DE L^ABLATION DES POLYPES UTÉRINS
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sèment préalable de Tutérus, soit qu'on jugeât à propos de smterdire cet abaissement, soit qu'il fût rendu impossible par suite de circonstances particulières auxquelles nous avons déjà fait allusion.
La planche suivante nous parait de nature a donner très exactement Tidée de la section d'un polype utérin au moyen de 1 ecraseiir courbe/
La planche XXII représente l'abbtion d*UD polype utériu au Bftojen de IVcraseur courbe et saos abaitsemeot préalable de rméras, A représente le rectum ; E, le vagin ; B, la vessie ; C, l'ulénu; D, le polype utérin serré à ion pédicule par la chaîne de Pccraseur ; F, l'écraseur courbe.
PL XXU.
L'observation suivante est due à M. Piberet, interne distiogoé des hôpitaux, actuellement docteur en médecine, et qui a pris une part active à l'opération en assistant M. le docteur Léger.
OisEiVATios 4o*« — Polype fibreux inséré a la face interne du col utérin, — j^blation par écrasement linéaire, — Guériion,
Madame P..., kf^e de ▼inçt-liiiit ans, d'une bonneconstilniion, a eu six en*
faots qui sont tous morts peu de temps après leur naissance. Ses grossesses
ecaient toujours pénibles, et entre autres accidents elle éprouvait des nausées,
des vomissements, des lipothymies et un amai{*ris$ement considérable.
Dans le courant de janvier 18649 madame P... eut un retard dans res rè*
'2&2 r>:«.:<>NS sur i/kchasemknt linéaire.
({les, <|ui viurptil ensuite asse; aliondammcnt pour que le médecin c|ui U »oi- {*nait coiisidiTÙt rc flux suuguin connue une perte. Au inoi« de mars, nouvelle hémorrhaçie.
I.c 10 aoi\t i854> je fus appelé à onze heures du soir auprès de madame P... en remplacement de M. Lcjjer, son médecin ordinaire. Depsis deui jours celte dame perdait du san;;, et Técoulement <|ui paraissait aroir été asseï considérable, comme le prouvaient les nombreux caillots à deroi-dessécbés qu'on me montra, jicrsistait «ivcc une très grande abondance. La malade était pâle et 1res afFniblic. Apres m'ètre informé des aniércdenis, je demandai h pratiquer le toucher. On s'y refusa ol>!>tiurmfnt. Je prescrivis du seigle ergofr, des réfri(>érants sur le ventre et rinhoduction de morceaux de glace dans le vogin.
Le lendemain rhémorrhagic avait diminué notablement; on continua les mêmes moyens, et au bout de quatre jours tout était arrêté. Il ne restait plus qu*nn écoulement blaoc qui se mélangeait parfois d*un peu de 8.ii>g. Je couseillai la campagne, et madame P... alla habiter Enghien.
Le 3o août, nouvelle kémorrhagte, mais en quantité modérée. La perte ayai:t augmente beaucoup pendant la nuit, je me rendis le lendemain à Eoghien, etje trouvai la mal.ide beaucoup plus faible que je ne Ta vais encore vue. Lf^ sang coulait avec une abondincc considérable qui s'accroissait encore par le moindre mouvement.
J'introduisis dans le vagin un tampon de charpie imbibé d*une solution de perchlorure de fer au 6u^. La quantité de liijuide qui s'écoulait par le vagin diminua seniiblemeiil, et, au lieu de sang pur, il sortit pendant toute la journée et la nuit suivante! de la sérosité sanguinolente. Lorsque je pratiquai le toucher le lendemain, je trouvai le vagin littéralement plein de caillots très durs que je laissai en place.
J^c i*''septembre, rhémorrhagiereparutdansdcspropoi lions furtalarroaute^t Madame P... fut prise d'un délire nerveux très violent, sous Tempire duquel elle tenta de se jeter par la fenêtre. On réussit a la contenir, et lorsque je la vis le soir, elle était tellement faible, qu'elle ne pouvait qu'à grand'peine «e faire entendre et ouvrir les yeux. La respiration était accélérée, le pouls petit, presque filiforme, à iio. Je relirai le tampon et plusieurs caillots (Tan noir foncé et très durs. Pour U première fois alors je sentis un polype sur la nature et les dimensions duquel je ne pus inVdiKer (pie fort incomplètement, à cause de l'abondance de l'héniorrhagie. Je dus me hâter avant tout d*introdoire un nouveau bourdonnel de charpie iiidiibé d'une solution de perchlurure de fer, celle fois au 3o». (iontinnation «les léhigrranls sur le viiitre et à l'intérieur. Potion avec extrait de ratnnhia. Ronillon de poulet froid.
A partir de ce moment l'hémorrhagie diminua notablement. Au bout de il-ois jours «Ile était suspendue. Les forces revinrent peu à peu à mesure qu'on put augmenter l'alimentation ; et lorsqu'il fnt possible d'explorer iatts danger le col de in matrice, yro'vï ce que je constatai.
Le doigt iutroduit dans le vagin lenconire une masse irrégulière, de la fvrosseui d'un n^uf de pigiM^n, dute, fésistanie au toucher; on la rontouine
IIK LAU1.ATION Dhs> l»ULYi>KS UTÉHIN'. 2i!i:^
fAsec un £ieu de peioe en arrière. De ce cùlé et a droite elle s«.' coiifuiid avec
le col, doDt il est difficile de la dtftingiier. A gauche, au couhaiie, la liiineur
se distingue aisément du col dont la lèvre inférieure, beaii(-uii|) plus lon<;nc
<|u*à droite, est lisse et régulière. Le polype se replie sur colle lèvre et forino
un rebord que le bout du doigt ne peut accroclior. La ru'ucur est complète -
ment sessile, et en la contournant ou sent que dans son point le plus miucr
«:11c a un diamètre bien plus considérable que le diamètre ordinaire du col.
