PREMIER GROUPE
31 observations dans lesquelles les conditions de développement variées ne prêtent pas à des considérations générales incontestables quoique déterminées.
Obs. I. — Au mois d’octobre 1861, un malade entre salle Sainte-Vierge, n° û5, avec un panaris osseux de la première phalange du médius gauche et un gonflement de la face datant de huit jours. La rougeur qui avait existé disparaissait; le malade se trouvait bien, quoiqu’il eût la langue un peu sale. Des compresses d’eau de sureau furent appliquées pendant les quelques jours que le malade resta dans les salles.
Obs. II. — N..., âgé de vingt-deux ans, entre, le h février, à la salle Sainte-Vierge, n° û8, pour un érysipèle de la face, une tuméfaction rouge, luisante, sans limites fixes, diffuse, s’étendant sur la joue droite et le front. Les ganglions cervicaux et parotidiens sont engorgés. Le malade se plaint de douleurs cuisantes.
Ce malade porte la trace de scrofules anciennes; il n’a pas reçu de coups sur la face, pas d’écorchure; il dit seulement qu’il a eu un violent mal de tête il y a trois jours et qu’il perdit l’appétit.
Le malade est mis h la diète; deux pots de limonade citrique, et des compresses d’eau de sureau sont prescrits.
Les choses restèrent dans cet état jusqu’au 7 et au 8, où le malade se trouvait assez bien et prenait des potages.
Le 9, nouvelle poussée d’érysipèle à la même place qu’il occupait, mais sans fièvre. Diète, limonade citrique, compresses d’eau de sureau.
Le 10 et le 11, même état; le lendemain, la rougeur disparaît ; le IU, le malade demande à sortir, la face étant encore un peu œdématiée.
Obs. III. — B..., âgé de dix-huit ans, entre, le 16 février, salle Sainte-Vierge, n° U , avec une rougeur érysipélateuse de toute la moitié droite de la face; la peau est rouge, tendue, luisante, sans limites bien arrêtées, bords peu festonnés. Les ganglions parotidiens sont engorgés.
Le malade dit n’avoir eu aucune écorchure à la face, et accuse seulement un malaise général ; depuis six jours, il n’avait plus d’appétit; il y avait à peine de la fièvre, et la langue était sale. — Eau de sureau, deux bouillons.
Le 17, même état; le malade se trouve cependant un peu mieux. — Même traitement.
Le 18, même état; même traitement. Le malade demande et il lui est accordé quelques aliments.
Le 19, le mieux continue, la rougeur disparait; il ne reste plus que de l’œdème. Les jours suivants, le mieux est complet.
Le 2 h, le malade se lève un peu, l’appétit est excellent.
Le 26, les forces sont complètement revenues. Le malade sort guéri.
Obs. IV. — V..., âgé de vingt-quatre ans, entre, le 28 octobre, salle Sainte- Vierge, n° 9, avec un panaris profond du médius gauche, suite d’une écorchure avec une paille de fer. Le malade n’avait pris aucun soin de sa blessure, et le panaris s’était développé. Le 2 h, incision du panaris, cataplasmes; les jours suivants, le panaris marche vers la guérison. Le malade se levait et se promenait lorsqu’un érysipèle survint à la face, érysipèle avec gonflement œdémateux, qui s’étendit à toute la lace sans autres symptômes qu’un peu de fièvre et la perte d’appétit. — Des compresses d’eau de sureau sont régulièrement appliquées; l’érysipèle céda en huit jours.
Obs. v. âgé de dix-huit ans, entre, le 15 octobre,
0BSEKV/VT1UNS.
salle Sainte-Vierge, n° 18, pour une nécrose du tibia. Une incision est faite le 22, et un séquestre est extrait. L’opération dura assez longtemps (le malade était opéré à son lit). Un pansement simple fut appliqué; le 27, frissons, fièvre, vomissements. Un érysipèle se déclara sur toute la jambe, le pied se tuméfia énormément, et bientôt une plaque gangréneuse apparut sur le dos du pied. L’érysipèle se développait lentement, ses bords étaient nettement limités. Le malade avait néanmoins un peu de fièvre, et son délire était modéré. Au bout de douze jours, les accidents généraux cessèrent, l’érysipèle s’éteignit, et le malade se trouva tout à fait bien ; la plaie de l’opération se cicatrisait.
Le 20 décembre, le malade, avec un malaise dont il se plaignait pour la première fois, présenta une plaque rouge, érysipélateuse, franche, sur la face interne du genou. Ce malade avait pour voisin un homme entré avec un érysipèle (obs. LUI). Le malade, questionné, nous apprit qu’il était resté hier levé toute la journée. Nous regardons sa plaie; elle était un peu rouge. Des cataplasmes furent appliqués sur la plaie, des frictions mercurielles furent faites sur la partie rouge; limonade, diète. Le lendemain, l’érysipèle s’était éteint un peu. Cinq jours après, il n’en restait plus de trace.
Le 1er janvier, le malade était encore dans la salle en voie de guérison.
Obs. VI. — D.. ., âgé de quarante-cinq ans, homme venu de province depuis quelques jours, entre, le 11 octobre, salle Sainte-Vierge, n° 3, pour une tumeur adénoïde parotidienne. Le 15, l’opération fut faite par M. Bauchet. La tumeur, qui avait des racines profondes, dut être enlevée avec les doigts, arrachée pour ainsi dire. — Pansement simple; bouillons, opium (5 centigrammes), tisane de camomille.
Le 17, le malade souffre de la gorge, qui est rouge; gargarisme aluminé.
Le 18, le malade se trouve mieux ; le pansement est changé, la plaie contient un mélange de sanie et de pus. — Même traitement moins l’opium, potages-
Le 19, une rougeur érysipélateuse se développe autour de la plaie; fièvre, dél re. — Cataplasmes, frictions mercurielles.
de l’érysipèle.
Le '20, la moitié de la l'ace est envahie, l’érysipèle est nettement limité et d’une coloration lie (le vin pâle, la plaie est tuméfiée et laisse écouler un pus iclioreux; fièvre, délire. Môme traitement. Les jours suivants, l’érysipèle envahit le reste de la face et le cuir chevelu. Le malade meurt, après des phénomènes ataxiques bientôt suivis de coma, le 23 octobre.
A Yautopsie , nous n’avons trouvé aucune lésion appréciable; un peu de congestion de la substance cérébrale. II n’y avait point de caillots dans les vaisseaux.
Qbs. VIL — G..., âgé de soixante et dix ans, entre, le 2â avril, salle Sainte-Vierge, n° 11, pour une cataracte double, complète à droite, qui est opérée par abaissement le 1er mai. Le malade est très indocile pendant et après l'opération.
— Bouillons.
Le 2, le malade est trouvé la tète cachée sous son oreiller. Céphalalgie, vomissements. Bouillons, lavements laudanisés.
Le 3, le pansement est tombé plusieurs fois dans la journée. Douleurs vives autour de l’orbite. Nous apprenons que le malade se frottait l’œil le jour même de l’opération. Le soir, fièvre, un peu d’œdème des paupières, soif vive.
Le â, vomissements encore, tuméfaction et rougeur des paupières. — Compresses d’eau de sureau, diète.
Le 5, la cornée est ramollie, l’œil suppure; rougeur autour de l’orbite, engorgement des ganglions cervicaux. Limonade vineuse, compresses d’eau de sureau, frictions mercurielles.
Les jours suivants, un érysipèle devient de plus en plus manifeste; il occupe la tempe, la moitié droite de la face avec bourrelet saillant aux limites; nausées, fièvre encore.
— Même traitement.
Le 10, 8 â pulsations, pas de délire, langue sèche. L’érysipèle acquiert une nouvelle intensité et envahit la partie inférieure de la face.
