‹ Traité de l'erysipèleChapitre 15 sur 20 · I. — Causes · texte numérisé non relu

I. — Causes

Comme pour toutes les maladies possibles, autres que les plaies ou les fractures, la cause de l’érysipèle est inconnue et restera encore longtemps inconnue. 11 est impossible de savoir, dans l’état des connaissances actuelles,

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comment il se fait qu’une altération du sang' ou de la lymphe, qu’un agent extérieur déterminent une modification de la circulation, telle que celle observée dans le phlegmon et l’érysipèle. Nous n’avons que des hypothèses à invoquer; nous saisissons bien des phénomènes pathologiques, mais ce ne sont point là les causes intimes de l’érysipèle. D’un autre côté, la considération des phénomènes physiologiques qui précèdent la maladie nous apprend bien que le défaut de soins, de régularité dans l’existence se trouve dans les antécédents de l’érysipèle, mais si l’on prend là les causes de l’érysipèle, un nombre considérable d’objections s’élèveront, d’abord parce que les conditions de développement de l’érysipèle sont nombreuses, et que les causes alors seront multipliées, et chacune d’elles sera attaquée avec un semblant de vérité.

S’il était absolument indispensable de donner une idée de la cause que nous supposons à l’érysipèle, nous dirions que la stase du sang ou de la lymphe, l’obstruction des vaisseaux, le ralentissement de la circulation, l’exsudation plastique successivement invoqués se produisent en vertu de propriétés organiques liées à la disposition des vaisseaux et la qualité des liquides en circulation. Nous ne préjugerions rien des découvertes de l’avenir, pas plus que quand on dit: la vie est la propriété de l’organisation humaine, et sans pousser plus loin l’étude de l’étiologie de l’érysipèle, nous aborderons dans le chapitre des conditions de développement de l’érysipèle, toutes les circonstances auxquelles l’érysipèle doit d’apparaître, et qu’il est au pouvoir du médecin d’éloigner.

L’érysipèle se développe clans deux conditions différentes, autour d’une plaie récente ou en suppuration.

Il se développe sur des individus soumis à une cause traumatique variable, ne déterminant pas de plaie, et prédisposés par un état général de l’économie, caractérisé par des troubles digestifs, autrement avec un embarras gastrique, une fièvre gastrique, une fièvre catarrhale ou tout autre état.

Il se développe enfin dans une troisième condition, condition qui n’est en réalité que la réunion des deux autres.

Chomel « croit que l’érysipèle n’est jamais le résultat d’une cause externe, ou du moins si quelqu’une d’elles concourt à sa production, elle n’a qu’une part secondaire dans son développement; elle suppose le concours d’une cause interne que nous ne connaissons pas (1). »

Cette réflexion ne nous paraît pas hors de discussion. En effet, elle s’applique à toutes les maladies aussi bien qu’à l’érysipèle, au phlegmon par exemple. Examinons ce qui se passe dans cette maladie : un individu reçoit un coup ; il a une contusion au deuxième degré, voilà une cause externe qui a agi. Déterminera-t-elle toujours un phlegmon consécutif? Non sans doute. Il faudra quelque chose de plus : une cause interne, une disposition particulière de l’individu, comme dans l’érysipèle traumatique.

De tout ce que nous avons déjà dit, il y a lieu de supposer que l’érvsipèle se produit à la manière des autres inflam-

(1) Dictionnaire en 30 vol., art. Érysipèle.

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mations, sous l’influence d’une action locale, d’un irritant quelconque, chez un individu peu soigneux de sa santé, ou mal disposé, et nous arriverons à une conclusion diamétralement opposée à celle de Cliomel pour l’érysipèle, à savoir qu’un état général existant, l’érysipèle ne naitra pas sous l’influence seule de l’état général, mais qu’il lui faudra, pour se produire, soit un traumatisme, soit une irritation ; et enfin, que l’état général est une maladie à part, et que l’érysipèle en est une complication accidentelle ; c’est ce que nous allons faire ressortir des conditions de développement.

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