‹ Traité de l'érysipèle épidémiqueChapitre 11 sur 19 · VI. — D'après M. Whitfield , une personne affectée de l'éry · texte numérisé non relu

VI. — D'après M. Whitfield , une personne affectée de l'éry

(1) Dictionnaire y verb. Erysipèle,

sipèle de la face fut portée , en 1 760 , à rhôpilal Sdfll-llioiiia», où elle mourut. Uq malade , placé dans le même lit pour une autre maladie , fut pris de Térysipèle , de même que plusieurs autres indiridus de rbôpkal.

Vll« — Le D' Pitcairn cite encore le fak d'une daaie qui , après ses couches , eut une espèce d'érysipèle ; Tenant fut pris, trois jours après sa naissance » d'érysipèle (mibilical , qui ^igoa tout le corps. Tous les deux moururent* La mère de la m^kàs fut atteinte aussi pendant ce temps d'érysipèle de la foce*

VIIL — Le D"" Baillie parle d'une dame qui , étant venue à Londres soiguer une amie atteinte d'érysipèle de la face, en fut bientôt affectée dle-même. La garde-malade, qui vensût de soigner auparavant un érysipèle , fut prise de la même manière.

Au rapport du même auteur , l'érysipèle de la face fut trèsfréquent, en 4795 et 4796, à l'hôpital Saint-Georges, et quelques individus du dehors le contractèrent en visitant les malades.

Cette série de faits intéressants, consignés dans les Trans-eLcPions of a Society for the improvemmt of médical and chirurgical Knowledge (i), ne laissaient aucun doute dans l'esprit de Wels sur la nature contagieuse de certains érysipèles.

Dickson, Stevenson, Amolt, Gibson, Bury, constatent que l'érysipèle a pu se communiquer des malades à ceux qui leur donnaient des soins, et plusieurs appuient leur affirmation de contagion sur des observations analogues à celles que nous avons rapportées d'après Wels (^).

il) l800,Lon(i.,t. IL

(2) Médico-chirurgical Journal , avril 1819. — Gerson and Julius Ma-' gasin^ 1830. — The American ' Journal. of the M^sdic, SciencUy mai 41889.

Travers, Copland, Bright, Munneley admett^t aussi la contagion.

Weatheread, quoique n'ayant pu obtenir des résultats positif de rinooulation , dédare cependant que Térysipèle est contagieux (^).

IX, — Blackett , en 1 826 , avait vu un malade , atteint d'érysipèle de la face, communiquer à toute sa famille le mal dont il était atteint (^) , et il compte la contagion parmi les causes de rérysipèle.

Gibson nous appr^d qu'en 1 822, à Tinfirmerie de Montrose, une femme entra pour un abcès de la main et une carie des phalanges, suites d'un érysipèle. Les voisines de chambre furent bientôt atteintes de l'érysipèle. Malgré les soins hygiéniques et l'évacuation de la salle, quand d'autres personnes y revinrent, l'érysipèle reparut. Il fallut fEÙre de nouveau sortir les malades et prendre d'autres précautions pour détruire ce foyer contagieux p).

Lawrence nous cite l'observation d'un homme qui , 'apnt un séton à la nuque, fut atteint d'érysipèle suivi d'un abcès du front. Son enfant, âgé de trois ans, et sa femme, qui couchaient dans le même lit, eurent: l'un, un érysipèle des membres inférieurs ; l'autre , une angine bientôt suivie d'un érysipèle à la face (^).

Machlaclan de Glasgow dit avoir vu l'érysipèle traumatique se communiquer, par l'attouch^nent des cadavres ou des éponges qui avaient servi aux nécropsies, chez des infirmiers dont la peau n'offrait , d'ailleurs , aucune solution de continuité p).

(1) 1822. Journ. complém. du IHct. des Sciences médicales . t. XIV.

(2) The LoûdiHi. Med. and Phjfs, Journal , t. LV , avril.

(3) WiUiams. — Elem. of Méd. , t. I , p. 264.

(4) Caxe 111, p. 130.

(5) Edimb. Med. and Sur g. Journ. , 1837.

G oogle

M. ErzaBennet deDambnrg (Connecticut) croyait tant à la contagion et à Tidentité de cause de Férysipèle et de la fièvre puerpérale, qu'il prenait la précaution de se laver avec de Teau chlorurée, de se baigner , de changer de linge, et cependant la maladie se montra sur six personnes qu'il visitait.

Williamson affirme que Térysipèle n'est pas contagieux, mais infectieux , et le docteur Deazby assure ne l'avoir vu contagieux que dans les cas de gangrène.

Mais , malgré les faits qui se multipliaient dans les contrées voisines ou éloignées de nous, la France repoussait toujours l'idée de la contagion. C'était l'époque où Broussais tenait toute notre patrie médicale suspendue à ses lèvres , où l'inflammation rendait compte de tout, où la gastro-entérite dominait la pathologie entière ; c'était le moment où l'on contestait même la contagion de la syphilis , et où le chancre n'était qu'une inflammation ! On n'avait pas le temps de s'pccuper de la con-' tagion de l'érysipèle.

D'ailleurs, un Anglais lui-même, Bateman (i) contredisait les idées de Willan , son compatriote, et la médecine française avait bien assez de travail de réforme chez elle, sans aller chercher ailleurs des aliments à ses connaissances. HIe aurait peut-être même redouté de se donner du travail , alors que sa doctrine était si simple et sa pratique si facile !

Aussi voyons-nous Alibert, Biet, Cazenave, Schedel, Chômai, Blache, etc. , persister dans l'idée de la non contagion de l'érysipèle , et admettre , sans même la contester , la proposition insérée par Renauldin dans le Dictionnaire en soixante vol. (art. Erysipèle), que nous devons transcrire ici : « Quelques médecins ont cru que l'érysipèle peut se transmettre d'un individu à un autre par voie de contagion. Nous ne lui avons jamais reconnu cette propriété dans les faits trèfr-nombreux qui

(1) On cutaneous Diseases , 1817.

se sonl offerts à notre pratique. Nous croyons donc que cette opinion, nouvellement reproduite, est une erreur, fondée probablement sur ce que plusieurs individus , réunis dans le même local , successivement ou simultanément atteints d'érysipèle , se sont trouvés exposés aux mêmes influences ou dans des conditions favorables au développement de cette maladie. » Jusque-là, maîtres et élèves acceptaient sans conteste la non contagion de Térysipèle.

X. — M. Costallat eut le courage de dire , en 1 832 , dans sa thèse inaugurale , que l'érysipèle pourrait bien être contagieux ; il citait à Fappui le fait suivant : une femme , affectée d'érysipèle facial , reçoit les premiers soins d'une amie qui lui démêle les cheveux. La malade vient mourir à la Charité. Peu de jours après , sa compagne vient occuper le même lit et meurt de la même maladie. Une troisième , qui l'avait soignée chez elle et qui lui avait aussi démêlé les cheveux , éprouve les mêmes symptômes.

Mais , disons-le de suite , on a regretté depuis qu'un observateur tel que M. Costallat ait pu se prononcer en faveur de la contagion. L'idée n'était pas dans l'air.

M. Rostan avait écrit que l'érysipèle est le prototype de l'inflammation, et il en résultait, dès-lors, que toute inflammation devait être contagieuse , ce qui paraissait absurde. D'ailleurs , l'opinion de la contagion de l'érysipèle paraissait difficile à soutenir , et il n'y avait encore aucune preuve positive en sa faveur.

En 1836, Lepelletier de la Sarthe se trouva dès-lors trèsembarrassé quand il aborda la question de contagion. Il prit un moyen terme et il soutint que Férysipèle , sans complication d'une autre maladie , n'est pas contagieux ; l'érysipèle, par cause externe et purement local , n'est ni contagieux , ni infectieux; l'érysipèle épidémique surtout paraît infectieux.

Ces conclusions adroites , peu compromettantes et résultant seulement d'une discussion théorique, ont été adoptées {deinement par les auteurs du Compendium de Médecine en 1839.

Les auteurs du Compendium connaissaient les travaux do r Angleterre, et c'est pour cela qu'ils faisaient une concession à cette opinion ; mais les maîtres de la science n'en'persistaient que plus dans leur manière de voir.

M. Velpeau (i) hésite, mais n'ose pas se prononcer pour la contagion, parce que, dit-il , il n'y a jamais eu de preuves positives en sa faveur.

M. Rayer p) déclare qu'il n'existe aucune preuve certaine de contagion.

On écrivit que la contagion, soutenue en Angleterre, n'avait trouvé aucun crédit en France et qu'elle paraissait en opposition avec tous les faits qui se passent sous les yeux des praticiens p),

H. Bouillaud (^) se prononçait aussi énergiquement contre la contagion de l'érysipèle ( \ 846 ) .

Et nous voyons cette oppositron à la contagi(m de l'érysipèle se transmettre presque jusqu'à nous, puisque les auteurs classiques sont les premiers à repousser cette propriété.

En 1835, Ozanam (^) dit que l'érysipèle n'est point contagieux, à moins qu'il ne dégénère en gangrène; dès^lors, c'est l'affection secondaire qui porte ce caractère.

Requin (^) n'admet nullement la doctrine de la contagion.

Vidal de Cassis (7) fait de la non contagion un des éléments sérieux de la définition de l'érysipèle.

(1) Ciimgue, t. III, p. 286.

(2) Traité des Maladies de la peau , 1. 1.

(3) Con^endium, 1835.

(4) Nesographie médicale , t. II.

(5) Malad, épid., t. IV, p. 153.

(6) Pathol. méd. , t. I», p. 547 , 1843.

(7) Path. externe, t. I, p. 541, 1846.

M. Grisolle (i) dit que l'érysipèle est une inflammation exanthématique non contagieuse..

Le Compendium de Chirurgie (< 851 ) affirme que la doctrine de la contagion de Térysipèle n'a pu s'acclimater en France et qu'elle n'offre pas de faits concluants.

Valleix (^) ne s'occupe même pas de la contagion, si ce n'est pour dire qu'elle a été admise sans fondement par quelques auteurs.

MM. Hardy et Behier (3) n'admettent pas davantage l'idée de la contagion. La non contagion est un des caractères de l'érysipèle.

Mais, à l'heure qu'il est, les professions de foi ne sont plus aussi tranchées ; on ne nie pas d'une manière si absolue ; on demande la discussion des faits qu'on n'avait pas même daigné apprécier; la réaction est manifeste, et l'on pourrait presque dire, avec Luther, que « la science médicale ressemble un peu à un paysan ivre. Si l'on veut le mettre en selle d'un coté, il retombe de l'autre. »

Ce n'est pas, d'ailleurs, la première fois que nous avons à constater de pareils revirements. Evitons seulement qu'ils soient excessifs.

La vérité absolue n'est pas toujours dans les opinions extrêmes; car les idées extrêmes et absolues enfantent souvent les systèmes. C'est sur l'interprétation saine des faits que l'on doit juger, sans parti pris, les questions médicales. Nous devrons donc les appeler à notre tribunal et les estimer à leur seule et unique valeur pour en tirer des déductions pratiques.

Bref , nous avons dit que , dans le camp des non contagionisles , il commençait à s'opérer des conversions , et que nos

(1) Path. interne, 1850, t. I, p. 547.

(2) Guide du Méd, Prat., 1851 , t. V, p. 351.

(3) Path, int., t. III, p. 3, 1855. .

maîtres n'était pas si rigoureux en face des exemidies qu'on tour citait, et qu'ils observaient.

Enr^trons d'abord Taveu de M, Grisolle qui, dans son édition de 4862 (^] , s'exprime de la manière suivante :

« L'érysipèle est-il contagieux ? Jusques dans ces derniers temps, j'avais pensé le contraire; mais quelques Mts observés cette année même (1 864) me font craindre que , dans certains cas, exceptionnels sans doute, l'érysipèle ne soit une maladie ^ransmissible. »

MM. FoU'm, Trousseau, Gosselin, défendent la contagion.

