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DISTILLERIES

Toutes les industries qui emploient les appareils à distiller et en particulier la grande industrie de la distillation des alcools, doivent se préoccuper de l'eau qu'elles emploient comme réfrigérant.

Les eaux chargées de sels peu solubles, bicarbonates de chaux et de magnésie, sulfate de chaux, etc., finissent en effet par déposer sur les parois métalliques qui séparent l'eau de la vapeur à condenser, une croûte adhérente dont l'épaisseur va en croissant au détriment de la transmission de la chaleur.

Ces dépôts sont en effet de très mauvais conducteurs de la chaleur.

Si l'on représente :

Le pouvoir conducteur du cuivre par 100

Celui de la fonte est 63

Celui du fer k%

et celui des incrustations selon leur texture n'est que : 1 ,S à 2,5. Il s'ensuit qu'une incrustation de 1 millimètre s'oppose à l'échange de chaleur entre les deux fluides, comme une paroi ayant une épaisseur:

Pour le cuivre de 20 millimètres

— la fonte de 31 —

— le fer 21 —

Ces chiffres expliquent la diminution considérable de pouvoir

conducteur des parois métalliques incrustées et la diminution de rendement de l'appareil, qui en est la conséquence.

Dans certains cas, la conductibilité devient si faible au bout de peu de temps qu'on est obligé de procéder à des nettoyages fréquents. C'est là une cause de perte de temps et d'argent, d'autant plus que le nettoyage est souvent long et difficile.

Le piquage des réfrigérants tubulaires avec les tarières, les lanières armées ou le burin en amène rapidement la destruction, et comme on emploie habituellement pour le condenseur à surface, surtout en distillerie, des métaux de grande conductibilité, comme le cuivre ou le laiton, et que le prix en est fort élevé, on voit que le distillateur, soucieux de ses intérêts, devra se préoccuper de la pureté des eaux employées à la réfrigération.

Dans la distillerie d'alcool, une autre considération vient s'ajouter à celles que nous venons d'énoncer : la rétrogradation méthodique des produits condensés aune importance capitale, et on ne l'obtient qu'avec un fonctionnement régulier, avec une réfrigération soigneusement conduite. Comment pourrait-on obtenir ce résultat avec un appareil dont le pouvoir de transmission change à tout instant par l'apport incessant de matières mauvaises conductrices ?

La régularité du travail et la qualité des produits souffriront évidemment du mauvais fonctionnement, et on ne l'évitera qu'en maintenant propres les surfaces métalliques en contact avec le liquide réfrigérant, c'est-à-dire en faisant usage d'eau pure ou corrigée.

Pour le coupage des alcools, il est nécessaire d'avoir une eau claire aussi peu chargée que possible de sels et de matières organiques. Une eau impure nuit à la finesse de goût et à la limpidité.

§H. FABRIQUES DE GLACE ET d'eAUX GAZEUSES ARTIFICIELLES

On peut appliquer ce qui a été dit pour les distilleries aux fabriques de glace qui emploient des appareils distillatoires ; le fonctionnement de ces appareils peut être singulièrement troublé et le rendement diminué, par le dépôt, sur les surpentins, de matières incrustantes empruntées à l'eau de réfrigération.

108 EPURATION DES EAUX

La nécessité de prendre une eau pure pour fabriquer de la glace destinée à Talimentation ne souffre pas de discussion.

Il résulte des travaux de nombreux expérimentateurs, parmi lesquels nous citerons MM. Riche, James Carder, Prudden, Franckel, Ileyroth, Antora, Chantemesse et Vidal, que les micro-organismes peuvent supporter la congélation et même se conserver longtemps à l'état congelé sans perdre leur puissance de reproduction ni leur virulence. Des bacilles typhiques, soumis à la congélation pendant plusieurs jours, n'ont rien perdu de leur vitalité. Il suit de là que la glace qui doit servir directement à la boisson et qu'on livre au consommateur, soit sous forme de blocs destinés au rafraîchissement des boissons, soit sous forme de carafes frappées, ne doit provenir que de sources fournissant notoirement une bonne eau potable ou d'eau stérilisée par un des moyens que la science a mis à notre disposition, c'est-à-dire par la distillation, par l'ébuUition, par le filtrage soigné à travers de bons filtres de porcelaine, ou par la cuisson sous pression.

La pureté de l'eau s'impose d'ailleurs d'autre part au fabricant de glace, dans certaines conditions. L'eau contenant peu de substances salines ou de gaz en dissolution donne seule une glace transparente exigée, avec raison, pour les blocs, parle consommateur.

En ce qui concerne les carafes frappées, la même raison n'existe pas, puisqu'en général la consommation demande de la glace opaque, mais l'emploi d'eau trop chargée de sels ou de substances organiques, amène la précipitation de boues qui s'attachent aux parois des carafes, leur donnent une apparence désagréable, causent des plaintes des consommateurs et obligent à des nettoyages fréquents et coûteux.

L'emploi d'eau partiellement épurée par des procédés chimiques n'est pas à recommander pour cet usage, et on devra donner la préférence à une bonne eau potable naturelle ou à une eau stérilisée et convenablement aérée. lien est de même pour la fabrication des eaux gazeuses artificielles, dite « eaux deSeltz ». Il est regrettable de voir des fabricants peu soigneux fournir à la consommation des eaux impures. On peut s'en rendre compte en laissant séjourner à la cave, pendant plusieurs jours, les appareils dits « siphons » qui contiennent ces eaux. On y voit, pour certains, se

former des flocons de matières organiques qui restent en suspension dans l'eau ou finalement tombent au fond du vase. Ces boissons présentent les inconvénients des eaux potables non filtrées et les mêmes dangers en temps d'épidémie.

M. A. Gautier a signalé ' la présence du plomb dans un grand nombre de ces eaux. Le métal s'y trouve à l'état de dissolution ou en suspension à l'état d'hydrocarbonate. Ces impuretés proviennent de l'attaque des appareils en cuivre étamé à l'étain plombifère. Celle dissolution du plomb d'étamage est activée à la fois parles matières organiques de l'eau et par le gaz acide carbonique dissous.

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