‹ Traité de l'érysipèle et des différentes variétés qu'il peut offrirChapitre 6 sur 21 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

DE L'ÉRYSIPÉr.E EN GÉNÉUAL.

L'érysipèle , dérivé d'après quelques-uns de epuSpoç^ rouge, et de ttsAoç, peau, d'après le plus grand nombre de epuw, j'attire , TreXag, proche, est une inflammation de la peau , rangée par M. Alibert dans les dermatoses eczémateuses; par William dans l'ordre bullœ; par CuUen, Bateman, MM. Biett, Rayer, etc., dans les exanthèmes ; désignée sous des dénominations différentes par les divers auteurs : erjthema^ Hippocrate en quelques endroits; ignis saceVy mal des ardens, feu Saint-Antoine, plusieurs auteurs anciens; apostème de feu dans lequel brûle un principe morbifique, Yan-Helmontyyè^m erjsipelatosa^ Sydenham; ejysipelacea^Fw Hoffmann; rosa anglicana^ Senner; erysipelas^ Sauvages, Linnée, Sagar, Cullen , etc.

Si nous recherchons les opinions des médecins relativement à la nature de cette altération, nous trouvons des dissidences plus positives encore, et dont la source existe naturellement dans l'espèce d'identité à laquelle on a voulu rattacher des modes pathologiques n'ayant pas même souvent entre eux la ressemblance des symptômes par lesquels ils sont traduits à notre investigation.

i6 DE L'ÉRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL.

li n'est plus nécessaire aujourd'hui de discuter les opinions des médecins de l'antiquité, qui regardaient l'érysipéle comme formé parla bile, le phlegmon par le sang^ l'œdème par la pituite, le squirrhe par Tatrabile; de rechercher, avec Galien, «si l'érysipéle est le résultat d'une fluxion humorale formée par la bile jaune fortement échauffée; » avec Vau-Helmont (( s'il consiste dans un apostemede feu, au milieu duquel brûle un esprit vital irrité et en quelque sorte provoqué à la colère par une cause morbifique. » Ces théories et ces explications sans réalité n'ont plus besoin d'une réfutation sérieuse. Nous exposerons donc seulement les idées des praticiens plus voisins de nous et les opinions de notre époque, leur rapprochement et leur comparaison avec les faits étant le meilleur moyen d'arriver à la solution du problème.

Saîjvages. — (( Cognoscitur ex pjrexiâ acutâ et tuniore diffïiso coloris ruhro-rosei cum sensu ardoris » (NosoL method., t. lî, pars I, p. 4iS)-

Lamotte. — «La cause de cette maladie est l'obstruction qui ne se forme qu'à la superficie de la peau, dont les pores ne se trouvent pas assez ouverts pour laisser échapper une sérosité acre et piquante qui s'est séparée du sang, ce qui fait qu^elle s'arrête à cet endroit de la peau, et que la douleur qu'elle y cause par son séjour fait rougir et tuméfier la partie, à proportion de la quantité de l'humeur qui s'y est arrêtée. )) {^Traité complet de chirurgie, t. I, p. 402).

Sydenuam. — « Cette maladie attaque toutes les parties du corps et surtout le visage; elle arrive dans tous les temps de l'année, mais principalement à la fin de l'été; elle prend souvent tandis que l'on est à l'air. Le visage se tuméfie tout d'un coup; il devient très-rouge et trés-douloureux, et se trouve parsemé d'un grand nombre de petites pustules fort proches les unes des autres, lesquelles, à mesure que l'inflammation augmente, se convertissent quelquefois en petites vessies. Le mal s'étend de là sur le front et sur toute la tête, et l'enflure devient si grande qu'elle cache presque les yeux. Les symptômes de ce mal ressemblent beaucoup à ceux quecausent les piqûres des abeilles et des guêpes.... Il est ordinairement accompagné de frivssons et de tremblement, de soif, inquiétude^ et des autres symptômes de la fièvre.... à mesure que la maladie avance, la rougeur, l'enflure, la fièvre et les autres symptômes augmentent, et quelquefois même ils se terminent par la gangrène. » {OEuv.de méd.prat,^ t. I, p. 43o.)

