DE L'ÉRYSIPÈLE PHLEGMON EUX
fardeau, le 27 mars iSsS, et croit s'être fracturé la jambe droite. Immédiatement entrée à l'hôpital de la Faculté, deux élèves croient reconnaître la crépitation, qui, une heure plus tard, ne fut pas reconnue par le. chirurgien; d'ailleurs aucun déplacement, et la malade soulève la jambe sans beaucoup de difficulté, douleur très-vive, à peine gonflement. Vinûjtcinq sangsues. — 28, même souffrance, routeur assez vivé^ gonflement assez considérable au po<utour des malléoles et sur le cou-de-pied : vinr^lsangîues, cataplasme. — 3o, douleur sensiblemer;! diminuée. — 3i, douleur beaucoup plus fort^., roî"<^cur comprenant tout le quart inférieur de la jambe, gonflement plus considérable : i5 sangsues.
i^"" avril. Point d'amélioration.
5. InfLiTimation étendue à tout le pied , dont la face dorsale est surtout considérablement tuméfiée. 3o sangsues.
6. Point d'amélioratiun , on renonce à l'application des sangsues : linimenr^ opiacés et divers autres moyens qui n'empêchent p;i5; la rougeur et le gonflement d'augmenter, et de s'éteudre jusqu'au 17. A cette époque , la peau est comme amincie , tendue et d'un rouge luisant, depuis les orteils jusqu'au mollet. Les douleurs sont excessivement vives, et le moindre mouvement du membre insupportable: encore 20 sangsues le matin. Toutes les ressources de la thérapeutique ayant été épuisées, et tous les symptômes étant encore plus exaspérés, nous résolûmes de tenter la compression.... Angoisses et souffrance extrême.
i82 DE L'ÉRYSIPÈLE PIÏLEGMONEUX.
Aâîx heures du soir, nous coriimençons par envelopper toutes les parties enflammées du membre , avec des compresses imbibées d'eau-de-vie , ensuite nous plaçons une bande, depuis la racine des orteils, jusqu'au dessous du genou, en prenant toutes les précautions convenablçs, pour que la compression fût exacte et régulière , surtout aux environs des malléoles et de manière que chaque doloire recouvre au moinâ les deux tiers de celle qui est au-dessous. Après Son application, cet appareil est également imbibé d'eau-de-vie, nous fixons la jambe sur une ateile, et nous la faisons placer demi-fléchie sur un êoussin. A dix heures du soir, la malade est dans l'enchantement, ses souffrances sont moitié moindres.
i8 au matin. Douleur presque nulle, rougeur et gonflement aux trois quarts dissipés.
19. Il ne reste plus qu'un peu d'empâtement autour des malléoles, l'érysipèle est complètement évanoui, on peut presser la jambe dans tous les points, sans faire souffrir la malade. La peau est comme ridée , et l'épidermê s'enlève en écailles. L'appareil est reappliqué, et comme le gonflement était peu marqué , ce bandage reste*sans se déranger jusqu'au 22, en sorte que l'on se contente de l'humecter deux fois par jour, avec de l'eau-de-vie.
23. L'inflammation et l'engorgement sont complètement dissipés. (Velpeau. Mémoire sur T emploi du bandage compressif^ dans le traitement de Vérjsipèle phlegmoneux y etc, yirch, génér. deméd. Juin
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18^6, ti Xi, p. 219.) Une séricf d'observations, également très-favorables à l'emploi de la compression, et dans plusieurs desquelles elle a même séiile été mise ëfi usâgd^ se trouvé dans le même recueil.
M. le Guen Kerneison {jTourn. des confi. médicO" àhirurg.') î835^ t. m, p. i3. ) rapporte trois faits également côncluans.
Obs, XXVII. — Érjsipele phlegmoiieux guéri parles onctions mercurielles. Samliel Green,4Sans, est atteint d'un érysîpèle phlègnioneux gravé a la partie atitérietire dé là jàmbé droite^ s'étendàht de l'extrémité inférieure du iîbià et du péroné, jusque près de l'articulation du genou ^ la jambe est trés-enflée^ la douleur poigUante, lès symptômes gériérâtix sont peu prononcés; on a recdùrs aux ariti-phlogistiques, aux foffientatidns, les deiix jours suivais, ïé mal non seulement âugrtiente, mais le centré de la partie primitivement affectée, est pfùs noir que la surface environnante. A juger par là douleiir violente qu'accusait le tnûààe et fa téhsion extrême , la Suppuration devait être abofidânte et de mauvaise nattif'é. Ventre libre, frissons répétés, alternant avec lés a"écès de fièvre. Le malade f efusa'h^ fa saTgùéé , ôh' a recours à une application d'ongWént mercuriel double étendu sur duiingé^ et répétée trois fois le j'ôïïr tout tout en corittnuant en même temps le traitémenl: an'tîphlogistique ,r> depuis Ce moment la guérisbn fit de rapides progrès , la fïèvre et lés autres sjr¥i'ptome5 se dissipèrent et en un' jour ou deux, il* iié resta plus qti-un peu de ratdeur dans la jâftibë. ( Lànç,
i84 DE L'ÉRYSIPÈLE PHLEGMONEUX.
franc,^ i832, t. yi ,p. SgS. Extrait de la Lancette anglaise. )
Obs. XX VIII. — Èrjsipèle phlegmoneux arrêté dans sa marche par Vapplication des vésicatoi' res, — Launoy, Jean-Henri, cordonnier, âgé de 49 ans, d'un tempérament bilieux, éprouva^ le 8 septembre i8i3, des frissons avec tremblement , malaise général , et en même temps prurit à la jambe gauche, qui le lendemain devint rouge , tuméfiée et très-douloureuse. Ne pouvant vaquer à ses travaux habituels, Launoy se fit transporter à l'Hôtel-Dieu le 8 septembre. Alors gonflement , rougeur intense de la jambe , dont le volume était considérablement accru; œdématie du pied, inflammation érysipélateuse du même côté, surtout à la partie interne, où sur le trajet des vaisseaux lymphatiques se remarquaient des cordons rouges, douloureux au toucher, et se prolongeant jusqu'aux glandes inguinales. En même temps trouble du sommeil, amertume delà bouche, céphalalgie, langue jaune, pouls dur, fréquent, peau brûlante, fièvre avec redoublement le soir.
Premier jour, application de cataplasmes émoiliens sur la jambe; limonade cuite.
Deuxième jour, peu de diminution de l'inflammation. Prescription : deux grains d'émétique, large vésicatoire à la partie interne de la jambe malade, diète au bouillon. Pendant la journée , selles abondantes , mais point de vomissemens.
Troisième jour, nul effet du vésicatoire, quj change.
DE L'ÉRYSIPÈLE PHLEGMONEUX. i85
de place par les mouvemens inconsidérés qu'exerce le malade pour aller à la garderobe, diminution peu marquée de l'inflanrimalion de la jambe, rénnission de la fièvre; grande loquacité du malade, et irrégularité dans ses actions, qui font appréhender le délire. Prescription : trente grains d'épicacuanha , nouveau vésicatoire au mollet. Pendant la journée, quelques vomissemens de saburre gastrique, et selles copieuses.
Quatrième jour, large phlyctène à la jambe produite par le vésicatoire, diminution de l'inflammation , sommeil , appétit.
Cinquième jour, nouveau vésicatoire à la partie externe de la jambe malade, cataplasme émollient sur toute l'étendue du membre.
Huitième jour, on fait suppurer abondamment les deux vésicatoires.
Neuvième jour, plus de tension, de rougeur ni de tuméfaction à la cuisse, qui a repris son volume ordinaire; mais la jambe est toujours rouge, quoique non tendue; langue jaune, bouche pâteuse , coliques, flactuosités. Prescription : une once de sulfate de soude dans une chopine de bouillon aux herbes. Pendant la journée, selles assez copieuses.
Dixième jour, formation d'un petit abcès à la partie antérieure et moyenne de la jambe ; son ouverture donne issue à une petite quantité de pus de bonne qualité.
Onzième jour, cicatrisation de la petite plaie ; on enveloppe la jambe de compresses imbibées d'eau
de syrei^v^.
286 DE L'ÉRYSÏPÈLE OÊDÉMÂTÈtJX.
Doaxiérae jour^ souplesse des piirtieâ molles du mollet 5 plus de rougeur à la jambe , libre exêrcièfe de toutes les fonction^.
Quatorzième jour^ malaise général > céphalalgie, agitation pendant la nuit; le soif, frisson et dégoût pour les alimens; limonade vineuse, et ûeùn pilules de camphré et de nitr&i
Qinzièmejout-, disparition de ces symptômes^ et continuation des toniques.
Trerltiéine jour, la jambe étant révenue à son vo^ iume ordinaire^ et toute rougeur étarit dissipée ^ Oti commença à laisser sécher les visicatoires.
Le quarantième jour ^ Launoy sortit parfaitement guéri, conservant le libre usage de sa jdhibe, qt^il avait soin d^entburer d'une bande roulée. (Pittilêier. Clinique de Dupuytren ^ loc, cits j p; 32» ) Suiveht quatre observations analogues, et trois d'insuccès, que rapporte également M. Patissiet- avec la bonne foi qui le caractérise.
3° DE l'ÉRYSIÏ^ÈLE (œiJEMkTEirX. -
Erysipelas cedematodes ^ Bâtemeni œdème érysipélatfeûx de quelques auteurs;
Cette maladie déjà connue de Galien^ Fotestus, Plater^ Franck , Gulien , et la plupart des chirurgiens du moyen-âge, n'est autre chose que l'érysipèle ordinair-e actueliement établi dans une peau^ sûr un tissu cellulaire sous cutané plbs du moihs intîltré de sérosité dans leurs aréoles.
DE L'ERYSIPÈLE OEDÉMATEUX. 187
Boyer : « Dans l'érysipéle œdémateux, l'œdème on l'infiltration séreuse est la maladie primitive , principale, et l'inflammation érysipélateuse qui vient se joindre à cette maladie ne doit ôtre regardée que comme une complication, ainsi le nom d'œdème érysipélateux conviendrait mieux à cette affection composée que celui d'érysipèle œdémateux ; au reste , cette inflammation érysipélateuse qui survient à l'œdème est en général très fâcheuse et dégénère presque toujours en gangrène. » {Loc, cit. p. 8.) "
Bateman : « Erjsipelas cedematodes. Cet érysipèle est moins violent que V ér/sipelas phlegmonodes^ la tumeur s'élève et s'étend d'une manière progressive , sa rougeur moins prononcée se transforme en une couleur d'un jaune brun, la chaleur qui l'accompagne et les symptômes locaux sont moins intenses^ la surface cutanée est unie et brillante, et si on la comprime fortement avec le doigt ^ un léger enfoncement se fait remarquer pendant un court intervalle de temps. Les phlyctènes qui sont plus petites, moins élevées et plus nombreuses que dans la première espèce, ont lieu le troisième ou le quatrième jour. Elles sont remplacées , après deux ou trois jours^ par des croûtes minces, d'une couleur fontée, ressemblant, quant à l'aspect, à celle de la petite-vérole
confluente Cet érysipèle est très dangereux
lorsqu'il attaque la face. » (Loc, cit. p. 170.)
Chomel et Blache : « L'érysipéle œdémateux est celui qui se manifeste sur une partie affectée d'œdème, on l'observe spécialement sur les membres in-
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férieursetsurles parties extérieures de la génération, le scrotum et les grandes lèvres. Au début, la couleur de la peau ne change point , cette membrane devient seulement tendue et luisante , chaude et très sensible au moindre contact, et conserve l'impression du doigtj cet érysipèle se dissipe quelquefois en peu de jours, et peut ne pas offrir plus de gravité que l'érysipèle qui survient dans des parties saines; mais dans un certain nombre de cas il en est autrement, les douleurs deviennent vives , la peau livide, blafarde, Te'piderme se décolle ou est soulevé par la sérosité, une suppuration abondante ne tarde pas à s'établir profondément, des eschares se forment en divers endroits de la peau, et dans la plupart des cas, la mort termine cette affection au bout d'un temps qui varie.» (Loc, cit, p. 226.)
Rayer : « Rien n'est plus commun que de voir l'œdème du tissu cellulaire sous cutané survenir dans la dernière période de l'érysipèle simple ou du premier degré de l'érysipèle phlegmoneux, c'est un phénomène constant dans l'érysipèle des bourses ou des paupières, mais on a donné plus spécialement le nom d^érjsipèles œdémateux à ceux dans lesquels la tumeur formée par la peau et le tissu cellulaire sous cutané , développée d'une manière lente , progressive, offre la résistance de l'œdème et de l'emphysème, au lieu de la tension de l'érysipèle phlegmoneux. La peau unie et brillante, comprimée avec le doigt en conserve long-temps l'impression, rarement voit-on des bulles accidentelles sur la peau, et
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lorsqu'il en existe, plus pelitcs et moins élevées que dans les érysipèlcs simples et phlegmoneux, elles apparaissent du troisième au cinquième jour à compter du moment delà formation de la tumeur, se rompent et sont remplacées par des croûtes minces et peu étendues. » {Loc. cit, p. i5i.)
