‹ Traité de l'élection du papeChapitre 14 sur 16 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

83. Le cardinal dit à l'élu : « Acceptas ne electionem de te canonice factam in summum Pontificem? » S'il accepte, il lui demande quel nom il veut prendre.

84. — Jean XII s'assit sur la chaire de. Saint Pierre en 955 ou 956. Il aurait quitté son nom d'Octavien Conti et pris celui de Jean en souvenir de Jean XI son parent.

Sergius II s'appelait Pierre. C'est par un sentiment de

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respect pour la mémoire du prince deâ apôtres, imité depuis par tous les Papes^ qu'il aurait changé de nom.

Sergius IV (1009) s'appelait Petrus os Porci. Bignon a commis une erreur en attribuant ce nom à Sergius II.

Voici, de Sergius II à Grégoire V, les Papes dont l'histoire signale le changement de nom :

Adrien III (884) s'appelait Âgapet; — Jean XII (955), Octavien; — Benoît VII (974), Deusdedit; — Jean XIV (983), Pierre; — A partir de Grégoire V (996), qui se nommait Bruno, tous les Papes, sauf Adrien VI et Marcel II, changèrent de nom.

Ce qui donnerait à penser que le changement de nom à l'avènement au trône pontifical était déjà un usage établi au X' siècle, c'est que l'antipape qui fut le compétiteur de Benoît VI (970) et de Jean XIV (983), prit un autre nom dès qu'il se prétendit le chef de l'Église; il s'appelait Franco et prit le nom de Boniface VII.

L'antipape Jean XVII, qui disputa la chaire de St-Pierre à Grégoire V en 996, se nommait Philagathe.

Les historiens n'ayant pas à s'occuper de tous les Papes, comme personnages privés, n'auront pas attaché d'importance à conserver leur nom , tandis qu'ik étaient obligés de dire qui étaient les antipapes.

85. — Adrien VI s'appelait Adrien Boyers et était né à Utrecht. Marcel Cervino élu le 9 avril i555 mourut le 3o du même mois. Il refusa de changer de nom par dévotion pour le Pape saint Marcel I, son patron. Le peuple de Rome voulut voir dans la courte durée de son pontificat une punition que lui infligeait le Ciel pour ne s'être pas conformé à l'usage de ses prédéce^eurs, qui changeaient leur nom à leur exaltation au Pontificat.

Adrien VI et Marcel II, en conservant leur nom de baptême, n'introduisaient pas un nouveau nom dans le catalogue des

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Papes; leur exemple n'a pas été imité jusqu'ici par les Pontifes dont le prénom a été porté par des Papes.

A propos de ce changement de nom de Télu, il faut noter que Ton offire toujours des vceux de bonne fête au Pape le jour du saint sous le nom duquel il a été baptisé.

86. — La mission du Sacré-CoUége, pendant la vacance du siège, est d'élire un Pape. Son initiative ne va pas au-delà. En dehors de l'élection, son pouvoir consiste à aviser suivant les circonstances au maintien de l'état de choses laissé par le Pape défunt. Il ne peut rien innover, les mesures qu'il prend dans des cas pressants, qui exigent une solution imm&liate, ne sont irrévocables qu'autant que le futur Pape les aura confirmées. Les nominations à des postes devenus vacants depuis l'interrègne ne lui appartiennent pas; si les titulaires de certaines charges viennent à manquer, le Sacré-Collége les remplace à titre provisoire et les pouvoirs de ceux auxquels il les a confiées expirent dès que le Pape est élu.

Par contre, avant de procéder à l'élection, les cardinaux préparent des projets de réformes auxquelles celui qui sera élu devra se conformer et qu'il promulguera aussitôt son avènement. Ils ont soin de ne voter que pour des candidats ayant prêté le serment de mettre ces conventions à exécution. Depuis plusieurs siècles, il se passe peu de Conclaves sans que les électeurs ne jurent despacta.

Parmi les plus anciens, on peut citer hspacta promulgués par I nnocent VI, en 1 3 5 3 , dans sa bulle Solicitudo Pastoralis, datée de ViIleneuv&-lès-Avignon. Ces pacta de i353 constituaient des privilèges au Sacré-Collège, lui donnaient une certaine indépendance, le Pape ne pouvait créer de nouveaux cardinaux sans la participation des anciens.

Par sa bulle. Nos omnes. Innocent VIII (1482) s'engagea à observer les pacta dressés au Conclave dans lequel il venait d'être élu. Les cardinaux obligeaient le nouveau Pape à secourir la chrétienté par des subsides en cas de guerre

loo Notei.

contre les Turcs. Il ne devait pas transporter hors de Rome la cour pontificale, sans le consentement des deux tiers des cardinaux. Il promettait d'assembler un concile écuménique aussitôt que possible. En outre, ces pacta contenaient des mesures contre le népotisme, quelques-unes relatives au Sacré-Collége, à la collation des bénéfices, etc.

De plus, le Pape s'interdisait d'employer dans ses bulles la formule De consilio Fratrum nostrorum, s'il n'avait pas en réalité pris l'avis des cardinaux réunis en consistoire, au moins en tout ce qui se rattachait à ces pacta.

Au Conclave de Paul IV^ en i555, l'élu fut obligé de ratifier des pacta. Les cardinaux ne s'y étaient pas oubliés; là majeure partie des dispositions de la bulle Decet Romanum sont encore relatives aux droits du Sacré-Collége et à la nomination de ses membres. Il y en a quelques-unes qui ont trait à la situation de l'Église et une par laquelle le nouveau Pape s'obligeait à activer les travaux de construction de Saint-Pierre de Rome.

Le Pape, aussitôt son élection, donne également l'ordre d'élargir les prisonniers dont les fautes ont été de peu d'importance.

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