‹ Traite de l'ecrasement lineaireChapitre 9 sur 112 · PI. IX · texte numérisé non relu

PI. IX

La planibc IX représente le procédé oprratoire qui doit être mis en pratique pour 1 ablation d'une tumeur partielle faisant saillie à la surface de la langue. ^ A représente la tumeur à esiraire. — C indique la ligature qui a été employée pour la pédiculisation préalable de cette tumeur. -^B indique Tcrifine à crochets multiples eC convergents. — F indique Tëcraseur au mo« ment où sa cbaioe va étrangler le pédicule de la tumeur* ~ I indique U pointe de la langue.

iIPPLICATION DE l'ÉCBASEMEMT UNÉAIRE. kl

dans celle du côté opposé. Mais tandis que Tanneau de la première chatne embrassait les attaches inférieures de la langue d arrière en avant, lanneau de la deuxième chatne ▼ient former une anse qui entoure la Face dorsale de la langue dans un sens perpendiculaire à la direction longitudinale de Torgane.

I^s deux appareils, mis en jeu simultanément, opèrent alors la séparation des attaches inférieures et celle de la portion du corps de la langue dont on veut faire lablation. &• Ablation <tun noyau lingual.

Voici cotnment ropération doit être faite : Le chirurgien saisit avec un linge rude, avec le coin de son tablier, par exemple, la partie à extraire. Il fait jeter une anse (le fil qui tombe juste à la limite de la pointe de ses doigts, et^ an moyen de cette anse, il exécute une première constriction préparatoire. Aussitôt que le nœud est fait, il y a formation dun pédicule sur lequel la ligature métallique est appli* quée et accomplit la séparation définitive sans effusion de sang.

Pour pcdiculiser le noyau lingual avant lapplication de fécraseur, on peut également employer avec avantage notre érigne à crochets multiples et convergents ; elle s applique très avantageusement pour la mise en saillie d'un noyau circonscrit à la surface d'un organe mou, les crochets ayant, par leur multiplicité même, beaucoup moins de chances de déraper et de déchirer le tissu de Torganc.

L'observation suivante, relative à un cancer de la langue pour lequel la méthode de l'écrasement a été appliquée avec une réussite complète, vient à Tappui des assertions émises dans ce travail.

OMtnvATiOEi. * CancroitU de la langue. ^ ÀUt^ion par écrasement linéaire,

•«- Guérison,

Le nomme Desbarrci, raffincur, cinquante-quatre an<, rue MoçaJor, 25, eti eniré à I hôpital la Riboisière, le i*' décembre i854.

Il y a quatre» moi«> ce malade a ressenti dans la langue des picotements avec

68 LfcçoNS svn l écrasement linéaibe.

(Héne des monveinents nécessaires ù la mastioilion. La doMleur re^a pendant quelque temps, puis reparut, il y a deux uiois , avec une nouvelle intensité.

On conslate vers la pointe de la lnn(;ue Texistcnce d*unc induration à centre ulcéré et fongueux. Les lK>rds sont hérissés de petites élevures vé{;étantes et présentent à la palpalion une xone indurée qui se propa(«e sur les parties latérales de Torjj^ane et jusqu'au plancher buccal. L'opération est pratiquée le lundi 1 1 décembre i854.

Une ai(*uille courbe embrasse par sa cavité les parties molles qui relient la langue au plancher de la bouche. Cette ai(>uille porte un fil qui, lui-même, est destiné à conduire un des Bis de la chaîne. Le fil est passé et entraîne la chaîne. La langue, alors, se trouve pressée au niveau de sa partie taoyenne par l'anse métallique, L*appaieil est mis en jeu, et le malade accuse tout d'abord des douleurs assez vives. On calme ces douleurs, en administrant le chloroforme, puis on augmente peu à peu la constriction, qui est maintenue au même degré pendant une demi-heure, après quoi le malade est reporté à son lit, Tinstroment restant en place.

Toutes les deux licurrs on augmente la consfriciion d'un pas de la rrémaillère. La langue examinée le soir, est blanchâtre a la surface. Elle est tendue et fortement étranglée par l'anse métallique.

Le 12, le malade a peu durmi. — A la visite, on complète la section Sans interruption aucune. Il s'écoule un peu de sang (glace, ratanhia). Une ligature de fil est passée au niveau des parties molles qui relient la pointe de l'organe au plancher buccal, et Thémorrhagie est suspendue.

Le i3, il ne 8*est point écoulé de sang pendant la journée; le malade a pu dormir. L'écraseur est passé transversalement au niveau du pédicule des par* ties molles qui retiennent encore. la langue contre le plancher buccal. La partie sectionnée commence à exhaler Todeur gangreneuse.

Le i4t l'extrémité antérieure de la langue est tombée ce matin. On distingue bien les deux surfaces de section, l'une verticale, l'autre transversale. Elles sont couveites d'un enduit blanchâtic formé do lymphe plastique et de mucusi Pas la moindre goutte de sang.

Le i5, même état local ; ni fièvre, ni hcmorrhngie. Le malade articule quelques mots.

Le iG,le malade ne souffre pas; il se promène dans l.i salle. Pas de fièvre. Les parties scciionnc'cs suut recouvertes d'un enduit pultacé, moins abondant qu'hier.

