HYDRATE DE BARYTE ET CHLORURE DE BARYUM
Les réactions que donne l'hydrate de baryte sur une eau calcaire sont les suivantes :
10 (C03 H)8 Ca + Ba 0« H» = CO» Ba + C0> Ca + 2H« G
Bicarbonate de chaux. Hydrate de baryte. Carbonate de Carbonate de
baryte. chaux.
il se forme un précipité de carbonate de baryte peu soluble. 20 SO* Ca + Ba 0» H» = SO* Ba + Ca 0« H»
Sulfate de chaux. Hydrate de baryte. Sulfate de baryte. Hydrate de chaux.
Le sulfate de chaux en présence de l'hydrate de baryte donne du sulfate de baryte insoluble, et de l'hydrate de chaux.
Une troisième réaction a lieu, c'est celle du carbonate de baryte qui est un peu soluble (1/4000"), sur le sulfate de chaux.
30 CO» Ba + SO* Ca = CO' Ca + SO* Ba
Carbonate de baryte. Sulfate de chaux. Carbonate de chaux. Sulfate de bar}'te.
Il se forme du carbonate de chaux et du sulfate de baryte moins solubles que le sulfate de chaux et le carbonate de baryte.
Les réactions (1) et (3) ne donneraient finalement que des se]s insolubles, et l'épuration faite ainsi pourrait passer pour presque
parfaite, mais la réaction (2) donne de la chaux caustique qui vient singulièrement diminuer ces avantages.
La présence de chaux caustique rend, en effet, cette eau dangereuse pour Talimentation des générateurs et impropre aux usages industriels.
On a proposé pour remédier à cet inconvénient de précipiter le sulfate de chaux au moyen de chlorure de baryum (déjà recommandé par Kuhlmann pour précipiter les sulfates contenus dans les eaux) et d'employer ce produit concurremment avec Fhydrate de baryte. Dans ce cas, on formerait du sulfate de baryte et du chlorure de calcium, suivant Téquation :
SO* Ca + Ba Cl» = SO* Ba + Ca Cl»
Sulfate de chaux. Chlorure de baryum. Sulfate de baryte. Chlorure de calcium.
Le chlorure de calcium soluble n'est pas gênant dans les générateurs, mais dans les applications de Teau aux arts industriels : savonneries, blanchisseries, etc., il aurait les mêmes inconvénients que le sulfate de chaux.
L'emploi du chlorure de baryum a encore un danger. Ce sel, en présence du sulfate de magnésie qui existe assez fréquemment dans lés eaux, donne lieu à la réaction suivante :
SO* Mg + Ba Cl» = SO* Ba + Mg Cl»
Sulfate de magnéiie. Chlorure de baryum. Sulfate de baryte. Chlorure de magnésium.
il se forme du sulfate [de baryte insoluble et du chlorure de magnésium dont nous avons signalé les dangers {Corrosion des chaudières^ p. 136), dans le cas de l'alimentation des générateurs à vapeur.
L'emploi de la baryte et des sels de baryte force également à une grande attention dans les dosages et par suite à de grands frais de surveillance, à cause de la toxicité de la baryte et de ses sels.-
De plus, le coût de l'épuration est considérable, l'industrie produisant l'hydrate de baryte à un prix assez élevé. Le baryum ayant un poids atomique beaucoup plus élevé (137) que celui du calcium (40) et du magnésium (24)> il faut donc en employer beaucoup, et
EAUX NATURELUËS 12
comme Thydrate de baryte a pour composition Ba H* 0* + 8 H* 0, cela conduit à une dépense considérable d'hydrate de baryte et dargent.
CHLORURE DE BARYUM ET GIIÂUX
Le D' E. de Haen a répandu dans les usines allemandes et préconisé en France un procédé consistant dans l'emploi simultané du chlorure de baryum et de la chaux. Dans ce cas, le chlorure de baryum précipite le sulfate de chaux, il se forme du sulfate de baryte et du chlorure de calcium, corps très solubles; la chaux précipite les bicarbonates de chaux et de magnésie.
Ce système a donné d'assez bons résultats, paraît-il, dans certaines applications, mais les objections que nous avons faites à l'emploi du chlorure de baryum peuvent être reproduites pour ce procédé.
Le D' de Haen prétend obtenir une clarification rapide de l'eau par ce système. Il recommande cependant l'emploi des réservoirs d'assez grand volume, qu'il est même à peu près indispensable d'installer en double, pour permettre de nettoyer les uns, quand les autres fonctionnent, ce qui ne semble pas indiquer que le dépôt se fasse bien rapidement.
§ 5. CARBONATE DE BARYTE
Pour la correction des eaux séléniteuses, Wurtz a recommandé l'emploi du carbonate de baryte précipité.
On produit une précipitation de sulfate de baryte et de carbonate de chaux. Les essais faits avec cette substance ont donné peu de résultats. Le coût en était élevé d'ailleurs, et on chercherait vainement à le remplacer par la whitérite pulvérisée, la faible solubilité de ce corps s'opposant à son emploi pratique.
M. Asselin a préconisé l'emploi du carbonate d3 baryte précipité, provenant des sucrateries, sel qu'on (pourrait [employer après
calcination et qui, à la teneur de 60 à 80 p. 100 de carbonate pur, ne coûterait que 25 francs les 100 kilogrammes ^
Le point délicat est toujours la faible solubilité du carbonate de baryte. M. Asselin recommande pour favoriser la dissolution, la division du carbonate de baryte et l'agitation du milieu dans lequel doit avoir lieu la réaction. Il ne paraît pas que jusqu'alors on ait pu réaliser ces dispositions de façon à faire passer cette proposition dans la pratique.