Le 12, le cuir chevelu est sensible, un peu pâteux, agitation la nuit, fièvre, langue sèche. — Même traitement.
Le 13, lOâ pulsations, prostration. L’érvsipèle commence à envahir l’autre moitié de la face et descend sur le cou. Froid aux extrémités, douleur dans le bras gauche, pas de frissons.
OBSERVATIONS
Le 1 li, même état général, même état de l’érysipèle, qui occupe le cuir chevelu et toute la face, excepté le menton; sur le bras gauche, traînées bleuâtres sans induration.
Le 15, moins de fièvre ; les traînées bleuâtres qui existaient sur le bras se sont transformées en rougeurs érysipélateuses. Même état de l’érysipèle.
Le 16, coloration jaune paille de tout le tégument externe, délire tranquille, douleurs articulaires, vomissements. Deux ascarides lombricoïdes sont rejetés; œdème du scrotum. A l’avant-bras gauche, l’érysipèle se développe.
Le 17, tuméfaction du genou droit, abcès au niveau de la partie moyenne de la jambe droite, du même côté. 96 pulsations, douleurs vives, délire doux. Même traitement. — Un vésicatoire en manchette est appliqué à l’avant-bras.
Le 18, respiration anxieuse, coma, pouls à 100, intermittent; nausées, langue sèche, fuligineuse.
Le 19, même état. lOâ pulsations, â'2 respirations. L’érysipèle de la face est pâle, celui de l’avant-bras également, mais il n’a pas dépassé le vésicatoire. Un abcès existe au dos du pied. Le malade meurt dans le coma.
Autopsie. — La dure-mère, la pie-mère et le cerveau sont intacts; quelques caillots moux, noirs dans le sinus latéral ; poumons congestionnés, hypostase évidente, le foie est pâle, un seul caillot de sang noir dans l’oreillette droite; la rate molle; les veines du cou sont remplies d’un sang noirâtre grumeleux; caillots mouxdansles veines du membre inférieur.
Pus bien lié dans l’articulation du genou et au niveau de la tubérosité interne du tibia, et dans l’articulation tibio-tarsienne droite. Rien dans les autres articulations.
Du côté de l’œil, épaississement de la choroïde et de la rétine; point de caillots de la veine ophthalmique.
Aucune lésion des points où l’érysipèle était né, à part un peu de sérosité dans le tissu cellulaire.
Obs. VIII. — P»..., âgé de quarante-six ans, salle Sainte- Vierge, n° 21. Plaie de la région pariétale gauche produite par le choc de la tête sur le bord d’un trottoir, à la suite d’une chute de voiture.
Un pansement simple est fait.
de l’érysipèle.
Le 1er janvier, la plaie est examinée; nous la trouvons irrégulière, à fond grisâtre et douloureuse. — Pansement simple, 2 portions Le malade se lève et se promène.
Le k janvier, frisson, douleur du cuir chevelu au moindre contact, mais pas de rougeurs. — Potage, pansement simple.
Le 5, douleurs de tète, frissons nouveaux, anorexie. — Bouillons, pansement simple.
Le 6 janvier, douleurs au pourtour de la plaie; mais sans rougeur (le malade était chauve) ; consistance œdémateuse du cuir chevelu, frissons comme la veille, fièvre, même état. — Du reste, même traitement.
Le 7, nouveaux frissons prolongés, agitation, fièvre, la peau du crâne est rouge, douleurs vives, tuméfaction des ganglions cervicaux, chaleur vive, élancements dans le front. — 15 sangsues sur les ganglions, une houlette de charpie dans la plaie, cataplasmes, bouillons, limonade.
Le 8, érysipèle franc avec liséré sur les bords, ganglions toujours tuméfiés ; les lèvres de la plaie sont boursouflées, fongueuses, blafardes, elles laissent couler de la sanie ; fièvre, anorexie, soif vive, pas de délire. — Même régime, julep au perchlorure de fer, 1 gramme; cataplasmes.
Le 9, l’érysipèle a envahi le front et présente toujours à ses limites un bord liséré; délire et agitation la nuit. — Même traitement, compresses d’eau de sureau sur la face.
Le 10, l'érysipèle occupe le visage et les oreilles; fièvre, pouls plein, à 88 pulsations seulement, même état général, délire plus complet. — Même traitement.
Le 11, l’érysipèle envahit la nuque, le cou, œdème sous l’érysipèle, vésicules purulentes sur cette région. — Même traitement.
Dans la nuit, un peu de sommeil; sueurs abondantes sur tout le corps, un peu moins de fièvre, 70 pulsations; pas de selles depuis trois jours, lavement. — Même traitement.
Le 12, langue sèche, un peu plus de fièvre. — Julep au perchlorure de fer, 1 gramme; même traitement, du reste.
Le 13, l’érysipèle, qui n’avait pas augmenté, est descendu sur le dos, liséré sur les bords ; mais les symptômes généraux
OBSERVATIONS
s’amendent, la soif est moins vive, le pouls est moins plein, la plaie suppure un peu plus. — Un potage, même traitement.
Le IA, même état, épistaxis, le cuir chevelu n’est plus rouge, la plaie a bon aspect, le délire a cessé, il reste des rougeurs sur l’épaule droite, les ganglions cervicaux sont tuméfiés; appétit, pouls à 60. — Bouillons, potages, le julep au perchlorure de fer est supprimé ainsi que les compresses d’eau de sureau.
A partir de ce moment, la plaie du crâne marche vers la cicatrisation ; les os dénudés, et que l’on trouve alors enfoncés, se recouvrent de bourgeons charnus en même temps que la peau se desquame et qu’il se forme deux abcès, l’un à la joue, l’autre à la région mastoïdienne; ils sont incisés. Aucun phénomène de lésions cérébrales ne persiste, le malade a bon appétit et se nourrit. Le 2A février, le malade se plaint de sentir une douleur de tête qu’il compare à la sensation d’une violente pression, et quelques sensations variables qui disparaissent peu à peu.
Le malade sort guéri le 2A mars.
Obs.IX. —V..., âgé de dix-neuf ans, entre salle Sainte- Vierge, n° A3, le 9 septembre, avec une contusion du coude, avec plaies intéressant seulement la peau et gonflement énorme. — Cataplasme, repos absolu; le malade se trouve promptement mieux, la plaie marchait vers la cicatrisation.
Le 7 septembre, un pansement simple est pratiqué. L’élève qui pansait le malade, peu habitué aux pansements, se borna à appliquer un papier brouillard enduit de cératetune compresse par-dessus. Le malade, qui était à deux portions, se levait.
Le 8, frisson.
Le 9, fièvre intense, céphalalgie, langue sèche; nous trouvons, en examinant le coude, le papier brouillard déchiré et la compresse frottant sur la plaie, qui est environnée d’une rougeur bien circonscrite à la partie moyenne de l’avant-bras, sans limites fixes en haut. — Application de laudanum sur toutes les parties rouges.
Le 11, vomissements, éructations, fièvre; le malade a peur
de l’érysipèle.
de mourir, il se tourmente; l’érysipèle a gagné la partie supérieure du bras. — Même traitement.
Le 12, même état, lièvre toujours intense. — Vésicatoire à l’épigastre, pommade au sulfate de 1er, julep au perchlorure de fer, 1 gramme.
Un vésicatoire avait été placé sur la limite de l’érysipèle; le soir, l’érvsipèle était monté au-dessus du vésicatoire, sa coloration est bronzée.
Le 13, aggravation de tous les symptômes, coma vigil.
Le 14, même état.
Le 15 et le 16, l’érysipèle envahit le thorax; vésicules purulentes sur le bras et l’épaule.
Le 17, même état, pâleur de l’érysipèle, coma vigil.