XL — Graves de Dublin cite le fait d'un fils qui prit un érysipèle en soignant sa mère atteinte de cette maladie , et il est lout-à-fait partisan de la contagion-

M. Velpeau déclare qu'il a des doutes, et que la contagion n'est pas inipossible.

Ces dernières assertions se trouvent consignées dans le compte-rendu de la séance de l'Acad^ie de Médecine dn ^0 juin 4865.

D'où peut venir un tel changement? et pourquoi les msutrea de la science , si obstinés jadis à répudier tous ces faits, cherchent-ils à les étudier, aies prendre en considération, à les peser et à les interpréter? Disons-le à leur éloge : ils recoïhnaissent qu'il y a plus de mérite à confesser une erreur qu'à la maintenir systématiquement, la franchise, la loyauté août des qualités que nous aimons à constater chez ceux qui ont charge de former la jeunesse médicsJe.

Mais si quelque chose nous surprend dans ce coneart d'hommes éminents, c'est d'entendre encore la voix de M. Desprès qui , basé sur une statistique qui lui est particulière, cherchant à écourter et à défigurer les observations de praticiens con-

sidencieux , déclarant , par exemple , que Wells ïi'a d<Hiné aucune observation, et que, par suite, il ne vaut pas la peine de s'arrêtw aux faits qu'il signale, et ne s'appuyaut que sur sa propre expérience , vient contester les faits des autres et se croit autorisé, parce qu'il s'est occupé personnellement de l'érysipèle , à nous apprendre dans la Gazette de$ Eôpvtaux (1) les vérités suivantes :

Après avoir admis que les traumatisrues , les irritations et les inflammations de la peau sont exclusivement la cause des érysipèles , il s'exprime ainsi : « Cela posé , il faut en tirer cette conclusion que , si l'érysipèle est contagieux , toutes les inflammations peuvent être contagieuses , ou bien , et ce serait au moins extraordinaire , que les petits vaisseaux lymphatiques ne sont pas susceptibles de s'enflammer, ou que, dans le système lymphatique , contrairement à l'adénite et à l'augeioleucite, l'inflammation des réseaux lymphatiques n'a aucun des caractères de l'inflammation. »

Et pour prouver qu'il n'y a pas contagion , il donne comme causes à la série des érysipèles réputés contagieux par les observateurs, les diagrins, les fatigues, les mauvaises odeur» respirées, un embarras gastrique, de la constipation, ufto mauvaise disposition , une plaie mal pangée ou n^al faîte, etc,

Mais , pourrions-nous lui demander d'hors et dqjà , pourquoi se manifeste-t4l dans ces conditions un érysipèle plutôt que toute autre maladie ? Le moment n*est pas veiiu de discuter. Passons.

Nous venions de dire que l'idée de la cûjitagion prenait crédit en France. Nous devons ce retour surtout à des thèses d'âèves distingués , qui ont voulu rappeler cette question , U'op ouMiée, à des confrères surpris des faits qu'ilsobservaient, à des auteurs qui n'ont pas craint de se rallier à cette doctrine.

M8Ï. Labbé , Rogez , Fenestre , avaient déjà soutenu la contagion lorsque l'Académie fut saisie d'un mémoire du D' Blin de Saint-Quentin ayant trait à une série d'érysipèles gagnés par contagion.

M. Martin a rapporté les divers faits consignés dans les ouvrages de ses devanciers ; il y a ajouté ses propres observations. De sorte que ce travail contient ce qu'il y a de plus complet et de plus récent dans la science à ce sujet. Nous y avons déjà largement puisé, nous devons encore y prendre les nouveaux faits qui , à son avis , militent en faveur de la contagion. Nous y ajouterons ce que nous avous vu , et , après avoir apprécié ces faits , nous mettrons en regard les raisons alléguées par les non contagionistes. Nous pourrons peut-être ainsi arriver à la solution de ce problème difficile et délicat , qui demande tant de prudence , tant de circonspection , surtout quand on touche à la question si scabreuse de la contagion.

Voici l'analyse des faits réduits à leur plus simple expression.

XII. — Au mois d'octobre 1846, le 26, une jeune dame de vingt-quatre ans, à peine remise d'une fausse couche, est prise d'un érysipèle facial adynamique et meurt le 8 novembre. Son mari, qui avait couché auprès d'elle jusqu'au 1 *' novembre, est pris, le jour même de la mort, d'un érysipèle facial débutant par l'oreille gauche qui était précisément le côté qui se trouvait en contact avec la face de la malade. Une dame, qui soignait. la malade et qui Tavait souvent embrassée, fut prise aussi de la maladie (i). ,

Xin. — M. Labbé P) raconte qu'au mois de décembre 1857, pendant une épidémie d'érysipèles chirurgicaux, une

(1) Revue méd, chirurg. de Pmris de M. Malgaigne, 1847. t. I.. p. 243. — - OUivier d'Angers.

(2) Thèse de Paris , 1858 , p. 44-47.

femme atteinte d'un panaris fut prise , après onze jours de séjour dans une des salles infectées , d'un érysipèle de la face. Transportée dans la salle de médecine de ce même hôpital (La Charité) , où il n'y avait pas un seul cas, elle meurt, et, quelques jours après, sa plus proche voisine, enceinte et afîectée de rhumatisme aigu, est elle-même saisie d'érysipèle. Pois une épidémie régna pendant plusieurs mois dans cette salle.

XIV. — On. trouve dans la thèse de M. Rogez (1860) qu'au mois de mars 1860, un interne de M. Jobert, après avoir fait l'autopsie d'un malade mort d'érysipèle,, fut. pris ^ quelques jours après, des symptômes de cette même affection»

XV. — Depuis le mois de février jusqu'au milieu du^ mois de mai, deux externes de l'hôpital Lariboisière (1861) furent pris par des érysipèles adynamiques et ataxiques qui les emportèrent.. L'interne 'fut affecté aussi d'érysipèle. Or^, une épidémie d'érysi pèles régnait, cette année, dans cet étar Wissemenl, surtout dans les salles de chirurgie.

XVI. — La thèse de M. Fenestre (1861 ) contient les faits suivants : Le 22 mars 1860 , après la ponction d'un bubon , le malade est pris d'érysipèle. Quinze jours après, son voisin est pris d'érysipèle de la face et meurt. Le surlendemain de la mort, un jeune homme vient se faire opérer et est atteint, d'érysipèle.

XVIL — Dans une autre salle , le 22 avril , après une am-putation du doigt, un érysipèle se déclare, le soir même, chez : un homme; le 26 du même mois , deux autres blessés , placés dans la même salle , sont pris d'ufi érysipèle , l'un à la face , l'autre à la main. Le 4 mai , un malade , porteur d'une fistule à l'anus qu'on explora, fut pris d'érysipèle. Il en fut de même

pour un malade qui , le 1 3 mai , fut affecté d'un érysîpMe facial mortel spth l'application de la pâte de Canquoin faite pont la seconde fois sur un cancrolde du nez. Ces dnq malades habitaient la même salle. Trois étaient couchés àaM des lits Toîsins , et deux dans des lits en face.

XVin. — Le 23 atril > l'âumônier avait assisté Tim de ces malades. Le lendemain , il est pris d'un érysipèle facial qui l'enlève.

XIX. — Le pèi^ de l'aumônier le visite ^ reste deux jours auprès de lui. H portait un furoncle au dos. Celui-ci fut le point de départ d'un érysipèle mortel.

XX. ^ — Le 4 2 avril , un enfant est pansé à Asnières par un interne du service de M. Gosselin , oîi avait existé la série préiîédente. Trois jours après , survient un érysipèle autour des points de suture. La grand'mère de cet enfant , âgée de soixaftte-seiKe ans , fut prise d'un érysipèle mortel.

XXI. — M. Gosselin voit , le 4®' juin , un érysipèle rapidement mortel chez un nouveau-né. La mère , qui avait une égratïgnure à la jambe , fut affectée d'un érysipèle grave deux jours après la mort de l'enfant.

XXII. — Une femme , guérie d'un érysipèle des parois abdominales depuis le 1 2 avril, vient voir, le 20 mai, une de ses amies malades d'un érysipèle très-grave. Le lendemain de sa visite , elle éprouva les symptômes avant-coureurs d'un érysipèle qui ne tarda pas à paraître.

XXIÏI. — M. Fenestre raconte ^încore qu'une femme, portant un sèton à la nuque , est placée , le Ô juin , près d'une malade atteinte d'un érysipèle qui l'emporta. Soixante-douze

heures après , elle est prise de symptômes prodromiques à'xin^ èrj'sipèle du cou , qui amena la mort dans moins de sept jours. Voici ce que nous trouvons encore dans la thèse de M, Martin (i) :

XXIV. — Une boulangère a un érysipèlè de la face , à forme adynamique. La mère, qui vient pour la soigner , est prise de la même maladie et meurt. Sa fille , âgée de six ou sept ans , est affectée en même temps d^un érysipèle des^ fesses qui se termine par la mort; son garçon, âgé de cinq ans , est pris d'érysipèle de la face et guérit. Le mari subit aussi le mêmesort.

XXV. — M. le D''Cornil raconte que, vers le milieu de* janvier 1 868 , entra à Thôpital Beaujon un malade atteint d'ér;^ipèle. Quelques, jours après son arrivée , un individu , convalescent de fièvre typhoïde, étsit pris d'érysipèle à la face ; im autre, affilé de péricardite , puis un convalescent de varioloïde hémorrhagique , furent successivement attaqués de la même maladie. Il n*y avait pas d'érysipèles dads la salle avant e^teépoqitô.

XXVI. — M. Obé signale aussi le fait de deux jeunes filles entrées à THôtel-Dieu (service de M. Piorry) , Tune avec odontalgie, l'autre avec une angine simple avec épistaxis, qui furent placées à côté d*une aulre jeune fille atteinte d*érysipèle delà face traumatique; deux jours après, elles avaient chacune un érysipèle facial.

XXVn. — Un interne de M. Huguier , après six semaines de vacances, rentre à Thôpital Beaujon , le 1*' janvier , pour reprendre son service. Il y avait alors dans la maison cinq k six cas d*érysipèles. Le 6 janvier , il avaif un érysipèle.

XXVin. — M. le D' M., donnant des soins à une dame atteinte d'un érysipèle gangreneux de la région inguinale droite, fut pris, après neuf jours de pansements, d'un érysipèle faciaL

XXIX. — De la note envoyée par M. le D' Blin à l'Académie de médecine en avril 1864, il résulte que M. Painetvin , interne de M. Voillemier, àLariboisière, eut un érysipèle tandis qu*il avait deux cas de la maladie dans la salle dont il était chargé. M. Testart , de Guise , vint le visiter au moment de la plus grande acuité du mal. Il n'y avait pas un seul cas d'érysipèle dans cette localité. Trois jours après son retour de Paris , M. Testart est pris d'un érysipèle qui Tenlève en treize jours, (novembre 1863). Le domestique, âgé de trente-un ans, qui Tavait soigné , éprouve du malaise deux ou trois jours après , et est atteint d'un érysipèle facial , le 28 décembre. Un parent de M. Testart , qui était venu le voir de douze kilomètres , est pris d'érysipèle deux jours après sa visite. Sa femme contracta également l'érysipèle. La maladie se props^ea dans la famille Lefranc dont les membres avaient visité ces deux derniers malades. Trois personnes de la famille furent prises successivement. Un parent de la famille Lefranc , habitant un hameau voisin, fut atteint, à soixante-seize ans, de l'érysipèle, après avoir visité la famille. Deux religieuses, qui avaient soigné cette famille, furent affectées d'érysipèles. Rentrées dans leur communauté, elles ont propagé la maladie à plusieurs de leurs compagnes. Le médecin qui avait soigné ces malades, âgé de soixante-douze ans, fut pris et mourut. Sa fille eût un érysipèle de la face huit jours après son retour dans sa maison. Il se manifesta autour des piqûres de sangsues qu'on avait appliquées sur les ganglions sous-maxillaires engorgés»

XXX. — M. Larcher rapporte que, le 20 avril 1864, un homme de cinq{;ante deux ans , entra à l'hôpital Cochin pour

tifi érysipèle de la face typhoïde, qui emporta le malade. Quelques jours plus lard , un homme de soixante-deux ans , admis pour une rétention d'urine, vint occuper le même lit. Il meurt, après dix jours, d'un érysipèle.