Prédispositions, Causes, — L'érysipèle œdémateux affecte plus particulièrement les enfans nouveau-nés, faibles, bouffis, chétifs, entourés des conditions de l'indigence et de l'incurie ; les vieillards cacochymes, dont la constitution est usée par la débauche , les passions tristes ou des maladies antérieures , atteints de maladies des voies urinaires, surtout d'incontinence: les femmes, après l'âge de retour lorsqu'elles portent des maladies organiques de l'utérus ; les jeunes filles chlorotiques, les tempéramens lymphatiques , les sujets scrophuleux, scorbutiques , etc. Il se manifeste particulièrement dans les lieux où l'enveloppe dermoïde est très-fine et le tissu cellulaire sous-cutané filamenteux et lamelleux en grande quantité, tels que le scrotum , les grandes lèvres, les paupières, etc. ; dans les parties où la déclivité rend le retour des fluides circulatoires plus difficile, aux pieds, aux jambes, par exemple, qui sont bien plus souvent affectés que la faae^ les membres thoraciques, etc. Les causes varient suivant que la maladie commence par l'érysipèle ou par l'œdème. Dans le premier cas, toutes les irritations superficielles de la peau dans une partie^ chez un sujet disposé à l'œdème et notamment la malpropreté, le
igo DE L'ÉRYSIPÈLE OEDÉMATEUX.
contact habituel des urines , le frottement de Ig peau contre ia peau^ comme on le voit fréquemment chez les sujets très-gras au pli des aînés, entre les parties génitales et les cuisses, sous les seins chez la femme, etc. Dans le second cas^ la seule distension éprouvée par la peau qui recouvre un œdème sous- , jacent peut en devenir ^'occasion. Nous avons vu bien des exemples de cette maladie que plusieurs auteurs ont nommé érjsipelepar distension. Sur ces mêmes parties œdémateuses, toutes les irritations cutanées et surtout assez fréquemment les mouchetures pra» tiquées pour effectuer l'écoulement de la sérosité, les topiques rubéfians employés dans telle ou telle intention , etc.
Symptômes ^ etc. — Quelque soit le point de départ de cette maladie composée, lorsqu'elle est une fois établie, ses caractères sont faciles a saisir : rougeur peu foncée , plus souvent même d'un rose pâle ; distension, aspect luisant de la peau dont tous les plis ont disparu , surface lisse au toucher , rarement très-douloureuse , plutôt sentiment de pesanteur , quelquefois cependant la douleur est assez vive; tumeur plus ou moins étendue, irrégulièrement circonscrite, mais offrant beaucoup plus de relief que celle de l'érysipèle; en l'examinant en opposition avec une lumière on y voit une semi-transparence quelquefois très-marquée , surtout au scrotum , en comprimant les parties enflammées , la rougeur disparaît plus lentement , ne se reproduit qu'après un temps assez long, pendant lequel cette partie con-
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serve l'impression du doigt. En général peu d'accidens constitutionnels-, rarement de la fièvre , à moins que l'érysipèle n'occupe une grande étendue chez un sujet irritable. Quelquefois en même temps diarrhéç anorexie, épuisement organique. La forme phlycté;^ noïde est rare dans cette variété 3 lorsqu'elle se m^-^ nifeste , les vésicules sont communément plus petiotes, plgs aplaties; elles se déchirent aussi avec plus de facilité, en formant des crevassas par lesquelles s'écoule une assez grande quantité de sérosité jaunâtre ou légèrement sanguinolente. Chez quelques sujets 5 nous avons vu ces évacuations devenir très abondantes , surtout au scrotum , aux membres pelviens, et produire momentanément un dégorgement très-marqué. La résolution peut encore terminer cette espèce d'érysipèle ^ surtout lorsque l'altération a débuté par l'inflammation cutanée; dans l'hypothèse contraire, une suppuration de mauvaise nature, la gangrène de la peau, la fonte , le délabrement du tissu cellulaire affecté, l'épuisement et la mort du sujet au milieu des circonstances de l'asthénie ou de l'bétisie en deviennent assez fréquemment le résultat. Traitement, C'est particulièrement dans cette variété que la position , les compressions méthodiques ^ les réfrigérans toniques, astringens , les onctions merçurielles , secondées par l'emploi du régime , de% ferrugineux, du quinquina, des diurétiques, doivent trouver leurs utiles applications. — Les saignées , les sangsues, les topiques émpUiens ne doivent jamais entrer dans la règle, et peuvent seulement être admis
igâ DE L'ÉRYSIPfeLE OEDÉMATEUX-
dans quelques exceptions où les circonstances relatives à rhypérémiedusujelà la violence de l'inflammation en feraient naître l'indication positive. Les vésicatoires nous paraissent trop dangereux sur Vérysipele œdémateux proprement dit, pour que nous puissions les admettre au nombre des moyens rationnels. Appliqués sur des membres œdémateux^ sur les pelviens particulièrement, nous les avons vu trop de fois amener la gangrené pour les conseiller dans cette même altération, à laquelle vient encore s'ajouter une phlegmasie susceptible de rendre cet accident plus désastreux; cependant, pour être juste, nous citerons le fait suivant rapporté par M. Pâtissier, et qu'il invoque en faveur du vésicatoire, conseillé par lui dans l'érysipéle œdémateux. Les détails de l'observation prouveront d'ailleurs si ce fait appartient bien nettement, d'après l'opinion générale, à la maladie dont nous venons d'esquisser les caractères.
Obs, XIX. — Casservet Magdeleine , âgée de 4^ ans, ayant éprouvé j le lo mars i8i5, des frissons avec chaleur, malaise , fut atteinte d'un gonflement au bras droit. Le quatrième jour, la malade voyant que l'inflammation augmentait de plus en plus, entra à l'Hotel-Dieu ; alors le bras droit présentait une tuméfaction considérable , plutôt œdémateuse qu'inflammatoire, conservant l'impression du doigt, d'un rouge pâle, et ne faisant ressentir que peu de douleur; en même temps, symptômes d'embarras gastrique. Vingt-quatre grains d'ipécacuanha, qui pendant la journée déterminent des vommissemens de ma-
DE L'ÉRYSIPÉLE OEDÉMATEUX. 193
ticre bilieuse. — Douzième jour, point de diminution dans le gonflement du bras. Un large vésicatoire est appliqué au centre de l'inflammation. — Troisième jour, celle-ci est presque entièrement tombée. On fait suppurer le vésicatoire, et au bout de cinq jours, le bras malade avait recouvré son volume ordinaire et l'exercice de ses mouvemens. — Huitième jour, prescription d'un cathartique pour combattre quelques symptômes d'embarras intestinal. — Douzième jour, la malade sort de l'hôpital complètement guérie. (Zoc. Ciï. ,p. 3o. Clinique de Dupuytren.)
Obs. XX. — Mademoiselle R... , âgée de 18 ans, d'un tempérament lymphatique, d'une constitution délicate, lingère, avait éprouvé à 16 ans une première menstruation difficile, et qui depuis cette époque ne reparut plus. La chlorose et la bouffissure générale s'établirent alors d'une manière bien prononcée, toutefois avec une Coloration rosée de la face qui simulait^ surtout quand la malade était animée, un certain aspect de fraîcheur et de santé. Le 21 octobre 1828, étouffemens, palj^itations^ imminence de syncope , anxiété , gonflement du tiers supérieur de la cuisse gauche avec teinte rosée de la peau, tension luisante, sensibilité assez vive, semitransparence , empâtement au toucher , mais avec un peu plus d'élasticité que dans l'œdème ordinaire; cette rougeur disparaît par la pression, et se reproduit avec lenteur; elle s'étend progressivement vers le genou. Léger mouvement fébrile , langue humide, large et décolorée. Repos, situation horizontale du
1^4 Dl L'ÉI^YSIPÈLE OEDÉMATEUX.
membre , linges trempés dans l'eau végéto-minérale froide, compression légère et méthodique du pied, de la jambe et de la cuisse au moyen d'un bandage roulé. Infusion de matricaire, potion de quatre onces avec douze grains de poudre de sabine; soupes. ■—»• 22, l'érysipèle œdémateux n'a pas fait de progrès; il est à peu près stationnaire; les symptômes généraux ont disparu , la maladie semble actuellement locale. Mêqfiê prescription. — 28, progrès de la résolution , din^inution marquée du gonflement, la compression n'agit plus, renouvellement des bandes, les arrose** mens sont toujours continués avec soin.— ^ 24 5 retour de la cuisse gauche à l'état normal , desquammation très-faible. Cette jeune malade conserve en« core son état chloritique pendant deux mois • il disparaît enfin , et les règles s'établissent par l'emploi combiné des ferrugineux, du régime et des bains de mer.
"" Obs. XXL — (( M. Le F***, prêtre, âgé de 63 ans, d'un tempérament lymphatico-sanguin, adonné à la bonne chère, éprouva au mois de février 1823, les premiers symptômes d'une ossification des valvules mitrales. Nonobstant les soins les plus réguliers et les plus assidus , cette grave maladie fait des progrés et vers la fin d'avril i825-, il existait pâleur , bouffissure de la face, amaigrissement notable des membres ihoraciques de la partie supérieure du tronc , œdème assez marqué du bassin et des membres pelviens, dont le volume €st considérable surtout aux pieds, aux jambes, au tiers inférieur de la cuisse. Le
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12 mai, distension de la peau , qui devient rosée, luisante surtout aux jambes et plus spécialement à la droite, établissement d'un vaste érysipèle œdémateux, qui comprend toute cette partie ^ s'étend au pied. Application de linges trempées dans l'eau végéto-mipérale froide, compression méthodique.
i3, L'érysipèle a presque entièrement disparu. Mêmes applications.
14. Le gonflement est sensiblement diminué, la peau reprend ses caractères naturels, en conservant seulement un peu d'empâtement. La compression est continuée sur les deux membres pendant huit à dix jours et n'empêche pas les progrès du gonflement œdémateux.
. 17 juin. Retour de l'érysipèle à la jambe gauche ; nous employons les mêmes moyens, ils semblent augmenter l'oppression et la fluctuation abdominale (car il existe actuellement ascite); nous y renonçons.
20. Petites vésicules du volume d'un grain de che- 1 nevis récentes et remplies d'une sérosité roussâtre. Elles s'ouvrent surle pied, vers le milieu de la jambe gauche , écoulement d'une grande quantité de sérosité qui, pendant huit jours, mouille plusieurs serviettes. Le malade succombe le 25 juillet aux progrés de la maladie du cœur,
Obs, XXIL — M. F'''^'', tanneur, âgé de 60 ans, tempérament sanguin , teint fortement coloré, d'une bonne constitution, éprouve tous les symptômes d'une miéUte chronique avec affaiblissement dans les mem-
bres pelviens , œdème des pieds et des jambes , s'étendant jusqu'aux genoux et rendant la flexion du jarret tellement difficile que le malade ne peut s'asseoir qu'avec peine.
20 août i835. Double érysipèle à ces parties, plus fort du côté gauche, avec tension , dureté de la peau, gonflement considérable des jambes et des pieds , peu de sensibilité à la pression, pointde symptômes généraux , arrosemens avec l'infusion de seconde écorce de tilleul, compression méthodique; diurétiques,,un laxatif tous les quatre jours. Dès le troisième, disparition h peu près entière des érysipèles ; diminution de l'œdème , le malade néglige la compression , l'érysipèle reparait , elle est reprise avec soin , nouveau succès. Nous conseillons de porter constamment des bas lacés, le malade qui depuis long-temps ne quittait plus son fauteuil , marche actuellement avec facilité,
Nous désignons sous cette dénomination l'érysipèle soit simple, soit phlegmoneux, qui se trouve déterminé par une blessure assez grave pour lui imprimer des caractères particuliers et faire naître des indications spéciales. Depuis long-temps les chirurgiens ont senti l'importance de cette distinction et la plupart en ont traité d'une manière toute spéciale, dans leurs écrits , soit à titre de maladie particulière, soit en l'envisageant comme l'une des complications les plus graves des lésions traumatiques. Aëtius, Paul
d'Egine , Oribase, le considéraient comme très-grave surtout à la tête , Hippocrate en portait un pronostic funeste lorsqu'il s*y trouvait répercuté.
Desault : « L'érysipèle, espèce d'inflammation dont le foyer semble dans le plus grand nombre de cas se fixer dans les premières voies, est en général une complication assez fréquente des plaies, surtout dans les grands hôpitaux où le mauvais air, le contact d'une foule de corps malsains , la préparation presque toujours mauvaise des alimens ne contribue pas peu à produire un état de saburre souvent habituel; mais nulle part l'influence de cette complication n'est plus marquée que dans les plaies de tète, la plupart des blessés l'éprouvent dans une plus ou moins grande étendue et avec des symptômes plus ou moins alarmans. Elle accompagne les plaies produites par des instrumens piquans, tranchans et contondans ^ peutêtre plus spécialement les premiers. » {Loc, cit.^ p. 3. )
Dupuytren : « Les plaies d'armes à feu se compliquent fréquemment d'érysipèle ou de phlegmon diffus, de tétanos, d'hémorragie et des divers accidens résultant de la lésion des nerfs, des plans aponévrotiques et celluleux, qui s'enflamment aisément.» {^Loc. cù.^p. 434. )
Larrey ; « L'érysipèle qui survient aux environs d'une plaie, après le quatrième ou le cinquième jour de son invasion, reconnaît nécessairement pour cause essentielle une surexcitation dans le système nerveux et vasculaire des bords et des parois pro-
igS DE L'ÉRYSIPÈLE TRAUMATIQUE.
fondes de cette plaie, excitation que produit ordi>nairement leur réunion trop immédiate, lorsque surtout la division n'est pas simple et uniforme comme celle qui est faite par l'instrument du chirurgien. L'usage des tentes, de l'agaric ou d'autres corps étrangers introduits dans cette solution de co n linuité, l'application de corps gras, de substances trop irritantes ou même des émolliens à une tempé- .rature excessive, le contact de l'air froid et humide, l'état d'attrition et de déchirure des parties lésées ou une affection gastrique, bilieuse, sont autant de causes qui peuvent donner naissance à cette surexcitation. Une fois imprimée sur ces parties lésées et très sensibles, elle occasionne, d'une part, la crispation et l'éréthisme des vaisseaux rompus des organes qui doivent produire la suppuration et le dégorgement des tissus enflammés; d'un autre côté, les veines capillaires du cutis, qui, par leur nature et leur situation superficielle, participent moins à cet éréthisme profond, absorbent les fluides épanchés dans la plaie, et les transmettent par une contraction péristaltique et divergente vers la surface extérieure pour produire l'érysipéle traumatique. » ( Loc, cit. p. 58. )
Prédispositions , Causes. — Cette variété de l'érysipéle peut se manifester chez tous les sujets, dans tous les âges^ sous tous les climats, dans toutes les saisons, dans toutes les conditions de la vie, dans x toutes les parties de l'organisme, sous l'influence de toutes les lésions traumatiques. Cependant on l'observe plus fréquemment chez les individus nerveux,
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et plus spécialement encore chez les jeunes sujets frappés de nostalgie, ou sous l'influence d'une passion ardente. Les hôpitaux de Paris ont offert des exemples nombreux de la première influence en 18 14, ot de la seconde en i83o» On les observe plus particulièrement encore dans l'âge viril, dans les climats trés-cliauds, ou bien encore humides et froids, pendant l'été, l'automne^ chez les malades épuisés par la fatigue ou détériorés par une mauvaise alimentation^ dans les grandes réunions d'hommes, avec toutes les conditions d'insalubrité , avec les plaies ou les opérations qui portent sur la tête, les pieds, les mains, en un mot, siir les parties où la peau très-sensible recouvre des tissus serrés aponévrotiques, etc., enfin, sous l'influence des piqûres, des déchirures, des arrachemens ou des lésions effectuées par des instrumens imprégnés de matières putréfiées, vénéneuses, etc. A ces prédispositions , à ces causes locales, peuvent se joindre l'état saburral ou bilieux, et surtout certaines constitutions atmosphériques, sous lesquelles presque toutes les lésions cutanées^ même les plus simples, amènent immédiatement l'crysipèle traumatique. A tel point^ qu'au milieu de ces conditions^ qu'il est alors bien important de connaître, et pendant leur durée, le chirurgien prudent s'abstient de toutes les opérations qui ne sont pas d'urgence. Outre ces causes en quelque sorte inhérentes aux lésions traumatiques, il en est d'autres qui naissent directement des soins consécutifs donnés à ces lésions. Dans l'ancienne chi-
rurgie, l'emploi si fréquemment abusif des onguens, des baumes, des tentes, des sétôns passés dans les plaies^ etc., etc., rendait ces causes beaucoup plus ordinaires; aujourd'hui^ la négligence dans les pansemens, le défaut de connaissances ou d'habileté du du chirurgien pour modifier les accidens traumatiques de manière à prévenir la complication que nous étudions, sont presque les seules occasions, sous ce dernier rapport, qui puissent donner naissance à l'érysipéle traurnatique. Nous verrons par quels moyens on peut les éviter.
