‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 84 sur 112 · PI. XXXIV · texte numérisé non relu

PI. XXXIV

planche qui représente le manuel opératoire. Mous nous lior-

AMPUTATION DE t| V^R^^. §1^

lierons donc à dire que la lettre A indique la tumeur 3ituée à rextrémité antérieure de la verge; B, le corps de la verge; ce, Técraseur appliqué sur le point où doit s'opérer la section.

Dans les cas où les indications pathologiques ne réclament que des ablations partielles, et non une section de toute Tépaisseurde la verge, le procédé opératoire devient d'une simplicité très grande.

L'ablation partielle peut porter soit sur un accroissement de volume borné au prépuce, soit sur une tumeur développée latéralement eu égard à la longueur de la verge. Dans le premier cas, on comnience par bien marquer la limite de I9 partie malade d'avec les parties saines au moyen d une forte ligature, puis on applique Fécraseur. Dans le second cas, on procède de la manière suivante. On soulève avec les doigts ou avec une érigne convergente à crochets niultipics |a tunieur à enlever, puis on fait pénétrer au-dessous d'elle deux, trois ou quatre aiguilles fortes, de manière à la soulever et à tracer sa limite dans les parties saines. Cela fait, on applique une ligature circulaire qui passe au-dessous des aiguilles et tend à les ramener au dehors. Cette ligature étant fortement serrée, la tumeur se trouve pédiculisée, et c'est sur son pédicule qu'on applique Tappareil à écrasement.

Les circonstances qui ont conduit chez le sujet de l'observaMon suivante à pratiquer Tamputaiion de la verge, opération qui ne se fait presque jamais que pour des affections cancéreuses, rendent ce fait extrêmement curieux, et bien que l'opération n*ait pas été faite par la méthode de l'écrasement linéaire, nous avons cru pouvoir le rapporter ici.

Obsbmvatior 76*. — Amputation Je la verge chez un individu atteint (fhypospadias,

Draet (Pierre), fruitier, irenfe-six ans, me fui adressé par un de nos honortbles confrères pour une affection de la verf;e qui, après avoir existé longtemps sans inronvénient grave, était depuis quelque temps devenue tout à fait insupporlable. Voici dans quel état se trouvait la partie malade. Une portion de la verge, y compris le gland, et pouvant avoir trois travers de doigt de longueur, était tuméfiée au point de présenter tout d'abord l'aspect d'un volu*

Z6S LEÇONS sun l'écrasement linéaibe.

minenx paraphimosis. Non-seulement il y avait tuméfaction , mais en outre plusieurs points de la tumeur étaient ulcérée. Cette espèce de tumeur pendante formée par la partie antérieure de la verge présentait un poids très lonr^fCl devenait incessamment une cause de douleur et d'empêchement pour le malade, au point de ne plus lui permettre de se livrer aux travaux de sa profession. L*examen de la verge me fit reconnaître que le malade était atteint dliypospadias congénital. L'orifice urétral, asses largement ouvert, se troorait placé précisément sur la limite de la partie tuméfiée qui, elle, ne présentait aucun vestige de canal urétral. Le gland et la partie attenante de la verge se trouvaient, du reste, au volume près, doués de la conformation normale.

L'ouverture de Thypospadias siégeait à peu de distance delà portion bulbeuse du canal, de manière à correspondre au niveau du point où le tien postérieur du corps caverneux s'unit aux deux tiers antérieurs de ce corps.

Immédiatement au-devant du point où s'ouvrait Thypospadias, la verjge présentait un étranglement profond, qui la réduisait en ce point à une espèce de pédicule auquel était suspendue la partie antérieure de Toi^ane fonnaot une tumeur ovoïde, rouge, tendue, ulcérée en quelques points.

L'examen du pédicule faisait reconnaître la trace d'une cicatrice profonde. Ce pédicule n'était pas réduit à un simple étranglement linéaire ^ la manière d'une encochure unique et simple, mais la partie étranglée avait une longueur d'à peu près 3 centimètres. Ce pédicule, saisi entre les doigts, avait la conastance d'un tissu comme cartilagineux.

Ne pouvant me rendre compte d'une pareille disposition, que je n'avaii jamais observée dans aucun cas d'bypospadias, non plus que de la trace des cicatrices multiples qui existaient sur ce point, j^interrogeai le malade d'une manière pressante sur ses antécédents. Je finis par apprendre de lui qu'ayant été atteint dans son enfance d'incontinence d'urine, il avait imaginé, pour prévenir les effets de cette infirmité, de se lier la verge avec un cordonnet, ce qui avait été suivi d'un gonflement considérable. N'osant faire à ses parents Taven de la position où il se trouvait, et d'un autre côté n'ayant pas eu la possibilité dVnlever cette ligature, celle-ci s'était profondément enfoncée dans les chain. La cause de la disposition morbide que j'avais sous les yeux était donc parfaitement claire. Il y avait eu section, ulcération d'une partie de l'épais* seur de la verge au-devant de l'iiypospadias. Cette section avait été suivie de la formation d'un tissu inodulaire dont l'action, incessamment rétraciile, avait encore resserré de plus en plus le pédicule, et donné lieu, par suite d'un étranglement chronique, h la tumeur dont nous avons parlé.

L'état du malade étant devenu intolérable et le portant à réclamer une opération, j^bésitai quelque temps, car je ne voyais rien d'exécutable qu'une mutilation, l'amputation de la verge.

Or toute amputation, et celle d'un tel organe en particulier, ne doit, en bonne chirurgie, se pratiquer que pour des cas tout à fait désespérés, comme la gangrène ou le cancer; il me répugnait, pour une simple circonstance acridentelle sans autre altération qu'une production de tissu inodulaire, d'en ▼enir i une mesure aussi rigoureuse que celle de l'aropulatioD.

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