Mort, le 18.
Auptosie. — Aucune lésion, congestion des méninges, poumons, foie, rate à l'état normal, quelques petits caillots fibrineux mous dans le cœur.
Obs. X. — S..., cinquante-trois ans, entre le 24 septembre, salle Sainte-Vierge, n° 41, pour une carie du maxillaire inférieur suivie de fracture spontanée de l’os, avec communication de la bouche avec l’air extérieur cà travers le foyer de la carie du maxillaire, existant depuis plusieurs jours.
Ce malade exhalait une odeur infecte et présentait les signes d’une infection putride ajoutés à ceux d’un épuisement déterminé par la perte continuelle de salive. — Des injections sont faites avec l’eau de Labarraque étendue d’eau, le malade est nourri avec du bouillon, du lait et du vin, cataplasmes sur la plaie extérieure.
Le 26, la langue est tuméfiée, d’un roux tirant sur le jaune, elle sort de la bouche, les gencives sont douloureuses; le malade n’a pas de fièvre, pas de délire, il a la peau relativement très froide.
Le 27, la glossite superficielle atteint son maximum de tension, le malade est gêné pour respirer, néanmoins il peut boire encore.
Le 28, un érysipèle se déclare sur les lèvres, érysipèle pâle, à bords saillants, sans gonflement, il est constitué par deux plaques de la largeur d’une pièce de 5 francs, pas de fièvre ;
OBSERVATIONS, 79
le malade a delà tendance au sommeil et se refroidit considérablement ; la langue a diminué de volume.
Le 29, il meurt sans présenter d’autres symptômes.
Autopsie. — • Carie du maxillaire sans lésions organiques, fuséespurulentcs avec pus grisâtre, rétro-pharyngiennes; tous les tissus sont pâles, le poumon décoloré ; rien dans les autres viscères, aucune trace de l’érysipèle des lèvres.
Ous. XL— T..., entrée le 21 octobre, salle Sainte-Catherine, avec une kérato-eonjonctivite ancienne, pour laquelle furent employés successivement un séton et des ventouses scarifiées, en dehors d’une pommade au nitrate d’argent, contenant 0,05 p. 30 d’axonge.
Le 6 décembre, seize jours après l’application des ventouses, la malade qui se levait et sortait dans les couloirs et les escaliers, fut prise d’une rougeur très vive à l’œil droit, circonscrite; la peau était tendue, brillante, et il y avait un engorgement ganglionnaire à la région sous-maxillaire, des compresses d’eau de sureau furent appliquées et la malade garda le repos ; cette poussée inflammatoire disparut en quelques jours.
Obs. XIL— F..., âgée de vingt ans, entre à la salle Sainte- Catherine, n° 17, le 1 2 juillet, avec un abcès sous-épidermique au talon, suite de marches prolongées. La malade, qui ne s’était pas soignée, se présente dans le service avec un abcès en bouton de chemise ; l’épiderme est enlevé, le pus sortait bien. — Cataplasmes.
Le Ux juillet, la plaie marchait vers la cicatrisation. — Pansement avec l’onguent de mère. La malade se lève.
Le 16, elle est prise de frissons suivis de chaleurs et de sueurs avec douleurs de gorge, langue blanche, soif vive, nausées, fièvre. — Gomme, bouillons, cataplasme sur le talon, qui est devenu un peu rouge.
Le 17, même état, frissons le soir.
Le 18, sur la partie antérieure du genou droit et autour des malléoles existent des plaques roses chaudes, douloureuses, nettement limitées, à bords saillants, traînées roses partant de ces plaques, douleurs dans l’aine, 88 pulsations. — Bouillons, onctions mercurielles. Le soir, nausées et vomissements, pas de délire.
de l’érysipèle.
Lü 19, la partie inférieure de la jambe luut entière est recouverte de rougeurs manifestement érysipélateuses, la plaque du genou s’est agrandie ; même état général, douleur vive à l’aine. — Même traitement, vésicatoire volant à la partie interne de la cuisse, bouillons, limonade.
Le 21, toutes les plaques sont réunies, les rougeurs en se développant ont tourné autour du vésicatoire; toujours des vomissements. — Poudre de belladone, 0er,20 en quatre fois.
Le 23, l’érysipèle se propage lentement vers la racine du membre en formant encore à ses limites un liséré saillant ; lOi pulsations, encore des vomissements. — Même traitement.
Le 26, encore des vomissements, même état.
Le 28, la tuméfaction légère qui existait avec l’érysipèle à la jambe disparaît, le pied reste toujours œdématié, bien que la plaie ait un bon aspect ; la teinte de la rougeur s’est affaiblie, on sent aujourd'hui les ganglions de l’aine engorgés ; mieux général, un peu d’appétit. — • Potages, même traitement, du reste.
Un bandage compressif est appliqué sur le membre.
Les jours suivants le mieux continue, les vomissements ont cessé.
Le 2 août, l’épiderme s’exfolie.
Le 6, la malade mange une portion. Ce jour, un petitabcès qui s’était formé sur le dos du pied est ouvert. A partir de ce moment, la jeune fille va tout à fait bien et sort guérie le 19 août.
Obs. XIII. — C..., âgé de vingt-quatre ans, entre le 28 octobre, salle Sainte-Vierge, n° 26, pour un phlegmon commençant au genou droit. Ce malade, amputé du pied du même côté, portait un pilon sur lequel appuyait le genou. — Frictions mercurielles, cataplasmes.
Le 30 octobre un peu de frisson est constaté.
Le 1er novembre, le pus étant réuni en foyer, une incision est faite, il sort du pus bien lié. — Cataplasmes; trois portions.
Le 2, le 3 et le h, quelques frissons dans la journée. — Même traitement ; bouillons.
Le 5, céphalalgie; soit vive; anorexie; traînées d’angio-
OBSERVATIONS
leucite à la partie interne de la cuisse, avec engorgements des ganglions inguinaux correspondants.— Frictions mercurielles; cataplasmes; diète; sangsues sur les ganglions engorgés.
Le G, plaques rouges autour du genou.
Le 7, le 8 et le 9, toutes les plaques se réunissent, la cuisse est recouverte d’un vaste érysipèle; les phénomènes généraux n'ont pas augmenté. — Diète; limonade.
Le 11, moins de lièvre ; l’engorgement ganglionnaire a disparu ainsi que les rougeurs de la cuisse; elles demeurent au genou et à la jambe, et elles présentent ce caractère qu’elles sont disposées en plaques irrégulières, violacées au point de réunion, avec pâleur au centre. — Même traitement. L’abcès, bien vidé, se referme lentement.
Les jours suivants l’érysipèle disparaît. Le 19 il n’en reste plus trace; le 25 le malade quitte l’hôpital, guéri de son phlegmon et de son érysipèle.
Obs. XIV. — T..., âgé de vingt-quatre ans, garçon fort vigoureux, entre le 20 juillet, salle Sainte-Vierge, n° 7, pour une plaie de la cuisse gauche, contuse, enflammée, produite, il y a trois jours, par un coup de pied de cheval.
La plaie est lavée et recouverte d’un pansement simple; le malade mange une portion
Le 22, le malade souffre de sa plaie qui est rouge, et de laquelle part une traînée rouge se dirigeant vers les ganglions. — Repos absolu; cataplasmes sur la plaie.
Le 23, douleur plus vive, rougeurs plus marquées ; langue sale; fièvre. — Cataplasmes; limonade; diète.
Le 2â, érysipèle franc, tout autour de la plaie, avec liséré sur les bords; les bords de la plaie sont blafards et laissent suinter un pus mal lié. — Lotions avec la décoction de quinquina; cataplasmes. Mêmes phénomènes généraux; même régime.