Symptômes^ etc, — Lorsqu'un érysipèle traumatique doit se manifester dans une partie, siège d'une plaie par exemple, il est presque toujours facile d'en prévoir le développement au changement que celleci présente. Les bords de cette plaie se boursoufflent, prennent la teinte violacée, la suppuration y devient séreuse, ou mémo se supprime complètement. Une douleur d'abord obtuse, ensuite vive et cuisante , s'y fait sentir, un empâtement légèrement œdémateux se manifeste à sa périphérie, la peau voisine rougit et s'enflamme progressivement en partant de ce point central, presque toujours en même temps l'altération, l'anorexie, les frissons, la fièvre, l'insomnie se manifestent. Il n'est pas rare d'observer en même temps des symptômes hépatiques dont la liaison aux accidens que nous venons de signaler est aujourd'hui mieux interprétée qu'autrefois. Si la maladie fait des progrès, elle peut, en prenant les caractères, soit de Térysipèle, soit du phlegmon diffus,
en parcourir toutes les phases avec des chances de résolution d'autant moins grandes qu'il existe alors une cause permanente plus ou moins grave d'irritation, surtout quand les plaies sont profondes, irréguliéres, envenimées, etc., c'est précisément à cette modification spéciale que l'érysipèle traumatique doit ses caractères particuliers, et que le chirurgien est forcé d'arrêter son attention dans l'emploi des moyens appropriés à son traitement.
Les terminaisons les plus ordinaires chez les sujets trés-défavorablement disposés , ou dans des circonstances qui ne permettent pas de faire cesser l'influence traumatique, sont la gangrène , les suppurations intarissables du phlegmon diffus, l'épuisement progressif du sujet, ou les désordres consécutifs à la phlébite suppurative , qui vient assez fréquemment compHquer ce genre de lésion.
Traitement. — Dès qu'apparaissent les premiers symptômes de l'érysipèle traumatique , toute l'attention doit se porter sur les conditions de la plaie. Existe-t-il des étranglemens, il faut les faire cesser immédiatement par des débridemens appropriés; des corps étrangers , les extraire avec le moins d'irritation possible; une stagnation du pus, en favoriser l'écoulement par des contre-ouvertures, ou bien encore en aggrandissant, en régularisant celles qui existent déjà, etc. Si le sujet est fort, dans des conditions d'hypérérnie, débuter par une ou plusieurs saignées du bras, ensuite faire des applications de sangsues à quelque distance de la plaie. Lorsqu'il
202 DE L'ÉRYSIPÈLE TBAUMATIQUE.
existe beaucoup d'irritation, de sensibilité dans celle-ci, le meilleurs topiques, sont les cataplasmes émolliens que l'on peut quelquefois avec avantage, rendre faiblement narcotiques. Si l'inflammation est encore à son début , on pourrait quelquefois la faire avorter par les réfrigérans , mais il ne faut plus y compter avec autant de confiance que dans les érysipèles sans lésion traumatique. La compression, le vésicatoire,les onctions mercurielles, n'ont plus ici les avantages que nous avons reconnus à leur emploi^ dans plusieurs autres variétés. Si le fer incandescent a compté quelques succès dans le traitement de l'érisipèle traumatique, ce n'était pas assurément lorsque l'intensité de l'inflammation, dictait des indications fondamentales, mais dans des cas d'asthénie^ de tendance à la gangrène, etc. , où Ton avait besoin de concentrer les accidens et de réveiller l'excitabilité des tissus; lorsque ces indications se présentent de même que des caractères généraux d'adynanie ou d'ataxie, on les combattra par le quinquina, les autres amers , les alcooliques affaiblis , les antiseptiques locaux et généraux, en se conduisant d'après les règles établies ; il en sera de même sous le rapport des situations les plus favorables à donner aux parties lésées , et de la fréquence des pansemens^ qui devront toujours être faits avec propreté , soin et régularité. — Les complications saburrales et bilieuses, devront être combattues surtout par les acidulés et les laxatifs; les vomitifs pourront quelquefois être employés, mais ils faut en redouter les abus.
DE L'ÉRYSIPÈLE ÏRAUMATIQUE, 2o5
Obs. XXÏII. — Boyer, âgé de 27 ans, ouvrier maçon, jouant avec un de ses compagnons, le terrassa; celui-ci se fâcha, et lui mordit le petit doigt de la main gauche. La douleur fût très-vive , et il s'écoula beaucoup de sang. Cette douleur persista, et le lendemain il était survenu une tuméfaction qili s'étendit bientôt à la main, puis à l'avant-bras.
Dix jours après, époque de son entrée à l'Hôtel- Dieu, le bras gauche présentait un volume plus que double de son volume naturel; la peau en était chaude, fortement tendue, douloureuse. Le petit doigt offrait, à sa face antérieure, une petite plaie transversale qui intéressait la peau , le tissu cellulaire, la gaine tendineuse, et de laquelle s'échappait une petite quantité de pus blanchâtre. On trouve une fluctuation obscure dans la paume delà main. On y pratique une incision longitudinale, d'où s'écoule une assez grande quantité de pus. Le membre est placé dans la demi-flexion sur un oreiller, et couvert de cataplasmes émolliens. Mais outre ces symptômes locaux, il y a une fièvre très-forte, le pouls est rapide, la respiration précipitée, la peau chaude, couverte de sueur, la face animée^ les yeux larmoyans. (Large saignée au bras, boissons adoucissantes, diète rigoureuse.)
Le douzième jour de l'accident, deuxième de son entrée à l'hôpital, le malade est beaucoup mieux. Les symptômes d'étranglement et les symptômes généraux sont en partie calmés» Il s'est fait pendant la nuit une ouverture assez large sur le bord eu-
2o4 DE L'ÉRYSIPÈLE TRAUMATIQUE.
bital de la main. Mais la partie supérieure de Pavantbras étant toujours tendue et douloureuse, on y applique trente sangsues. (Bains locaux, cataplasmes.)
Le quinzième jour, il existe une fluctuation trèsmarquée vers la tète du radius. On pratique une large incision dans laquelle on place une mèche après la sortie du pus. La fièvre est complètement disparue.
Le dix-septième jour, on remarque avec peine que le malade a quelques coliques et un léger dévoiement, complication toujours fâcheuse dans ces sortes de cas. (Demi-lavemens émolliens avec addition de huit gouttes de laudanum de Sydenham dans chacun, eau de riz gommée pour boisson.)
Au bout de huit jours, les symptômes d'irritation intestinale avaient cessé, la suppuration était toujours de bonne nature, mais l'inflammation continuait à faire des progrès, et le vingt-neuvième jour on fut encore obligé de pratiquer une ouverture à la face interne et moyenne du bras pour vider un foyer purulent. Plus tard, un autre petit abcès fut encore ouvert à la partie antérieure de l'avant-bras. Néanmoins, à partir de cette époque, la santé se rétablit promptement, et la guérison était complète moins de deux mois après l'accident. (Dupuytren , loc. cit. p. 307.
Depuis l'année 181 9, nous avons eu l'occasion
d'observer sur trois malades avec quelle facilité ces
rsures, faites par l'homme en colère, amènent
promptement l'érysipèle phlegmoneuxavec des symp-
DE L'ÉRYSIPÈLE TRAUMATIQUE. 2o5
tomes locaux et généraux dont la marche est d'une effrayante rapidité. Au nombre de ces trois malades, un jeune militaire de la plus belle constitution , mordu au doigt indicateur par l'un de ces camarades en fureur, bien que soumis au traitement le plus méthodique , succomba dès le troisième jour au milieu des accidens d'un délire continuel et de l'imminence gangreneuse dans la main, le bras et l'avantbras. Une telle gravité dans ces érysipèles traumatiques tiendrait-elle seulement aux circonstances morales de la blessure, à ses caractères de plaie par déchirement , ou bien la salive du sujet qui la produit aurait-elle acquis chez cet individu furieux quelquesuns des caractères vénéneux qu'elle présente chez les animaux enragés? nous soulevons cette question san's avoir les élémens suffisans à la solution du problème.
Obs. XXIV* — Marie Framay , âgée de 60 ans, vient à l'Hôtel-Dieu, le 7 septembre 1789, avec un érysipèle à la jambe gauche. La langue était chargée et humide, la bouche amère et le pouls un peu fébrile; on tui fit prendre un grain d'émétique, qui produisit une évacuation abondante de matières bilieuses. Malgré ce moyen , continué pendant les trois premiers jours, l'érysipèle s'étendit sur toute la partie postérieure de la jambe. On aperçut alors près de la malléole interne, la cicatrice d'une ancienne plaie prête à se rouvrir. Cette circonstance fît changer le traitement. On enveloppa toute la jambe d'un cataplasme émollient , sans cesser l'administration de
2o6 DE L'ÉRYSIPÈXE TRAUMATIQUE
l'émétique. Une légère suppuration s'établit à la plaie l'érysipéle diminua sensiblement ^ disparut le douzième jour, et la plaie fut fermée quelques joura après, par une cicatrice solide. ( Desault. Loc. cit, p, Sqi.) Obs> XXV. — Belardant, tempérament nerveux lymphatique, taille moyenne , constitution assez dér licate, souvent affecté d'inflammation du coté de Tappareil respiratoire, âgé de 5a ana^ ipenuisier, portait à la jambe gauche, depuis 5 ou 6 mois, une sorte d'escarre sèche résultat d'une excoriation ef?fectuée sur ce membre par l'action d'une pièce de bois ^tranchante à l'un de ses angles. Cette escarre occupait la partie postérieure et le tiers moyen de la jambe. Le premier novembre 1828^ un médecin, consulté pour des douleurs développées dans cette partie , la f^it recouvrir d'un emplâtre prétendu fondant. — 2. Érysipèle très-intense so.us l'emplâtre et dans les parties circonvoisines : application stimulante, mais dont le malade ne peut pas bien nous déterminer la nature. Aggravation de tous les symptômes auxquels on n'oppose aucun traitement rationnel jusqu'au 17, époque à laquelle on transporte le malade à l'hôpital du Mans, dans l'état le plus déplorable. — Sur la jambe gauche, destruction de toute la peau, d'une grande partie de tissu cellulaire, larges décollemens qui s'étendent vers la cuisse en offrant de vastes lambeaux gangreneux inégalement frangés, dénudation et dissection de tous les muscles superficiels jusque dans leurs interstices. Toutesces parties sont baignées par un pus abondant, floconneux, gri-.
sâfro, sanieux; langue sèche, face décharnée, œîl fixe^ pouls misérable, fréquent, irrégulicr; voix faible , éteinte et caverneuse; sueurs nocturnes, dévoienient colliquatif. Il est évident que le sujet ne peut survivre à tant de causes d'un épuisement déjà très-avancé; cependant voulant mettre de son côté le peu de chances de succès qui reslent,nous enlevons tous les lambeaux entièrement gangrenés^ des pansemens réguliers sont faits et les pièces d'appareil arrosées avec le chlorure de soude. Nous soutenons les forces du sujet par le régime et les médications appropriées. Pendant deux ou trois jours un peu d'amélioration, mars bientôt l'épuisement fait de nouveaux progrés et la mort survient, le 28, après plusieurs jours d'agonie, par une extinction lente et graduée, nous fournissant une preuve de la gravité de l'érysipèle traumatique et du danger des applications intempestives sur les plaies même d'abord assez légères.
