‹ Traité de l'érysipèle et des différentes variétés qu'il peut offrirChapitre 13 sur 21 · DE L'ÉRYSIPÈLE PHLEGMON EUX · texte numérisé non relu

DE L'ÉRYSIPÈLE PHLEGMON EUX

Obs. XXIV. — Erysipèle phlegmoneux avorté sous rinjluence des refrigérans. Sur la fin de mai i83i^ fêlais médecin de division à l'hôpital Ordinacki, à Varsovie, et chargé du service des blessés. La pourriture d'hôpital inondait la plupart des hôpitaux de cette ville^ et malgré nos précautions^ il vs'en présenta quelques cas dans nos salles. Un soldat avait eu ie bras droit effleuré et la peau enlevée dans toute son épaisseur par une balle, la plaie était en Yoie de guérison quand la pourriture apparut dans la salle. Vingt-quatre heures après, la plaie avait le plus mauvais aspect, toute la cicatrice avait disparu, remplacée par une couenne blanchâtre, adhérente, les bords étaient rouges et douloureux, tout le bras et la moitié supérieure de Favant-bras gonflé et rougi par une vaste inflammation, le pouls était accéléré^ l'appétit avait disparu. J'appliquai sur la plaie, après avoir enlevé de la couenne, autant que je pûs^ un plumasseau imbibé de vinaigre distillé, et j'enveloppai toutes les parties envahies par Térysipèle dans des compresses imbibées d'eau froide et saupoudrées de camphre pulvérisé et mouillé, le lendemain à peine restait-il quelques traces de l'érysipèle principalement autour de la plaie, et la couenne gangreneuse n'en occupait plus que la moitié. Même panse-* ment. — Le lendemain, disparition complète de l'érysipèle, mais la pourriture d'hôpital exigea pour sa guérison encore trois à quatre applications de vinaigre. ( Malgaigne, Gaz, méd, i832 , t, ih , p. 38^. )

i8o DE L'ÉRYSIPÈLE PHLEGMONEUX.

Obs. XXV. — Erjsipèle phlegmoneux guéri par la compression, — Au n. 5 de la salle. Sainte- Caroline, femme, âgée de 65 ans, dans le dernier état de la décrépitude, reçue le i8 août : jambe gonflée^ douloureuse, ,d'un rouge tirant sur le brun, pression pénible, ne faisant pas disparaître la rougeur. On sent une espèce d'empâtement du tissu cellulaire sous-cutané, le genou était aussi gonflé, et la synoviale de cette articulation paraissait contenir un peu de liquide, propagation de l'inflammation à la jambe et à la cuisse avec les mêmes caractères. M. Bougon reconnaît un érysipèle phlegmoneux, • l'état de détérioration dans lequel se trouve cette femme, l'éloigné de l'idée de toute évacuation sanguine. Compression très-méthodiquement effectuée sur tout le membre, et renouvelée avec soin toutes les fois que les bandes se relâchent un peu. Dans les premiers temps, ce moyen cause un peu de douleur, mais elle est bienlôt dissipée, et ce vaste érysipèle phlegmoneux qui était survenu chez un sujet des plus faibles et dans un âge très-avancé, c'est-à-dire dans les conditions les plus favorables pour passer à Tétat gangreneux, s'est terminé heureusement par résolution et par la compression seule. ( Bougon, la Clinique des hôpitaux et de la ville , 1828, t. III, p. ^^ , ) Suit une autre observation analogue.

Obs. XXVI. — Erjsipèle phlegmoneux guéri par la compression. — Beulot, femme de 5o ans, ouvrière, forte, bien constituée, tombe chargée d'un

Page 1