DE L ABLATION DES POLYPES UTÉRINS
Bitot OÙ elle n*éiaii pas surveillëe, sortit de ramphilbëàire et se rendit à pied jusqu'à son lit.
Deui faeares après l'opération, survint une hémorrhagie. L'ergot de seigle adoinistre A kaute dose détermine des contractions ute'rines violenles accompagnées de douleurs vives et iuîvies de la cessation presque instantanée de récoulement sanguin.
Le 14) i5 et i6> apparaissent de nouvelles pertes, très passagères comparativement A celles des deux premiers jours ; maïs la malade reste pâle ; elle a de b cépbalalgie^ et elle conserve un pouls très faible. (Mëdication tonique.)
Le 17, amélioration.
Le 18, et les jours suivants, le mieux continue. Emploi des pilules de fer.
Le 8 aoàt, la malade sort de l'hôpital ayant encore un peu de pâleur, mais complètement délivrée de ses perles, ayant très bon appétit et se trouvant en état de reprendre ses occupations.
Trois mois après, cette malade est revenue nous voir. Elle était dans d'ex* cellentes conditions ; mais elle ne put être soumise ce jour-U à une explora- Uoo nouvelle, de sorte que l'état local n'a pas été constaté, La malade a du reste promis de revenir nous voir.
Cette observation ne saurait être donnée comme un exemple dabsence complète d'hémorrhagie à la suite de Técrasement l'méaire, puisque nous voyons qu après la seconde opération il y eut plusieurs pertes; seulement nous ferons remarquer : i*qoe lors de la première opération, il y a eu absence complète d^eifusion de sang; 2* que la seconde opération, celle du 12 juillet, ayant été suivie d'une imprudence grave faite par la malade, qui se rendit à pied de lamphilbéàtre à son lit, il n y a pas lieu d'imputer à Técrasemeut linéaire une perte de sang qui peut à la rigueur dépendre de la cause que nous venons de signaler. D*autre part, rien ne prouve que rhémorrhagie ait eu lieu à travers Torifice de vaisseaux contenus dans le pédicule de la tumeur. Or, quant aux bémorrhagies provenant d*une autre source, de la surface interne de Tutéi^us par exemple, il est bien évident que Técrasement linéaire ne sau« rait avoir la prétention de les prévenir.
Kousnous croyons d'autant plus fondé à considérer la perte de sang qui eut lieu chez cette femme comme étant la conséquence de Timprudence dont nous avons parlé, que chez aucune des malades opérées depuis cette époque, rien de semblable ne s est manifesté.
238 LKÇONS sua L'ÉCBASËMEKT UNÉAIBK.
il est vrai que plusieurs fois depuis, nous avons opcrc des polypes utérins sans recourir à rabaissement préalable, grâce à remploi des ccrascurs courbes dont nous Faisons usage aujourd'hui aussi bien pour Tamputation du col de Tutérus que pour lablation des polypes. C'est ainsi cjue nous avons dernièrement opéré une malade du docteur Colon, à la Chapelle* Saint-Denis. Le polype donnait lieu depuis longtemps à des pertes. Il était piriforme; à travers le spéculum bivalve, le polype fut saisi au moyen de Tcrigne à crochets convergents; après quoi, le spéculum ayant été retiré, la chaîne de Técraseur courbe fut conduite jusqu'au pédicule du polype, qui fut détaché au bout de douze minutes sans aucune effusion de sang.
Obseiivatios Sg*. — Polype fibreux defuUms, — Ablation de toute la portion extra-utérine de ta tumeur par écrasement linéaire. (Observaiion reciirilUe par M. Ea£[ène Nélaion.)
Le II janvier i855, la nommée Gliys, marchande dei qualre-sabous, qudH rante-neuf ans, demeurant rue Guérin-Boisteau, ao, enlrc à rhôpilal b Riboisièrei lalle Sainte-Marihe, 22,
Il y a onie ans, h la suite de sa dernière couche, celte malade eut «u mo* ment de la délivrance une hcmorrhaQÎe utérine osset abondante. Klle fat assez longtemps à se rciablir, ei depuis cette époque ta constitution resta toujours un peu affaiblie.
Depuis deux ans, elle éprouve aux époques menstruelles des pertes san- ^ines abondantes qui, depuis quatre mois, ont fait place à des flaetirs blan* ches continuelles. A répo(|ue présumée des règles, il ne l'éconla qn'anas^ro* site roussàlrc en pcliie quantité.
En outre, depuis environ six mois, celte femme se plaint d'éprouver des douleurs et des tiraillements pénibles dans les régions inguinales et lom' baires ; elle se plaint aussi d*uriner très souvent et peu à la fois. Les telles sont faciles et légulicrcs.
Aujourd'hui nous constatons dans le vagin la présence d'une tumeur dé* passant le volume d*un gros œuf de poule ; cette tumeur, au dire de la ma* lade, apparaît un peu au dehors au moment de la miction et de la défécation ; ba surface est trÙH lisse, sa consistance très dure, car elle ne se laisse mil* lemcnt déprimer par le doigt. l'Ule est plun volninineuse à son catrémitc infé^ ricurc, (|ui est régulièrement arrondie, (|u u sa pariic supérieure, qui repré- >enti: une sorte de pédicule très l«ir(;e, d'environ a ou 3 centimètres de diamètre, et qui pénètre manife^teinent dans la cavité utiVinp. Le doigt sent, en iHVt, un sillon circulaire entre ce pédicule et le bourrelet résistant qui rep^l'^LMlte le pourtour du col coiisidéroblcment dilaté.
DR L ABLATION DES POLYPES UTÉniNS. 239
Le 5 fëfrier, extirpation par ëcrasemenc linéaire de touCe la portion extraate'rioe du polype.