A l'instant où nous rédigeons cet article, un Mémoire inséré dans le Journal des connaissances médico-chirurgicales^ par M. Cabissol (février, i836, p. 322), arrive à nptre connaissance. Ce Mémoire étant relatif au traitement de l'érysipèle, par le coton écru^ nous en indiquerons les passages les plus saillans , sous le point de vue de celte médication particulière. « Le coton écru qu'une proscription presque générale en France, bannissait du traitement des plaies, est reconnu aujourd'hui comme le moyen le plus efficace dans les brûlures, depuis que
2o8 DE L'ERYSIPÈLE TRAUMATIQUE.
les expériences d'Anderson à l'hôpital du GlascoTy, ont appelé l'attention des praticiens sur celte propriété du coton. Il n'est aucun médecin qui n'ait eu à constater les effets toujours constans de cette substance.... Des observations nombreuses nous ont prouvé que le coton calme instantanément la douleur , autant dans les lésions superficielles de la peau , que dans celles qui, pénétrant profondément,
occupent toute l'épaisseur du derme Frappé de
l'efficacité du coton dans les brûlures, et se basant sur l'analogie évidente qui existe entre l'inflammation de la peau , produite par un corps incandescent, et celle que la nature provoque à la périphérie dans l'érysipèle, M. Reynaud, premier chirurgien en chef de la marine, essaya le coton dans cette dernière maladie, et ce sont les résultats constamment heureux qu'il en retire chaque jour ^ qu'il nous a permis de livrer au monde médical.... Ces résultats ne doivent point étonner, si, comme le pense M. Reynaud^ le coton n'agit qu'en provoquant sur la partie malade une chaleur douce , une sorte de bain de vapeur, qui y entretient une température toujours égale , une humidité convenable , en privant la partie malade du contact de l'air et de la lumière , puissans excitateurs du système cutané. Le coton ne suffit pas dans tous les cas, il ne dispense pas plus que les autres topiques, des moyens généraux, mais il leur prête un trèsgrand secours, il favorise^ il hâte la • résolution, et lorsque cette heureuse terminaison n'a pu avoir lieu , il sert encore à borner l'inflamma-
DE L'ERYSIPÈLE TMUMATIQUE- 209
tion, à en arrêter les progrès en la circonscrivant dans les limites que le médecin veut bien lui imposer La manière d'appliquer le coton est trèssimple, on choisit du coton écru bien cardé..., on en applique une couche assez épaisse , pour priver la partie malade, du contact de l'air et de la lumière, en ayant soin que le coton dépasse, de quelques pouces, les bornes de l'érysipèle. Une compresse et quelques tours de bande, simplement contentifs, maintiennent l'appareil.... On l'enlève toutes les vingt-quatre heures , pour juger de ses effets, ou bien on le laisse pendant toute la durée du traitement , s'il n'y a pas d'indication contraire. Si le coton adhérait trop fortement à la peau dans les cas où il y a un peu de suintement, on le détacherait en appliquant par dessus un cataplasme émollient. )>
Il est aisé de voir que l'auteur conseille ce moyen non-seulement dans l'érysipèle traumatique, mais dans les autres variétés de cette maladie. Suivent quatorze observations d'érysipèles différens à la face aux jambes, miliaire, phlegmoneux, gangreneux et traumatique. Nous rapporterons seulement cette dernière comme propre à la spécialité que nous étudions.
Obs. XXVI. — « Estouin, François, gardien dans l'arsenal, déjà avancé en âge, entre à l'hôpital le 26 février i833. En voulant sauter un fossé rempli de chaux en ébullition, son pied a glissé, il est à demi tombé dans ce fossé, et les avant-bras, ainsi que les membres abdominaux ont été brûlés. Des onctions
^ro DE L'ÉRYSÏPÈLE BILIEUX.
avec la pommade de Delpech sont faites sur toutes^ les parties atteintes. Après quelques jours de ce traitement, une rougeur érysipélateuse se manifeste sur tous ces points, et la réaction est si forte, que là fîé^ vre s^allume et nécessite les saignées générales. On applique du coton d'abord sur la jambe droite^ quelques jours après sur le membre abdominal gauche, enfîn^^ en dernier lieu, sur les avant-bras. Dans ces expériences, on a toujours vu la douleur se calmer après quelques heures, le gonflement, la rougeur^ diminuer et disparaître en peu de temps sur les parties recouvertes de coton, tandis que ces symptômes persistaient sur celles que l'on pansait d'après la méthode ordinaire. - — D'après cette observation, on a pu suivre pas à pas l'action du coton ; elle est constante en ce que les points recouverts ont guéri beaucoup plus tôt que les autres, et que les souffrances du malade cessaient aussitôt après l'applicalion du coton, tandis qu'elles continuaient sous l'influence des autres topiques ( pommade de Delpech et cataplasmes émolliens laudânisés ). » ( Loc, Cit,^ p. 325. )
5"* DE l'érysipèle bilieux.
On décrit génétàlement sous cette dénomination l'érysipèle a teinte flavescente, se manifestant sans cause locale et soùs l'influence de ces dispositions moi'bifiques des systèmes hépatique et gastro-intestinal, désignées sotis le titre commun di état bilieux.
DE L'ÉRYSIPÈLE lîiLfEUX. 2 1 1
Nous ferons toutefois observer qu'il ne faut pas s'en laisser imposer par cette commune dénomination, elle cache en effet quelquefois des dispositions morbides qui tiennent beaucoup plus à l'irritation du système hépato-digestif qu'à la prédominance biliaire. C'est au praticien à bien distinguer les nuances de cet état, afin de ne les pas envelopper dans une thérapeutique uniforme, et qui par cela seul pourrait devenir meurtrière.
Desault : « La première espèce d'érysipèle et la plus simple, est celle que Sauvages et Culîen appellent erjthema^ du nom qu'Hippocrate emploie pour désigner toutes les rougeurs érysipélateuses. Mais ce mot n'est pas général, et le sens qu'on y attache est peu déterminé; il paraît plus convenable de conserver à cette espèce le nom à'érjsipèle bilieux^ employé par le plus grand nombre des auteurs, non qu'on doive adopter la théorie métaphysique des galénistes, mais parce qu'il semble que ce mot renferme l'idée de la mauvaise disposition des premières voies, l'un des symptômes principaux et celui qui distingue surtout des autres cet érysipèle, dont les symptômes sont ceux-ci : la tuméfaction est légère , le plus souvent insensible, la peau a une couleur rose, tirant sur le jaune, le sentiment que le malade éprouve est moins une douleur tensive qu'une cuisson douloureuse analogue à celle de la brûlure de l'eau chaude ou des' rayons du soleil. Vers l'invasion, souvent plus tôt, l'appétit se perd, la bouche devient amère, la langue est humide et couverte
112 DE L'ERYSIPÉLE BILIEUX.
d'un enduit jaunâtre, il survient des nausées et quelquefois des vomissemens de matière bilieuse; le malade, abattu, éprouve des lassitudes, des douleurs vagues et un sentiment vif de chaleur, sans cependant une grande sécheresse à la peau, ni beaucoup de soif. Souvent la maladie commence par une fièvre plus ou moins ardente, précédée de frisson et accompagnée d'un mal de tête violent. » ( Loc, cit. p. 58i. )
Boyer : « L'érysipèle peut être compliqué avec une fièvre inflammatoire, une fièvre bilieuse ou une fièvre putride ; [alors, aux symptômes qui lui sont propres se joignent ceux de la maladie qui le complique... la complication avec une fièvre bilieuse est marquée par la fréquence du pouls, dés nausées, un goût d'amertume, un enduit jaunâtre de la langue, des paroxismes violens, mais réguliers, etc. » ( Loc, cit. p. 1:2. )
Marjolin : « Une seconde espèce d'érysipèle est le bilieux , il est assez fréquent et produit par des causes qui ont agi sur les viscères intestinaux ou sur des organes importans à la vie et qui sont en rapport avec le foie. Il est plus fréquent en été que dans les autres saisons, il peut être occasionné par tous les alimens qui activent la sécrétion biliaire ou qui peuvent irriter le foie, l'estomac, les intestins. Il s'observe encore après des plaies de tête , et ce qui est bien remarquable dans ce cas , il n'y a presque jamais continuité entre la plaie du crâne et l'érysipèle de la face qui en est la suite. Souvent l'une se trouve d'un côté.
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tandis que l'autre survient du côté opposé. » (Leçons orales ^ i8i3. )
Chomel et B lâche : « Fréquemment l'amertume de la bouche, la soif, l'enduit jaunâtre de la langue, la couleur jaune de l'urine, la teinte analogue et la chaleur acre et sèche de la peau , et quelquefois l'évacuation de matières bilieuses par la bouche ou par l'anus caractérisent une des variétés les plus remarquables de l'érysipèle qu'on désigne sous le nom d'érysipèle bilieux. » ( Loc, cit,^ p. 224. )
Prédispositions, Causes. — Tempérament bilieux, moral ardent, ambition, climat chaud et sec ^ été brûlant, profession sédentaire, sexe masculin^ âge viril, alimentation surabondante, salaisons, épices, gibier, viandes faisandées, fromage passé, crudités, eau de mauvaise qualité, vin frelaté, constipation, état hémorrhoïdaire, suppression du flux qui l'accompagne , exposition pendant quelque temps à l'ardeur du soleil, ictère, toutes les influences capables d'amener des perturbations organiques, fonctionnelles^ et surtout des irritations dans les appareils hépatique et digestif. Certaines constitutions atmosphériques, etc.
Symptômes, — Il existe presque toujours des phénomènes précurseurs de l'inflammation locale, et ces phénomènes tantôt disparaissent ou diminuent après sa manifestation, tantôt l'accompagnent dans sa durée , lui survivent même quelquefois : anorexie , nausées, amertume de la bouche, langue jaunâtre ou muqueuse , souvent tremblotante, horripilations, mal-
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aise, frisson vague , lassitude spontanée, assoupissement , rêvasseries pendant la nuit; chez quelques sujets, pression, constriction pénible vers les tempes, céphalalgie susorbitaire 5 vive, poignante, insupportable , sans qu'il existe aucun caractère d'irritation encéphalique. Cette douleur est le plus ordinairement sympathique de l'état de l'estomac, aussi des éructations et quelquefois des vomissemens l'accompagnent, diminuent son intensité; quelquefois soif y fatigue d'estomac , douleur ëpigastrique, chaleur générale , sèche, brûlante, sans rougeur de la peau, coliques, diarrhée bilieuse ou constipation. Après un , deux ou trois jours apparaît l'érysipèle , caractérisé par le peu dégonflement des parties , la rougeur claire et circonscrite par un cercle jaunâtre, la douleur moins vive que purigineuse, la chaleur acre sans inflammation bien développée, à tel point que dans certains cas on pourrait se demander s'il n'existe pas simple hypérémie, simple congestion sanguine lo*cale, plutôt que véritable inflammation. Assez souvent, engorgement des ganglions lympathiques dans le voisinage des parties érysipélateuses , mais sans ces cordons rougeâtres et sans les caractères de l'angioleucite qui complique souvent les érysipèles traumatiques et phlegmoneux. Ces engorgemens paraissent ici plutôt le résultat d'une simple excitation sympathique. — Dans les cas ordinaires, les symptômes locaux ont acquis tout leur développement du second au cinquième jour. La marche est presque toujours progressive j surtout à la face, et, si l'on excepte ce
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dernier siège, i'érysipéle bilieux n'offre pas communément beaucoup de gravité; presque toujours il se termine par la résolution, même sans les secours de Fart. L'urine, pendant le cours de l'altération est souvent rare, jaune et safranée, elle augmente vers la fin quelquefois de manière à constituer un moyen critique, mais ce bénéfice de la nature s'effectue plus communément par les selles. Il survient rarement du délire, excepté dans les érysipèles de la face.
Traitement, — Dans cette variété le traitement Jocal offre bien peu d'importance et c'est surtout alors que les parties affectées supportent mal presque toutes les applications topiques.
L'expérience a prouvé depuis long-temps que ces applications restent le plus souvent sans effet pour modifier le cours de l'inflammation érysipélateuse , qui d'ailleurs offre bien rarement des accidens à redouter tant qu'il n'existe pas de complication étrangère à la maladie. Si dès-lors on peut mettre en usage quelques lotions avec les infusions de mélilot, de tilleul, etc. , des onctions avec l'axonge, la crème de limaçon, la pommade de concombre, etc., c'est beaucoup moins à titre d'antiphlogistiques et comme agens decuration que dans le but d'alléger la chaleur, la douleur et le prurit plus ou moins insupportables des parties affectées. — - Faut-il, dans cette variété^ recourir aux onctions mercurielles , aux réfrigérens, etc. , etc.? Nous ne le pensons nullement; nous voyons bien les inconvéniens de ces médications , mais nous n'en sentons pas les avantages: nous alten-
2i6 DE L'ÉRYSIPÈLE BILIEUX.
drons, pour les conseiller, que l'expérience en ait suffisamment justifié l'application. — Le traitement essentiel doit donc porter ici particulièrement sur la cause intérieure : les vomitifs et les purgatifs s'offrent dès-lors tout naturellement au praticien. Mais , nous devons le dire, ces moyens, employés sans discernement , peuvent offrir des inconvéniens graves , et l'on a trop souvent procédé sans examen de la manifestation d'une cause bilieuse à leur emploi. Les vomitifs surtout ne doivent être mis en usage que dans les cas d'embarras gastrique bien déterminé, sans complication inflammatoire des appareils hépatique et digestif, sans tendance à la congestion cérébrale. Lorsque l'indication que nous venons de préciser existe, un vomitif enlève quelquefois merveilleusement et ces violentes céphalalgies que nous avons signalées, et l'érysipèle lui-même, en le faisant en quelque sorte avorter dans son développement. Nous en avons observé des exemples assez nombreux, et Stoll surtout paraît avoir tiré le plus grand parti de cette médication dans les circonstances particulières que nous venons de préciser; mais^ dans la plupart des cas, il ne faut pas procéder ainsi. — Le malade est-il pléthorique, l'inflammation locale assez intense , lors surtout qu'elle siège à la face , on doit débuter par une ou plusieurs saignée» du bras, et s'il est ensuite nécessaire, effectuer des applications de sangsues à distance du point érysipélateux; nous les avons souvent placées avec avantage au siège même sans complication hémorrhoïdaire , pour des
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érysipéles de la tête. — Pendant les premiers jours: repos au lit ^ diète , bouillon de viandes blanches , boissons légèrement acidulés ou gommeuses, mucilagineuses, amylacées, suivant la susceptibilité gastrointestinale. Lavemens émolliens. — Vers le troisième ou quatrième jour, si les accidens persistent avec embarras gastrique déterminé : vomitifs; dans l'hypothèse contraire j et s'il existe complication : purgatifs, en ne supposant aucune contrindication dans l'emploi de ces moyens. — Lorsque la desquammation est achevée, avant de rendre au malade ses alimens habituels : nouveau purgatif; et pendant quelques jours, suivant les dispositions digestives : infusions amères, eaux de Vichy, de Seltz, de Sedlitz, etc. — Nous ne parlons pas ici du traitement des complications : il varie suivant ces dernières, et rentre dans les généralités.