Le 25, éruption scarlatiniforme sur tout le corps; l’érysipèle se confirme. Le malade a toujours de la fièvre, la langue sale, et des nausées.— Frictions sur les parties atteintes d’érysipèle avec de la pommade au sulfate de fer.
L’érysipèle continue ses progrès sur la cuisse et monte vers le tionc; 1 éruption a pâli cependant sous l’influence du lopi-
de l’érysipèle.
que répercussif; la plaie conserve son mauvais aspect. Les choses se passent ainsi jusqu’au 2 août, où la plaie est devenue le siège d’un phlegmon ; un foyer purulent s’est formé; une contre-ouverture est faite et donne issue à une grande quantité de pus. Le malade est singulièrement amélioré, quoiqu'il ait toujours de la fièvre; il ne reste plus que quelques traces d’érysipèle qui disparaissent les jours suivants.
Les plaies entrent en suppuration; elles sont réunies par l’incision d’un pont de peau mortifiée, et la cicatrisation marchait à grands pas, sous un pansement simple, lorsque le 16 août, le malade ayant voulu se lever, et ayant fait quelques excès avec du vin et des provisions qu’on lui avait fait entrer, fut pris subitement de fièvre intense, 130 pulsations, puis de diarrhée.
Le 17, hémorrhagie, qui se reproduisit le soir et put être arrêtée par la compression.
Le 18, nouvelle hémorrhagie, malgré l’emploi du perchlorure de fer, et qui céda a la compression; le soir les bords de la plaie sont plus rouges, plus tuméfiés. — Cataplasmes renouvelés.
Le 19, 130 pulsations; délire, puis abattement; face tirée, jaune. Le malade tombe dans le coma et meurt dans la nuit.
Autopsie. — Au-dessous du fascia lata intact les muscles sont coupés, le fémur dénudé au milieu de tissus mortifiés baigne dans le sang et le pus; la plaie de la peau était en voie de cicatrisation; le cerveau était congestionné, et l’on a pu voir le liquide céphalo-rachidien légèrement coloré.
Les poumons sont le siège de noyaux apoplectiques manifestes, de la grosseur d’un pois, et disparaissant en exprimant le tissu entre les doigts; le foie est pâle, la rate hypertrophiée, ramollie en bouillie; rien dans les autres organes, rien dans les articulations.
Obs. XV. — V .., âgé de quarante et un ans, entre le 25 octobre 1861, salle Sainte-Catherine, n° 28, pour un kyste multiloculaire de l’ovaire.
Le 15 décembre, ponction de l’abdomen, injection iodée; compression sur le ventre; diète ; repos.
Le 16 décembre, douleurs sourdes dans le ventre.
OBSERVATIONS
Le 17, augmentation des douleurs, avec maximum d’intensité à la partie inférieure de l’abdomen; nausées; langue rouge; constipation ; la peau est chaude et le pouls fréquent; vésicatoire sur l’abdomen ; les douleurs furent un peu calmées, mais le jour même la face devint rouge; un érysipèle se déclara sur le nez et la face avec coloration violacée; bords nettement dessinés par un liséré; peu d’œdème.
Les jours suivants l’érysipèle envahit le cuir chevelu; le délire survint, et la malade mourut le 3 décembre. Les frictions mercurielles et les boissons délayantes avaient été employées comme traitement.
Autopsie. — Quelques traces de pus et d’adhérences récentes entre les intestins et le kyste. Pas d’altération du cerveau et de ses membranes; le péricarde est un peu poisseux; les poumons sont peu congestionnés ; les vaisseaux ne présentent point d’altérations; pas de caillots dans le cœur.
Obs. XVI. — Un homme âgé de soixante-six ans entre au n° âl, salle Sainte- Vierge, avec une hydrocèle dont il voulait être débarrassé. Ce malade portait en outre sur l’abdomen une plaie suppurante et en voie de cicatrisation, résultant de l’ablation ancienne d’une tumeur tibreuse. De plus il était affecté d’une bronchite chronique.
Le 2 février, une ponction et une injection iodée sont faites; trois jours après le malade fut pris de malaise, un érysipèle partant de la piqûre du trocart s’étendit snr la région de la fosse iliaque droite, avec coloration rose, lisérée sur les bords. Les jours suivants l’érysipèle s’étendit un peu, puis pâlit sans que des symptômes graves se soient ajoutés aux malaises du malade, qui entra bientôt en convalescence. Il sortit guéri le h mars.
Obs. XVII. — J..., âgé de vingt-cinq ans, entre à la salle Sainte-Vierge, n° 51 , au mois de décembre, portant une adénite sous-maxillaire suppurée. Ce malade pusillanime avait toujours reculé à se faire soigner, il avait même continué son travail. Lorsqu’il entra k l’hôpital, la peau, amincie, était sur le point de se rompre ; une incision fut faite, il s’écoula du pus en assez grande abondance.
Le lendemain h décembre, le malade ne se sentait pas énor-
8/i DE l’érysipèle.
mément soulagé, le gonflement ne disparaissait pas. Les jours suivants des cataplasmes furent appliqués sur l’ouverture de l’abcès, qui était devenu irrégulier ; l’appétit ne venait point, le malade se levait néanmoins.
Le 10, un nouvel abcès s’était formé, une seconde incision fut faite; le malade paraissait très content; il se leva (il est admis, .à l’insu des médecins, de par les gens de service, que quand on n’a que mal à la tête, on peut se lever et laisser faire son lit, à moins de gravité évidente).
Le 13, le malade est pris de frisson, et de vomissements le lendemain ; un gonflement inflammatoire douloureux survint.
Le 15, l’érysipèle était confirmé, la rougeur diffuse s’étendit à l’oreille et à la face. Dès les premiers jours le malade fut soumis à l'application sur le visage de compresses d’eau de sureau, et mis a la tisane de limonade. L’érysipèle gagna le cou et la face et finit par s’éteindre. Le malade guérit, et nous l’avons laissée à l’hôpital le 1er janvier 1862 dans un bon état, et qui contrastait singulièrement avec celui dans lequel il était entré le 2 décembre.
Obs. XVHI. — M..., âgé de quarante-deux ans, porteur à la halle, entre salle Sainte-Vierge, n° 23,1e 16 septembre, pour une plaie contuse du petit orteil droit, produite par le passage sur le pied d’une voiture chargée de sacs de farine ; le malade se rendit à pied à l’hôpital. Les tissus sont mâchés; il n’y eut pas d’hémorrhagie. — Compresses d’eau froide; le soir cataplasmes.
Le 17, le malade nous dit avoir beaucoup souffert. Compresses d’eau blanche sur le pied; le malade mange une portion.
Les joui’s suivants, même traitement.
Le 19, inappétence ; malaises.
Le 20, rougeur inflammatoire et tuméfaction de tout le pied; le soir, fièvre intense.
Le 21, les traînées d’angioleucite s’étendent du pied à l’aine, sur la lace interne de la jambe et de la cuisse; ganglions douloureux. — Une incision est faite sur le dos du pied.
Le 22, fièvre; frissons; la jambe est recouverte d’un érysipèle franc. Même traitement. — La plaie ne suppure pas.
OBSERVATIONS
Le ‘23, l’érysipèle envahit le genou ; les plaques angioleuciques disparaissent pour faire place à une rougeur diffuse.
Le 2è, même état général; tuméfaction énorme de la jambe; cinq grandes incisions sont faites sur la partie inférieure de la jambe. Cataplasmes sur le pied; frictions mercurielles sur la jambe et la cuisse; émétique 0sr10 en lavage, julep U gr. d’alcoolature d’aconit; bouillons.