M. Cha^sQÎçaac attire la (umrtir arec des pinces de Museiix, et fait remarquer en même temps que le vn{*iii bai{;ne dans un liquide pnrulent a^sex abondant. L'uritice du cul étant amené tout près de la vuItc, on entoure 1c pédi* cale de la tumeur avec la cliainc de l'ccraseur dont on tient le manclie dirige Tcrs le pabis. Alors on fait respirer un peu de chloroforme a la malade; mais la constricfion ne déterminant presque aucune douleur, on n*insiste pas davantage sur l'emploi de ra(jent anesthésique. On Fait avancer la crémaillère de Técrateur d*un cran par quart de minute, et au bout de 1 5 «i i6 mi* ■oiet la section est opérée. Point d'hémorrha^^ie après l'ablation de la lumear. Il ne s*est pas écoulé pendant Topération deux cuillerées de sang ; U malade n*a éprouvé aucune douleur; die est reportée à son lit sans aucun pansement.
Le polype, dont on « enlevé tonte la portion qui faisait saillie hors du col Dtérin, se présente tous la forme d'une masse ovoïde. Sa surface est lé({ère* oent rugueuse, d'un blanc jaunâtre, constituée par la muqueu«e utérine décolorée. Cette tumeur, qui peut avoir le volume d'un œuf de dinde, se laisse assex facilement déprimer suivant ses difTérents diamètres, et semble renfermer des tissus doués d'une certaine élasticité et fnyant sous les doigts qui les compriment Une coupe ▼ertioale fait voir que In tumeur ckt entièrement formée pr des nnasses irrégulièrement cntrecioiséts d'un (issu blanfh«^tre, souple et dépressible, surtout vers son milieu, comme lu tissu central des disques interverirliraux.
Examinée an microscope par M. Charles Robin, professeur Ag^'^'C^ ^ ^^ ^^' coIté de médecine, la tumeur loi a paru formée d'une trame cellulaire dense, M renfermant que de inrcs fibres musculaires également denses, particulière- Beotver» la surface. Toutes les parties molles et élastiques étaient composées d'éléments fibro-plastiqnes, et contenaient surtout des noyaux libres.
Le 6 fcTrier, point d'écoulement san{>uin appréciable depuis hier. La malade se plaint de donleurs de ventre accompagnées de flatuosilés. L'abdomen est, en effet, tendu, météoriAé, mi-diocrement douloureux ù la pression. D'ailleurs point de vomissements. La malatle n'a point durmi; elle a un peu de Bèvre ce matin. (Cataplasmes laudaniscs sur le ventre. ]
Le 7. Ventre an peu moins douloureux. Etat général meilleur. Sueurs asses ibondantcs.
Le 8. Ki ballonnement, ni douleurs abdominales. Suppuration peu abondante; pouls à l'état normal; un peu d'appétit. (Bouillons, potages; cata- (dlfmes laudanisés.)
Le lo. Même état. Une portion.
Le I*' mars. Presque point de suppuration. Le loucher et l*etamen au tpéculum font reconnaître que l'ouveriure du col s'ost refermée presque eniièrcmeutsur la portion restante du polype, que Ion peut cependant encore atteindre avec le doi^t introduit dans la cavité du col. Lorsque Vou porte l'indi atenr vers le culde-sac antérieur, et surtout vers le cul-de-sac postérieur
2&0 LEÇONS SUR l'écrasement LINÉAIRE.
du vagin, on sent que le corps de luterus est toujours le sir(;*: d*un dérrloppe-
ment très notable.
l« 1 3 mars. La malade fort de Thôpital sinon radicalement («uérie de son polype, paisquUl en reste une portion dans Tntërus, du moîot notablement soulagée quant à la douleur et k l'abondance de IVcoalemenL
La malade qui fait le sujet de cette observation était profondémeot débilitée et portait bieu plus que son âge. La moindre perte de sang ajoutée aux causes d'affaiblissement qui avaient agi sur elle eût peut-être compromis son existence. L'écrasement linéaire, en prévenant les bémorrhagies, nous parait avoir été émineinnient utile. A voir Télat d'épuisement dans lequel se trouvait celte malade, on était conduit à Tidée de temporiser et de ne la soumettre à des manoeuvres opératoires qu'après l'y avoir préparée par des moyens toniques et analeptiques. Mais, d'un autre côté, la marche des accidents locaux se précipitait depuis qu'une suppuration abondauteet fétide s'était établie dans le vagin. Il résultait de là cette alter« native fâcheuse, qu'eu décidant l'opération sur-le-champ, on agissait dans des conditions mauvaises, et que, d'autre part, en ajournant l'opération, on laissait la malade soumise à une cause permanente de débilitation. Il y avait là un cercle vicieux qui se présente souvent en médecine opératoire, dans le traitement des maladies chirurgicales chroniques. Le meilleur moyen d'en sortir est certainement alors une méthode opératoire aussi peu compromettante que l'est l'écrasement linéaire du pédicule de la tumeur, et surtout quand on peut opérer Siuis faire subir aucun déplacement à l'utérus, ce à quoi on arrive quand on fait usage de l'écraseur courbe.
Si dans le cas particulier nous avons agi sur Tutéru^ pour rabaisser, c'est uniquement parce que nous n'avions pas alors à notre disposition Técraseur courbe dont nous faisons usage aujourd'hui.
Quoique dans l'observation qui va suivre on ait opéré avec le seul secours des écraseurs rectilignes, nous pensons qu'il est utile de faire comprendre au lecteur comment on pourrait, au moyen de Técraseur courbe, opérer surplace et sans abais-