XXXI. — A la fin de février ou aux premiers jours de mars, pendant que, dans le service de M. Gosselin, à la Pitié (1864) , un vieillard était seul atteint d*un érysipèle porté du dehors , M. N . , qui soignait les lits en face, fut pris d*un érysipèle facial. Il y eut quelques autres cas dans la salle.

XXXII. — Au mois de novembre 1 864 , à la Pitié (service de M. Bernutz) , une jeune fille , qui avait été à Thôpital Saint- Louis pour un eczéma des lèvres, et qui avait quitté cet établissement en présence d'une séj-ie d'érysipèles qui se développaient auprès d'elle dans la salle où elle était couchée , entra, quatre jours après, à la Pitié, où il n'y avait aucun érysipèle , avec tous les symptômes d'un érysipèle facial intense qui céda et reparut le 1 ^lécembre. Une voisine fut prise, le lendemain de l'entrée de la malade , d'un érysipèle facial. La voisine d'en face est prise d'érysipèle de la face , le 1 1 décembre , le lendemain de la récidive. Quelques jours après , une autre femme fut prise de la même maladie.

XXXIII. — M. Martin donne ensuite dans sa thèse trois séries d'érysipèles observées par lui dans les conditions suivantes :

Salle des hommes (du 9 au 20 février é86S.) — M. Gosselin avait enlevé, le 7 février, à un homme, un séquestre de la cuisse (Hôpital de la Pitié). Le surlendemain , il avait nn érysipèle traumalique; on enlève le malade de cette salle, et néanmoins, le 12, un des voisins de ce lit, atteint d'une gangrène du périnée, est pris d'érysipèle. Un petit garron, occupant

le lit de ce dernier pour une plaie par écrasement du doigt , offre une lymphangite ; celui qui lui succède, au commencement de mars, pour une plaie de tête, est atteint d*un érysipèle de la face. Dans le même temps, un vieillard , soigné pour une ancienne nécrose du pouce , est affecté d'érysipèle.

XXXIV. — Le malade soupçonné d'infection avait été transrporté, le 9 février , dans une salle où il n'y avait que fort peu de plaies , et où n'existaient pas des érysipèles. Trois jours après , un voisin , pansé pour une fracture de jambe non consolidée et ayant une écorchure au talon, est saisi d'un érysipèle de la jambe à forme adynamique , rapidement mortel. Le 1 1 , un opéré de varicocèle présenta aussi un érysipèle léger ; le 23 du même mois , un autre malade est pris d'érysipèle de la jambe.

XXXV. — Voici une seconde série observée du < 5 mars au ^ 5 avril :

Salle des hommes. — Un garçon de Sainte-Barbe entre, le < 5 mars, avec un phlegmon érysipélateux; un autre garçon, qui est venu le voir, est pris, trois jours après , d'érysipèle. Le 18 mars , une rougeur érysipélateuse se montre autour d'une brûlure du bras ; le 21 , un érysipèle de la face se montre sur un Allemand atteint d'une plaie de tête , avec décollement ; le même jour , un malade, affecté de plaie de la face, contracte un érysipèle ; il en fut de même sur un jeune homme drainé pour un abcès froid de la jambe, ainsi qu'autour d'un vésicatoire appliqué sur une arthrite.

XXXVL — Le 29 mars, un érysipèle phlegmoneux se montre sur la jambe droite d'un individu atteint d'un écrasétnaitdu gros orteil, avec plaie. Le 4 avril, un érysipëe se développe autour d'une plaie contuse à la jambe gauche, et sur un indi-

vidu p(Hrteu)r d'une plaie considérable de la jambe droite causée par le passage d'une roue de voiture. Le 1 2 avril , il entra un cas d'érysipèle spontané, et M. Martin lui-même, qui avait visité un ami atteint d'érysipèle , fut attaqué d'une angine qu'il a crue érysipélateuse.

XIXVIL — La troisième série de M. Martin n'ofire rien d'intéressant, si ce n'est le cas de M. Ragot, externe, qui, chargé de soigner deux femmes atteintes d'érysipMe , en est lui-même pris au bout de quelques jours.

Voici un fait que nous avons observé nous-même :

XXXVIII. — En 1858, un de mes confrères, âgé de cinquante-'Sixans, non sujet aux érysipèles , soignait, à quatre kilomètres de la ville, une épidémie d'érysipèles typhoïdes développés dans une communauté religieuse de femmes. Il s'y rendait matin et soir, et restait plus d'une heure, chaque fois, auprès des malades affectées. L'une d'entre elles avait une parotidite grave qu'il fallut inciser. L'épidémie touchait à son terme, lorsque mon excellent confrère fut pris de frisson , de délire , fièvre intense , angine , gonflement des ganglions sousmaxillaires , et , au bout de trois jours , d'un érysipèle énorme de la face et du cuir chevelu. Ni moi, ni les personnes qui lui donnèrent des soins , ne furent atteints de la maladie. Il ne s'en développa même pas un seul autre cas en ville à cette époque (mars 1858).

XXXIX. — Deux ans plus tard , ce même confrère avait, dans un village voisin, trois ou quatre malades atteints d'érysipèle. Pendant qu'il les visitait, il fut saisi , à cheval , d'horripilations , de nausées. Il rentre et me fait appeler. Je constate une fièvre intense, de la céphalalgie, du subdélirium, de l'assoupissement. Le surlendemain, un éryâpèle se manifestait sur le côté droit de la poitrine. Les ganglions sous-axillaires

étaient douloureux, peu tuméfiés. Le malade avait un petif bouton près du mamelou ; aucun autre érysipèle ne se montra ni chez les siens , ni dans la ville (novembre 1860).

XL. — Le D' Deroy a communiqué à la Gazette des Hôpitaux i}) un fait de contagion que je dois aussi signaler.

Il s'agit d'une femme de soixante ans bien portante qui se rend, le 22 avril 1864, auprès de son fils, éloigné d'elle de 1 6 kilomètres. Celui-ci avait un érysipèle à la tête. La mère lui donne des soins , ainsi qu'à sa belle-fille malade de suite» de couches et habitant la même chambre. Après trois jours et trois nuits de fatigues , la mère est prise de frissons , se fait transporter chez elle, et, dès le lendemain , apparaît sur la face un érysipèle serpigineux, qui marcha lentement, mais n'offrit pas de gravité.

L'auteur ajoute que, sur la face de sa cliente, il n'avait remarqué aucune trace d'écorchure , de bouton , rien , en un mot, qui ait pu contribuer à favoriser le développement de l'érysipèle.

XLL — Le Montpellier médical (^) relate aussi le fait d'une jeune fille de douze ans, couchant dans la même chambre que sa sœur atteinte d'érysipèle le 20 février, qui en fut prise le 24 du même mois.

M. Trousseau vient enfin nous donner l'appui de son autorité. Voici ce que nous lisons dans sa Clinique méd. (3) :

XLIL — Plusieurs personnes d'une même maison avaient été affectées, en 1 861 , d'érysipèle qui avait débuté, chez les unes, par le pharynx; chez les autres, par l'angle interne de l'œil ou par l'ouverture extérieure des narines. Un premier individu

était mort; la garde-malade succombait bientôt après à la même affection, dont furent sérieusement pris à leur tour plusieurs membres de la famille , et le concierge de la maison, qui avaient occasion de se trouver en contact avec le malade.

XLIII. — Au mois de juillet de la même année, deux jeunes élèves des hôpitaux moururent d'un érysipèle contracté dans les services de M. Nélaton et de M. Voillemier. La mère de Tun d'eux succombait, quelques jours après, à un érysipèle qu'elle avait pris au lit de son fils.

XLIV. — Quelques mois plus tard, M. Trousseau voyait, avec M. Paris, un malade qui mourut d'un érysipèle gangreneux du prépuce, conséquence d'un débridement du méat urinaire. La veille de sa mort , sa femme , qui l'avait soigné avec grande sollicitude, est prise de frissons; le lendemain, elle avait une angine violente , suivie, vingt-quatre heures après, d'un érysipèle delà face très-grave qui l'emporta. La femmede-chambre , qui avait soigné le malade, eut aussi , le même jour que sa maîtresse , une forte angine avec un érysipèle limité des paupières.

XLV. — Une fille de vingt-trois ans, qui soignait son maître, atteint d'érysipèle phlegmoneux de la jambe, fut prise, pendant ce temps , d'un érysipèle de la face assez grave.

XLVI. — Enfin, appelé auprès d'une dame américaine qui offrait un phlegmon delà mamelle , qu'on ouvrit, M. trousseau vit se développer un érysipèle qui, du sein, s'étendait au reste de la poitrine. Le mari de cette femme, éloigné depuis quelque temps , vient passer quelques jours auprès d'elle. Il s'était fait, en chemin de fer, une égratignure insignifiante à la jambe. Deux jours après son arrivée à Paris , il se manifestait autour de cette petite plaie un érysipèle bientôt suivi d'un phlegmon

diffus qui mit ses jours en danger pendant près de trds mmaines.

Ce dernier fait paraît, il me semble , se rapporter plus spécialement à la fatigue et à Tirritation produite par le frottement des pantalons qu'à un érysipèle.

XLVII. — M. Gibert raconte à TAcadémie (i) qu'il a eu une angine, puis un érysipèle. Sa femme, qui Tavait veillé, a eu un érysipèle , et son fils , une angine avec un érysipèle léger.

XL Vin. — M. Martin (2) dit qu'une personne très-distinguée mourut d'un érysipèle typhoïde. Sa fille , qui n'avait pas quitté le chevet de son lit, mourut, en deux ou trois jours, de la même maladie.

M. le D^ A. Pujos de Bordeaux cite dans sa thèse quelques autres observations dignes d'intérêt , dont nous donnerons ici l'analyse d'après le rapport fait par M. Larrey à l'Académie impériale de médecine (^).

XLIX. — Un chasseur se blesse le pied droit avec son fusil; la plaie, déjà grave par elle-même et par une hémorrhagie consécutive, se complique, au quinzième jour, d'un érysipèle. Le membre tout entier est envahi, des plaques gangreneuses^ apparaissent , l'adynamie survient et entraîne , le Vingtième jour de l'accident, la mort du blessé. Son frère, jeune homme bien portant, lui ayant donné des soins, est atteint, sans aucune cause locale, d'un érysipete spontané de la face, qui s'étend au cuir chevelu, se eomjdique de symptômes adynamiques et le fait succomber an huitième jour. Sa petite fille, enfant de trois ans, a unetrès-

(1) Séance du 20 juin 1865.

il) ThèiBy p. 51.

(3) Sé^ce du 20 novembre 1866.

légère brûlure à la main , qui deyint le siège d'un érysipèle propagé au bras et à la poitrine, avec imminence de symptômes inquiétants, mais se limite enfin et permet à cette enfant de survivre. La savonneuse de la famille, après avoir lavé le linge de la maison , est prise d'un érysipèle phlegmoneux de la main dont elle guérit, et, enfin, la garde-malade, atteinte d'un érysipèle de la face et de la tête , échappe aussi aux accidents ataxiques.