Le 25, lièvre, agitation, délire, soubresauts de tendons, respiration anxieuse; toute la partie interne et antérieure de la cuisse est recouverte par une rougeur diffuse tirant sur le rose, avec liséré sur les bords, disparaissant à la pression sans donner la sensation de la tension caractéristique du phlegmon.
Le 26, même état général, même état de la plaie et de l’érysipèle.
Le 27, le malade meurt.
Autopsie. — Point de caillots dans les veines du membre inférieur; pus dans le tissu cellulaire de la jambe, autour des incisions, fusées purulentes à la plante du pied. Les lymphatiques de la cuisse et les ganglions auxquels ils se rendent contenaient du pus ; les poumons étaient congestionnés, ainsi que le cerveau et le foie. Rien du reste à noter ; point de caillots dans le cœur.
Obs. XIX. — V..., âgée de soixante-cinq ans, entre, le \k janvier, salle Sainte-Catherine, n" 17, pour un encéphaloïde du sein gauche. La malade a un embonpoint considérable ; elle a eu déjà un sein amputé. Le 20 janvier, la malade accuse un peu de gène pour respirer, de la toux et un malaise général. — Looch blanc, pilules, opium.
Le 1er février, ablation de la tumeur. La vaste plaie n’est pas réunie. Pansement avec charpie sèche, potion avec laudanum (1 gramme), bouillons, limonade.
Le 2, douleurs, abattement, 88 pulsations. — Même traitement.
I.e 3, langue blanche, douleurs lancinantes encore, la malade se dit extrêmement lasse. Quelques mouvements pour relever le lit ébranlent le bandage. La malade se plaint d’en éprouver des douleurs vives.
Le h, premier pansement. Au fond de la plaie se trouve
un liquide roussâtre mêlé à de la graisse huileuse, fétide. Rien aux bords de la plaie qui ne sont pas même tuméfiés.
— Même pansement et traitement. Potages.
Le soir, 128 pulsations irrégulières; pas de repos.
Le 5, la malade n’a pas dormi de la nuit; dysurie, sensation de picotement au niveau de la plaie, à partir de laquelle une traînée rouge, inégale, lisérée à ses bords, se dirige vers le sternum.
Le 6, l’érysipèle a gagné les hypochondres, surtout à droite. Langue sèche, rugueuse; la malade ne va pas à la selle depuis l’opération. — Compresses d’eau de sureau, pommade au sulfate de fer, julep avec 30 grammes de sirop de morphine; lavement.
Le 7, soif vive, langue sèche, rugueuse, délire. L’érysipèle a envahi tout l’abdomen et prend une coloration bronzée.
— Quinze sangsues à l’aine droite. Même traitement.
Le 8, délire tranquille, langue sèche, voix éteinte, altération des traits, teinte jaune; 92 pulsations. L’érysipèle s’est recouvert de vésicules pleines de sérosité purulente.
Le soir, la malade meurt.
A l 'autopsie, on trouve le tissu cellulaire, la peau sans altération. La côte située au niveau de la plaie est friable, se casse sous le doigt (peut-être y avait-il une infiltration encéphaloïde); les poumons sont très congestionnés. Pas de caillots dans le cœur, excepté dans l'oreillette, où siège un caillot noir mou. Dans le foie, la rate, rien, si ce n’est qu’ils sont plus mous qu’a l’ordinaire, si ce n’est que les veines contiennent du sang noir très fluide. Rien dans le cerveau et les membranes, aucune lésion ailleurs.
Obs. XX. — S ... âgée de quarante-huit ans, entre, le 8 mars 1861 salle Sainte-Catherine, n° 29, pour une tumeur adénoïde du sein droit. Le 12 mars, l'opération est faite. La malade est mise aux bouillons et a une portion de vin.
— Pansement avec boulettes île charpie imbibées d’eau-de-vie camphrée, recouvertes d’un linge céralé.
Le 13, bon état.
Le lù, le pansement est renouvelé. La plaie avait bon aspect. — Une portion.
OBSERVATIONS. 87
Le 17, nuit agitée, le matin fièvre, léger frisson. Même état les jours suivants. — Même traitement.
Le 20, frissons plus forts, traînées angioleuciques autour du mamelon, langue sale, appétit nul, fièvre. Le lendemain, des plaques rouges apparaissent autour de la plaie. L’érysipèle, avec rougeur, chaleur, élevures légères de l'épiderme, faisant relief aux limites de la rougeur, envahit successivement le sein, la moitié droite de la poitrine et le dos. Frictions mercurielles, cataplasmes.
Le 2ô, la plaie est pâle, sanieuse, mais la fièvre n’a pas augmenté. Le pouls est petit, l’appétit est nul et la peau est chaude et sèche.
Le 25, quelques phlyctènes formées par la réunion de vésicules pleines de sérosité louche; même état. — Même traitement.
Le 26, même état. L’érysipèle augmente encore, mais il est moins foncé.
Le 27, l’érysipèle occupe le côté gauche du tronc. La malade est abattue, se désole. — Même traitement.
Le 26, l’érysipèle pâlit. Diarrhée. Bismuth à l’intérieur. — Même traitement. Le soir, un peu plus de fièvre, délire.
Le 29. la diarrhée redouble. Mort.
A V autopsie, aucune lésion appréciable de la peau ; il y a des caillots fibrineux dans le cœur et dans les vaisseaux principaux de la région où l’érysipèle s’est développé. Rien ailleurs.
Obs. XXL — R..., âgé de cinquante-sept ans, entre, le 20 novembre, à l’hôpital, à la suite d’un coup de poing reçu sur l’œil, pour lequel il fut prescrit des compresses d’eau blanche que le malade appliqua ou n’appliqua pas. L’est ce dont il m’a été difficile de m’assurer soit en interrogeant le malade, soit en questionnant les gens de service.
Le2'i, un érysipèle survint à la paupière d’abord, puis gagna la face sans provoquer toutefois de réaction vive.
M. Velpeau, constatant la localisation du mal à la moitié gauche de la face, et le caractère œdémateux surtout de cette variété d’érysipèle, pratiqua des mouchetures multiples et fit scrupuleusement appliquer des compresses d’eau de sureau sur la partie malade, et R... resta au repos absolu et
de l’érysipèle.
à la diète. Les jours qui suivirent, le mieux se fit sentir, et le malade entra en convalescence le 7 décembre, où il lui fut accordé une portion. Le 13, il sortit de l’hôpital.
Obs. XXII. — M. ., âgé de seize ans, entre, le 15 juillet 1861, salle Sainte-Vierge, n° 33, pour des brûlures au deuxième degré, multiples, de la face et des mains ; avec de l’alcool, les phlyctènes sont crevées, et l’épiderme dénudé est saupoudré de bismuth pulvérisé. Une portion. Le 18 juillet; nausées, vomissements, fièvre, anorexie. — Diète, limonade.
Le 19, vomissements, fièvre; la face est rouge, tuméfiée, le cuir chevelu commence à participer à l’inflammation. — Compresses d’eau de sureau, onctions mercurielles sur les oreilles. Même traitement.
Le 20, pouls fréquent, dur, délire; l’érysipèle se propage au cuir chevelu. — Saignée de 300 grammes, eau de Sedlitz. Le malade n’avait pas été à la selle depuis son entrée.
Le 21, un peu de calme; le soir délire.
Le 22, recrudescence; le cuir chevelu est pris en entier; le délire, l’agitation, les mouvements convulsifs redoublent. — Alcoolature d’aconit, k grammes.
Le 23, même état. Pilules nitro-camphrées. Les jours suivants, même étal; l’érysipèle ne fait pas de pi’ogrès ; la rougeur est moins intense, mais les phénomènes généraux sont les mêmes. — Six sangsues sont appliquées derrière chaque oreille. La diarrhée survient.
Le 28, coma. Mort.
