TITRE
de l'eau
bruU
TITRE de reau de glace
24 janvier 1862.
28 Janvier 1862.
31 janvier 1862.
Id.
Id.
3 février 1862.
8 février 1862.
Id.
Id.
10 février 1862.
Id.
14 février 1862.
16 février 1862.
5 mars 1862.
Id.
Id.
Grand lac du bois de Boulogne. .
Glacière de Montparnasse
Ourcq, congélation artificielle. . .
Puits de Paris id. ...
Puits de Reims id. ...
Glacière de la ville
Neige recueillie à Paris
Ourcq, congélation dans un plat .
Puits de Paris id.
Stalactites de elace, place Dauphine
Bassin des Tuileries
Bassins de Ghaillot
Ecluse de la Monnaie
Fontaine de la place Saint-Sulpice.
Bornes-fontaines
Fontaine de la place Saint- Sulpice.
L'industrie saunière tire partie de cette propriété de* Teau dans les pays froids, pour extraire le sel de Teau de la mer. Cette eau, abandonnée au froid dans des bassins, fournit de Teau presque pure et une dissolution fortement chargée de sels, qu'on achève de concentrer en chaudière.
La congélation est donc un moyen d'obtenir à la fois les substances salines contenues dans leau et une eau propre aux usages industriels. Sous les climats tempérés, cette purification ne pourrait être qu'intermittente ou serait trop coûteuse pour être vraiment industrielle,
La congélation suffit-elle à assurer la pureté de l'eau au point de vue de l'alimentation ?
MM. Heyroth-Anthon et Rieder ont conclu d'essais faits, de 1855 à 1888, sur de la glace naturelle et artificielle :
1"^ L'eau qui se transforme en glace par la congélation se sépare constamment d'une partie de ses éléments chimiques et organiques ;
2"^ Certaines substances organiques restent dans la glace avec plus de ténacité que ne le font les sels inorganiques eux-mêmes ;
S"* Les micro-organismes, saprogènes ou pathogènes, peuvent supporter la congélation et même se conserver assez longtemps à l'état congelé, sans que la vitalité de ces organismes en soit diminuée.
MM. James Carder, Chantemesse et Widal sont arrivés aux mêmes conclusions. M. Prudden a constaté de plus que le nombre des microbes était plus grand dans la glace huileuse que dans la glace transparente, homogène, prise dans le même bloc.
M. Frankel * a étudié les diverses espèces de glaces consommées à Berlin. Il y en a qui proviennent d'étangs situés en amont et en aval de la ville. On en produit par la congélation d'eaux de puits. On en fabrique avec de l'eau distillée.
La glace naturelle renferme toujours des microbes, le nombre en est variable, mais la moyenne est considérable, de plusieurs milliers au centimètre cube.
La glace provenant de l'eau de puits n'est pas meilleure.
' Koch und Flug. Zeitschrifl /. hyg,^ 1886.
La glace d*eau distillée s'est montrée sensiblement pure : 14, 10, 8, 4 microbes. Plusieurs fois on n'en a pas rencontré.
M. Riche a expérimenté sur la glace de l'étang de la Briche qui concourt avec celle des étangs de Ghaville et du Bois de Boulogne à l'approvisionnement de la Société des Glacières de Paris et a consigné en 1889 les résultats suivants dans un rapport au Conseil d'hygiène.
Pour se rendre compte de la pureté relative de cette glace destinée à être consommée comme boisson, M. Riche a choisi, à l'étang de la Briche même, deux blocs de glace de plusieurs kilogrammes. Ils étaient d'apparence magnifique, quoique formés dans un véritable lac d'eau sale et croupie.
La glace ayant été lavée à la surface avec de l'eau pure, on a laissé ensuite la fusion s'accomplir. L'eau formée présente une réaction faiblement alcaline.
Un litre a été évaporé lentement au bain de sable couvert.
On a obtenu un résidu brun pesant 0*%271. Chauffé, puis incinéré, ce résidu noircit en dégageant une odeur de corps gras ; les matières minérales pèsent 0^,125. Elles sont formées surtout de sulfate calcaire.
On sera frappé de ce fait que le résidu de l'évaporation directe contient plus de matière organique que de matière minérale.
O^'jliô de produit organique 125 -— inorganique
Total : 271 pour un litre.
Un litre de cette eau contient une proportion de matière organique correspondant à 0^,140 d'acide oxalique. Or, une eau ne peut être considérée comme potable, lorsque, entre autres résultats analytiques, elle fournit un poids de matière organique tel que, évalué en acide oxalique, ce poids n'est pas inférieur à 20 milligrammes par litre.
Cette eau, chauffée avec quelques gouttes d'acide sulfurique, laisse un résidu noir, dégageant de l'acide sulfureux et des vapeurs désagréables indiquant la présence des matières organiques. Cellesci sont azotées, car, en évaporant 50 centimètres cubes de l'eau de glace avec quelques gouttes d'acide sulfurique et en chauffant le
résidu avec un peu de soude, il se dégage de rammoniaque ou du moins une vapeur bleuissant le tournesol rouge. Distillée avec du carbonate de soude, Teau de fusion de la glace ci-dessus indiquée fournit un liquide légèrement ammoniacal. Elle offre les réactions de Tacide nitreux et de Tacide nitrique. Enfin elle présente au microscope une grande quantité de débris divers, de microcoques et de vibrions.
Ces essais prouvent donc que, quoique de très belle apparence, cette glace produite dans une eau très impure, salie de matières organiques suspectes, de détritus animaux, de bactéries, etc., ne saurait être livrée sans danger à la consommation.