L. — Le docteur M... a fourni à l'auteur un curieux renseignement complémentaire de cette observation. Une sœur de charité , qui avait été chargée de faire des irrigations sur le pied du blessé , est forcée , par la fatigue , de les interrompre , et ressent d'abord dans le bras droit des douleurs qui deviennent excessives , avec fièvre , nausées , vomissements et symp* tomes adynamiques. Un vaste abcès phlegmoneux, ouvert au bras , est suivi de plusieurs autres , dans diverses parties du corps; une suppuration abondante s'établit, m^ais die est de mauvaise nature ; des décollements des escarres se forment ; les accidents généraux se compliquent, et la malade succombe dans d'atroces douleurs. La communauté religieuse, à laquelle appartenait cette sœur, se trouvait , au moment de son retour dans la maison , en d'excellentes conditions de salubrité. Mais dès-lors se déclarent diverses affections plus ou moins graves , offrant le caractère adynamique et une forme infectieuse , sinon contagieuse. Les accidents cessent par l'évacuation du couvent çt l'envoi des religieuses à la campagne.

Suivent les observations de neuf autres sœurs qui , ayant aussi veillé ou pansé le même blessé, ou bien soigné leurs cûmpagnes, furent atteintes de sérieux accidents, auxquels deux d'entre elles suecombèi:ent.

U. — Une sixiwe obsonration est relative h un éry$ipèle

GooqIc

spontané de forme typhoïde , chez une femme qui mourut dans l*ctat adynamique. Le médecin qui la soignait fut victime de l'érysipèle , ainsi que les deux gardes-malades , et tous trois périrent, tandis qu'une domestique, menacée du même sort, parvint à la guérison.

LII. — Le docteur S. . . , ayant succédé à M. G. . . , devint malade lui-même, mais non d'un érysipèle, et se rétablit par quelques soins hygiéniques.

LIIL — Une septième observation touche le docteur G. . . , fils d'un honorable médecin de Nantes, qui, ayant observé à rhôpiial de Bordeaux un malade entré pour une affection oculaire , près d'un autre affecté d'un érysipèle phlycténoïde , est atteint lui-même assez gravement. Une excoriation i^ère qu'il avait à la lèvre devient le point de départ d'un érysipèle aussi phlycténoïde , qui envahit la face et le cuir chevelu , avec fièvre intense; mais s'arrête, se limite enfin et ne compromet pas la vie.

LIV. — Le père de M. G. . . , qui était accouru auprès de son fils, est pris, au troisième jour , d'une angine, suivie d'un érysipèle phlycténoïde de la face et du cuir chevelu , avec quelques symptômes généraux qui disparaissent > en assurant ainsi la guérison.

LV. — La belle-sœur de M. G. . . père, venue à Nantes pour le voir , y tombe malade de semblables accidents , et guérit de même, mais en perdant ses cheveux.

LVI. — Une huitième observation se rapporte à un marin qui présente un érysipèle à la face, autour d'un simple bouton, attribué à une piqûre. Un éry thème, puis un érysipèle se déclare, envahit la tête, se complique d'adynamie et entraîne

rapidement la mort Uneiemme ayant donné des soins au malade, puisie mari de cette femme, sont frappés de la même maaière et succombent tous les deux. Le capitaine du narire où s'était trouvé le marin est atteint, à son tour, d'un érysi*pèle de la face , mais guérit bientôt en reprenant la mer.

LVn, — La neuvième observation a trait seulement à un érysipèlebénindelaiace, dont la transmission, d'une jeune fille à une servante , fut également bàii^e.

LYni. — La dixième observation est celle d'un élève de l'hôpital, saisi d'un érysipèle, au milieu de l'épidémie, et qui meurt en quelques jours.

LIX. — La onzième observation appartient au docteur T. . . qui a été lui-même en danger, par un érysipèle adyuamique , en prodiguant ses soins aux malades de l'hôpital Saint-André , et qui, après être parvenu à la guérison , a fourni sa propre observation à l'auteur du mémoire, en y joignant ses croyances personnelles à la contagion.

LX. — M. FoUin raconte (i) qu'il a vu l'érysipèle s'étendre successivement à trois malades placées les unes à côté des autreS) dans l'hôpital de la Salpétrière , pendant l'épidémie de 1 861 , et qu'il a observé la même affection se développant chez une femme qui était venue du dehors rendre visite à une de ses camarades atteinte de la même maladie. Il s'agit ici , ajoutet-il , d'une contagion miasmatique ; cependant nous ne mettrions pas sans crainte au contact d'une plaie saine la sérosité qui sort des phlyctènes d'un érysipèle.

M. Pujos, auquel nous avons emprunté quelques faits remarquables, les explique en suivant la théorie de M. Robin.

(1) Pathologie externe , t. II , p. 17.

Tour lui, Térysipèle, tenant d'abord à un véritable empoison^ nement, peut se transmettre par contagion. Uérysipèle, né par infection, dit-il, pourra se propager par contagion, c'est-àdire en reproduisant un miasme qui deviendra par lui-même le germe d'autres érysipèles.

LXI. — M. le D' Desprès (^), qui nie la contagion, cite pourtant dans son traité les faits suivants :

Un homme de quarante-cinq ans est opéré, le 15 octobre, d'une tumeur adénoïde parotidienne (salle Sainte- Yierge), Deux jours après, érysipèle facial ataxo-adynamique; mort le 23. Quelques jours après, dans le même même mois, un jeune homme, atteint d'un panaris, est pris d'un érysipèle de la face , qui guérit le 4 ou le 5 novembre. Le 6 novembre, après une ponction d'un hydrocèle, un malade offre un érysipèle; le même jour, un autre malade , entré pour un phlegmon, présente un érysipèle de la cuisse. Le 27 octobre, un érysipèle se montre sur la jambe d'un jeune homme à qui l'on avait extrait un séquestre du tibia. Ces malades étaient entrés avant le premier atteint , ou avaient séjourné dans la salle pendant sa maladie.

LXIL — Le même auteur relate dans la Gazette des Hôpitaux p) l'histoire d'une infirmière d'une salle voisine de la salle de chirurgie Sainte-Catherine (Charité) qui fut atteinte d'érysipèle au mois de mars , alors qu'il n'existait aucun cas de ce genre dans la salle à laquelle elle était attachée , tandis qu'il y en avait un ou deux dans le service de M. Velpeau.

M. Marchai de Calvi (3) s'exprime de la manière suivante : « Il n'est pas nécessaire que l'érysipèle soit épidémique pour

(1) Observation VK

(3) Réforme méd,, 1867, W 4, p. 29.

être transmissible, c'est-à-dire contagieux. Foucart est mort d'un érysipële dont il fat atteint en donnant des soins à un homme affecté d'érysipèle sporadique suivi d'abcès. Il conclut que, puisqu'un varioleux a pu prendre un érysipèleau voisinage d'un érysipélateux dans le service de M. Feréol , l'érysipèle doit être rangé au nombre des fièvres éruptives, transmissible, comme elles , par voie d'infection. »

Tels sont les faits nombreux qu'on peut alléguer pour la transmissibilité de l'érysipèle. Beaucoup d'autres cas ont été observés sans être signalés.

Mais ici commencent les divergences d'opinions. Nous ne citerons que les avis des hommes les plus autorisés.

Les uns hésitent et restent en suspens. Témoin M. Anglada qui, dans son Traité De la Contagion, se contente de citer Weatheread , qui raconte , en s'appuyant sur les observations antérieures de Wells, qu'à bord du vaisseau Le Jaloux, vingttrois hommes furent atteints d'un érysipèle épidémique, et que la maladie semblait passer d'un malade à son camarade de hamac ou de gamelle.

n est au moins permis de conjecturer, dit à ce sujet M. le professeur de Montpellier, quelle que fût l'origine de la maladie, que la contagion trouvait dans les conditions hygiéniques du vaisseau les conditions les plus favorables à sa manifestation (1).

Les autres aflSrment. Je n'en veux pour preuve que H. Trousseau : « H est, dit-il, des circonstances où la gravité de l'érysipèle est dans la nature même de l'ïdîection; il en est ainsi des érysipèles contagieux, qui ont souvent une marche fatale , et sont accompagnés, dès leur début, de symptômes généraux qui éveillent les craintes des médecins

Si l'érysipèle est ordinairement une maladie bénigne, il peut

il) De la Contagion, t. I, p. 151.

être aussi une affection maligne et fatale , transmissible par contagion. Cette malignité a sa cause , soit dans le germe qui est infectieux à un moment donné , soit ims des conditions spéciales de réceptivité morbide (i). »

Enfin, d'autres nient absolument la contagion ; exemple : M. Desprès, qui, craignant toujours de tomber dans Fastrologie <le la médecine, s'écrie : « Ne pas avoir vu de ces faits de contagion n'est pas une raison pour les nier, il est vrai ; mais on peut , en présence des faits publiés, conclure qu'il n'en est pas un qui ne soit discutable. Cette théorie est problématique,. . ; die est Inutile, et on cherche dans une voie sans issue. )» Or, voici les raisons qu'il donne à sa dénégation absolue : « Il y a des observations, c'est vrai; mais elles ne prouvent rien. Quant aux raisonnements, il est facile de voir quel argument les renverse. Les circonstances spéciales auxquelles l'érysipèle doit d'être contagieux sont des exceptions. Or , de quoi dépendentelles? De l'érysipèle, du malade, ou des conditions individuelles de celui qui est en rapport avec le malade. Les observations invoquées prouvent , d'ailleurs , qu'elles ne tiennent pas à la nature de l'érysipèle et surtout à sa gravité. Il faut donc qu'elles soient le résultat des conditions individuelles de celui qu'on suppose exposé à la contagion, ce qui est tout-à-fait en rapport avec nos condusions. » Voilà la démonstration de H. Desprès. Si l'on y ajoute que, pour lui, la nature inflammatoire de l'érysipèle est un fait démontré, que cette maladie suit la loi des inflammations , on ne sera pas plus étonné de voir ce confrère nier non-seulement la contagion , mais encore l'qpidémicité.

Comme Lassis (^) , M. Desprès est tellement antipathique à la contagion , que , pour faire oublier cette cause , il étale

(1) Cliniq,méd.,tl,p.m.

(3) Reeh. sur Us vériL causes des Mal, épid. , p. 309.

un luxe étiologique qui le satisfait pleinement. Si on lui parié de ces coïncidences sérieuses , comme nous en avons rencontrées , il ne manque pas de découvrir chez les malades qu*on suppose avoir été contagionnés les conditions préparatoires- «livantes : « L'érysipèleestla conséquence habituelle du défaut de soin des plaies et dés contusions , des écarts de régime pendant le traitement des lésions traumatiques ; il peut se développer chez des individus affaiblis par des maladies antérieures ou troubles fonctionnels , sous la dépendance du changement d'hygiène, d'affections morales ,, grâce à de légers traumatismes , on à l'exposition, à de brusques variations de ^ température; il est parfois la suite de procédés -opératoires, tels que la réunion par première intention faite dans des conditions défavorables ; il trouve enfin sa principale origine dans . des conditions individuelles (i). »

Pour lui donc, les cas d'érysipèles contagieux seraient analogues à ces cas cités par M. Velpeau , à la tribune académique, . à propos de la fièvre puerpérale, lorsqu'il disait qu'il y avait souvent des coïncidences étonnantes, et que , pour son compte, . il avait eu à soigner consécutivement trois cas d'étranglement interne. ïl n'y aurait aucune filiation dans les faits cités, et tous les auteurs qui ont vu les malades que nous avons groupés, et qui ont cru trouver des signes de contagion, n'auraient suivi qu'un entraînement irréfléchi de leur esprit trop superficiel et trop léger , et se seraient laissé aller à cette tendance si naturelle à l'homme , être imparfait , de voir des causes là où il n'y a réellement que des successions , raisonnement trop souvent employé et cité tous les jours dans l'Ecole : Post hoc, , ergà propter hoc.