Autopsie. — Exsudation de lymphe plastique sous l’arachnoïde, congestion des membranes et de la substance cérébrale. Rien dans les autres organes.
Obs. XXIII. — H..., âgé de cinquante-deux ans, entre, le 17 avril 1861, salle Sainte-Vierge, n° 2. 11 a été brûlé par la flamme de ses habits en feu et porte, au bras droit, une brûlure présentant les deuxième, troisième et quatrième degrés. Jusqu’au 23, la brûlure suivait une marche ordinaire; les eschares se détachaient sous l’influence de cataplasmes, le malade mangeait, se levait et se promenait. Le 2 lx et les jours suivants, la plaie se délergeait lentement. Des cataplasmes au coaltar furent appliques.
OBSERVATIONS
Le ô, les eschares sont détachées entièrement.
Le 7, la plaie est blafarde; le coaltar est remplacé par un pansement simple et les lotions de quinquina.
Le 12, le mauvais aspect de la plaie engage à recourir de nouveau au coaltar.
Les jours suivants, le malade se plaignit d’être mal à son aise.
Le 18 et le 19, il n’avait plus d’appétit et présentait un peu île fièvre. Douleurs dans l’aisselle.
Le 20, rougeurs diffuses autour de la plaie, coloration rosée sans liséré sur les bords.
Le 21, l’érysipèle remonte sur tout le bras. Fièvre, langue blanche, anorexie, insomnie, frissons; la plaie est rouge, la cicatrice s’est détruite là où elle commençait à se former, c’est-à-dire aux points où existait la brûlure au troisième degré. Frictions mercurielles, diète, limonade. Les jours suivants, l’érysipèle envahit successivement et progressivement l’épaule et le tronc.
Le 30, il a atteint la ligue médiane en avant et en arrière; le gonflement œdémateux du membre est établi. Mêmes fièvre et anorexie, pas de délire.
Le 31, ie malade a une gingivite mercurielle. Le bras n’est plus le siège de l’érysipèle; la chaleur, la rougeur, le gonflement ont disparu; la fièvre est tombée. — Bouillons.
Le lcret le 2, l’amélioration continue ; seulement, au niveau de la brûlure, des plaques ulcéreuses, avec rougeur périphérique, pei'sistent et nécessitent un traitement long et varié, et le malade, dont l’érysipèle était terminé le 6 juin, resta encore jusqu’au 25 septembre à l’hôpital, où il reçut tous les soins qu’exigeait sa guérison.
Obs. XXIV. • — D. ., âgé de cinquante-deux ans, entre, le 28 août, salle Sainte-Vierge, n° 15, pour une amaurose dont la lésion paraissait être une choroïdite chronique. Il séjourna à l’hôpital jusqu’au 10 septembre, se levant et se promenant. Le traitement qui lui était appliqué était du calomel à dose fractionnée.
Le malade devait partir à la maison de convalescence de Vincennes lorsqu’il se plaignit d’éprouver une douleur à la
de l’éiiysipèle.
région trochantérienue, qui était survenue après quelques frissons. L’examen de la partie douloureuse apprit qu’il existait une plaque rouge, luisante, chaude, d’une coloration bronzée, avec relief sur les bords; l’haleine est fétide, la langue sale; il y a de la lièvre. — Cataplasmes, bouillons.
Le 11 septembre, l’érysipèle a gagné le pli de l’aine. Ganglions légèrement douloureux, mais pas engorgés. Fluctuation au point où a débuté l’érysipèle; incision.
Le malade a un peu de fièvre. Des bouillons lui sont accordés; limonade.
Le 12, l’érysipèle est descendu sur la cuisse, mais la peau est tendue, luisante, sans bourrelets aux limites. Trois incisions, frictions mercurielles. — Même traitement.
Le 13, la rougeur a gagné le genou; il y existe une plaque rouge un peu saillante sur les bords, mais les caractères du phlegmon diffus dominent cependant. — .Même traitement.
Le 14, trois nouvelles incisions autour du genou.
Le 15, la face postérieure de la cuisse et de la jambe est envahie. — Même traitement.
Le 16, même état. L’érysipèle s’est arrêté à la hanche; la rougeur s’est éteinte; il ne reste plus qu’un vaste phlegmon diffus de la jambe et de la cuisse. Les incisions suppurent à la cuisse; elles ne donnent au niveau du genou que de la sérosité.
Le 17, un vésicatoire en gouttière est appliqué au tiers inférieur de la jambe, à la limite du mal. Toujours un peu de fièvre. Même traitement.
Les jours suivants, rien de changé, si ce n’est qu’un œdème considérable survient au pied.
Le 22. les plaies laissent écouler du pus mal lié, au milieu duquel se trouvent des lambeaux de tissu cellulaire mortifié. 64 pulsations.
Le 29, nouvelles collections purulentes autour du genou, tandis que la jambe est moins gonflée, ainsi que le pied. — Vin de Bordeaux, chocolat, bouillons.
Le 6 octobre, même traitement. Les incisions suppurent abondamment, le pouls est à 74, la peau n’est point chaude,
OBSERVATIONS. 91
et cependant le malade s’affaiblit à vue d’œil. — Même traitement. Extrait de quinquina, 2 grammes.
Le 20, les choses sont encore dans le même état, les plaies suppurant abondamment, mais ne se réunissant pas.
Le 1 1 novembre, l’amaigrissement du malade est extrême, la peau de la jambe a une coloration terreuse, le malade n’a plus la force de répondre aux questions qui lui sont faites; il a une tendance invincible au sommeil. Le malade continue à végéter de la sorte jusqu’au 28 novembre.
A Y autopsie, quelques points blancs de ramollissement dans l’hémisphère cérébral droit; foyer apoplectique dans le corps strié gauche, apoplexie rétinienne et quelques exsudats sur cette membrane ; traces de pleurésie très ancienne; rien aux poumons, si ce n’est de la congestion passive; pas de caillots dans le cœur ni dans les vaisseaux, foie exsangue, rate d’une consistance à peu près normale. A la cuisse, aucune lésion vasculaire, foyêrs purulents vides à parois en putrilage.
Übs. XXV. — V..., âgé de trente deux-ans, entre le 29 juillet, au n° 12, salle Sainte -Vierge, avec un ulcère variqueux et quelques points rosés dans le voisinage ; le malade n’a pas de fièvre.— 2 portions; onguent de la mère ; le malade se lève.
Le 1er août, fièvre intense, frisson la veille au matin, la langue est rose, la peau est bonne, mais les ganglions de l’aine sont douloureux. — Un vésicatoire volant est placé à l’épigastre; cataplasmes sur la plaie.
Le 2 août, les bords de la plaie sont grisâtres, les ganglions augmentent de volume, pas d'appétit. — Cataplasme, diète.
Le 3, le malade s’est encore levé, pas de fièvre cependant, la plaie a le même aspect, le pouls est à 60, la langue est sale. — Bouillons, cataplasmes, repos absolu au lit.
Le k août, nouvel accès de fièvre, nouveaux frissons, tension de la peau de la cuisse avec rougeur intense et chaleur vive; traînées angioleuciques dans le creux poplité, langue sèche, 80 pulsations. — Même régime.
Le 5, plaque rouge avec liséré sur les bords au pli de l’aine, une plaque de même genre existe autour de l’ulcère ; fièvre et frissons le soir. — 15 sangsues à l’aine, frictions mercurielles sur tout le membre, diète.
de l’érysipèle.
Le 6, un peu de diarrhée, délire, 92 pulsations, la plaie est grisâtre, des plaques érysipélateuses se sont formées sur toute la jambe et la partie postérieure delà cuisse avec élevures sur les bords. — Même pansement, j u 1. , alcoolat, d’aconit, 10 grammes.