Le docteur Lëf^er, à son retour vers la lin de septembre, vit la malade, et nous
couTÎumes d'ajourner Topération à laquelle nous Pavions décidée, dans les-
|»oir que le polype %>ti pédiculis^raitct que nous aurions ainsi moins de clianccs
it'bémorrbagic immédiate et d'inflammation consécutive ; nous altenclinies
ainii jusqu^aa 3o décembre. Durant cet intervalle d'ailleurs, Tétat (général
s'était un peu amélioré. Il n'y eut plu.s que qu(r1(|ucs é<ronlemenls de sang
nodéréfl et se manifestant à peu près tous les mois. Seulement le polype ni:;*-
nenta de volume sans se pédiculiser, et au moment de l'opération il était
grf'S comme la moitié du poin{i; d'un adulte.
Dans le but d'éloigner le plus possible les chances d'Iiémorthagie, il fut convenu que l'ablaiion aurait lieu par écrasement linéain>.
CoBune madame P... redoutait beaucoup l'abaissement de la matrice. In tlocieur Léger tenta d'abord d'cnd)ras8er le polype avec la chaine en la portant sur Tindes de la main droite, la main gauche soutenant la lige do l'in- «rament. Mais il ne put y arriver. I^ volume du polype aurait exigé une diaioe plus longue que ne l'était celle de l'écraseur, parce qu'alors on aurait es plus de facilité pour la manœuvre. On eut recours à l'emploi d'une pinee de Mnseus qui saisit le polype, et servit non à abaisser, mais h fixer la tumeur. Cette pince devint une sorte de conducteur pour la chaîne, (|ui fut poussée Mr le polype an moyen de l'index et du médius de ta main droite portés dans le va|>io. Nous mimes aussitôt en jeu les crémaillères. La chaîne te décrocha ; lieureusement nous étions munis d'un autre écraseur qui fut introduit à l'insu Je la malade avant qu'on eût retiré lepremiirr. Mais à peine avions-nous commencé à serrer la chaîne du second appareil à écrasement que nous nous aperçûmes que la lèvre postérieure du col était prise en même temps que le polype. Noua relâchâmes immédiatement. La chaine fut un peu abaissée avec leduigiy et au bout de cinq ou six minutes l'opération ét^iii terminée.
La malade perdit à peine deux ou trois cuillerées de san,";, bien que la surface traumatique résultant de l'ablation présentât au muins 2 centimètres et demi de diamètre. Les suites de Popéraiion furent très simples. Au bout de trois semaines nous commenràmrs à cautériser avec le cau8ti(|ue Filhos la portion restautc du polype dont les derniers fragments furent extirpés par broiement et torsion au moyeu d'une pince de Museux (^es manwuvrcs furent répétées à des intervalles variables jusqu'au mois de mai i855.
Aujourd'hui 6 juin, il n'existe plus aucune trace du polype ; mais \r col reste gros et béant, et il y a encore de la rougeur et des inégalités sur tout le pourtour interne du col, c'est à-dire au lieu d'insertion de la production polypeuse. L'état général est excellent ; toutes les fonctions s'accouiplistient
2(|& LEÇONS SUn LÉCRASEMENT LIMÉAIHIC.
iT{;ulièreiiiciii ; madame P... a repris \cé forces et Tembonpoint dont elle jouissait avant le commencement de sa umladic.
L'observation si intéressante dont nous devons les détails à M. le docteur Piberet est surtout instructive en ce qu'elle montre le praticien aux prises avec les difficultés et les dangers auxquels peut donner lieu Texistence d'un polype utério, cpiaud celui-ci manifeste, pour la première fois, son existence par des pertes, avant Tépoque où, par suite des oppositions de la malade à un examen complet, le diagnostic rigoureux n'est point encore posé.
Quand on lit avec soin les détails de cette observation, on ne peut s'empêcher de croire qu'un certain nombre de femmes ne périssent par des bémorrhagies aussi abondantes et aussi opiniâtres. On comprend aussi, sans qu il soit besoin d'y insister, combien un mode opératoire préservant d'une manière assurée contre toute hcmorrbagie devient précieux pour le chirurgien qui, dans les cas extrêmes, et vu Tétai de profond ai^Fuiblissement des malades, redoute au plus haut de(;t-é toute manœuvre susceptible de devenir Toccasion d'une nouvelle perte de sang.
Aussi ne saurions-nous trop applaudir à la conduite de MM. les docteurs Léger et Piberet qui, ayant à diviser un pédicule voluuiincux et susceptible d'amener une hémorrhagie, n'hésitèrent pas à faire bénéficier leur malade de lemploi d'un moyen encore tout nouveau.
Tous ceux qui voudront bien lire ce que nous uvoos écrit, il y a quelques années, sur les bémorrhagies des cavités muqueuses, et qui adopteront nos idées sur la manière insidieuse dont ceriaiues bémorrhagies causent la perte des sujets, sentiront toute l'importance du choix que firent nos honorables confrères d'un procédé qui, sans avoir les inconvénients de la ligature ordinaire, présente comme elle une sauvegarde assurée contre l'hémorrhagie.
l^es divers incidents de l'opération, relevés avec fidélité par M. le docteur Piberet, sont instructifs et font bien comprendre es tatonneinoiils insépai^ables de toute première application