Si M. Desprès est l'âdversairele plus acharné de la contagion, , il en. est d'autres qui accusent l'épidémicité et laissent en.

il) Gazette des Hôpit., 1863, N» 11, et Traité de VErysipèle, p. 193 à SWl.

G oogle

dehors le mode contagieux. L'inoculation de Térysipele n'étant pas démontrée , on refuse d'admettre la contagion. Ceux-ci semblent se trouver plus près de la vérité. Comme nous l'avons dit, en effet, l'érysipèle est souvent épidémique. Or, l'épidémicité contribue toujours à rendre plus difficile l'appréciation de la part d'influence qui revient à la contagion dans la propa* gation du mal ; car ici l'impulsion épidémique est le fait domiminant auquel viennent se joindre , comme moyens auxiliaires de propagation, la contagion et l'infection. Aussi est-il souvent presque impossible, en temps d'épidémie, de déterminer, dans un cas particulier , si le développement de la maladie est dû à l'influence épidémique , à la contagion ou à l'infection , d'autant plus que la transmissibilité par voie de contagion et la spontanéité sont loin de s'exclure (^).

Je n'ignore pas que les difficultés contre lesquelles on se heurte quand il s'agit de la contagion en général , se dressent ici les mêmes au sujet de l'érysipèle. Nous devons cependant aborder ce sujet, en nous souvenant qu'il n'est pas bon de raisonner sur les contagions avec des idées aussi absolues , aussi positives , que s'il était question des effets de la poudre à canon ou de tout autre effet mécanique. En raisonnant ainsi, ajoute F. Bérard , il n'est pas étonnant qu'on soit porté à nier toute contagion p).

Pour arriver , autant que possible , à une solution satisfaisante , nous devons juger les faits , suivant les séries que nous avons établies. Tous ceux que nous avons signalés peuvent se diviser en trois groupes principaux.

Dans le premier groupe , nous placerons les faits qui se montrent plus ou moins considérables dans le même moment, ou presque au même moment , abstraction faite des places occupées par les malades, qu'ils soient très-voisins de lit ou éloignés

(l) Gaz. méd. de Paris , 1845 , p. 321.

{% Disc, sur le Génie de la Méd., p. 24.

ée quelques mètres, peu importe, s'ils sont dans la même salle, à la même époque ; car Finfluence épidémique n'est plus> contestable, et pour en arriver à conclure à la contagion, ott devrait d'abord prouver que les individus n'étaient pas dans les mêmes conditions hygiéniques ou morbides. C'est ce que n'ont pas fait les auteurs, et je suis assez coulant pour considérer ces observations comme douteuses. Telles sont les observations consignées sous les N*** XTV , XV, XVI, XVIII,

XXIV, xxxu, xxxm, xxxv, xxxvi, xui, XLin,.

XLIV, XLÏX, L, LI, Lin, LVI, LVII, LVDI, LIX, LX, LXI.

Dans le second groupe , nous réunirons les faits qu'on a observés dans une salle d'hôpital, dans une maison, dans une localité, faits remarquables par leur multiplication simultanée,, après des rapports entre les malades atteints d'érysipèles , et les individus sains , mais pour lesquels on n'a pas pris soin, de remarquer si, dans ce même moment, il y avait ou s'il n'y^ avait pas d'épidémie d'érysipèle régnante. Telles sont les observations indiquées sous lesN^ I, II, III, XU, XVII, XXII,. XXIII, XXVI, XXVIII, XXXIV, XLV, XLVI, UI.

Notons en passant que, dans ces deux groupes, on voit souvent apparaître l'érysipèle simultanément sur diverses personnes qui ont eu des rapports avec les malades , ou qui même* n'en ont pas eus. D'où l'impuissance de la science à déterminer exactement les cas qui pourraient appartenir à la contagion, et ceux qui pourraient bien ne se rapporter qu'à l'épidémie.

On serait donc très-près de l'erreur , si l'on affirmait, la^ contagion de ces faits.

Je n'en donnerai pour preuve que la série suivante que j'ai observée moi-même aux mois de novembre et décembre 1864. M. X., riche négociant de notre ville, est pris, vers la fin de novembre, d'un érysipèle de la face. Il est soigné par sa femme et sa femme-de-chambre. La cuisinière n'entre pas dans son appartement qui communique avec une pièce voisine où couchent

se^ enfants. Huit jour» après sa guà*iso&, la cuisinière est prise d'un érjsipèle de la face. Le même jour , deux euvriars de sa fabrique , qui n'avaient pas communiqué avec lui , sont pris d'érysipèles de la face. Yingt et une personnes , dont dix-huit filles ou femmes, sont prises successirem^t ; mais en même temps des cas nombreux se développaient à la ville ^ aox environs. C'était une épidémie bénigne ; mais il est aisé de comprendre que, dans cette série, je ne veux rien mettre sur le compte de la contagion.

Enfin , dans un troisième groupe , je rassemble les cas dans lesquels un érysipèle, isolé, transporté d'un endroit où régnaient des érysipèles , ou survenant à la suite d'un séjour auprès d'un érysipélateux, devient le point de départ d'une série d'érysipèles dans une localité jusques-là indemne, âoignée ; les cas dans lesquels, sans épidémie aucune , un érysipèle existant dans une famille est suivi de plusieurs autres, chez d'autres membres ou chez des personnes qui donnent des secours , alors qu'il n'en paraît que chez des personnes qui ont approché les malades , et qu'il n*én survient point d'autres dans les environs. Je n'admets cependant que les faits qui se déclarent après un temps normal et moral d'incubation. Tels sont les cas réunis sous les N^ IV , V, VI, VH , YIII ,

IX, X, XI, xin, XIX, XX, XXI, xxv, xxvn, xxix,

XXX , XXXI , XXXVU, XXXVUI , XXXIX, XL, XLI, XLVn, XLVni,LIV, LY, LXIL

Comme on le voit , j'élimine tout ce qui pourrait éveiller la susceptibilité des non contagionistes , et quoique conservant quelques doutes sur certains faits des deux premiers groupes, j'en fais l'abandon, pour n'apprécier que le petit nombre de ceux qui nous paraissent le plus probants et le plus démonstratifs.

Or , quelles sont les conditions qui favorisent l'éclosion des maladies aiguës se manifestant en grand nombre sur les populations ? Ce sont d'abord les influences extérieures générales,

les causes banales , qui provoquent l'apparition , à certaines époques de Tannée , de certaines maladies , puis les épidémies qu'on a divisées en grandes et petites épidémies. L'érysipèle esl, avons-iioosdit, ufne maladie qui, sporadique souvent, peut devenir épidémique. Elle ne peut rentrer que dans les petites épidémies. Tout le monde admet aujourd'hui qu'une maladie épidémique peut devenir contagieuse et se propager au loin. Toutefois, il est très-difiScile, de l'aveu de tous les auteurs, de séparer ce qui appartient à l'épidémie de ce qui appartient à la contagion. Cette question de transmissibilité des maladies n'a pu être bien étudiée jusqu'ici, parce qu'elle n'a jamais été bien posée; on la présente toujours sous un point de vue absolu tandis qu'elle ne peut être jugée qu'à un point de vue relatif.

Qu'on nous permette donc une petite digression et quelques considérations générales à ce sujet.

Si l'on entend par maladie transmissible une affection déterminée qui &e transporte d'un individu atteint, avec ses mêmes symptômes, chez un individu sain qui a eu des t apports directs avec le malade, nous n'avons qu'un seul mode de transmissibilité , c'est la contagion.

Si, au contraire, laissant même l'individu primitivement atteint, nous considérons l'air qui nous environne comme altéré, vicié, comme pouvant produire chez plusieurs individus à la fois une maladie commune et la même, nous arrivons à un autre mode de propagation, c'est l'infection.

Dans la contagion vraie, abstraction faite de l'insertion parasitaire des sarcoptes , des insectes , des lichens, etc., il y a nécessairement deux facteurs : un virus excitateur provenant d'un sujet malade , et un sujet sain apte à le recevoir et à le développer. Si le principe virulent émané du mdade trouve chez l'individu qui le reçoit les conditions favorables à l'imprégnation , il y a création d'une maladie semblable à celle d'où

procède le virus. Car H ne faut pas oublier cette grande pensée, toujours vraie, de F. Hoffmann : « Il ne suffit pas qu'il y ait des causes de maladies ; mais il faut surtout que ces causes trouvent dans chaque corps des dispositions qui puissent servir à produire la maladie. Les causes n'agissent pas suivant leur seule activité propre , mais suivant la réceptivité du sujet sur lequel elles sont appliquées. »

M. Anglada a réuni tous les éléments de la contagion dans la définition qu'il en a donnée. Pour lui, « la contagion est la transmission d'un affection morbide de l'individu malade à un ou plusieurs individus par l'intermédiaire d'un principe matériel qui, étant le produit d'une élaboration morbide spécifique, provoque chez ceux qu'il atteint , d'une manière médiate ou immédiate , pourvu qu'ils soient convenablement prédisposés, une maladie semblable à celle dont il provient. )►

Pour pouvoir apprécier sainement les faits que nous attribuons à la contagion dans la question qui nous occupe , nous n'avons qu a voir s'ils remplissent les conditions assignées à la contagion.

Et d'abord les faits nous prouvent que ce sont bien des érysipèles qui ont été engendrés par des érysipèles. Tous ne se sont pas montrés avec la même forme ni aux mêmes sièges; tous n'ont pas eu la même gravité; mais tous les malades contagionnés ont eu des érysipèles et non pas d'autres maladies. Les différences générales tiennent aux conditions des individus au moment oii ils ont été atteints. Ne voit-on pas des varioles discrètes suivre la contagion par des varioles confluentes ?

Mais, dira-t-on, pour que la transmission s'opère, même dans les meilleures conditions, de la part des individus soumis à l'influence de la contagion , il faut un virus. Or , quoique Willan ait pu inoculer le liquide des phlyctènes , Weatheread , qui a fait les mêmes essais, n'a pas réussi.

M. Martin (i) dit bien tenir d'un de ses maîtres qu'il a vtt l'inoculation de i'érysipèle produire une rougeur difîuse étendue et accompagnée d'un gonflement relativement considérable, que M. Chalvey a pu produire un érysipèie à un chien par inoculation ; le même auteur dit bien qu'un érysipèie aurait pris sur le bras d'un vieillard inoculé par mégarde , qu'un ventouseur anglais transporta, avec son appareil, un érysipèie à des individus sains , après avoir appliqué son instrument sur la peau d'un érysipélateux ; mais tout le monde avoue que nous ne savons presque rien sur ce point. Je suis complètement de l'avis de tout le monde.

J'avais cru trouver dans le récent ouvrage de M. Robin (î) l'analyse de la sérosité des phlyctènes de I'érysipèle et sa comparaison avec la sérosité de I'érysipèle épidémique, de la brûlure, du pemphygus, des vésicatoires ; mais l'auteur n'a abordé aucune de ces études. C'est une lacune à combler.

Toutefois, je ne compte guère sur le microscope et sur les réactifs pour nous apprendre si cette sérosité est ou n'est pas contagieuse. Dans un article que nous avons publié en 1 863 sur l'écoulement vaginal leucorrhéique et l'écoulement blennorrhagique au point de vue médico-légal P), nous fîmes voir l'inanité des procédés modernes pour la distinction de la leucorrhée virulente; nous disions qu'il n'y avait pas lieu d'être surpris de ce résultat négatif, en songeant que la chimie n'avait pu encore découvrir aucune différence entre le pus d'un phlegmon et celui d'une pustule vaccinale, entre la bave d'un chien enragé et la salive d'un chien sain. La spécificité seule est le caractère pathognomonique de la virulence. Cette condition mystérieuse, qui a pour signe révélateur la contagion,

(1) Thèse , p. 141.

