‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 51 sur 112 · DE L^ABLATION DES POLYPES CTÉBINS · texte numérisé non relu

DE L^ABLATION DES POLYPES CTÉBINS

porté, 8*écait vraisemblablement produite pendant les tractions faites pour abaisser le poljpe.La section du pédicule fut néanmoins achevée et la tumeur complètement séparée de la matrice. On put remarquer alors que la portion renversée de ce dernier or(rane ne remontait pas, et Ton jugea convenable de oe faire ancan effort pour la réduire.

La journée se passa bien. Le lendemain, an grand frisson et un monveroent fébrile se manifestèrent. Le ftiison se renouvela le surlendemain ; la fièvre devint continue, la face grippée. Cependant le ventre ne fut pas douloureux et les symptômes généraux ressemblèrent à ceux d'une infection purulente.

La malade succomba le J i septembre, cinq jours après Topération.

A TanCopsie, on a trouvé une péritonite de l'excavation pelvienne, caractérisée par une rongeur prononcée sur les deux ligaments larges, les ovaires, la face postérieure de la vessie, et par la présence d*une petite quantité de sérosité purulente. Les veines de la matrice n'étaient pas remplies de pus, et il n'y avait pas d'abcès métastatiques.

A la partie sopérieure du vagin se trouve une tumeur grosse comme le poing d'un enfant, tumeur formée par la matrice renversée ; sur cette tumeur on voit très bien les restes de l'implantation du pédicule, sans aucune perforation ; mais, à près de i centimètre en arrière, se trouve la perforation à bords trr^liers qui avait été constatée pendant l'opération, et qui occupe le fond ■éae de la matrice.

Le polype, pesé deux beures après l'opération, avait en poids i36o grammes (plus de a livres et demie] ; sa longueur était de 30 centimètres Tplus de sept pooces); sa circonférence était, à la partie moyenne, de 36 centimètres (i3 ponces et demi), à la partie supérieuie de 36 centimètres, à la partie in« fêrienre de 34 centimètres.

Sa structure était fibreuse ; mais le tissu n'était pas très dense, et contenait ^DS ses mailles une certaine quantité de sérosité, ce qui expbque la mollesse de la tumeur et son poids peu considérable, proportionnellement à son Tolume.

Les pièces sont déposées dans le musée Dupuytren.

L emploi des procédés anciens mis en usage dans le fait précédent par uu chirurgien aussi prudent qu'habile vient meure eu évidence le vice et le danger de celte méthode des tractions par les érignes et le forceps, dans les cas de corps fibreux volumineux, quand on ne les soumet pas aux manœuvres de la segiuentation préalable. Que voyons-nous, en effet, dans cette inléressante observation? D abord des trac- Û0D8 exécutées au moyen des pinces de Museux par deux personnes, l'opérateur et un aide; ensuite Timplantatiou de plasieurs érignes à manche confiées à des aides qui combinent

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leurs tractions avec celles du chirurgien ; en troisième lieu, ces tentatives de traction continuées pendant vingt-cinq minutes pour ne faire descendre la tumeur que de quelques lignes; enfin, TinsuffisanceT reconnue des moyens employés obligeant de recourir au forceps, à laide duquel de nouvelles tractions sont exercées pendant dix minutes. La tumeur est, il est vrai, amenée à la vulve; mais à quel prix? Au prix d'une déchirure de l'utérus amenant la péritonite et la mort.

On remarquera enfin dans cette observation, et ceci se rapporte à Técrasement linéaire, parce que ce détail traduit la préoccupation des chirurgiens toutes les fois qu'ils se proposent de diviser par Tinstrument tranchant le pédicule des polypes utérins, que l'opérateur, au moment de sectionner le pédicule de la tumeur, se crut dans la nécessité de s'assurer s'il n'existait pas quelque artère volumineuse et d'inciser couche par couche : moment plein d'anxiété; car, en admettant qu'on reconnût la blessure d*un vaisseau, il ne serait pas très focile d'en pratiquer la ligature en pareille circonstance.

Supposez maintenant un mode opératoire qui consiste a enlever au centre de la tumeur un segment cunéiforme, de manière à diviser celle-ci en trois portions ; admettez ensuite que, grâce à la mobilité qu'une semblable opération donne de prime abord aux segments latéraux, on parvienne à refouler vers le pédicule de la tumeur la chaîne de notre écraseur courbe, ei vous comprendrez de quel souci et de quelles difficultés se trouve affranchi l'opérateur par des manœuvres à la fois si simples et si inoffensives.

CONCl.USIONS.

io Parmi les méthodes opératoires applicables au traite* ment des polypes utérins, il en est deux, la cnutérisntion et l'arrachement, qui doivent être aujourd'hui définitivement abandonnées.

2o Les inconvénients auxquels expose la ligature employée en vue de la cure radicale des polypes utérins sont los suivants: 1* difficulté de son application, 2* ligature possible du

AMPUTimON DU COL DE L*CJTÉBU8. 271

tissu Utérin, 3^ héroorrhagie, b"" douleur, S*" putriditë, G"* accidents d'étranglement, 7* péritonite.

3* L^emploi de Texcision , comme méthode de traitement des polypes utérins, a pour inconvénients principaux dex< poser: f*à Thémorrhagie, 2** à la péritonite, 5* à la phlébite et à des suppurations pelviennes, A"" à la blessure du col utérin et des organes circon voisins, tels que les parois vaginales, le reaum et la vessie.

A^ Les tractions exercées sur le polype utérin dans le but d'obtenir 1 abaissement préalable de la matrice exposent : f* au renversement de l'utérus, 2* à sa rupture, 3" à une péritonite mortelle.

S* Si le polype est trop volumineux pour permettre rabaissement préalable, il suffit de tailler dans l'épaisseur de la tumeur un fragment en forme de coin ou de tranche pour faire rentrer cette tumeur dans la condition d'un polype suseeptible d'être amené à la vulve.

6® Pour appliquer l'écrasement linéaire au traitement des polypes utérins, il ftiut introduire les doigts de la main droite réoois en pointe à leur sommet dans un anneau formé par k chaîne de l'instrument, et conduire cet anneau jusque sur le pédicule de la tumeur.

7* L'écrasement linéaire a été appliqué dans plusieurs cas de polypes utérins, et toujours avec succès.

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