de Topération qu'on ■ détaché Tune des moitiés du cylindre cancéreux. Autant la pédiculisation de cette première moitié a été difBcile, autant celle de la seconde Test peu.

La mobilité de celte seconde partie de Tintestin après la sec* tion de la première donne toutes les facilités possibles pour faire la pédiculisation; les doigts y suffisent parfaitement, et dans le cas où il se présenterait quelques difficultés, remploi du trocart en ferait promptement justice.

Chez le malade dont Tobservation va être rapportée, je n'eus recours au trocart que pour le passage du fil conducteur de la chaîne, et je ne formai la limite latérale destinée à maintenir Tause pédiculisatrice dans les parties saines qu avec le secours de trois aiguilles ti*ès longues implantées à travers Vépaisseur des tissus jusqu à la limite latérale supérieure do cylindre cancéreux.

L'excellent résultat que m adonné ce mode 0|>ératoire dam ce cas me parait de nature à encourager de nouvelles tentatives.

Observation 37*. — Cancrtnde du rectum, — Première opération suivie ée récidive. — Seconde opération par Vinstrument tranchant suivie égalemew^ de récidive, — Troisième opération par écrasement litiéaite, ( OliserraciiMi

recueillie par M. Eugène Nélatoii. )

Turpiii, HIeur, suixante-deux ans, drineurant rac du Faul>ourf;-dii-TeinpWv 119, entre le 3 avril i855 à l'hôpital la Uiboisièrr, dan» le i^rrviie de chirurp.ie. Marié ; bonne constitution.

Il y a deux ans, tumeur à l*;iriU8 du volume d'une noix avec ëconlement de san^ ;iu nionieiit des selles. Ablation de celte tumeur parM.Hoyer. Le niaUdt se trouve (jurri et reprend ses occupations.

Vu an aprèr*, nouvelle tumeur moins vulumineuse, avei* Hux san(;nin romme la première fois. M. Voillcmier prescrit ^ la conxultation de Thôpiial 1*00gueut populeum qui soula{;e le malade pour quelques mois encore.

BITIBPATION DU CANCER DU AEGTUM. 22^

Eo Dovembre 1 855, ce dernier entre dans le service de M. Chassaignac. Il te plaint de dooleart h Tanas, d'uo écoulement (;laiieux mé\ô de snnfi;, chaque fois c|o^il va à la selle. Saoté générale excellente, du reste.

Oa recoouait par le toucher Texistence dans le rectum et au-dessus de Taous d*UD léger rélrécissement constitué par une induration peu étendue en profondeur, mais inégale, étalée en surface, occupant la demi-ci rconftfrence posiérieure du rectum sur une hauteur de deux centimètres. On a recours d*abord au traitement par Tiodure de potassium pendant plus de deux mois, nos aucun succès, on croit dès lors à uo cancer du reciuni, et en janvier' l855 on pralifpie l'ablation de la tumeur avec le bistouri. Cette opération futtrès laborieuse et probablement n'atteignit pas toutes les parties de la tumeur; rarpcudant les jours qui suivirent on sentait encore (|uelc|ues parties indurées au voisinage de la plaie, néanmoins la cicatrisation marcha assez rapidement, au moins dans les premiers temps.

Vers la fin de février, le malade sortit de l'hôpital, conservant un suinienent purulent, mais se trouvant beaucoup mieux <|u*avant Popération.

Le 3 avril i855, Turpin revient dans nos salles, se plaignant du retour des douleurs et des évacuations mucoso-sanguinolentes. Les symptômes lo^ caax se présentent cependant avec moins d'intensité que la première fois.

Par le toucher, on reconnaît sur toute la circonférence du rectum au voisi* «âge de Tanns, des indurations irrégulières ne parais:>ant pat» dépasser IVpaisiear de la muqueuse, remontant en airière à 3 ou 4 centimètres et en avant à uo ou deux centimètres seulement de Torifice anal.

Le lo mai. Le malade est soumis à l'alcoolalure d'aconit : a grammes, pov prévenir les chauce>i d*une infection purulente pcssible après Tope* ration.

Le i4 niai. Inhalations de chloroforme; pui^ ablation de la partie inlerieare da rectum par écrasement linéaire de la manière suivante.