(2) Leçons sur les Humeurs normales et morbides du Corps de l' Homme ^ m-8% 1867, Paris.

(3^ Union médicale , 30 juillet, N« 91 , p. 196.

échappe aux pfus subtiles analyses , aux réactions les plus^ ingénieuses ; elle ne peut être démontrée réellement que par l'organisme , véritable réactif vivant, et nous concluions que rhomme étante avant tout, un organisme vivant, la physique et la chimie mt peuvent nous rendre compte des opérations mystérieuses qui se passent dans cet obscur laboratoire.

Nous craignons bien que Ton n'arrive jamais à découvrir les caractères physiques et chimiques d^un liquide contagieux. Nous sollicitons les recherches; mais il arrive souvent que la^ pratique remplace plus utilement la chimie dans ses études et dans ses découvertes sur Fhomme. Vb\ desinitchimicus y incipit medicus.

Cette objection paraît un triomphe pour tous ceux qui ne veulent admettre que des germes de transmission visibles et palpables. Elle ne porte pas chez les médecins qui , ne se laissant pas étreindre par la théorie stérile et mesquine du sensualisme , ont encore la bonhomie de croire que les causes spécifiques se jugent et s'apprécient plutôt par leur qualité que par leur matérialité et leur quantité.

Néanmoins, en acceptant leur objection , nous pouvons demander à ces incrédules obstinés si , malgré les essais nombreux de la chimie et de la microscopie moderne , la science n'est pas restée impuissante pour découvrir la différence du pus chancreux, du pus variolique, qui ont cependant des effets si connus. Ils sont obligés d'avouer, avec nous, que l'organisme vivant est le seul réactif capable d'établir cette distinction.

Mais , ajouterai-je , faut-il nier le fait de Willan ? Faut^il accuser cet auteur d'impudence , de mensonge ou d'erreur ? Un seul fait positif serait ici très-éloquent, et, moins intraitable que nos adversaires , j'y crois , parce qu'un auteur digne de foi l'affirme.

Que faire alors des tentatives inutiles de Weatheread ? On me pousse à la dernière limite, et je réponds en rappelant que.

dans la contagion , la conception pathologique manque par la stérilité de Tun des coopérateurs. L'inoculation du chancre ne réussit pas toujours. On a vu , et j'ai observé moi-même des nourrices atteintes de variole allaiter leurs enfants saus leur communiquer la maladie , et pourtant personne ne nie plus aujourd'hui le virus syphilitique, ni variolique, ni la propriété contagieuse de ces maladies.

On est donc en droit de dire que la même maladie est susceptible de se présenter tantôt comme contagieuse et tantôt comme privée de cette fatale qualité. L'altération du virus , la réfractivité de celui qui le reçoit, rendent suffisamment compte de cette double condition.

Telle était l'opinion du professeur Cayzergues de Montpellier (1).

De telle sorte que de ce que l'inoculation ne réussit pas

toujours ; de ce que l'érysipèle n'est pas toujours contagieux ,

on ne peut raisonnablement pas conclure qu'il ne Test jamais.

Mais , de plus , l'inoculation n'a pas été souvent tentée. Les

expériences sont à faire.

Et qui sait même si les expériences faites ont été pratiquées avec chance de succès. L'érysipèle a pour support tout le corps humain, et la peau et les muqueuses pour lieu d'épanoui3sement. Il en est de même pour la rougeole et la scarlatine. Et qu'est-ce qui nous prouve que le virus érysipélateux est dans les phlyctènes î J'aurais une raison de croire qu'il n^ réside pas là; car les phlyctènes ne sont pas un' élément néces^ jsaire de la maladie. Si le virus variolique existe dans les pustules de la variole , . il n'en est pas de même de la rougeole et de la scarlatine. Personne n'ignore qu'on n'a obtenu des ré* ^ultats positifs dans ces deux maladies qu'en inoculaqt le sang. Voit-on même dans ces deux dernières maladies le virus ru-

{1) Mém. sur la Cont. de la Fièv. jaune, p. 9.

béoleux ou scarlatineux ? Et qui oserait déclarer que ces maladies ne sont pas contagieuses?

PourFérysipèle, ne serait-il pas possible d'inoculer avec le sang pris sur une plaque érysipélateuse au moment du summum d'activité, ou peut-être encore avec la lymphe altérée dans cette affection ?

Je livre ce champ de recherches à l'expérimentation sage, prudente, éclairée.

C'est que, comma le dit M. Lorain (i) , sous l'influence morbifique, qu'on pourrait appeler diathèse aiguë, le corps tout entier s'est transformé en un autre corps doué de propriétés et de fonctions différentes; l'érysipélateux est devenu tout entier érysipèle, comme le rubéoleux devient tout entier rougeole. Et alors où chercher le siège du virus? Ce n'est pas dans la phlyctène, car la phlyctène n'est pas le résultat définitif et local de la maladie générale.

Si l'on me demandait quelle est la forme du virus érysipélateux, je ne saurais répondre, puisque nous ne le voyons, ni ne le touchons du doigt. Je conclurai donc qu'il est volatil, comme tous les virus qui peuvent transmettre une maladie à distance, par l'air, les linges, le contact.

N'est-ce pas ainsi que s'établissent les épidémies de variole, de rougeole, de scarlatine , le plus généralement?

Qu'on ne nous répète donc pas que , si l'érysipèle était contagieux , on aurait , plus souvent qu'on ne l'a , l'occasion de constater la contagion dans les hôpitaux ; qu'on ne peut pas comprendre qu'une maladie soit contagieuse à un moment et non pas dans l'autre. Les cas de contagion positifs de l'érysipèle ne sont pas nombreux , il est vrai ; mais leur nombre s'augmentera en proportion des observations qu'on pourra faire dans la suite , car nous savons que, dans notre patrie, cette

(1) Martin. — Thèse, p. 35.

question est encore dans Tenfance , et n'a guère préoccupé les médecins.

Qu'on étudie avec soin toutes les épidémies de variole ; on reconnaîtra que le nombre des individus atteints est toujours inférieur de beaucoup au nombre des individus qui ne sont pas affectés. Or, la variole est la maladie la plus contagieuse. Son virus se présente sous les trois formes solide, liquide et gazeuse, et est, par conséquent, plus susceptible d'être communiqué, par trois procédés différents.

Si Ton songe que le virus érysipélateux n'est pas jusqu'ici appréciable aux sens, qu'il est halitueux, et qu'il doit, par suite, se disséminer dans une grande quantité d'air; que, comme halitueux , il est plus altérable à cause des mélanges et des combinaisons dans lesquels il entre, devra-t-on être si surpris que Férysipèle soit moins fréquemment contagieux?

Je ne sais si ces raisonnements et ces rapprochements seront de nature à convaincre M. le D"^ Desprès ; je serais trop heureux d'obtenir une-rétractation de cet honorable et distingué confrère. J'ai dit tout ce que l'on peut dire au sujet des maladies contagieuses, en rapportant mes preuves à Térysipèle; mais je prévois une nouvelle objection.

On dit et l'on soutient quel'érysipèle est une affection infectieuse, ou, pour employer le mot de M. Anglada, infectionnelle, et certains praticiens seraient tentés d*en conclure qu'elle n'est pas contagieuse. II est vrai que les érysipèles épidémiques naissent souvent et se propagent dans les espaces clos, mal aérés, dans les hôpitaux et principalement dans les salles basses remplies d'émanations qui rayonnent, des individus malades , dans les lieux où l'air se renouvelle mal , où les pièces de pansement, la décomposition du pus, provoquent l'éclosion de miasmes délétères ; mais il est incontestable aussi que les érysipèles peuvent, de même, naître spontanément et avoir pour point de départ un état morbide spécial des indi-

vidus qui en sont affectés. Toutes les épidémies de ce genre ne se montrent pas dans les hôpitaux. Plusieurs fois elles éclatent dans des hameaux, dans des villages, dans certains quartiers des villes, à des époques indéterminées.

Mais de ce que Térysipèle épidémique serait une afiEection infectionnelle, peut-on en induire logiquement qu'il ne serait pas contagieux?

Ecoutons, à ce sujet, la réponse de M. Anglada, dont Vautorité peut faire loi dans cette matière : « On voit des maladies populaires dont la source est, à n*en pas douter, infectionnelle, et qui sont, à leur début , complètement étrangères à la contagion, prendre bientôt rang parmi les maladies viruleo' tes (1) , » et il cite à l'appui la pourriture d'hôpital, le typhus, la dysenterie épidémique, etc. L'érysipèle, même considéré comme maladie infectieuse, ne doit pas faire exception à cette rèt^le, aont tous les auteurs ont pu voir personnellement la vérité.

En présence des éternelles discussions qui se reproduisent périodiquement au sujet de l'infection et de la contagion, ne devrait-on pas finir par s'entendre î La contagion n'est pour moi que la transmissibilité d'une maladie d'homme à homme, ou d'animal à homme , soit par un virus volatil , soit par un virus liquide, soit par un virus solide. Elle dépend de l'individu malade. L'infection, au contraire, serait l'état extérieur à l'homme, résultant de la combinaison d'éléments délétères, provenant de toutes sortes de sources impures , imprégnant l'organisme vivant, lequel répond à cette cause par le développement de telle ou telle maladie qui sera le plus souvent douée de contagion, mais qui peut ne pas l'être, si elle n'est pas le résultat d'une modification profonde et grave de toute l'économie.

(l) Traité de la Contagion, I , p. 49.

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Tout foyer de matières délétères , dans lequel rhomme est apte à contracter une maladie , est un foyer d'infection. Ces foyers sont différents ; ainsi il y a des foyers d'émanations telluriques ou marématiques, qui produisent les fièvres intermittentes; le corps de Thomme peut être un foyer d'infection pour lui-même, comme on l'observe dans les résorptions putrides purulentes ; l'accumulation d'un grand nombre d'individus , comme on le voit dans les camps, les prisons, etc. , peut produire des typhus. Le grand nombre de malades, rassemblés dans une même salle, peut être le point de départ d'un foyer d'infection. Il en est de même des salles de dissection. Hais ces foyers ne produisent que l'infection et non la contagion. Si la maladie est contagieuse, elle trouve des chances de transmissibilité dans ces conditions insalubres; mais l'infection reste toujours séparée foncièrement de la contagion ; elle produit une maladie qui peut devenir contagieuse, mais ne peut jamais se confondre avec la contagion. Ainsi, par exemple, le typhus des camps, la fièvre des prisons, venus par infecticm, ne naissent pas contagieux ; c'est l'individu malade qui produit la qualité contagieuse. La variole naît spontanément et se propage surtout par contagion. Les fièvres intermittentes, nées par infection, ne se transmettent pas par contagion , etc.,

Pour éviter toute confusion , le mot d'infection ou de contagion infectieuse ne devrait jamais être prononcé , et si l'on veut parler de contagion transmise par l'air , pourquoi ne pas dire contagion hali tueuse, comme on dit contagion matérielle, quand un liquide ou un solide représentent le virus ?

En résumé donc , nous croyons avoir prouvé , par les faits et par la théorie, que l'érysipèle est une affection de nature contagieuse chez l'homme, et probablement chez les animaux. Mais rappelons-nous « que la faculté contagieuse d'une maladie semble exiger, pour son développement, un concours de circonstances, tant générales qu'individuelles, qu'il n'est pas.

toujours facile^ déterminer. Le défaut de ces circonstances doit nécessairement réduire le nombre de ces maladies contagieusesy^t leur réunion et leur multiplication doivent Taugm^^ ter. Il est donc impossible d'établir que telle maladie, qui est le plus souv^t contagieuse, ne puisseêtreprivéede cette propriété, ^t que telle autre, qui n*est pas habituellement contagieuse, ne puisse le devenir , quand son déydoppement coïncidera avec le concours de ces circonstances indéterminées qui sont propres à favoriser la production du mode contagieux (^). »

C'est qu'en effet, comme le déclare M. Anglada (^] , a la contagion n*est point une condition sine qitd nan de la nature du ptais grand nombre de maladies; bien loin de leur être indisrsolublement unie, elle ne leur est surajoutée que comme une sorte de complication . . « L'âaboration spécifique des virus :n'est pas un attiibut inaliénable et constant des maladies. »

H. le D'' Pujos a adopté cette même opinion dans sa tiièse.

Ce sentes principes qui nous ont guidé dans Taffinnation restreinte que nous avons &ite. Us me semblent les plus sages, ■et, loin d'enrayer tout procès et de fermer la porte à la prophylaxie^ ils viennent en aide à la science et prêtent un utilç secours à la pratique.