Obs. XXVII. — Au commencement de l'automne, un forgeron entra à l'hôpital; il disait éprouver depuis six jours plus de chaleur qu'à l'ordinaire avec de légers frissons de temps en temps, des lassitudes, des envies de vomir, du dégoût. La joue gauche et la partie située au-dessous de l'œil s'enflèrent et devinrent douloureuses par un érysipèle; la douleur l'empêchait de remuer la tête; il avait la bouche amère , la langue muqueuse , jaune et villeuse. Ayant fait usage de fondans salins, de beaucoup d'oxymel, et ayant pris ensuite un éméto-cathartique, il rendit par le vomissement et par les déjections une pituite amère , très-abondante ; il fut bientôt soulagé. Le
2i§ DE yÉHYSiPÈLB BILIEUX.
ventre étant resté libre et les déjections très-fré? quentes,il se rétablit en peu de temps. Je n'appli^ quai rien sur l'endroit douloureux. On peut voir., par cette histoire d'érysipèle et par d'autres que je crois inutile de rapporter, quelle était la cause^de la maladie, ainsi que la méthode qui lu| convenait. (Stoll, loc, cit, , p. 3o3.)
■ Obs, XXVIÏI. — Ad. Goyde^ âgée dQ 37905^ d'un tempérament bilieux , à 1^ suite d'un grand maj de tête, d'une soif ardente avec difficulté de respirer, fut attaquée d'un érysipèle à la partie supérieure de la face et surtout aux paupières qu'elle ne pouvait écarter. A son arrivée à THôtel-Dieu^ elle avait U langue chargée , la bouche amère, un dégoût absolu, des envies de vomir, une chaleur ardente, un pouls plein , dur et fréquent. Les règles, qui parurent alors, obligèrent de retarder l'emploi des moyens curatifs , propres à combattre ces accidens. Un grain tl'émétique , donné le troisième jour dans une pinte de boisson , procura plusieurs selles bilieuses qui soulagèrent un peu la malade. On réitéra le même remède, et le cinquième jour , la rougeur et le gonflement étaient presque entièrement dissipés. Trois minoratifs, coniposés d'une once de pulpe de casse, de deux onces de manne et d'un grain d'émétique, qu'on fit prendre les jours suivans, achevèrent la guérison. (pesault, loc. cit.^ p. 590. )
Obs. XIX.— Au lîiois d'avril 1 683, je fus mandé en grande diligence pour aller voir M- le marquis de Saint-Pierre, lequel, jouissant d'une s^nté très-par-
faite, fut subitement saisi d'un grand frisson, qui dura deux heures et qui fut suivi d'une grosse fièvre, avec assoupissement, rêverie, les lèvres et la langue sèches et toutes rôties. Mon premier soin fut de lui faire une grande saignée, et ensuite de le bien rafraîchir avec de l'eau bien fraîche dans chaque aiguierée de laquelle je fis mettre un citron coupé par tranches , avec très-peu de sucre; et trois heures après, je lui fis donner un lavement rafraîchissant, avec trois onces de miel violât dans le petit-lait. Je réitérai le soir une saignée de deux palettes seulement. Le lendemain, la fièvre se trouva considérablement diminuée, aussi bien que tous les autres accidens; démangeaison au gras de la jambe droite ; je demandai à la voir; je la trouvai tapt soit peu tuméfiée et extrêmement rouge ^ ce qui na'engagea à réitérer la saignée et le lavement, et à lui faire continuer la même boisson , et pour remède topique , un linge en double, trempé dans l'eau de la reine d'Hongrie, que j'appliquai sur la partie malade. Ces remèdes produisirent un si bon effet , que le malade se trouva parfaitement guéri en quatre ou cinq jours , après lesquels je le purgeai avec la rhubarbe et le sel végétal , de chacun un gros, infusé pendant la nuit dans un grand verre d'eau de veau, et le lendemain une once de manne de Galabre en larme, fondue dedans, et coulée au travers d^un linge; et deux heures après cette potion prise, on lui donna un bouillon rafraîchissant. ( Lamotte , loc, cit. , p. 409- )
220 DE L'ÉRYSIPELE TYPHODE,
6^ DE l'ÉRYSIPÈLE TYPHODE. n
L'érysîpéle typhode, de tûço;, stupeur (Erjsipelas Tjrphodes ^ fièvre maligne érysipélateuse, Sauvages; érysipèle ataxique ou malin, Pinel, Chomel,Blache, que l'on pourrait encore appeler miasmatique d'après la nature supposée de la cause qui parait le produire ordinairement), est celui que caractérise l'irritation ataxique du système nerveux et cet état général de la constitution désigné par le terme de typhus.
Sauvages : « Estfebris maligna initio tjphodeSy delndè biliosa^ alternis diehus paroxymum for-^ tiorem^ sed unum quotidie inferens^ in quâ cum delirio , summâ virium prostratione tertiâ die erumpit tumor erjsipelatosus faciei ^ \>el hume-roruTYiy coin y hrachii ^ febre tune temporis vividd ardente^ quœ primis diehus ex pulsu vix poterat cognosci. » (^Loc. cit. , p. 420.)
Chomel et Blache : « L'érysipèle qui est joint à un trouble général du système nerveux, offre dans son cours une grande irrégularité, des variations brusques dans son intensité, dans son étendue, des changemens rapides dans son siège et de fréquentes métastases sur les organes intérieurs; quelques auteurs l'ont appelé érysipèle malin ou ataxique.» ÇLoc. cit., p. 225.)
Prédispositions, Causes. — Cette variété peut affecter tous les sujets , se manifester dans tous les lieux et dans toutes les saisons, cependant on l'ob-
DE L'ERYSIPÈLE TYPHODE. 221
serve plus communément chez les individus nerveux, trés-impressionnables, actuellement sous l'influence des passions tristes et surtout de la nostalgie, dans les hôpitaux , les prisons , les camps , les grandes villes, les pays chauds, humides, les lieux marécageux, etc.
La cause principale en est souvent inconnue dans sa nature, et nous sommes bornés à la désigner par le terme de constitution atmosphérique, d'influence miasmatique, etc., qui donne presque toujours à la maladie le caractère épidémique, mais sans qu'il nous soit possible de remonter à la nature intime de cette cause, et par conséquent de l'attaquer et de la combattre par des moyens rationnels et fructueux. Il n'est pas même toujours facile de faire la part des prédispositions, puisque nous voyons les sujets les plus diamétralement opposés par les conditions d'âge, de sexe, de force, de tempérament, de profession, de genre de vie, d'habitude, etc., être également frappés par cette cause mystérieuse.
Symptômes, — A tous les caractères variés du typhus, des fièvres dites malignes, ataxiques, etc., et que nous ne devons pas retracer ici , viennent se joindre les symptômes particuliers de l'érysipéle, sur lesquels nous insisterons particulièrement. La rougeur est ordinairement terne , quelquefois même violacée , la chaleur peu régulière , tantôt vive, brûlante , prurigineuse , tantôt presque nulle , quelquefois même avec des caractères de stupeur et d'insensibilité; la consistance est pâteuse ; chez quelques
222 DE L'ÊRYSiPÈtÊ fîPHODË.
sujets on observe même des caractères très-rapprdchés de ceux de Femphysème; si des vésicules se manifestent, la sérosité qu'elles renferment est grisâtre, et les phîyctènes en s'ouvrant laissent quelquefois apercevoir des ulcères gangreneux. C'est particulièrement à la marche de cet érysipèle ^ que doit s'arrêter l'attention du praticien. Il survient brusquement et disparaît de méme^ tantôt pour se porter vers un autre point de la peau (érysipèle erratique), tantôt pour envahir l'un des organes centraux (érysipèle métastatîque), ce dernier caractère constitue spécialement la gravité de l'érysipèle typhode, quant aux symptômes locaux. Il peut se ter^miner par résolution, par métastase, par gangrène^ avec des désordres larges et profonds^ etc.
Traitement. — C'est particulièrement dans celte variété, qu'il faut considérer la fluxion érysipélateuse comme le moyen critique d'une altération constitutionnelle, et dès-lors ne jamais perdre de vue^ que l'indication fondamentale du traitement se trouvé renfermée dans ces deux mots, enchaîner Vérysipèle à son siège primitif. On conçoit dès-lors que toute méthode répercussive , que la plupart même des topiques antiphlogistiques, doivent être sévèrement proscrits. Soutenir l'état constitutionnel, ordinairement par le quinquina , les autres toniques , par un régime approprié; combattre les symptômes nerveux par les antispasmodiques; se borner à l'expectation locale , si la marche de la fluxion érysipélateuse est régulière; entretenir un état d'excitation suffisante? ^^
DE L'ÉRYSIPÈLE TYPHODE. 2^5
par les fomentations alcooliques , le quinquina , etc. , lorsque l'inflammation faiblit; rappeler énergiquement et promptement cette inflammation à son siège primitif., par les sinapismes, le cautère transcurrent , mais bien mieux encore par le vésicatoirc directement appliqué dans ce lieu , lorsque l'érysipèle a fait métastase vers des organes importans; combattre les complications inflammatoires qui peuvent se rencontrer, mais alors ne jamais abuser des évacuations sanguines , surtout de la saignée veineuse, abus qui pourrait favoriser la métastase , ou jeter les sujets dans une fâcheuse asthénie : tels nous paraissent être les moyens applicables à la majorité des cas dans l'érysipèle typhode.
Strom (Mémoire sur F emploi du ferment de la bière à l'intérieur ^ dans le traitement de Vérjsipèle malin. Nouveaux actes ^ t. I. Copenhague, 1818.) cite quatre cas d'érysipèle à la face, accompagnés de symptômes très-graves^ dans lesq^iels ce médicament a paru produire une amélioration trèsprompte. Il l'administre mêlé à la bierre, sans en préciser la dose.
aM. Velpeau (Lanc et, -Franc. i83i, t. V, p. 106»^ dit avoir obtenu de grands avantages des pilules nitro-camphrées avec association d'un peu d'opium. Ces moyens particuliers peuvent devenir utiles y appliqués à certaines variétés de la maladie ; mats il ne faut pas les employer sans distinction dans l'érysipèle typhode , comme l'ont bien fait observer les médecins qui les ont conseillés.
224 DE L'ÉRYSIPÈLE TYPHODE.
Obs, XXX. — Un homme chez lequel a été pratiquée une pupille artificielle, dont les yeux sont en mauvais étal, et qui, quoique la pupille ait été bien formée, n'y voit pas du tout, dont l'œil est presque entièrement affaissé, éprouve des douleurs de tète; il y a probablement affection au cerveau. Ce malade veut qu'on lui applique un vésicatoire de lo à 12 lignes sous le front; il est pris d'érysipèle. On le saigne ; les sangsues sont appliquées au cou ; pas de vésicatoires.
Le sixième jour, délire, carphologie , langue sèche ; alors pilules nitro-camphrées : dès le lendemain, langue moins sèche, moins de délire; on continue les pilules, et le troisième jour l'érysipèle est considérablement diminué. Le malade guérit.
Obs. XXXL — Un homme, ayant mal aux yeux, est pris d'érysipèle dont le point de départ fut un séton à la nuque ^ et qui envahit le cou, la tête, la face, les épaules, la poitrine, les fesses et les cuisses. Il est abattu, a peu d'énergie, une de ses cornées est en fonte purulente , sans signes tranchés d'inflammation aiguë. On n'ose pas employer les antiphlogistiques , les vésicatoires ne produisent aucun amendement, les purgatifs échouent.
Le dixième jour, l'érysipèle occupe le ventre et les cuisses, le délire ne cesse pas, adynamie. On emploie les pilules nitro-camphrées. Le lendemain , mieux. Continuation.
Le quatrième jour, l'érysipèle disparaît, la langue s'est humectée, nettoyée, l'appétit est revenu; gué-
DE L'ÉRYSIPÈLE ASTHÉNIQUE. aaS
rison après une longue convalescence. {Loc, cit, , p. io6.)
7° DE l'ÉRYSIPÈLE ASTHÉNIQUE.
L'érysipèle asthénique de : a , c^ivoc, , absence de forces, (adynamique ou gangreneux, Pinel; érjrsipelas gangrenosuTrijBaiteman ; adynamique, Chomel et Blache; gangreneux, Broussais.)
Quelques auteurs ont décrit séparément les érysipèles asthénique et gangreneux; mais en considérant les circonstances dans lesquelles se manifeste l'érysipèle gangreneux proprement dit, nous voyons^ dans la grande majorité des cas, qu'elles sont précisément celles de Pérysipèle asthénique; nous craindrions dèslors, en les isolant, de multiplier sans besoin des variétés déjà très-nombreuses, nous les décrirons sous cette dénomination commune.
L'érysipèle asthénique est celui que caractérise un état général de prostration et d'abattement des forces, un défaut de réaction et d'activité dans la marche de la phlegmasie locale avec tendance manifeste à la terminaison par gangrène.
Broussais : a L'érysipèle gangreneux est rarement primitif et dépend souvent d'une gastrite aigiie ou chronique, les inflammations ordinaires prolongées entraînent toujours un certain degré d'infection de l'économie par la production du pus , l'altération du mucus, etc. » (Loc. cit. 219.)
