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ACIDES ET SELS BARTTIQUES

Ce qui contribuait à rendre l'emploi de l'acide chlorhydrique dangereux, en dehors des erreurs de dosage et des irrégularités qui arrivent fatalement dans l'industrie, c'était la formation du chlorure de magnésium dû à l'action de l'acide chlorhydrique sur les sels magnésiens. Nous avons vu que ce sel, en se décomposant daps les générateurs, causait leur corrosion et celle des organes de machines.

De plus, le sulfate de chaux n'était pas éliminé et, s'il est vrai que sa solubilité est un peu plus grande dans une solution de chlorure de calcium faible que dans l'eau ordinaire, il n'en restait pas moins incrustant.

Pour parer à ces inconvénients, on a proposé de faire passer l'eau corrigée à l'acide chlorhydrique à travers un filtre de carbonate de baryte naturel, ou de faire circuler l'eau sur ce carbonate placé dans des caniveaux ou dans des citernes.

Dans ces conditions, Tacide en excès se saturait, il se formait du chlorure de baryum avec départ d'acide carbonique, et finalement, le chlorure de baryum agissant sur le sulfate de chaux de l'eau, donnait du sulfate de baryte insoluble qui se précipitait et du chlorure de calcium indéfiniment soluble dans Teau du générateur.

Ba a« + Ca SO^ = Ba SO* + Ca Cl»

Chlorare de baryum. Salfate de chaui. Sulfate de baryte. Chlorure de calcium.

Ce procédé est séduisant au premier abord, un excès d'acide ne donnant plus que du chlorure de baryum, sel inoffensif, et la précipitation du sulfate de chaux donnant lieu à la formation du sulfate de baryte, corps très dense et qui devait se rassembler rapidement. Il n'en est rien cependant; précipité à froid en liqueur étendue, le sulfate de baryte se dépose très lentement, il obstrue rapidement les filtres, s'y colle et rend les nettoyages difficiles.

Si l'on opère à chaud, le dépôt est encore assez long, et l'on perd une partie de la chaleur qu'il a fallu employer. Gela conduit, d'ailleurs, à des appareils coûteux et encombrants.

De plus, le carbonate de baryte naturel (whitérite) s'attaque difficilement par un acide faible et froid, et il faut un contact très prolongé pour arriver à la saturation de l'acide.

Dans ces dernières années, M. Âsselin a proposé de remplacer le carbonate de baryte naturel par le carbonate de baryte précipité que fournissent abondamment les sucrateries. Ce carbonate précipité serait calciné pour enlever la matière organique et réduit ultérieurement à un grand état de division par la pulvérisation. Il serait plus attaquable que le carbonate naturel et pourrait servir seul comme agent d'épuration ^ M. Derennes a proposé' de le substituer au carbonate naturel pour la saturation de l'acide chlorhydrique, mais ce procédé, eu égard au prix du carbonate de baryte et à son équivalent élevé serait cher, et les objections tirées de la nature du précipité barytique subsistent entières.

L'acide sulfurique ne peut être employé pour la correction des

* Société des ingénieurs civils, octobre 1890.

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eaux destinées aux générateurs, puisqu'il transformerait les carbonates en sulfates, sels plus dangereux.

L'acide nitrique est cher et Tintroduction de nitrates dans la chaudière n'est nullement à recommander.

Duclos de Boussais a recommandé l'emploi simultané du chlorure de baryum et de l'acide chlorhydrique. Ce procédé présente l'inconvénient qu'on reproche à l'omploi de l'acide seul, de pouvoir donner une eau acide dangereuse, et de fournir du chlorure de magnésium avec certaines eaux. Il a aussi l'inconvénient de donner un précipité difficile à décanter et à filtrer.

Le passage sur chaux de l'eau acidulée, qu'on a préconisé ensuite, est peu pratique et encombrant.

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