AMPUTATION DU COL DE L*UTÉRUS
tameur ovoïde assez dure, implantée sur la lèvre postérieure du col utérin par un pédicule assez large. La perte de sang s'arrêta assez focilement sous Tinfluence d'un traitement approprié. Après avoir pris l'avis de plusieurs confrères, M. Depaul Gt Fablation de la tumeur en se servant de Tinstrument imaginé par M. Chassaignac pour faire ce qu*il désigne sous le nom d'écrasement linéaire.
I/utérus ayant été attiré près de la vulve, la section se fit avec assez de promptitude et ne donna lieu qu'à un faible écoulement de sang. La malade se rétablit. Quant au tissu de la , tomeur, il a été considéré par quelques chirurgiens comme étant de nature cancéreuse; mais Texamen microscopique auquel M. Depaul a soumis cette production, en s'aidantdes avis de M. Ch. Robin, lui a démontré qu'elle était composée de tissu fibreux et de culsde-sac folliculaires remplis de cellules depithélium et de globules graisseux. Ceux-ci, très abondants, forment des amas jaunâtres, apparents sur la coupe, et en ont probablement imposé pour du suc cancéreux. En somme, il s'agissait d'une tumeur bénigne. Voici, d'ailleurs, un extrait du procès-verbal de la séance de la Société anatomique [IG mars 1855), extrait dans lequel on trouvera tous les détails relatifs à la composition de la ttnneur et dont la rédaction est due à M. Axenfeld.
« M. Depaul montre une tumeur ayani le volume et la forme »d'un oeuf de poule et qu'il a enlevée il y a cinq jours chez ■ une femme de trente-deux ans. Celle tumeur existait à la " lèvre postérieure du col utérin, et et la depuis longtemps sans
> doute, sans que la malade en eût connaissance. A|)j)elé pour
> la première fois près d'elle, M. Depaul l'avait trouvée en
• proie à une métrorrhagie très aboiulanie c(u'il avait cru de- » voir attribuer à une fausse couche; mais en pratiquant le » toucher, il trouva le vagin rempli par cette tumeur, derrière
> laquelle il rencontra le bourrelet formé par la lèvre posté- >rieuredu col; la tumeur y adhérait par un pédicule de la
> grosseur du doigt. La malade n'avait éprouvé d'autre acci-
* deut qu'une métrorrhagie qui s'était produite six mois aupa-
» ravant. Des pertes de sang étant revenues une troisième et 9 une quatrième fois, M. Depaul se décida à eulever la tumeur. n II se servit en cette occasion de Tinstrument employé par » M. Cliassaignac pour opérer ce que ce chirurgien appelle 9 Vécrasement linéaire. Ayant abaissé ruténis conformément i » la pratique de Lisfranc, et ayant amené la tumeur presque au » niveau de la vulve, M. Depaul fit agir Tinstrument pendant 9 une dizaine de minutes sur le pédicule. La masse morbide n se détacha et tomba en (|uelque sorte dans la main de lopé- » rateur sans donner lieu à aucun écoulement notable de saug, » Point d'accidents consécutifs. M. Depaul demande Tavis des N membres de la Société sur la nature du tissu qui forme cette ' V tumeur.
M M. Cruveilhier y voit une matière pultacée très analogue » au cancer; il croit que le siège de la maladie est dans les n veines.
» M. Depaul, qui a examiné la tumeur avec M. Robin, n'y a 9 pas trouvé la moindre apparence de cancer. Il y a constaté » deux substances : l'une est uue trame d'un blanc grisâtrei » d'apparence fibreuse, formée par des culs-de-sac follicu- » laires hypertrophiés et remplis de cellules épithéliales volu- * mineuses et déforinces; l'autre est une substance caséiforme n blanchâtre qui vient sourdre sur la coupe quand on presse » la tumeur entre les doigts : ce sont des granulations grais- » seuses déposées en grand nombre dans les culs-de-sac » folliculaires.
» M. Dufour regarde cette tumeur comme une hypertrophie » de la lèvre postérieure du col, ou du moins de quelques-uns » des éléments qui le composent. Les tumeurs de ce genre sont » moins rares qu'on ne pense. Il a vu un cas semblable dans » Ut service de M. Jobert, et, suivant lui, la composition ana- » tomique de ces prétendus polypes rend compte du peu d'ac- » cidcnts dont s'accompagne leur présence. »
PAOCtoi POUR LA CUBE RADICALE DU VARICOCJ^ILE. 20t
CONCLUSIONS
{•Les méthodes opératoires employées jiisqu a ce jour pour TamputatioD du col utérin exposent aux inconvénients et aux dangers que voici: 1* Thémorrhagie, 2* la péritonite, S^ les inflamaiations purulentes du bassin, li° In phlébite, 5"^ In perforation du péritoine, du rectum ou de la vessie, 6* la récidive.
3* Il y a indication de procéder à lamputation du col de l'iltéras : 1* lorsqu'on a constaté Timpuissance de tous les iDtrea moyens de traitement; 2" lorsque Taltération des tissus est circonscrite dans des limites accessibles aux instruments du chirurgien.
V L'altération du corps de Tutérus, lengorgement des ganglions pelviens et celui des ovaires constituent une contre-» indication à lamputation du col utérin.
&' La méthode de l'écrasement linéaire appliquée à ce genre d'opérations oft're le double avantage : l^de sauvegarder centre Thémorrhagie ; 2* de permettre lamputation des parties malades sans exiger l'abaissement préalable de Tutérus.