Chomel et Blache : « Une autre variété plus rare
226 DE |.'f,Ç¥^ip|LS AQTHÉI^IQUE.
e( îrés-iraportante à signaler est l'érysipèl^ ^(lynamique^ il a pour caractères, d'une part, le groupe dp symptômes qu'on rapporte à la fièvre de ce nom; de l'autre , la cpujeur d'abord yipl^céq , puis livide, noirâtre et comme marbrée de l'érysipèle, une tuméfactiori ïiiplle, parseniée de phlyctènes, au-dessous desqppjles le deripe présente une couleur noire. La terminaison par gangrène pst ici la plus fréquente.... La gangrène est un accident si rare dans l'érysipèle, qu'elle en forme une variété, plutôt qu'elle ne doit étr^ considérée cqrnme une de ses terminaisons pro^ près. L'érysipèle gangreneux est assez souvent annoncé par une chaleur brûlante et une douleur vive, bientôt qr observe une rougeur livide et du gonfleiTient dans la partie sur laquelle se développent de larges phlyctènes ou des taches livides marbrés, dont l'odeur est très-fétide et qui laissent écouler une sanie corrosive. La gangrène porte le plus souvent sur la peau elle-même, elle se montre ordinairement après la rupture d'une phlyctène sous la forme d'une tache blanche, grise ou noirâtre, qui se sépare des parties •^oisines au bout d'un certain nombre de jours. Si la gangrène porte en même temps sur le derme et sur le tissu cellulaire sous-cutané, les escharres sont plus épaisses et ne se détachent qu'au bout d'un temps plus long, etc. )) (Loc, cit. p. 22^ et 226.)
Prédispositions ^ causes, — • Cette variété affecte spécialement les vieillards, les sujets scorbutiques , cacochymes, affaiblis, usés par la débauche, la misère, les maladies antérieures, l'usage des viandes putré-
DE L'ÉRYSIPÈLE ASTHjiNIQUp. 227
fiées, des blés gâtés, des mauvais alimcns de toute espèce ; les individus frappés de découragement et de nostalgie. On l'observe surtout dans les pays humides et froids, dans les hivers pluvieux, dans les grandes villes, etc. Les influences miasmatiques, les inflammations gastro-intestinales prolongées, enfin ces conditions générales de l'organisme désignées par le terme d'état adynamique, asthénique forment les circonstances les plus ordinaires de son développement. Peut-il être produit par un agent essentiellement gangreneux qui porte dans les parties affectées un principe de mortification inévitable, comme la pustule maligne et le charbon? Quelques auteurs ont semblé l'admettre en formant une variété de l'érysipèle gangreneux. Sans nier absolument la possibilité de cette influence , nous ne trouvons pas encore dans les faits des preuves suffisantes pour en légitimer l'adoption , et jusqu'ici du moins, nous regardons la gangrène comme se liant aux dispositions locales et générales de l'état asthénique. L'action du froid long-temps continuée sur les parties du tissu dermoïde les plus éloignées du centre circulatoire amène fréquemment une sorte d'asthénie locale avec inflammation érysipélateuse généralement connue sous le nom d'engelures , et dans laquelle on pourrait peutêtre voir une variété de l'érysipèle asthénique sans accidens généraux.
Symptômes, — Aux caractères de l'état asthénique général^ connu sous le titre d'asthénie, adynamie, et dont nous ne devons pas faire ici la description,
228 DE L'ÉRYSÏPÈLE ASTHÉNIQUE.
se joignent des caractères locaux qui méritent seuls de nous occuper. La rougeur est toujours foncée j violacée, noirâtre, souvent elle ne disparaît pas sous l'impression du doigt, ou lorsqu'elle s'efface , elle ne se reproduit qu'avec lenteur. La chaleur, quelquefois vive au début, est bientôt réduite à des conditions très-bornées. Il en est de même de la douleur, qui devient ensuite presque nulle, ou fait place à l'insensibilité. La tumeur est peu développée, la consistance molle, pâteuse, assez fréquemment avec œdème profond. Des phlyctènes larges, contenant une sérosité grisâtre ou putrilagineuse, laissent voir en s'ouvrant un fond noirâtre et quelquefois .déjà gangrené. -— La marche de cette inflammation est chronique , rarement erratique, et lorsqu'elle devient progressive, c'est plutôt par les empiétement de la mortification que par ceux de la phlegmasie. — La résolution est rare, la suppuration toujours de mauvaise nature, accompagnée de profonds désordres, surtout dans l'érysipèle phlegmoneux. La gangrène, avec toutes les conséquences qu'elle peut entraîner , car il est rare qu'elle se borne en pareil cas, offre la terminaison la plus commune de l'érysipèle asthénique.
Traitement, — Il existe un moment insidieux dans le traitement de l'érysipèle adynamique dont le médecin doit être surtout bien prévenu, ce moment est celui de l'invasion et quelquefois toute la première période; souvent alors en effet la maladie s'annonce avec des caractères inflammatoires qui
DE L'ÉRYSIPÈLE ASÏIIÉNIQUE. 229
sembleraient exiger remploi des émissions sanguines et des autres antiphlogisliques. Si l'on com.mct la faute grave de répondre énergiquement à cette première indication, l'on ne tarde pas à s'apercevoir, mais trop tard, qu'il ne s'agit ici que d'un effort momentané de l'organisme incapable d'en soutenir les frais, dont le développement est bientôt suivi d'un collapsus proportionné à son élévation, et dont les émissions sanguines ont tellement augmenté les dispositions qu'il est presque toujours impossible d'en réparer les conséquences. — Dans une épidémie qui régna à Caillan en 1750, et décrite par Darluc sous le nom de fièvre putride érysipélateuse, des saignées préparatoires , des vomitifs et des purgat'^fs administrés immédiatement après, furent considérés comme les moyens les plus efficaces {Ancien journal de médecine^ par Vandermonde, t. VIÏ p. 55.) On cite encore plusieurs faits de ce genre, ils ne doivent pas en imposer à l'observateur attentif et les caractères mêmes des altérations prouvent assez que l'on avait affaire plutôt à des érysipèles compliqués d'inflammation hepato-digestive ou d'embarras bilieux avec oppression des forces qu'à des érysipèles essentiellement adjnamiques : tant que cette distinction importante n'aura pas été faite par le pathologiste , son traitement portera nécessairement à faux dans cette variété. — Un air sec plutôt frais que trop chaud, bien renouvelé, le repos, des boissons acidulés que l'on aromatise ou que Ton rend toniques au besoin par l'addition du quinquina, les alcooli-
à5o DE L'ÉRYSIPÈLE ASTHÉNlQUE.
ques avec discrétion et discernement, le camphre à l'intérieur , la liberté du tube digestif en évitant le vomissement et la diarrhée, les frictions balsamiques; le plutôt possible , les alimens substantiels en quantité modérée, etc., tels sont les moyens généraux qui doivent constituer la base de ce traitement. — Les applications topiques exigent beaucoup d'attention; dans le premier moment de l'irritation et de la douleur , il faut se garder des applications excitantes et toniques, elles pourraient souvent exagérer ce premier effort de fluxion , rendre la stase du sang inévitable dans les capillaires d'autant plus incapables de s'en débarrasser que la distension joindrait bientôt ses effets à ceux de leur faiblesse actuelle^ et qu^il surviendrait alors gangrène par arrêt circulatoire dans les petits vaisseaux, et comme on le disait improprement jadis par excès d'inflammation. îl faut plutôt chercher à tempérer ce premier mouvement sinon par les émolliens et les narcotiques dont les effets pourraient être alors nuisibles, au moins parles acides trés-étendus et légèrement réfrigérens. Ici la répercussion n'est plus à craindre comme dansl'érysipèle typhode et la résolution ou même l'avortement inflammatoire est le but vers lequel on doit tendre avec ménagement. — Aussitôt que la seconde période arrive les toniques locaux, le quinquina, les fomentations alcooliques , etc. , doivent remplacer tout autre moyen. — Si l'inflammation tend à devenir diffuse on peut quelquefois alors en chercher la concentration par les vésicatoires camphrés appliqués
DE L'ÉRYSIPÈLE ASTHÉNIOUE. 25 1
seulement pendant une heure ou deux, par le cautère objectif, etc., etc. — Enfin si la gangrène se manifeste, les antiseptiques , surtout les chlorures , les digestifs animés pour favoriser la chute des escarres, les lotions, les fomentations avec l'alcool camphré, des pansemens très-régulîers et tous les moyens relatifs à la conduite raisonnée d'une bonne cicatrisation compléteront le traitement local.
Obs. XXXII. — Beauhaire ( Charles ), âgé de 70 ans, ouvrier cordier, constitution forte, entre à l'hô* pital le 3o avril i835. Cet homme est atteint d'un érysipéle gangreneux^ étendu depuis l'articulation tibio-tarsienne du côté droit jusqu'à celle du genou^ survenu depuis cinq jours, après une chute que fit le malade, et de laquelle il résulta une petite plaie contuse à la jambe. Dès le lendemain, la progression devint douloureuse et la rougeur érysipélateuse ne tarda pas à se montrer. A son entrée à l'hôpital, elle occupait toute la jambe : d'un rouge livide et brillant à ses faces antérieure et interne, plus pâle à son côté postérieur, elle coïncidait avec un empâtement remarquable qui attestait la participation du tissu cellulaire profond; la douleur était peu intense ; quelques phlyctènes larges et noirâtres se môntraieht ça et là; quelques points d'un rouge foncé paraissaient déjà frappés de mortification; une petite escarre à demi détachée, occupant le lieu de la contusion, laissait échapper une quantité notable de pus sanieux; la mobilité de la peau environnante décelait un décollement étendu déjà à plusieurs pouces.
— Les symptômes généraux que cet érysipèle fit naître furent assez graves, tant à cause de l'intensité de la maladie^ que de l'âge avancé de cet homme. Des bouillons, une tisane adoucissante, quelques purgatifs légers dès le début; la thériaque le soir à dose d'un demi-gros, le camphre à celle de quatre grains, furent administrés. Des incisions profondes, faites dans plusieurs points, donnèrent issue à des portions de tissu cellulaire gangrené. La suppuration fut très-abondante, bien que les pansemens, fréquemment renouvelés, ne permissent pas le séjour du pus dans ses divers foyers; mais enfin elle tarit peu à peu, les incisions se couvrirent de bourgeons charnus, et une portion de tibia nécrosé à l'endroit de la contusion retarda seule la guérison, qui aurait été prompte sans ces accidens; mais ce qui nous intéresse le plus dans cette observation, et dont j'ai omis à dessein de faire mention, c'est que quatre jours après l'entrée de Beauhaire à l'hôpital, la rougeur érysipélateuse se prolongea vers la cuisse jusqu'à l'aine; toute celte partie du membre devint très-rouge, dure, tuméfiée, douloureuse : des élancemens s'y faisaient sentir, et tout annonçait que du pus ne tarderait pas à s'y former. Du coton cardé fut aussitôt appliqué, et quelques jours après tous ces accidens avaient disparu : il resta seulement un peu d'empâtement, qui ne tarda pas à se dissiper sous l'influence du même moyen. ( Cabissol, Loc. cit.^ p. 326. )
Nous pensons que le traitement interne dirigé
DE L'ÉRYSIPÈLE ASTIIÉNIQUE. 233
suivant les indications, a produit dans le cas précédent plus d'effet pour la guérison de l'érysipèle que les applications du coton , qui , d'après Topinion même de l'auteur, ne peuvent exercer qu'une action protectrice et de fomentation ^ non point une influence excitante et véritablement tonique , à la manière du quinquina, de l'alcool camphré, etc. dont les bons effets se trouvent suffisamment constatés dans le traitement de l'érysipèle asthénique; toutefois nous avons voulu donner une preuve d'impartialité dans nos citations , en faisant connaître un moyen auquel nous préférons ceux dont nous avons parlé y dans tous les cas où l'état local indique un abaissement notable de la vitalité.
Obs. XXXIII. — Au mois de mai de l'année i685, on nous pria , monsieur DesRoziers mon confrère et moi, de voii: un laboureur demeurant à un quart de lieue de notre ville , qui était atteint d'une fâcheuse érysipèle , qui occupait presque toutes les parties de son corps , dont il y en avait au moins un quart en différens endroits , qui tomba en mortification , la peau était toute noire, exhalant une odeur insupportable , et sans aucun sentiment; putréfaction , qui heureusement , ne s'étendait pas au-delà des tégumens , qui se séparèrent; après quoi, les ulcères restans, furent en aussi peu de temps mondifîés et cicatrisés , et le malade fut heureusement guéri , par les soins que M. Des Roziers lui donna , mais non sans beaucoup de temps et de remèdes, et un emplâtre de styrax , du vin aromatique , du vin miellé, une lo-
tion avec le vin , l'aloès, la myrrhe , l'aristoloche longue et la ronde, le sucre, l'eau-de-vie, et enfin tout ce que l'art ^ l'expérience et la raison , peuvent imaginer pour conduire une aussi grande maladie à une heureuse fin, ce qui ne serait jamais arrivé, avec tout cela , si la nature ne se fût pas aussi bien soutenue qu'elle le fit chez ce malade ; sans quoi il aurait succombé. (Lamotte. Loccit.^p. 4t8.)
B"* DE l'érysipèle erratique.
Érysipéle : ambulant ^ Boyer , Renauîdin ; Ghomel^ Blâclie , Rennes , etc. ; métastatique dé quelques auteurs ; erysipelas erraticum ^ Bateman.
Cette variété de la maladie se trouve caractérisée par ses dispositions ordinairement superficielles, et plus spécialement encore par son instabilité, par là facilité de ses déplâcemens, souvent à des distances considérables soit de la peau sur la peau^ âoit de cette membrane aux organes intérieurs.
Renauîdin : « Quelquefois l'érysipèle est à peine guéri dans une région, qu'il se porte sur une autre, ainsi on le voit abandonner le visage pour s'emparer de quelques parties du tronc ou des membres , et vice versa; on dirait que dans ces cas, le principe érysipélateux se renouvelle, ou plutôt ne s'épuise qu'après avoir parcouru différentes régions. C'est cette mobilité qui lui a fait donner le nom d'érysipèle ambulant. » (hoc. cit. , p. 26:2.)