Le 7, les plaques érysipélateuses se sont réunies et occupent toute la jambe ; œdème général du membre; la plaque qui existait à l’aine ne s’est pas beaucoup étendue, mais elle est circonscrite par un liséré des plus manifestes. Même état général; fièvre, 120 pulsations. — Même traitement. Julep avec alcoolat, d’aconit, 1 5 gram., vésicatoire sur la plaque de l’aîne.
Le 8 août, coma complet, respiration brève, précipitée, fièvre intense, pouls à 124 Une nouvelle plaque érysipélateuse rouge l’ram boisée avec élevure sur les bords est apparue au-dessus du genou. — Vésicatoire en manchette, 2 grammes d’alcoolat, d’aconit dans un julep.
Le malade meurt le 9 août.
A Y autopsie, le cadavre est déjà décomposé, des gaz se sont formés dans les tissus ; œdème de la jambe, les vaisseaux lymphatiques sont gros et durs, un caillot pulpeux occupe leur intérieur, la veine saphène contient un sang séreux avec quelques caillots en grumeaux; sang fluide, noirâtre dans le cœur, mêlé h des gaz (altérations cadavériques) ; rate difttuente, foie exsangue, splénisation des deux poumons, rien au cerveau.
Obs. XXVI. — Rachel S.. ., âgée de vingt-six ans, entre à la salle Sainte-Catherine, le 17 janvier 1861, pour une nécrose partielle du maxillaire inférieur. Cette malade, très pusillanime, chloro-hystérique, portait son mal depuis environ six mois ; des abcès successils s’étaient déclarés, le dernier il y a douze jours.
M. Velpeau lui enleva, le 28 janvier, un séquestre par une incision d’environ 4 centimètres. La malade, qui avait été chloroformisée, eut une attaque d’hystérie après l’opération et une petite hémorrhagie capillaire facilement arrêtée. — Pansement simple, gomme sp.
Le soir, céphalalgie intense, vomissement bilieux, soif intense, insomnie.
OBSERVATIONS
Le 2f , douleur au niveau de la plaie, dont les bords sont tuméfiés et rouges ; mêmes nausées. 135 pulsations, un petit séquestre est enlevé par la bouche, tisane de gomme, diète.
Le 30, rougeur vive de la face avec tuméfaction considérable de la joue et de la région sous-maxillaire, duretés sur les limites delà rougeur, les ganglions de la région sus-claviculaire sont tuméfiés, même état des voies digestives, pouls à t/iO. — Même traitement, frictions mercurielles, cataplasmes.
Le 31, même état général, l’érysipèle gagne le nez, la racine des cheveux; quelques vésicules pleines de sérosité sur la joue.
1er février, même état, toujours des vomissements et des nausées, délire, pouls à 12'i ; l’érysipèle a gagné le cuir chevelu et le côté opposé à la plaie ; langue sale, pas de selles. — Eau de Seltz, lavement purgatif.
Le 2 février, même état que la veille, il y a eu deux selles. — Julep, laudanum, 1 gramme.
Le 3, vomissements et nausées, nuit très agitée, soif manifeste.
Let», nouveaux vomissements, délire, pouls à 1 1 6 ; l’érysipèle a gagné la joue gauche dans toute son étendue, les gan glions du creux sus-claviculaire sont moins engorgés. — Lotion de Rivière.
Le 5, délire, agitation extrême; l’érysipèle a gagné le cuir chevelu, 12ü pulsations.
Le 6, l’érysipèle gagne l’oreille, il est recouvert en ce point de bulles pleines de sérosité lactescente, pouls à 12ti. — Tisane de coquelicot, julep, alcoolature d’aconit, 4 grammes.
Le 7, délire, agitation, langue et dents fuligineuses, 120 pulsations, pouls petit, faible, l’érysipèle a gagné tout le cuir chevelu, il a disparu à la face.
Le 8, calme, sueurs abondantes qui n’existaient pas les jours précédents, 116 pulsations ; même état, du reste; l’érysipèle n’a pas fait de progrès néanmoins.
La malade s'affaiblit considérablement, et elle meurt, le 7, à quatre heures du soir.
La plaie jusqu’au dernier moment n’avait pas changé d’aspect, les bourgeons charnus ne s’étaient pas développés.
Pas d’autopsie, la malade était israëlite.
9/i DE l’érysipêle.
Obs. XXVII. — O..., âgé de cinquante -huit ans, entre le 26 décembre 1860, avec une plaie contuse du crâne sur laquelle un pansement simple fut appliqué.
Lorsque nous vîmes le malade, le 1er janvier 1861, il avait du subdelirium et la plaie n’était pas encore en voie de cicatrisation. Il y avait bien quelques bourgeons charnus au fond de la plaie, mais les bords étaient déchiquetés.
Le 2, un érysipèle survint à l’oreille avec un redoublement de fièvre, mais sans vomissements ; le cuir chevelu était légèrement œdématié; sans doute l’érysipèle existait au cuir chevelu depuis quelques jours.
Le 3 janvier, l’agitation continue, le malade paraît extrêmement inquiet. — Frictions mercurielles.
Le et le 5, l’érysipèle gagne ; même état général, la langue est rouge, le pouls est à 90.
Le 6, la plaie, pansée avec l’onguent de la mère, est pâle ; même état général. — 2 bouillons, mêmes frictions mercurielles.
Le 7, l’érysipèle est étendu de l’autre côté de la face, il se forme des phlyctènes pleines de sérosité louche, la fièvre a augmenté. — Compresses d’eau de sureau sur la face.
Le 8, un peu de rémission. — Même traitement.
Le 9, les phlyctènes qui recouvraient l’érysipèle ont augmenté, pouls à 80. — Même traitement, frictions mercurielles sur les rougeurs et eau de sureau ; 2 bouillons.
Le 10, même état.
Le 11 et le 12 l’érysipèle a pâli, il y a moins d’œdème, — Même régime.
Dans la nuit du 12, agitation extrême, délire, contracture, respiration haletante, langue sèche, 120 pulsations. — Julep ammoniacal, frictions mercurielles.
Le 13, la plaie, examinée, n’a pas changé d’aspect; même état général.
Le lâ, l’érysipèle de la face a pâli complètement, les cou tractures persistent, 104 pulsations. — Les frictions avec l’onguent mercuriel sont supprimées, tisane de gomme comme les jours précédents, potion ammoniacale.
Le 15, aggravation de tous les symptômes; coma dans la journée, mort le soir.
OBSERVATIONS
A l 'autopsie, on a trouvé un exsudât de lymphe plastique à la convexité des hémisphères cérébraux, de la sérosité abondante sous-arachnoïde et pas de pus. le cerveau et la duremère étaient très congestionnés. Entre autres particularités étrangères à la maladie actuelle, on trouva un ancien foyer apoplectique cicatrisé.
Obs. XXVIII. — V... , âgé de trente ans, entre à l’hôpital le 3 mai. 11 a reçu sur la tète un pot de fleurs, qui a déterminé une plaie de 5 centimètres, à bords nets.
Des cataplasmes émollients sont appliqués sur la tète.
Les jours suivants, les bords de la plaie, qui s’étaient un peu tuméfiés, dégonflent, les bourgeons charnus se forment; le malade se levait (toujours en vertu du principe admis par les gens de service que les malades qui ont mal à la tête et peu de fièvre peuvent se lever pour laisser faire leur lit), il mangeait une portion.
Le 1 1 , engorgement des ganglions occipitaux. — 20 sangsues.
Le 12, diminution de l’engorgement.
Le 13, rougeurs autour de la plaie, fièvre, 80 pulsations, céphalalgie, vomissements. — Compresses d’eau de sureau , diète.
Le \U, érysipèle confirmé, léger œdème du cuir chevelu, un peu de délire.
