AMPUTATION DE LA V£BGE
Parmi les divers projets d'opération qui se présentaient à mon esprit, j« mentionnerai celui-ci : enlever tout le tissu inodulaire, puis sur chacun des deux tronçons incomplètement séparés qui constituaient la verge, raviver les surfaces, les juxtaposer au moyen des sutures appropriées et à Taide d'un bandage convenable.
Je pensais qu*eu admettant l'insuccès de cette tentative, il serait toujours temps de compléter Pablation de la partie antérieure, et de se replacer aint-t tl.-ins les conditions de l'amputation directe et immédiate. Plusieurs considérations m'arrêtèrent dans l'exécution de ce projet.
D'abord le pédicule ayant une longueur de plusieurs centimètres, et toute opération qui ne l'aurait pas conserve étant d'emblée inacceptable, il eût fallu disséquer tout le périmètre de ce pédicule en enlevant exactement tout re qui était tissu inodulaire ; ensuite, les surfaces des deux tronçons une fois ravivées, il eût fallu les juxtaposer en refoulant entre elles deux le pédicule di:aéqoé, Tinterposaot ainsi aux surfaces rafraîchies, ce qui eût empêché leur adhésion mutuelle.
D'un autre côté, toute la portion antérieure de la verge étant, à cause de rhypospadias, complètement dépourvue de canal urétral , cette partie avait perdu considérablement de sa siguiBcation physiologique. Ainsi, pour conserver on organe à peu près inutile, et qui à la suite d'une pareille opération aurait perdu à un plus haut degré encore les propriétés de l'organe copulateuri on eût fait une opération longue et laborieuse.
Il me parut donc qu'en définitive le seul parti à prendre, c'était l'amputation de la verge.
L'opération fut très simple. Assisté de l'honorable confrère qui m'avait appelé près du malade, je fis retenir solidement la portion de la verge qui était en arrière de l'bypospadias, et le pédicule étant bien tendu, je le divisai, en ayant soin d'extirper tout ce qui présentait un état d'induration, ce qui reporta la limite de la section au point flième de l'ouverture de l'bypospadias. La coupe de la verge faisait voir qu'un des corps caverneux avait été complètement détruit par la section ulcéraiivc de la ligature appliquée autrefois par le malade lui-même. 11 ne restait duiic sur la surface de la section qu'un seul des deux corps caverneux, et encore éiait-il réduit à de très minimes dimensions. Je liai deux petites artériolcs, et j'appliquai une t'pinglc à suture pour obtenir la réunion par première intention, qui eut lieu nu troisième jour. Aucun accident n'est venu troubler le travail de la cicatrisation.
J'avais d'abord redouté que cette mutilation n'exerçât sur le moral du malade l'effet fâcheux qui a été observé à la suite des amputations du membreviril. Rien de semblable n'a eu lieu^ et la tranquillité d'esprit, je dirais presque la gaieté da malade, n'en a subi aucune atteinte. L'organe ayant toujours été sans fonctions, n'a entraîné par son ablation aucune privation nouvelle.
Cette observation prouve : !<> Que quand depuis Tenfance existent des condiiions (|ui ont empêche l'exercice de la viri-
k^O LEÇONS SUft l'ËCRÀsEMENT LtHÊAlRE.
iité, on ne fait pas cpurir au malade, par l'amputation, ce que j'appellerai le péril moral de Tablation de la verge.
2° Que Ton peut être Fatalement conduit à l'amputationde cet organe pour des cas spéciaux qui ne relèvent nî de la gangrène ni des cancers.
3° Ce fait est un exemple assez remarquable de cette bizarre manie qu'ont certains enfants de se lier la verge daus le but de prévenir rëcotilement involontaire de Turine.
CONCLUSIONS
1** Dfilhs les mutilations chirurgicales c|ue doit subir le membre viril, il importe de bien distinguer les cas dans lesquels la maladie n'intéresse que le prépuce ou le fourreau de la verge, de ceux dans lesquels les parties fondamentales de Tôrgane^ telles (]ue le gland ou le corps caverneux, sont directement envahies.
2'' Les inconvénients de la méthode ordinaire, inconvénients qu'on a pour but de prévenir par une nouvelle ifiéibode, sont les suivants:
A, L*hémorrhagie ;
B, La rétraction des corps caverneux;
C, L'oblitération de l'urètre et la difficulté de le retrouver au milieu de la plaie d'amputation ;
/>. La rétraction des téguments ;
E, Les inconvénients généraux qui résultent d'une plaie par instrument tranchant daris une partie du corps où le tissu ëreciile se trouve en abondance.
8° L'amputation de la verge par le moyen de la ligature ordinaire est un procédé barbare, atrocement douloureux, très lent dans son action et qui n'a même pas le mérite de prévenir d'une manière certaine l'accident en vue duquel il a été imaginé.
6** La méthode de l'écrasement linéaire a pour avantage : !• de prévenir Théraorrhagie par son mode particulier d'action; 2* de remédier au principal inconvénient de la rétraction des corps caverneux en épargnant à 1 opérateur la recherche
AVLà^lÔfl bES tUBkEUBS SOUS* CUTANÉES. S91
dés vaisseaux pour en faire la ligature; 3° de maintenir la perméabilité urétrale par Tintroduction préalable de la sonde; &* de prévenir la rétraction des téguments par le fait même du tiibde opératoire t(ùi ramène là peau sur le moigndh de la verge; 5* d'amoindrir considérablement léô chad^es de phlébite ec de suppuration prolongée.