Boyer: « L'érysipèle ambulant se porte avec rapi-
DE L'ÉRYSIPÉLE ERRATIQUE. 235
dite d'un endroit à un autre, cet érysipcle ne doit pas cire confondu avec celui qui s'étend progressivement et qui guérit dans une partie à mesure qu'il gagne dans une autre... . L'érysipèle ambulant 5 au contraire, se porte avec une rapidité singulière d'une partie à une autre 5 comme du visage au bras ou à la poitrine, d'une jambe ou d'une cuisse à la jambe ou à la cuisse du côté opposé, sans parcourir ses périodes dans la partie qui a été primitivement affectée , et sans laisser même dans cette partie aucune trace de son existence. Ce déplacement subit de l'érysipèle peut être considéré comme une métastase; quelquefois cette métastase se fait sur des organes intérieurs essentiels à la vie, ce cas est toujours très-grave et souvent mortel. )) (Loc, cit. p. 9.)
Bateman : « Dans cet érysipèle , les taches morbides paraissent l'une après Tautre sur différentes parties du corps dans quelques cas , celles qui paraissent les premières durent jusqu'à ce que l'éruption soit complète; dans d'autres, les premières taches s'effacent à mesure que de nouvelles taches paraissent. » (Zoc. cit, p. 173.)
Chomel et Blache : « On nomme Vague l'érysipèle qui s'étend par degrés du lieu qu'il occupe aux parties voisines....... LMrysipèle ambulant en diffère en
ce qu'au lieu de s'étendre de proche en proche , il se porte tout d'un coup d'un lieu dans un lieu éloigné de celui qu'il occupait, de la face, par exemple, aux organes génitaux; de l'oreille aux articulations des membres; de celles-ci aux paupières^ etc. Quelque-
fois il change de siège avant d'avoir parcouru toutes ses périodes , ordinairement il ne laisse aucune trace deson existence, et sa marche souventinsidieuse vient à l'appui de l'opinion que l'érysipèle ne serait que le symptôme d'une autre affection. C'est d'ailleurs dans cette variété que la métastase sur les organes in teneurs
est le plus à redouter Toutefois il peut parcourir
ses périodes avec une grande bénignité , mais comme on a vu quelquefois sa disparition suivie d'accidens très-graves qu'on a considérés comme l'effet d'une métastase de cette maladie sur quelques viscères^ on doit, quelque rares que soient ces accidens, en tenir compte dans le pronostic. » (Loc, cit. p. 282 et
Rennes : « Il est une variété de l'érysipèle qui a reçu plus spécialement le nom d'ambulant à raison de la promptitude avec laquelle il se porte d'une partie sur une autre, et de l'étendue de la surface qu'il occupe successivement. Cette étendue n'est point limitée.... très-rarement il parcourt la totalité de la surface du corps ; il peut cependant affecter un certain nombre de parties,... Comme si le principe de l'érysipèle ne trouvait pas à s'épuiser par sa concentration sur un point et la formation d'une sécrétion morbide. » ( Archw, de méd. i83o, t. xxiVj p. 533 et 541. )
L'érysipèle erratique existe presque toujours à l'état d'érysipéle simple quant à son siège; on conçoit en effet que l'érysipèle phlegmoneux, une fois établi, n'est guère susceptible d'offrir une pareille mo-
DE L'ÉRYSIPÉLE ERRATIQUE. sS;
bilité : les prédispositions et les causes de cette variété n'ont point encore été bien précisées. L'observation prouve cependant qu'il s'unit assez souvent à la diathése rhumatismale et que l'érysipèle typhode est celui qui se manifeste le plus fréquemment avec le caractère de Térysipèle erratique, d'où l'on peut inférer que certaines dispositions spéciales de l'atmosphère et les autres causes du typhus produisent ordinairement ce dernier. — Quant à ses symptômes, ce qu'ils offrent de bien remarquable et ce qui devient indispensable à noter pour le traitement, c'est la marche de cette fluxion, qui s'effectue par impulsions désordonnées, tantôt sur un point sans y parcourir ses périodes, sans y laisser aucun vestige, et tantôt sur un autre plus ou moins éloigné, toujours avec les mêmes caractères d'incohérence et d'instabilité. Rarement les accidens inflammatoires agissent profondément, ils semblent en quelque sorte effleurer les surfaces, et l'on n'a presque jamais rien à -craindre de cette maladie, tant qu'elle se borne à la peau. Le principe érysipélateux, que l'on nous passe i'ex pession, disséminant en quelque sorte ses effets sur des points nombreux sans les appesantir sur aucun. Mais lorsque ces déplacemens se font de la peau vers les organes essentiels, il est impossible d'en calculer les désordres, on doit par conséquent se tenir toujours en garde contre une inflammation si difficile à coërcer, et tirer les indications thérapeutiques de son inconstance et de sa mobilité
24o DE L'ÉRYSIPÈLE ERRATIQUE.
ment , et d'attendre pour en administrer une nouvelle dose que la réaction fébrile fût bien établie ; mais au bout de cinq à six heures le malade était revenu à un état peu différent de la santé. — Le 26 , le gonflement et la rougeur du scrotum et de la face avaient presque entièrement disparu. La peau était froide ^ la langue nette, le pouls donnait 80 pulsations.
Pr : Acide hydroclyanique étendu. 2 gouttes
Vin de colchique i5
Eau distillée i once
A prendre toutes les trois heures.
Le lendemain matin , il ne restait plus de traces de l'érysipèle. (Bullock. Gaz. méd. i834. p. 364»)
Obs, XXXV. — Louise Chevalier^ âgée de 4^ ansj opérée à l'Hôtel-Dieu, d'un cancer au sein droit, paraissait toucher au terme de sa guérison , lorsque sa plaie , presque cicatrisée , se couvrit d'une suppuration glaireuse; la langue se chargea; la bouche devint amère. Il parut, vers le coude droit, un engorgement qui se dissipa après des vomissemens et quelques selles bilieuses , procurés par un grain d'émétique. Le dévoiement survint quelques jours après y et il se fit une légère ulcération aux bords de la plaie. Ces nouveaux symptômes disparurent , et la cicatrisation recommença; mais bientôt, le pouls s'éleva, la suppuration devint abondante et séreuse, la face rouge et la bouche pâteuse. On aperçut le même jour une disposition érysipélateuse au bras droit , qui fut le lendemain engorgé, rouge et dou-
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loureux, dans ses deux tiers inférieurs. La malade avait des nausées, la bouche amère, et la cicatrice était déjà en partie détruite. On fit passer un grain de tartre stibié en lavage qui diminua la douleur et l'engorgement pendant trois jours : le quatrième, un cautère établi au bras gauche, cessa de suppurer, et il parut au-dessus un engorgement qui se dissipa dès qu'on eut rappelé la suppuration de l'exutoire , en couvrant le pois d'un peu de basilicum animé de poudre de cantharides. L'érysipèle s'étant porté sur la partie inférieure du même bras , en fut bientôt chassé par l'usage du petit-lait émétisé; mais, à mesure qu'il disparaissait, l'avant-bras droit s'engorgeait et devenait douloureux. Peu de jours après, il avait acquis un volume considérable; la peau était tendue , d'un rouge clair et luisant. Le tissu cellulaire cédait cependant à l'impression du doigt , et ne se rétablissait que lentement. La rougeur et la douleur ne se dissipèrent totalement qu'après des émétiques et des purgatifs réitérés. La plaie du sein se cicatrisa promptement; mais l'avant-bras resta long-temps œdématié; et malgré un bandage conipressif , il n'avait pas encore repris tout à fait son volume naturel , un mois après la disparition de l'érysipèle.) Desault, Loc, cit. ^ p. 591. )
Le fait suivant prouve qu'un érysipéle, même erratique, peut guérir une autre inflammation chroni^ que de la peau, et sert à confirmer les idées de M. Sabatier sur la vertu curative de la fluxion érysipélateuse.
Obs. XXXVl. — Suzanne -Félicité Durand, 69
242 DP ^'^pSipÈLg JgftJ^ATIQUf;.
ans, ayant toujours joui d'une bonne santé, jamais d'affection syphilitique , entre à l'hôpital de perf^ç-» tionnementîe 28 août 1828, vastes ulcères occupant toute la jambe gauche et la partie inférieure de }g cuisse du même côté, ils avaient comnriencé à se dé-? yelopper depuis un an: émolliens, repos, avaienf ét^ les seuls moyens opposés. Pans les salles, continuai tion de ces moyens, quelques saignées, lotions avec le chlorure de chaux. Quelques points seulenaent se cicatrisent.
Au mois de janvier 1829, santé générale bonqe, toutes les fonctions se font avec facilité. Membre abdominal gauche paraît comme atrophié et ne pe^|; supporter la malade , qui reste presque constamment au Ht. Ulcères occupant toute la jambe, leur aspect varie selon la place qu'ils occupent. Les deux plus remarquables siègent à la partie externe et moyenne du membre. Le tibia paraît comme dénudé dans quelques points ; dans d'autres , bourgeons charnus trop luxurieux. Bords de ces ulcères taillés à pic, ressemblant à des ulcères vénériens, aussi M. Bougon administre le mercure pendant quelque temps, le mal est aggravé sous l'influence de ce traitement , op le supprime..... Un troisième ulcère moins considérable siège sur la rotule, déforme ronde, peu élevé, de la largeur de cet os ; du centre s'élèvent des bourgeons charnus de mauvaise nature. Les autres parties de la jambe et de la cuisse présentent les cicatrices peu solides des ulcères qui les occupaient précédemment. Vésicatoire au bras gauche qui suppure beau-
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coup; pansement avec le chlorure de chaux , repos, bains , demi-portion d'alimens. — Les ulcères resjtent stationnaires jusque dans les premiers jours de février. A cette époque la malade éprouve une vive contrariété, et dès-lors, malaise général, perte de Tappétil, nausées, soif. Les ulcères prennent un mauvais aspect.
Quatrième jour de l'indisposition, érysipèle sur toute la jambe et le pied gauche et se propageant sur toute la cuisse du même côté. Réaction faible , abdomen non-douloureux à la pression , pas de céphalalgie, appétit nul , soif assez rare : diète, eau de guimauve, topiques émolliens. Les ulcères prennent un meilleur aspect, les bourgeons s'affaissent.
i5. Augmentation de la fièvre, disparition de Férysipèle à gauche , il passe sur le membre inférieur opposé; rougeur uniforme assez animée, pression douloureuse : saignée de huit onces, même traitement.
Amélioration des symptômes généraux , Férysipèle monte sur tout le côté droit du tronc.
î8. Il arrive au sein droit, reste un jour stalionnaire, passe rapidement du côté droit au côté gauche du cou , et s'arrête au-dessus du sein gauche.
no. Rougeur; tuméfaction du côté gauche de la face, céphalalgie assez forte, fièvre , pouls fréquent, facile à déprimer : cataplasmes sur les ulcères , limonade cuite, diète.
22, Pouls plus fort, Férysipèle a gagné le côté droit de la face, tuméfaction du cuir chevelu du même côté; maux de tête , pas de somi^aeil , sensibilité très-
grande du membre inférieur gauche : saignée du bras de huit onces.
^3. Même état; céphalalgie, fièvre moins forte. • 24. Vésicatoire au bras droit , celui du bras gauche suppure beaucoup. — L'érysipèle reste deux ou trois jours à la face , puis se porte au bras gauche, audessous du vésicatoire , ne dépasse pas le coude. Quelques jours après, il passe sur le bras opposé où il occupe la même place; douleurs abdominales, dévoiement : diète, eau de riz. L'érysipèle disparaît à la face.
28. Mieux général, ventre souple, non-doulourenx^ faciès meilleur, fièvre presque nulle, appétit , soif moins grande. L'érysipèle semble fixé sur le bras droit et commence à disparaître.
8 mars. Sa disparition est complète. Anciennes cicatrices des ulcères solides; ulcères du côté externe delà jambe, ulcère correspondant à la rotule, presque entièrement cicatrisés; bourgeons charnus, pus de bonne nature. Santé générale assez satisfaisante. {Cliniq, des hôpitaux et de la ville, t. Ili. p. 283. Bougon.)
Obs. XXXVII. — Une dame dans la force de l'âge, petite taille, forte constitution, faisant depuis long-temps un enfant ou plusieurs fausses couches chaque année; habituée, dans le premier cas, à allaiter y et dans le second , à éprouver des pertes abondantes; étant, déplus, sujette à des fluxions vers les gencives ou les poumons, lesquelles se terminaient par des expuitions ou des expectorations de
sang, ayant en un mot tout ce qui caractérise une constitution pléthorique exallée par des circonstances qui produisent une hématose très-grande 5 éprouvant tous les ans au printemps^ dans quelque situation qu'elle se trouvât d'ailleurs , une affection qui débutait par des frissons suivis de fièvre. Bientôt desphlyctènes miliaires se développaient surles doigts et sur îa main ; la peau de ces parties devenait rouge, chaude , tendue , douloureuse , et le siège de démangeaisons très-vives ; le tissu cellulaire sous-culané s'engorgeait ou s'infiltrait, suivant l'intensité de l'inflammation de la peau. Après être restée stationnaire pendant quelques jours, la maladie abandonnait la main pour se porter à l'avant-bras , où elle se développait avec les mêmes symptômes , et d'où elle se portait successivement au bras, à l'épaule, au sein et au bas-ventre, parties dans chacune desquelles elle restait pendant trois ou quatre jours ; et quoiqu'on employât des vomitifs ou des purgatifs , des délayans ou des amers , des sudorifîques ou des diurétiques , et qu'on appliquât sur le siège du mal des émolliens , des toniques, des astringens ou autres topiques, îa maladie parcourait chaque fois un grand nombre des parties du corps, sans se juger dans aucune d'elles en particulier, et elle ne finissait ordinairement qu'après six semaines ou deux mois de ces érysipèles successifs^ dont chacun se terminait par une desquammation à la peau. C'est alors que M. Dupuytren imagina de fixer la maladie, et de la juger dés son principe par l'application de vésicatoires sur la pre-
miére partie qu'elle envahirait. L'érysipèle ayant paru dans les premiers jours d'avril 18145 ^^ vésicatoire fut appliqué sur le dos de la main : cet érysipèle n'exista plus le lendemain ; cependant il se montrait déjà sur l'avant-bras quelques points de rougeur : un second vésicatoire fut appliqué sur cette partie , deux jours après l'application du premier vésicatoire à la main \ l'érysipèle disparut encore , et la malade, enchantée de ce résultat , s'en appliqua d'elle-même au bout de quelques jours , un troisième au bras , sans qu'il excitât aucun symptôme d'érysipèle à cette partie , et sans qu'il en soit survenu depuis. Ainsi s'est terminée en quelques jours, une maladie dont la durée était communément de six semaines à deux mois. 11 est à remarquer que chacun des vésicatoires a donné lieu à la sécrétion d'une excessive quantité de sérosité. (Pâtissier. Obs. de Dupuytren. Loc. cit. ^ p. 3i.)