Et certes, ce n'est que cemotif quia fait dire à M* Gosselin, ^ns son rapport à l'Académie P) , que l'érysipèle est très-probablement contagieux dans certaines conditions, et non toujours , puisque la science possède des f^its négatifs ; mais qu'en pratique , il vaut mieux se comporter comme si l'à^sipèle était contagieux.

Si l'on conservait le moindre doute sur la faculté contagieuse deVérysîpèle épidémique (nous ne croyons pas à la contagion de Férysipèle sporadique ; car Tépidémicité donne aux Hialadies

(1) Cayzergues, Contag, de la Fièv. jaune, p. 9.

(2) Op, du, p. 94.

(d) Séance du 9Q juin 1865.

des caractères qu'elles ne possédaient pas aatrem^nt) , nous pourrions faire pour cette maladie la même opération que fit H* le D'' Piedvajche ppur démontrer la contagion de la fièvre typhoïde, et nous arriverions à un résultat identique.

Les faits que nous avons rapprochés prouvent , en effet :

<® Qu'un individu atteint d'érysipèle, à une époque assez éloignée du début de Taffection de ce premier malade , d'autres membres de la même famille, vivant dans le même 2q)parte* ment, ou d'autres malades placés dans la même salle d'hôpital, se trouvent successivement atteints d'érysipèle ;

2*^ Qu'un individu atteint d'érysipèle et transporté dans un endroit où il n'en existe pas, communique la maladie dans cette localité ou dans cette salle ;

3® Que des personnes, donnant des soins à un érysipélateux : médecins, gardes-malades, parents, sont atteints quelquefois tandis que ceux qui n'approchent pas le malade restent sains et saufs;

4^ Enfin, que des gardes-malades, des sages-femmes, des parents qui ont contracté la maladie par contagion ont pu la transmettre dans d'autres localités et à d'autres individus.

Ces condusions pratiques, qui se déduisent aisément des faits signalés, ne sauraient , en aucune manière, être ébranlées par les considérations qui tendraient a prouver qu'il n'y a eu que des coïncidences fortuites, une influence locale commune, une disposition épidémique , car des habitations, des salles, des quartiers voisins , quoique placés dans des conditions identiques et sous les mêmes influences , n'ont pas été atteints ; les sujets atteints ne l'ont jamais été simultanément, mais bien successivement; le développement de la maladie a suivi constamment l'arrivée d'un malade atteint , ou d'un individu qui l'avai* soigné , avait habité avec lui , et s'était trouvé en contact avec lui ; enfin , la maladie a paru suivre une migration , suivant le déplacement des individus atteints ou contagionnés.

Ceci étant posé, voyons quelles sont les conditions qui favorisent la contagion.

Les conditions qui favorisent la contagion sont de deux ordres. Elles ont rapport : à l'individu ou aux individus sur lesquels le virus agit ; à la maladie dont procède le principe contagieux.

Nous sommes tous d'accord pour afiSrmer que les maladies contagieuses se développent le plus souvent chez des individus mal disposés. Cette vérité a été surtout bien entrevue et bien exposée par M. Desprès dans son Traité et dans les divers articles qu'il a publiés, de 1862 à <865, dans la Gazette des Hôpitaux, Mais, comme nous l'avons dit, notre confrère ne tient qu'une part de la vérité, et repousse, comme erreur, l'autre partie.

Nous admettons' avec lui que les fatigues, les veilles, la misère prédisposent à la contagion de l'érysipèle ; nous croyons avec lui que l'état de maladie antérieure, Tétat de convalescence, les embarras gastriques, favorisent aussi la contagion; qu'il en est de même de l'époque des règles, où les femmes sont plus susceptibles, des suites des accouchements et des grandes opérations, et des grandes blessures, à cause de l'ébranlement considérable ressenti dans ces cas par Véconomie; nous ne nions pas que la négligence des soins à donner aux plaies ne soit une disposition réelle à l'invasion des érysipèles.

Mais nous ne saurions nous en tenir à cette seule étiologie qui met hors de cause l'infection et la contagion. Une seule raison prouve que nous n'avons pas tort. Cent fois les mêmes individus ont eu des lésions analogues à celles qu'ils présentent; ils ont été dans les mêmes conditions, et cependant l'érysipèle ne s'était pas manifesté. L'érysipèle ne naît donc pas de ces seules causes. Observez même ce qui se passe dans une même salle d'hôpital. Pendant un mois, je suppose, vous verrez

feg éi^sipèles se développer avec une désespérante facilité ctiezvos opérés. Tout-à-coup, dans les mêmes conditions d'expo^ sîtion, d'aération, ils disparaîtront pour ne raparaître que long-temps après, sous forme épidémique.

Battus sur^ ce point, nos adversaires invoquent l'état moral, les chagrins, le défaut d'aération, le temps chaud et humide. Mais que de fois les mêmes circonstances se sont montrées sans qu'il y ait eu pour cela développement d'érysipèles épidémiquesl

Nous en dirons autant de cette prétendue irritation originelle, légère ou. grande, produite sur la peau par toute sorte de traumatismes, depuis la plus petite excoriation jusques aux plaies les plus étendues et les plus profondes, réunies ou non par première intention..

Quoiqu'on ne puisse pas , comme l'ont écrit MM. Behier et Hardy, dire d'une manière absolue que le traumatisme est presque un ©torde obligé de Férysipèle; quoi qu'en dise M. Trousseau lui-même, qui déclare que tout érysipèle est traumatique, nous savons, par notre propre expérience, et les auteurs les plus intéressés à trouver une plaie originelle ne peuvent s'empêcher d'avouer, que, quelquefois, cette plaie n'exfste pas. M. Trousseau croit qu'on ne l'a pas assez cherchée; M. Desprès déclare que, malgré son attention, il a vu plusieurs cas où le traumatisme n'avait pas précédé Kérysipèle, et c'est pour sortir d'embarras qu'il a inventé cette singulière théorie qu'un refroidissement pouvait être considéré comme un, traumatisme réel.

Nous n'avons pas à revenir sur ces faits : Habemus confir tentes reos. On nous accorde qu'il y a des cas où aucun traumatisme n'a pu être démontré; cela nous suffit.

Quoi qu'il en soit, le traumatisme est une disposition singulière à la production des érysipèles épidémiques , et on peut le Gonsidérer comme une occasion favorable à l'infection et à la.

contagion. Néanmoins, tous les traumatismes n'ofiirent pas , an même degré , cette prédisposition. Les petites plaies, les piqûres de sangsues, la plaie des saignées, les excoriations, les petits boutons d'acné irrités , les plaies mâchées y sont peut-^tre aussi exposées que les grandes. Il en est de même des plaies réunies par seconde intention, des plaies pansées avec du diachylum, des plaies mal soignées, trop comprimées on malpropres. Tels sont les faits observés par tous les auteurs. M. Gosselin ne mettra pas en doute la vérité de cette assertion.

Nous devons ajouter, pour être complet, que Térysipëe, dans ces circonstances, se montre surtout, et de préférence, sur les plaies récentes , et paraît respecter les blessures et les plaies anciennes. S'il s*y montre, c'est surtout quand d'une plaie ancienne on a fait une plaie récente, pour ainsi dire , par des explorations longues , pénibles , douloureuses , qui ont produit des déchirements , comme on le voit dans les explorations faites sur des trajets fistuleux, pour les extractions de séquestres, etc. On dirait que, dans ces conditions d'ancienneté , la surface interne de la plaie , habituée ao pus , a perdu son pouvoir d^absorption des miasmes et des virus, et que sa surface intérieure n'est plus susceptible de s'enflammer spontanément.

En un mot, il est positif que la présence d'une plaie, d*un traumatisme récent, est une condition très-favorable à la contagion et à l'infection. La cause morbifique vient se déposer sur la plaie, suivant M. Trousseau, moins exact ici que Boyer, qui disait , à-propos de la pourriture d'hôpital (^) : « L'air infecté tend à introduire dans les plaies simples l'espèce de dégénérescence putride , tant par son action immédiate sur la blessure, que par son influence nuisible sur toute l'économie. »

(1) Traité de Chirurg,, t. I, p. 320, 2« édil.

Toîlà ce qui explique le nombre plus fréquent dès érysipèfestraumatiques, dans les salles de chirurgie, à Tétat épidémique.

li^ est bien entendu que nous ne parlons pas ici de ces cas^^^ isolés d^érysipèlesqui se développent de temps en temps à la surface d'une plaie. Un état bilieux est souvent la cause interne de Tapparition de ces érysipëes sporadiques, suivant l'illustre Boyer.

Mais quel que soit le mode sporadique ou épidémiquedè Eérysipèle» ayons toujours présent àFesprit quele traumatisme^. la plaie n'est qu'une cause occasionnelle , prédisposante , mais pas davantage.

En finissant Fiétude dé ces conditions individuelles, nous devons rappeler que la clinique nous apprend que, dans les epérsUions, les plaies delà tête, les plaies des mamelles, les plaies du périnée, sont les plus exposées à Térysipèle; puis viennent les plaies du cou, et , enfin, celles des membres.

N'oublions pas que le traumatisme spontané de Tutérus,, après l'accouchement, a de grandes chances d'être le point de départ d'un érysipèle en temps d'épidémie.

A part les observations des divers auteurs qui ont noté la fréquence des érysipèles et des fièvres puerpérales épidémiques, , et qui, àllexemple de Weatheread, ont soutenu, non-seulement ^affinité, mais encore l'identité des deux maladies, nous trouvons dans la thèse de M« Martin que, pendant l'épidémie qui régna après l'importation d'un à^ysipèle dans cette localité non désignée,.par un externe de l'Jiôtel-Dieu, les médecins qui. soignèrent le malade virent trois cas de fièvre puerpérale.

Telles sont les conditions individuelles qui disposent surtout à acquérir et à développer l'érysipèle épidémique..

Examinons maintenant les conditions favorables venant de l'individu atteint, ou, en d'autres termes, de l'érysipélateux.

Hous avons dit que l'érysipèle n'est pas toujours contagieux,.

quoiqu'il développe un virus que nous avons eu le droit de considérer comme halitueux.

Et, en effet , Férysipèle sporadique simple ne paraît pas doué de la faculté contagieuse dans les circonstances ordinaires. Ce n'est que lorsqu'il atteint un certain degré de gravité qu'il peut revêtir ce caractère.

C'est dans ce sens que M. Guérin, répondant à M. Gosselin (i), a pu dire qu'il n'y a pas de contagion de l'érysipèle ; qu'il y a des érysipèles qui sont contagieux, et il lesénumère: ce sont ceux qui sont le résultat a une maïaaie generaie, contagieuse et épidémique.

M. Sée n'a-t-il pas dit aussi que les érysipèles i^usceptibles ^ d'être contagieux sont ceux seulement qui exisient chez des malades ayant en même temps une infection puruleute p).

En général, les maladies infectionnelles épidéiaiques sont susceptibles , quoique n'étant pas contagieuses au début, de devenir virulentes , à une certaine époque de leur règne.