Le 15 et les jours suivants les phénomènes généraux augmentent d’intensité; 100 pulsations, délire, la langue se sèche, la peau est brûlante ; l’érysipèle avec liséré envahit la face, descend sur le cou et l’épaule droite; le malade ne va pas à la selle sans lavements. Pendant tout ce temps, dos compresses d’eau de sureau sont appliquées sur le visage, le malade est tenu à la diète, et boit de la tisane de limonade.
Le 25, les phénomènes étaient arrivés à leur summum d’intensité, le bras droit est le siège d’une nouvelle poussée érysipélateuse. — Frictions mercurielles.
Le 26, l'état du malade reste stationnaire.
Le 27, un peu d’amélioration, la fièvre tombe, la tuméfaction de la tète et de la face a diminué.
Le 30 mai, l’érysipèle continue à descendre, le malade commencé à comprendre les questions qui lui sont adressées. — Même traitement. Vésicatoire sur l’avant-bras droit.
96 de l’érysipèle.
Les jours suivants, l’érysipèle s’éleinl à la face, au cou la peau commence à pâlir et à se desquamer, les phénomènes généraux cèdent peu à peu, mais il se forme un abcès sur le dos de la main droite, puis un autre sur la région trochantérienne, ils sont ouverts successivement; en même temps la peau était moins aride, la langue moins sèche. — Le traitement était continué, c’est-à-dire des compresses d’eau de sureau sur le visage, des frictions sur le cou et les bras avec l’onguent napolitain, de la tisane de gomme et un lavement émollient tous les jours.
Le 6, le malade a repris tout à fait sa raison, la lièvre était déjà tombée depuis deux jours.
Le 9, l’érysipèle est éteint; un nouvel abcès se forme en arrière du coude, le malade va très bien, du reste. — 1 portion.
Le 10, l’abcès est ouvert, il sort du pus bien lié, bon état. — 2 portions.
La plaie, qui était restée stationnaire, marche rapidement vers la cicatrisation.
Le 20, le malade, qui se levait depuis quelques jours, demande à sortir.
Obs. XXIX. — M. ...âgé de soixante-huit ans, entre le 9 juillet,
salle Sainte-Vierge, pour une infiltration urineuse suite d’un
rétrécissement uréthral.
Le 10, une incision est faite et donne issue à du pus et de l’urine, une mèche est introduite dans l’ouverture qui est large d’environ 3 centimètres. — Cataplasmes, chiendent nitré.
Le malade avait une fièvre intense, et exhalait une odeur urineuse des plus prononcées. Le soir, le malade est pris de frissons, le pus et l’urine ne coulaient pas bien au dehors, la mèche est, enlevée.
Le 11 et le 12, même état; les bourses restent tuméfiées.
Le 13, nouvelles mouchetures.
Le là, une rougeur diffuse apparaît sur le périnée; en même temps la fièvre redouble, le malade n’urine pas par la verge. Le soir, nouveaux frissons.
Le 15, un érysipèle franc, bronzé, avec bords lisérés, parlant des bords de l’incision périnéale, remonte jusqu’à la ceinture; fièvre, pas de délire ; le malade s’affaiblit considérablement.
OBSEUVATIONS. 97
— Même traitement, frictions mercurielles, vésicatoire à l’épigastre, looch blanc avec oxyde d’antimoine, 2 grammes.
Les jours suivants, le malade tombe dans le coma ; bien que l’érysipèle semble s’éteindre, il meurt le 19.
A Y autopsie, on trouve les lésions d’un abcès urineux, c’està-dire une vaste cavité communiquant d’une part avec la portion spongieuse de l’urèthre, de l’autre avec l’incision périnéale; la rate est diffluente, les autres organes sont sains; il y a une grande quantité d’urine dans le bassinet et la vessie, mais c’est là tout. Le sang est à peine coloré, point de caillots dans le cœur.
Obs. XXX. — C..., âgé de vingt-six ans, entre à l’hôpital de la Charité, salle Sainte-Vierge, le 25 juillet, pour une orchite blennorrhagique, traitée par la ponction de la tunique vaginale et les onctions mercurielles.
Le 7 août, le malade se plaint d’être enchifrené, d’avoir mal à la gorge, qui est trouvée rouge, le nez est également rouge et douloureux à la pression. — Potages, limonade.
Le 8 août, le nez est plus rouge, plus gonflé, engorgement des ganglions sous-maxillaires, lièvre, peau brûlante. — Même traitement.
Le 9, érysipèle franc de la face avec liséré à peine marqué, œdème considérable des paupières, un peu d’agitation, fièvre, langue sale, vésicules pleines de sérosité sur le nez, les douleurs de gorge ont cessé. — Même traitement, onctions sur le nez avec la pommade au persulfate de fer.
Le 10, même état général, l’œdème de la face disparaît peu à peu, mais le cuir chevelu est pris. — Même traitement.
Le 11, sueurs profuses, la peau du front est rouge, tendue; pouls toujours à 8k.
Le 12, deux épistaxis ; même état général.
Le 13, sensibilité vive du cuir chevelu, engorgement des ganglions cervicaux postérieurs, les oreilles sont rouges, tuméfiées. — Même traitement, julep additionné d’alcoolaturc d’aconit, 10 grammes; bouillons.
Le là, la peau de la face entière a repris sa coloration normal et se desquame, l’œdème disparaît, pouls filiforme toujours à 8k pulsations, somnolence. — Même traitement.
de l’érysipèle.
Le 15, les oreilles sont entièrement occupées par l’érysipèle.
Le 16, mieux général, la langue est humide, le pouls est moins élevé, la rougeur des oreilles pâlit. — Même traitement.
Les jours suivants l’érysipèle s’éteint, la fièvre a disparu, la peau des oreilles se desquame. ■ — La pommade au sulfate de fer, l’aconit sont supprimés.
Le 20, deux petits abcès se sont ouverts au cuir chevelu, dans la région occipitale, le malade se lève, il est guéri de son orchite, qui a disparu pendant que s’est développé l’érysipèle.
Le 26, le malade sort.
Ce malade rentra depuis (le 5 septembre) à l’hôpital avec un abcès du cuir chevelu, à la production duquel concourut l’érysipèle. 11 est probable que l’abcès commençait à se former au moment où le malade est sorti de l’hôpital. Du reste, nous n’avons pu pénétrer dans la vie privée du malade pour savoir s’il n’avait point commis quelque excès.
Oiss. XXXI. — Enfin je rapporte ici une observation que je n’ai pu retrouver, et sur laquelle je n’ai que les notes suivantes :
Un jeune homme, âgé de dix-neuf ans, couché au n° 37, salle Sainte-Vierge, entre le 25 août avec une pustule recouverte d’une croûte, entourée d’une rougeur inflammatoire. — Des cataplasmes furent appliqués, puis le lendemain de l’onguent de la mère. Le malade ne souffrait pas. Tous les jours j’ai remarqué que son lit était fait.
Trois jours après, angioleucite nouvelle, fièvre. Un phlegmon ou plutôt un œdème avec rougeur se développe au pied, mais nulle part il n’y a de fluctuation.
Une rougeur rosée diffuse, sans limites bien tranchées, réunit les traînéesangioleuciques, la peau semble épaissie. Plusieurs petits abcès circonscrits s’ouvrent seuls, deux nouveaux abcès sont ouverts. Pendant ce temps la rougeur était remontée sur la cuisse ; le malade maigrissait, avait de la fièvre mais pas de délire, et il reposait encore un peu la nuit. Pendant un mois les choses restèrent en cet état, et M. Velpeau ayant constaté un peu d’amélioration, un bandage compressif fut appliqué, et le malade commença à entrer en convalescence.
OBSERVATIONS