OB L ABLATION DKS POLYPES UTÉRINS
Aujoonl'iiai la fièvre a été beaucoup plus forte: il y a chaque jour un mouvemeot fébrile qui dure aept, huit et même neuf heures. J*alimenle dans les iaterrallcs d'apyreiie.
4 février. La malade est faible ; toujours des nausées, des rêves extrc* meroent pénibles, des vomiinritions et des vomissements. Douches chlorurées trvs abondantes.
r 9 fiévrier. Depuis hier dans l'après-midi, la malade, qui est toujours d*ane pâleur extrême et d*uiie grande faiblesse, se trouve mieux ; elle a pu, pour la première fuis depuis la dernière époque, prendre des aliments avec plaisir. Quatre pilules de tartrate de potasse et de fer.
Chaque jour j'explore le col utérin; l'écoulement putride continue avec abondance. L'orifice utérin, bien qu'ayant repris un peu d'épaisseur, est toujoars souple et assez lar(jement ouvert, mais facile a circonscrire avec le doigt dans toute sa circonférence ; l'effacement n'est donc plus ce qu'il a été. A travers l'orifice, on sent les cotylédons de la tumeur qui sont flottants et mous. Douches vaginales abondantes.
Il février. Les forces se relèvent un peu, IVcoulement putride est loujoon abondaDt et consiste en une espèce de bouillie. Cinq douches dans les TÏDgtpqaatre heures. Pour chacune d'elles on remplit k trois reprises un irridateur de grand modèle. Il y a depuis quelques jours un très léger dévoic- BMot accompagné de quelques petites coliques. Les tuméfactions et la dureté sas-pobiennes ont disparu. Le col reprend un peu de consistance; un tampon BolUsse le remplit.
i3 fiévrier, La fonte putrilagineuse continue • l'état général est meilleur. Toajoors de la fièvre dans l'après-midi. Du i3 au 17 février, même état. La Balade prend six pilules au tartrate de potasse et de fer. Frictions sur les membres à l'alcool camphré; vin de quinquina.
17. MM. Velpeau et Cruveilhier voient la malade; le col est toujours KMiple; on y sent le tampon spongieux formé par le corps fibreux en détritus. U grande différence, eu égard à l'état antérieur, c'est que cette fois l'époque l'a pas été précédée par la tuméfaction considérable de l'utérus comme dans lesaatrcs menstruations. Trois douches en vingt-quatre heures.
19. Un fragment du volume du pouce se détache spontanément. La tu- Bear restante devient de plus en plus mobile ; elle ne parait plus adhérente. U j a toujonft une excessive abondance de fluide produit par le détritus; l'eut général s'améliore ; les règles n'ont point reparu.
20 février. En pratiquant le toucher, ainsi qu'on doit le faire chaque jour en pareil cas, je trouve le vagin occupe par un corps spongieux d'un voiame assez considérable. Le saisissant avec trois doigts, je parviens à Textraire, aoD sans causer quelque douleur à la malade. SI. Depuis hier, aucun accident ; mais diminution notable de récoulenient. 33. Ce matin, à six heures, frisson avec claquement des dents, puis cha- Icar sans sueur.
33. Je prescris l'alcoolature d'aconit, puis il y a consultation à cinq licvits du soir. Dans cette réunion, on constate que le col, quoique revenu sur
262 LEÇONS SUR l'éceasement UHéAIftS.
lai-iDéme, offre encore une largeur de près de a centimètres et demi. filBL Onb* veilhier et Velpeau pensent que le Frisson qui a eu lien n'est pas l'indice A^vam infection purulente; continuation de Tulroolature à doses progressives daai une infusion de tilleul.
34) à onze heures du matin, spasmes et douleurs à Taine gaacbe, dans la cuisse gauche et à la région lombaire. Application de serviettes chaudes s v les endroits douloureux; pas de frissons caractérisés, mais quelques horripi* lations dans la région dorsale. Alcoolature.
35 et 36. Accès de fièvre sans frisson bien prononce, mais avec soeur abondante, qui se continue depuis midi jusqu'au milieu de la nuit. Couocidemment k ces accès de fièvre, une assez vive douleur s* est manifestée aoi gan* glions sous-inguinaux de la cuisse gauche. Il n'y a pas de teinte ictérique da la peau ni des yeux. 4 grammes d^alcoolalure en deux fois,
37. Moins de fièvre, point de frissons, diminution de la doaleu' da Taine gauche. Depuis la sortie du gros fragment de la tumeur, Fëcoulement putride a presque complètement cessé/ et son odeur fétide a entièrement disparu.
a8 février et f mars. La fièvre est tombée. La douleur sons-inguinale a presque complètement disparu; les forces reprennent un peu; toujours wia grande pâleur de la face.
a et 3 mars. Le mieux continue. L'engorgement inguinal gaucho art toujours dur et un peu sensible an toucher. 11 ne devient douloureux que quand la malade fait quelque mouvement.
Jusqu'au 7 mars, des caractères non douteux de phlegmasie de la veine crurale se manifestent ; douleur dans tout le trajet de la veine et de ses principales divisions; œdème du pied ; gonflement au creux poplité dû bien évidemment à la stase du sang dans la veine poplitée.