Le 17, santé généralement bonne; appétit; constipation. Eau de Scdiitz.

Le 18, pas de fièvre; la langue a beaucoup diminué de volume; la plaie est cicatrisée ; le tissu de l'organe est mou et complètement normal.

Le i(), la langue se couvre d'un enduit blanchâtre. AttdUchemcnt avec la solution à 5 grammes de nitrate d'argent pour 3o grammes d'rau. Dysphagie et gêne dans la déglutition. On nourrit le malade nu moyen de la sonde œsophagienne. Bouillon, lait, œufs.

APPUCATION DE l'ÉCBASEMENT LlNÉAinS. 49

Le 30y le malade peut avaler «ans le secour« de la soude œsopb8[»ienne. Il prend un litre de bouillon par jour.

Le 33, exeat.

Le malade a e'té visité par M. Hervfz do Ch^Q[oin, api-ès la cicjtrt'ation de la langue.

œKCLUSlONS.

i^ Les opérations chirurgicales qui ont pour objet rampatalion partielle ou totale de la langue exposent au triple danger des liémorrhagies, de Tintoxication purulente et de divers^ troubles dans les fonctions de Torgane lingual.

2* Les circonstances c|ui donnent aux hcmorrhagics de la langue uu caractère particulier d'opiniâtreté sont : l"le volume du système artériel dans cet organe; 2"* la dissolution des caillots par Thumidité de la région buccale; Z"* les nliernatives incessantes de volume de la langue, lesquelles déroutent les meilleures combinaisons chirurgicales; U^la difficulté de saisir avec précision Textrémité du vaisseau ouvert pour y appliquer une ligature; 5" la dissolution des caustiques; 6® ThuiDcclaiion très prompte des eschares; 7* l'excessive mobilité de la langue; 8*" la rétraction des artères dans le tissu de lorgane par Faction des faisceaux longitudinaux.

Z^ L'intoxication putride dans les opérations qui se pralirjiicnt sur la langue est causée pur la décomposition prompte des produits que renferme la cavité bucale, décomposition qui est due à une humidité constante, a une température élevée, à l'accès presque permanent de l'air atmosphérique, à l'état inflammatoire de la cavité buccale, à la gangrène de portions plus ou moins considérables du tissu lingual.

k^ I/emplui des caustiques pour la destruction du cancer de la lungue expose : 1** à l'insuffisance d'action des substances employées, par leur dissolution dans la cavité buccale; 2* à leur diffusion et à l'extension de la brûlure par delà les limites qu'on s'était proposées ; 3* à l'empoisonnement par la pénétration du caustique dans la cavité digestive.

5"" Les inconvénients suivants s*opposent à l'emploi des eau-

50 LEÇONS SUR l'écrasement LINÉAIRE.

tères métalliques pour la destruction du cancer de la langue : l"* ils s'éteignent très promptement au sein d'une cavité maintenue dans un état continuel d'humidité; 3® iU ne détruisent que des épaisseurs très peu considérables des tissus sur lesquels on les applique; 3® ils suscitent des inflammations très violentes; U^ les eschares produites par les cautères deviennent très promptement humides , et elles entrent en putréfaction dans la cavité buccale longtemps avant le moment de leur expulsion définitive.

6 Les ligatures mises en jeu par tous les serre-nœuds connus jusqu'ici ne déterminent pas la chute de la partie étranglée en moins de cinq, sept et huit jours, c'est-à-dire en un temps très long eu égard à la rapidité de décomposition de la partie étreinte par la ligature.

7* La rupture du fil avant la séparation complète de la portion de langue ligaturée expose à une opération très douloureuse, celle qui consiste à rénppliqner un nouveau fil et à recommencer la constriction.

8^ La ligature ordinaii^ mise en mouvement par les serrenœuds est beaucoup plus lente et plus douloureuse dans son action que la chaîne métal li(|ue.

9* L'écrasement linéaire a sur la ligature l'avantage de ne pas donner lieu à la putridité. H est supérieur à l'excision comme donnant lieu à des pluies moins larges et complètement exemptes d'hémorrhagies.

10* L'écrasement linéaire peut satisfaire à toutes les exigences de la médecine opératoire pour l'amputation totale ou partielle de la langue.

1 1"" Avant de pratiquer l'amputation partielle ou totale de la langue, il est nécessaire que le sujet ait été soumis au moins une fois au cathétérisme oesophagien, en prévision de la possibilité d'avoir à pratiquer ce cathétérisme.

i2<» Pour effectuer la séparation complète des tissus dans l'amputation de la langue par écrasement linëaire^ on ne doit pas mettre moins d'une demi-heure. On peur, sans autre inconvénient (|ue l;i gène qui en résulte j>onr le malade, y cou-

TRAITfiMBMT DES TUMEURS HÉMOaRHOÏOALlLS. 51

sacrer une durée de douae, vingt«quati*e ou même tieiite-six heures.

15** Lies appareils à écrasement destinés à Tampulation de la langue doivent être d'une construction très légère, afin de pouvoir être laissés en place autant de temps que Topera teur le juge nécessaire.

16* De tous les modes d amputation de la langue, celui qqi consiste dans Técrasement linéaire est le seul qui permette toujours remploi de Tanesthésie par le chloroforme.

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