« Cette transformation s'observe surtout, dit M. Anglada (^j, lorsque ces maladies ont atteint l'apogée de leur extension et de leur gravité, lorsque les émanations des malades ont contracté , sous l'influence plus active des élaborations morbides qui les produisent, une acrimonie spécifique, lorsque, enfin, disséminées dans l'atmosphère ambiante en quantité suffisante pour la saturer , elles conservent ainsi , dans cet état de condensation , en dépit de leur altérabilité dans l'air renouvelé , le pouvoir de provoquer une affection du même ordre chez les sujets convenablement prédisposés. »

On comprend ainsi qu'un seul cas d'érysipèle, dans une salle, n'amène pas toujours une épidémie. Les miasmes qui s'échappent du malade peuvent ne pas être en quantité suffi-

(1) Académie, séance du 20 juin 1865.

(2) Gazette des Hôpitaux, 22 juin 1865, cité par M. Desprès.

(3) Op. cit,, p. 50.

santé; le virus peut ne pas être parfaitement élaboré; il petit être altéré par son mélange à une grande quantité d'air ^ et manquer, par suite, ses effets. Toutefois, lorsque plusieurs malades le produiront, ir y a^grandes chances pour que, par son augmentation , il amène la contagion.

Mais ce n'est pas seulement dans des circonstances d'une épidémie que la contagion apparaît ; nous avons déjà dit les diCQcultés qu'il y a dans ces cas à faire la part de l'infection et de la contagion. Il est des cas oii un seul érysipèle transplanté donne, sous peu de jours, naissance à une épidémie par contagion.

Et s'il est vrai que les épidémies très-meurtrières semblent surtout msuaifestement contagieuses , tandis que les épidémies plus bénignes et plus simples offrent à peine ce caractère ; si ce fait, constaté pour la fièvre jaune (i) , se reproduit, comme nous l'avons vu nous-même dans l'épidémie de 1 864 , dans les épidémies d* érysipèle, ne pouvons-nous pas en inférer que les cas les plus graves d' érysipèle seront surtout le plus sûrement contagieux.

Tous les faits le prouvent, et on n'a qu'à relire nos observations pour s'assurer que l'érysipèle typhoïde est surtout contagieux. Si l'on songe que la fièvre typhoïde est contagieuse , que les émanations des malades atteints de l'état typhoïde sont très-malfaisantes , et produisent souvent des dérangements sérieux chez ceux qui les approchent , on verra que cette absorption de miasmes putrides est une prédisposition morbide , et l'on comprendra plus aisément que la maladie spécifique trouve dans les sujets ainsi modifiés un terrain propice pour s'y dévdopper , et se répéter avec la même forme.

Nousen dirons autant de l'érysipèle traumatique et puerpéral.

A quel âge de l'exanthème érysipélateux la contagion estelle le plus active ?

(l) Hisl. de la F. jaune , etc. , p. 485.

Nous avons peu d'éléments pour résoudre ce problème. Si nous consultons les faits, nous voyons que, dans les cas où ces détails n'ont pas été omis, ce moment correspond du sixième au huitième jour. C'est presque toujours l'époque de la plus grande acuité de la maladie.

II est bien entendu que nous n'admettons pas la possibilité de la contagion avant le développement complet de la maladie. Nemo dat quod non habet.

« Un organisme en état d'incubation, dit avec raison M. Chauffard , ne saurait fournir des humeurs inoculables. Il n'est pas encore en possession actuelle de sa virulence. Bientôt, cependant, il va dépenser toute son énergie vitale à créer des produits virulents. Mais ces produits ne seront pas les descendants directs de la matière absorbée ; ils ne proviendront pas d'une sorte de fructification du germe premier ; ce sont des^ sécrétions morbides nouvelles, et dont l'organisme malade esti le plein créateur (i). »

Il se présente encore ici une questicm délicatôr: QueBe est\&^ durée de l'incubation du virus érysipélateux ?

Si l'on songe au désaccord qui règne entre fes mteurs aw sujet même des affections contagieuses les mieux observées, on^ ne sera pas surpris de notre hésitation pour déterminer la durée de ce silence pathologique. Ce phénomène peut varier suivant tant de circonstances individuelles ; il est si difiScile de savoir toujours au juste le moment de l'imprégnation quand il s'agit d'un virus non inoculable, qu'il serait peut-être imprudent de fixer une limite à ce temps, pendant lequel l'économie prépare tacitement l'élaboration du virus dans les profondeurs du système. Tout ce que nous en savons , d'après nos obser^ valions trop peu nombreuses, c'est que cette période a duré^ de cinq à vingt jours.

(1) De la Spontanéité et de la Spécificité dans les Maladies , p. 99.

Résumons donc notre pensée : Térysipèle épidémiqne et infectionnel est une affection contagieuse dans certaines circonstances. Gomme dans les maladies contagieuses fébriles , son principe virulent paraît être halitueux. Il ne paraît pas qu'on ait réussi souvent à Finoculer. Son siège n*est pas connu. La propriété virulente dô Térysipèle varie suivant le degré et la nature de la maladie , la saison où on l'observe , la bonne ou la mauvaise direction de Thygiène. Ces déductions se tirent logiquement des faits observés par tous les auteurs ; elles résultent de l'analogie et me paraissent aussi sûres que les vérités médicales les mieux acquises.

Comme on le voit, nous sommes arrivé à des conclusions contraires à ce* qu'écrivait M. Desprès (i) : « Lorsque Ton voit les détails des séries d'érysipèles dits contagieux , lorsque l'on voit les faits à côté de Tétiquette, que n'est-on pas autorisé à penser des malades dont l'histoire n'est point donnée ? Ce que Wells a écrit, il y a soixante-quatre ans, a été justement traité d'interprétation forcée, et témoigne, sinon d'un esprit de recherche incomplet, se guidant seulement sur des apparences , du moins , de la vivacité d'imagination des hommes et même des médecins. »

L'examen des faits , leur départ , la logique m'ont conduit rigoureusement à cette manière de voir, et je ne crois pas me tromper . encore en affirmant que , dans les séries que j*ai conservées comme preuves de contagion , il y a eu plus qu une coïncidence fortuite, et qu'il existe réellement des rapports de cause à effet.

Avant de terminer ce chapitre , trop long peut-être , mais toujours inépuisable , qu'on nous permette de rappeler que l'érysipèle , comme les autres maladies dites spécifiques ,

(1) Gajsetle des Hôp., 23 avril 1861.

trouve , dans les causes ordinaires de la facilité de la contagion , les moyens de se multiplier en se transmettant.

Toutes les causes qui usent , par une dépense exagérée y les forces mal réparées et dépriment la vitalité , favorisent la contagion. Ajoutons-y Tinfluence de l'encombrement et répétons avec M. Chauffard (i) que celui-ci est une cause puissante de spécificité et qu'il agit avec une énergie très-hostile. « L'organi3me vivant répand sans cesse, en effet, autour de lui des matériaux de décomposition organique ; il s'enveloppe d'un invisible milieu qui se forme et se renouvelle deséma^ nations continues de sa propre substance.. Ces matériaux ei ces émanations , produits ultimes du mouvement fonctionnel de la matière organique , sont déjà nuisibles par eux-mêmes;., car l'économie ne les rejette que parce qu'ils sont: devenus^ impropres à sa conservation et cause de troubles graves, s'ils ^ n'abandonnent pas les milieux organiques. En outre ,- comme toute matière organique rejetée hors de la circulatiœi vivante j^ ils s'altèrent progressivement jusqu'à ce que , d'altération en altération, ils retournent à l'état purement inorganique. Geretour est lent et s'accomplit par la voie redoutable des fermentations putrides sensibles ou insensibles. Ces conditions mauvaises sont annihilées , si la vie se passe à l'air libre ou dans des milieux où l'air entre en quantité suffisante et se renouvelle largement ; elles font subir toute leur action si la vie se passe dans des milieux encombrés où se presse , en.des; espaces étroits , un nombre disproportionné d'être vivants^.

» L'encombrement, en effet, accumule en un lieu fermé ou d'accès difficile à l'air des matériaux organiques éliminés , et, par conséquent, inassirailables et nuisibles ; il les condense en une atmosphère artificielle où se passent bientôt des transformations catalytiques qui accroissent et multiplient les qua-

(I) Op. cit., p. )55.

Htés fanestes de cette atmosphère confinée. Les transformations catalytiques virulentes , si elles ne sauraient s'emparer des hnmeurs et des tissus vivants , s'exercent irrésistiblement sur la matière organique morte et y amènent les degrés divers de la virulence putride. Les êtres vivants renfermés et placés dans ce milieu délétère , condamnés à absorber ^ par les voies pulmonaires , des matières plus hostiles à la vie que celles qu'ils éliminent; souvent, en outre, épuisés de travail et de fatigue , mal ou pauvrement nourris , parfois atteints jusques dans leurs forces morales , subissent et offrent toutes les conditions favorables aux maladies spécifiques spontanées

Ces conditions ne déterminent pas exclusivement une espèce morbide comme le ferait un virus particulier... Une fois engendrée , la maladie jette dans ces foyers où elle a été créée de nouveaux éléments vraiment spécifiques , d'où des épidémies limitées à tel centre , tel quartier , tel établissement. »

Après avoir établi le principe de la contagion de Térysipèle surtout épidémique, après avoir prouvé, conformément à l'opinion de M. Velpeau , que les miasmes putrides peuvent s'introduire dans les plaies , et , conformément à la pensée de M. Gosselin qui croit à l'absorption par les voies respiratoires de miasmes volatils spéciaux, ce qui constitue deux modes possibles de contagion , dois-je m'arrêter longtemps à expliquer comment se fait la contagion?

De nos jours , on ne s'en tient pas à la constatation des faits ; on veut tout e^tpliquer , et l'on ignore que la nature des causes nous est inconnue , et que nous ne pouvons jamais savoir le tout de rien. De là des théories ingénieuses , pures hypothèses, qui viennent encombrer la science sans servir à son perfectionnement.

Telle est la théorie chimique de la fermentation , née avec Rhazès qui , dès le IX® siècle , comparait la fermentation de la petite vérole à celle du moût de raisin qui fermente et bouil-

lonne pour se convertir en vin , qui s'est perpétuée jusqu'à nous par Tintermédiaire de Bressy , Lebrun , Biiling , et compte encore des adhérents, tels que MM. Bouillaud, Mialhe, Liebigy etc

Telle est la théorie des germes morbides professée par M. Trousseau.

Telle encore la théorie cellulaire soutenue, d'après Virchon^, par M. Martin dans sa thèse inaugurale.

Telle, enfin, la théorie ingénieuse de l'altération catalytique des humeurs, basée sur Fhypothèse des modifications isomériques de la matière organisée à Tétat virulent , due à M. Ch. Robin, appliquée à l'étude de l'érysipèle épidémique, et surtout à sa contagiosité; elle ne rend pas mieux compte de la nature réelle des faits mystérieux qu'elle devrait éclairer.

La chimie reste encore muette en présence de ces faits vitaux.

Toutes ces tendances nouvelles n'expliquent rien ; elles séduisent , contentent un moment l'esprit , mais ne font que reculer la difficulté sans la résoudre.

J'avoue que je ne sais rien non plus sur la nature intime des virus; tout ce que j'en connais, c'est qu'ils ont quelque chose de spécifique, qu'ils reproduisent une maladie analogue à celle dont ils émanent, soit sous l'influence de l'inoculation , soit sous l'influence de l'inhalation; je pourrais peut-être ajouter aussi l'absorption par la peau; mais je me comble en songeant à Finfirmité de mon mtelligence. Je m'arrête , parce qu'avec Gaubius, je crois qu'il vaut mieux. s'arrêter que de marcher dans les ténèbres , et je crois sans voir ai toucher le virus , parce que je constate ses effets , seule satisfaction qui me soit accordée.

« En médecine , dit Zimmermann , il vaut mieux observer attentivement les faits de la nature que de les expliquer par des principes arbitraires. »

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