4 et 5 mars. Beaucoup de fièvre et d'abattement avec tueurs nocturnes*
6 mars. Amélioration sensible ; l'alcoolature avait toujours été continuée.
La fin de mars et le commencement d'avril se passent sans aucun accident. Les forces se relèvent de jour en jour ; la malade marche et fait quelques sorties à pied.
18 avril. C'est la deuxième période menstruelle qui manque depuis les grands accidents. Il y a eu ces jours derniers un peu de gonflement des teins, mais aucune douleur ni aucun gonflement du bas-ventre.
ao avril. Apparition des menstrues de la manière la plus régulière ; elles durent trois jours.
3 mai. Aucun écoulement n'a succédé aux menstrues; les forces reviennent sensiblement.
a 4 miii. Deuxième apparition des règles depuis l'accident. Les choaca se passent de la manière la plus naturelle.
Nous avons tenu à rapporter clans tous ses détails Texemple qu'où vient de lire d'une élimination spontanée de tumeur fibreuse, et cela pour plusieurs motifs.
M l'ablation des polypes utérins. 28S
Ce fait est éiDineminent propre à démontrer par quel mécanisme les hémorrhagics dues à la présence d'une tumeur fibreuse peuvent amener IVpuisement et une mort imminente. Le plus habituellement ces hémorrhagies n'ont pas des retours réguliers. Ici l'accident avait revêtu la forme d*une exagération considérable du flux périodique.
Ce qui rend encore très curieuse cette observation , c'est lespèce de molimenfluxionnaire (|ui précédait chaque époque menstruelle, donnant lieu à un accroissement de volume de TuiéruSy accroissement porté au point de représenter les proportions d'une grossesse de quatre mois, et cela avec tous les signes d'un état phlegmasique parfaitement caractérisé. Il résultait de là qu'avant l'époque oii le diagnostic delà tumeur fibreuse fût définitivement établi, on se trouvait en présence dan fait à peu près inexplicable, celui d'une inflammation périodique aiguë de l'utérus acquérant une intensité que ne produit jamais au même degré la congestion prémenstruelle, etse résolvant d'une manière complète après une métrorrhagie abondante.
Les praticiens noteront, au point de vue des difficultés du diagnostic, le précieux secours que Ton trouva dans l'exploration de l'utérus au moment même du flux menstruel, qui permit la dilatation , suffisante pour introduire le doigt, de loiifice utérin, lequel, dans tout autre moment que celui des règles, était complètement infranchissable.
Il n'est pas douteux pour nous que les tentatives d'exploration intra-utérine qui ont été faites à plusieurs reprises n'aient joué un rôle comme causes provocatrices du travail d'élimination spontanée qui, dans le cas particulier, a présenté une terminaison si heureuse. C'est ici le lieu <!e se demander si^ à part les opérations directes pour lextirpution des corps fibreux imra-pariétaux de Tutérns, il n'y a pas lieu, dans certains cas, de provoquer la déhiscence inflammatoire des parois utérines eides corps fibreux utérins. (Test là une question de pratique exirémement délicate, et nous n'admettrions pour notre part la légitimité d'un pareil mode d'intervenlinn thérapeutique
26A LEÇ0M8 SUR l'eGRASëIIEMT UNÉAIBE.
que dans des conditions aussi graves que celles où se trouvait la malade de l'observation ci-dessus.
Il faut bien se rappeler, en effet, que sous Tinflucnce de létatcongeslif et inflammatoire qui ne durait pas moins de douze jours chaque mois, sous Tinfluence d'une hémorrbagie foudroyante qui succédait à la période inflammatoire, les forces de la malade s'épuisaient visiblement, et malgré tout le soin qu'on apportait à rétablir la constitution par l'emploi des toniques, des ferrugineux, d'une excellente alimentation, il était facile devoir que l'équilibre entre les moyens réparateurs et les causes d'épuisement ne pouvait pas se maintenir, et que le terme fatal était prochain. Toutefois nous devons dire que le travail d'élimination ne fut point provoqué volontairement. Mais les conséquences heureuses dont il a été suivi donnent lieu de se demander s'il n'y a point là l'origine d'une indication thérapeutique importante.
Gomme dernier point à signaler dans cette observation, nous mentionnerons : l^'la permanence de dilatation du col pendant toute la durée de l'élimination; 2* l'emploi sur une grande échelle des douches vaginales pouvant être évaluées, comme quantité de liquide, à la proportion de 50 à 60 litres d'eau par jour en trois fois lancés avec force, de manière à prévenir les phénomènes de putridité.
Une circonstance qu'il ne faut pas perdre de vue et qui fait comprendre de combien de manières la vie des malades est menacée dans un travail pathologique aussi considérable que celui qui s'accomplit pour l'élimination suppurative d'un corps fibreux interstitiel, c'est l'apparition des accès fébriles avec frissons qui accompagnèrent l'existence d'une adénite inguinale, d'une phlébite de la veine crurale gauche, phlébite qui, fort heureusement, n'alla pas jusqu'à suppuration.
Nous rapprocherons de l'observation précédente un cas dablation d'un corps fibreux utérin faite par arrachement sans aucune suite fâcheuse.