Ponction en arrière de l'anus avec un trocait couibe que l'on fait pénétrer dans le rectum au-dessus des ti»siis malades, pour le ramener ensuite de haut en bas et d'arrière en avant au travers de la paroi antérieure du rectum, toujours an <lelà de Taltération. On le fait sortira la peau immédiatement au-de« raot de l'anus. Vue petite bougie élastique conduisant un Hl solide est passée dans la canule du Irocart qui a servi à tracer la voie et que Ton retire aus* liiôt. Ce fil eàt destiné à étrangler, à pédiculi!jer la moitié gauche de Tannean altéré du rectum. Pour être plus certain de dépasser les limites de l'altération, deux trocarts droits son enfoncés à un centimètre l'un de l'autre, sur le côté gauche de l'anus, de manière à ressortir dans 1 intérieur du rectum, au-drssus de l'induration, et à maintenir l'anse de Hl à cette hauteur. On fait alors un nœud bien serré pour commencer à forniei- un pédicule ; pois la chaîne de l'écrascur est introduite dans la niênie voie que le Hl, placée nimme lui au delà du bec et du pavillon des canules. La section, faite avec nênagemeof, est opéne en quelques minutes.

La pai tie droite du rectum est pédiculisée de la même manière avec un H| roustricteor et une canule de trocart. On a soin en même temps de se servir

32& LF.ÇONS SUB L éCBASEMENT LIXÉAIHE.

do demi-anneaa cbarna (léj.i séparé, comme d*Qn mo^en de traction qiii permet d'attirer autant que possible à IVxtériear l'autre moitié renfermant une plus grande quantité de tissus altérés. I/ëcratenr est appliqué et la section s'opère, comme la première, en quelques minutes; il s'eit écoulé environ un demi*¥erre de 8an(][ pendant cette opération laliorieuse. Pantemcnt arec des rondelles d*amadou, de la clmrpip, des compresiet et un bandage en T.

La tumeur est constituée par des bosselures chacune de la grosseur d'une noisette, médiocrement consistantes, les unes grisâtres, infiltrée! d'une certaine quantité de sérosité incolore, d^autres rougeâtres, violacées, au moini dans leurs couches les plus extéiieurrs. Ces dernièrea, situées dans les parties les plus élevées, paraissent plus saillantes que les premières. Elles ressemblent aux bosselures peu vasculaires, livides, blanchâtres, et comme asdémalenses que l'on rencontre dans un grand nombre de bourrelets hémorrhoîdaoi anciens.

M. le docteur Charles Robin ayant examiné ces tumeurs au microscope, les a trouvées composées en grande partie de cellules cpithéliales.

Le i5. Le mahde a peu souffert. L*appareil e»t sali par un suintement sanguin qui n'a rien d'inquiétant. Point d'appétit ; mouvement fébrile léger.

Le 17. Le malade ne se plaint d^aucune douleur, d'aucun malaise notable. Il commence à prendre quelques aliinenls, on lève le pansement. La surface de la plaie est grisâtre, comme lout(?s les plaies récentes. 11 n*y a pas encore de suppuration bien franche. Pansement simple. Dans la journée selle naturelle médiocrement douloureui^e.

Le 30. Plaie rosée, granuleuse, en pleine suppuration. Les douleurs déterminées par la défécation sont très suppoiiables. De temps en temps on favorise les évacuations par quelques purgatifs. Santé générale toujours très bonne.

Le 39 mai. Même état.

Le ao juin. I^ plaie diminue i-haque jour d'étendue; sa surface est toujours rosée, granuleuse, de très bonne nature. Cependant par le toucher rectal on reconnaît qu'd existe encore à un ou deux centimètres de profondeur sur la paroi antérieure du rectum, deux ou trois petites tumeurs arrondies, résis* tantes, qui inspirent quel(|ues inquiétudes.

Le lo juillet. I^ malade se plaint de la sortie de ces petites tumeurs chaque foi^ qu'il va à la selle, ainsi que de coliques et d'une sécrétion glaireuse continuelle qui tache son linge. Il nous montre en effet les jours suivants une matière visqueuse, gélatineuse, dcmi-transparcnle, assez abondante, et mélangée d'une certaine quantité de sang, matière qu'il est sollicité i rendre 4 ou 5 fois par jour et qui nous parait être tout à fait de la nature des selles dysentériques. On supprime l'iodure de potassium que le m.ilade avait reprit depuis quelques jours et on le soumet au traitement par les purgatifs.

Le 1 1 . Après avoir pris une bouteille d'eau de Sediilx, le malade a rendu hier une grande quantité de matière muqueuse.

Le 12. Nouvelle bouteille d'eau de Scdliiz. L«8 évacuations muqueuses sont bien moins abondantes. Le malade se trouve soulagé.

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