Obs. XXXVÎIT. — Souto, soldat au i5^ régiment d'infanterie légère, âgé de :2i ans, tempérament sanguin-lymphatique, constitution moyenne, éprouve depuis huit jours, un écoulement par l'oreille, à la suite d'une olite légère , — 2 mars 1824^ suppression de l'écoulement , — 3. érysipèle de tout le côté gauche de la face, correspondant à l'oreille affectée, — 4' i^ entre au soir à l'hôpital de Saint-Omer. Tète pesante, pouls plein, fréquent, peau chaude, soif vive , langue bordée d'un cercle ronge , estomac légèrement sensible à la. pression : saignée du bras, 20 sangsues sur répigastre. — 5 au matin. Érysipèle
DE L'ÉRYSlPÈLE ERllATlOUî:. '^7,;
moins vif, fièvre plus modérée ; il s'est manifesté du délire pendant la nuit , mais le malade est calme , soif moins vive^ langue moins rouge, disparition de là sensibilité épigastrique : limonade tartarique , avet* addition de crème de tartre, deux gros (bis) , au soir i6 sangsues au col, bain de pieds sinapisé. — 6. Érysipèle du côté gauche dissipé p très-légères phlyctènes, Fépiderme commence à se détacher; côté droit de la face et peau du crâne affectés; constipa-, tion depuis quelques jours: même boisson , huit onces de petit-lait avec demi-grain d'émétique. Dans la journée , la rougeur érysipélateuse s'étend rapidement à la nuque , à l'épaule et à la région dorsale, lé long du rachis. Le soir , pas d'évacuations par le bas, pouls vif , fréquent, peau chaude, sèche: 26 sangsues au col^ 2^ grains d'émétique en lavage pendant la nuit. Hémorrhagie abondante^ plusieurs selles bilieuses. JNuit tranquille. — 7 au matin, mieux prononcé; pouls affaibli, plus de gonflement de là face, peaii du visage pâle, écailîeuse ; la rougeur érysipélateuse fait seule des progrès, et s'étend à la partie postérieure du tronc : vésicatoire sur chaque épaule, limonade tartarique. Evacuations bilieuses. La nuit^ sommeil léger, point de délire. — B au matio^ langue chargée de mucosités épaisses, blarichâtres, pas de fièvre: émétique en lavage ; plusieurs selles. L'érysipèle se propage des parties supérieures aux parties inférieures : une ventouse scarifiée sur le flanc gauche. ■ — 9. Langue sale , face jaune; l'érysipèle a envahi les flancs et les lombes; beaucoup d'à-
gitation , urines toujours claires: 4 ventouses scarifiées , 2 vésicatoires au centre des surfaces rouges, car c'est par une simple rougeur que procède la maladie, presque sans tuméfaction et sans phlyctènes. — 20. L'érysipèle continue de s'étendre , langue toujours sale. — ii. Soif plus vive, pouls plus fréquent : lo. sangsues sur l'épigastre. — 12. Diminution des symptômes, l'éry thème s'étend aux fesses, à la poitrine 5 à l'abdomen; au soir^ il gagne les bras, les avant-bras; mais là , quelques phlyctènes ne tardent pas à se former. — i3. La langue commence à se nettoyer sur les bords. — i4- Pouls moins fréquent, langue plus humectée, érysipèle plus léger, s'étendant d'une part à la moitié des cuisses, de l'autre aux poignets. Là se termine la maladie. — i5. Tout est sec. — 16. La desquammation commence, la convalescence est établie. La langue reste encore chargée pendant quelques jours; crème de tartre. — 26, Souto sort de l'hôpital parfaitement guéri. (Rennes. Arch. de méd. ^ t. 245 p. 334. i83o.)
Intermittent, Piorry, Roche, Sanson et plusieurs autres auteurs.
L'érysipèle périodique est celui dont les retours s'effectuent d'une manière plus ou moins régulière, en coïncidant avec des influences qu'il est facile d'expliquer, ou sans cause appréciable, à des intervalles plus ou moins éloignés.
Lassus : « Il est un érysipèlc périodique rebelle, sans fîévrej qui reparaît à des lennps marques, au printemps, à l'automne, toujours sur la même partie^ subsiste long-temps, attaque principalement les vieillards, les femmes âgées, au moment où cessent les évacuations périodiques, le flux hémoi rhoïdal. Il exige des remèdes adoucissans, délayans, et des purgatifs réitérés. » ( Loc. cit. p. 9. )
Pinel : « L'érysipèle peut revenir à des époques plus ou moins rapprochées ou éloignées, en devenant ainsi périodique, comme les auteurs en ont donné tant d'exeriiples \ il se renouvelle assez fréquemment, surtout dans les hospices de femmes^ tel que celui de la Salpètrière, soit à l'époque delà cessation des menstrues, soit lors de leur suppression ► Lorry ( de niorh, cutaneis ) a connu un homme,, sain d'ailleurs, qui, deux fois l'année^ était atteint d'érysipèle vers l'époque de l'un et l'autre équinoxe. Un autre, chez lequel cet érysipèie ne paraissait qu'une fois l'année, ^au printemps.... Il est digne de remarque que ces deux hommes, d'un âge avancé, qui, avant d'être sujets à cet érysipèie périodique, étaient susceptibles de toutes sortes de maux pour les causes les plus légères, ont joui depuis cette époque de tous les attributs d'une vieillesse saine et d'une grande énergie au moral comme au physique. » ( Loc. cit. p. 86. )
Renauldin : « Il n'y a peut-être point de maladie plus sujette à récidive que l'érysipèle; mais ce qui est remarquable dans ce retour, c'est sa périodicité.
25ô J)È L'ÉRYSÎPÈLÉ PÈÏlfOClQOË.
Parmi les femmes qui ont éprouvé une suppression menstruelle, quelquefois on en voit chez lesquelles l'exanthème érysipélateux revient chaque mois vers l'époque où Fécoulement des règles doit avoir lieu. Hoffmann assure avoir vu très-souvent dans sa pratique des érysipèles périodiques dô la tête rem|)lacer le flux menstruel, quand il a été interrompu par une . cause quelconque. » ( Loc, cit. p. 263. )
Boyer : « L'érysipèle périodique est celui qui revient à des époques plus ou moins rapprochées ^ avec ou sans cause apparente. » (^Loc. cit. p. 9. )
Il est aisé de voir que les divers auteurs ne confondent point ici la périodicité avec V intermittence proprement dite, et que l'érysipèle périodique n'est point pour eux un erysipéie réellement intermittent^ à la manière des fièvres d'accès. Nous partageons entièrement cette opinion , dont nous avons donné les motifs en examinant les divers types de l'érysipèle en général ( p. 54); c'est dans cet esprit que nous traitons de l'érysipèle périodique.
Cette maladie affecte particulièrement les femmé^ dont la menstruation est irrégulière, surtout pendant la durée du temps critique et pendant les années qui suivent la cessation définitive du flux cataménial; les sujets hémorrhoïdaires qui n'ont jamais éprouvé d'écoulement sanguin par les tumeurs , ou chez lesquels ces écoulemens , d'abord périodiques, se trouvent actuellement supprimés; les goutteux, les rhumatisans; l'érysipèle prenant alors toutes les allures de ces maladies , et partageant souvent leur
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étiologie constitutionnelle; les Yieillards, les individus malsains, cacochymes, valétudinaires} elle coïncide fréquemment dans ses retours avec les époques où les flux, les diverses maladies périodiques auraient dû se manifester avec le renouvellement des saisons, et notamment du printemps, de l'hiver. Nous connaissons une dame, âgée de47 ans, d'une très forte constitution, actuellementdans le travail du temps critique, et qui depuis plusieurs années éprouve, dans les premiers jours de décembre, un érysipèle asthénique au nez, s'étendant seulement vers les pommettes, avec gonflement assez considérable , et dont les traces ne s'effacent bien complètement que vers la fin de mars. Plusieurs fois, nous avons vu cet érvsinèle coïncider avec l'époque des dissections chez nos élèves qui se livraient avec zèle aux travaux anatomiques. Pour certains sujets, il serait difficile de trouver une influence déterminante autre que celle de l'habitude.
Quant aux symptômes de l'érysipèle périodiquç , ils sont analogues à ceux de l'érysipèle en général avec toutes ses m.odifîcations de siège, de gravité, de complication, etc. ; seulement ils se reproduisent ordinairement dans les mêmes lieux, et dès-lors, après plusieurs invasions successives, donnent à la peau des caractères d'altération ou d'hypérémie, suivant leurs modes et leurs terminaisons, caractères qu^elle finit par conserver d'une manière plus ou moins nuisible à ses fonctions. Les répercussions sont ici d'autant plus redoutables que l'état constitutionnel dont l'érysi-
pèle périodique offre en quelque sorte la crise naturelle, présente lui-même plus d'imporlance et de gravité dans sa concentration intérieure.
Le traitement de cette variété n'offre pas, lorsque la fluxion est établie, de modification spéciale autre que celles dont nous avons parlé dans l'histoire des autres espèces; mais il prend un caractère tout particulier lorsqu'il s'agit de prévenir les retours que les antécédens font aisément pressentir. Pendant leur intervalle et pendant quelque temps avant leur invasion, il faut s'attacher à combattre la cause de ces retours lorsqu'elle est bien connue, et même l'influence de l'habitude que l'on ne prend peut-être pas assez en considération. Le régime sain, approprié, des changemens avantageux dans le genre de vie , de profession, etc. ; un traitement épuratifpar les sucs d'herbes^ les amers, etc.; des vomitifs, des purgatifs suivant les indications, des dérivatifs passagers vers des points de la peau en opposition avec ceux qu'envahit ordinairement la maladie, un exutoire à demeure, soit vésicatoire, soit cautère; des applications de sangsues dans les lieux où devrait s'établir une hémorrhagie périodique supprimée, les eaux minérales convenables, le quinquina comme anti-périodique, surtout lorsque l'érysipèle est compliqué de névralgie, de fièvre, d'accès, etc. Tels sont les moyens qui doivent ici constituer les bases de la médication.
Obs. XXXIX. — Pernon , 20 ans , constitution débile, membres grêles, réglée à i5 ans pour la première fois, Les régies, après avoir coulé pendant
(Jeux ans d'une manière irrégulicrc et avec peu d'abondance, disparurent tout à coup, et en même tenïps survint à la face et au cuir chevelu , une phlegmasie cutanée , qui , augmentant d'intensité tous les mois , à l'époque où les règles supprimées auraient dû paraître, prit tous les caractères de l'érysipèle. Bientôt cette irritation , persistant à un moindre degré et à l'élat chronique , intéressant les parties profondes de la peau , il en résulta une dartre esthiomène de M. le professeur iVlibert , ou un lupus de Willan , Bateman , etc., qui^ des ailes du nez s'étendit à la lèvre supérieure et aux joues. Quatre mois s^écoulèrent sans apparition de l'érysipèle. Cependant, durant cet intervalle , les ailes du nez, les lèvres, les joues , les paupières, n'en furent pas moins le siège d'une bouffissure, avec teinte de rose vif. Quelques douleurs hypogastriques et une légère leucorrhée signalèrent le retour de chacune des époques menstruelles. Tout à coup, à une de ces époques, cette jeune fille est prise de frissons qui parcourent le dos, les lombes; puis, réaction fébrile intense, coloration en rouge violet du cuir chevelu, des joues, des ailes du nez. L'intelligence est intacte 5 saignée de seize onces; trente sangsues derrière les oreilles : amélioration immédiate. Dès le jour même, les cuissons, dont cet exanthème est le siège , ont diminué ; la teinte en a pâli ; les jours suivans y la desquammation s'opère. ( Clinique médicale de M. Piorrj ^ p. 889, obs. de M. Perrochaux.) Obs. XXXX. — Une jeune demoiselle , ig ans ,
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constitution nerveuse , eut à plusieurs reprises , et k des époques éloignées , des érysipèles de la face. Ses régies s'étaient établies avec peine, et sans qu'aucune cause spéciale pût être reconnue; elle fjut long-temps atteinte de douleurs vagues à la tête , et spécialement à l'oreille ; le contact même d'un chapeau lui était très-pénible. Il y avait huit ou dix mois que ces symptômes duraient , lorsque M. X.... observa les phénomènes suivans : la lèvre supérieure et la région sourcilière du même côté , et surtout le bout du nez et le lobule de V oreille ^ rougissaiei)!: et devenaient luisans. Il s'y manifestait bientôt un sentiment d'engourdissement, suivi de chaleur, d'élancemens et des symptômes les plus violens des douleurs névralgiques. D'abord peu violente et peu étendue, la douleur envahissait , en huit ou dix minutes tout le côté gauche de la face* L'accès durait une heure ou deux , offrait pendant tout ce temps la rougeur indiquée, et se terminait d'une manière brusque ; il revenait ordinairement de cinq à sept heures du soir. Beaucoup de moyens avaient été employés sans succès. Le sulfate de quinine supprima les accès pendant huit jours; ceux-ci revinrent moins forts qu'ils ne l'avaient été; ils cessèrent d'être périodiques, et le sulfate de quinine qui^ suivant M. le docteur X.... irritait l'estomac, fut suspendu. Cette malade n'était pas encore guérie lorsque cette observation fut communiquée à M. Piorry , et les accidens se reproduisaient encore dans le même ordre. ( Piorry, Loc. clt,^ p, 3o2. )