Héyin. — «( L'érysipèle est une tumeur inflammatoire étendue, mais superficielle, accompagnée d'une chaleur vive et ardente, d'une douleur pongitive ou piquante, et d'une rougeur claire, qui disparaît quand on presse la peau avec le doigt, et reparait dès que la compression cesse. L'érysipèle augmente pendant trois ou quatre jours , reste à p^u près autant de temps dans toute sa force, et se dissipe les jours suivans, après lesquels la sur-

j8 Di i^iRtsiPËLË M mmM

pèad ëé hèthe èi s'èhîêvé pâf Vailles. ^ ^Uém^f de pathologie^ t. l^ f, 3.) , : Mrifiq

. Mahon. — « Un entend par eryslpele une mflâhlniâtibïi stipertîcielle, et qui n'a d^àutr'e siège que là i^èâb bu peu s'èii faut. L'êiysipélé proprement (fit ^st ùhê affection de là pèaû seule, dit (jaliên. Cette îtjflatriftiàtîbri est d^ùh roug^e uii peu jâunâlrè ; elle a s'bri Siëge en grande partie âàn's dés vaisseaux plus ]f)étitâ que celix (^lii côntiénrieht le sàhg roûgê. Il n*y a àûcûilë partie extérieure dû corps qui en soit ëxenîpté; cependant c'est le plus souvent à la tête et aii visage qu'elle se montre.» {Encyclopédie fnetho'

Desault.— «^ L'érysipèle, en général, est une tumeur inflammatoire superficielle, non circonscrite, avec chaleur acre et douleur pongîtive. Toute k partie affectée est d'un rouge vif, clair et luisant*^ qui disparait sous le doigt et revient aussitôt que l'on cesse de presser. Ges caractères généraux conviennent à tous les érysipèles, mais plus ou moins marqués dans chacun ils s'offrent avec dès symptômes différons; ce qui détermine les différentes espèces d'érysipèle. » (^Œuvres chirurgicales^ t. II, p. 58i .)

Làssus. ^--^ « Inflammation de la surface de fe p-eau d'un rouge vif ^ luisant^ un peu jaunâtre ,avée tuméfaction très^légère , occupant une grande iéten* due, sans bornes marquées , changeant de place^is^é-*' tendant de proche en proche, causant une douleUr brûlante, prurigineuse. lia rougeur disparaît par la

pression du doigt et reparaît quand on cesse de comprimer la peau. )) ( Pathol. chirurg.^ i. i, p- 8. )

RiGHERAND. — « L'érysipèle diffère essentiellement du phlegmon , i*' par son siège qui est primitivement dans le tissu de la peau , quoiqu'il puisse s'étendre au tissu cellulaire sous-jacent ; 2° par les modifications que présentent les quatre symptômes primitifs de l'inflammation. La tumeur est peu considérable, presqu'insensible > il y a plus de tension que de gonflement véritable, la rougeur est moindre que dans le phlegmon et disparaît sous la pression du doigt, elle s'étend irrégulièrement, n'est point exactement limitée et fréquemment présente une légère nuance jaunâtre , mêlée de la teinte rosée de la peau. Rubor sub Jlavescens. La chaleur est acre , mordicante , analogue à celle des fièvres bilieuses, la dou-^ leur brûlante; 3° l'érysipèle offre un caractère de mobilité que n'a point le phlegmon.... J^ l'érysipèle est rarement idiopathique , presque toujours il est sympathique, dépendant d'une cause interne , il tient à l'irritation de l'estomac et du duodénum par le fluide biliaire: aussi est-il, dans le plus grand nombre des eas^ précédé et accompagné de symptômes gastriques, comme douleur de l'épigastre ^ amertume de la bouche , enduit jaunâtre de la langue , céphalalgie sus orbitaire et fièvre qui précède, accompagne et suit la marche de l'inflammation 5 5° enfin la guérison de l'érysipèle s'obtient par des remèdes internes ,les topiques sont presque inutiles dans son traitement. L'érysipèle vrai est toujours bilieux, il en existe une

autre variété peu fréquente , dépendant de Tirrîta» tion de la peau par un froissement ou Tapplication d'une substance acre , irritante. » (^Nosographiechirurg,^ 1. 1, p. 149. )

PiNEL. — « Sous le nom d'érysipèle , je ne comprends que cette phlegmasie de la peau qui est légère, superficielle, non circonscrite, étendue en largeur, d'une couleur rouge foncée qui disparait parla pression et qui ensuite se renouvelle. Je ne considère pas d'ailleurs Térysipèle comme une affection purement locale , mais comme une phlegmasie qui est liée avec une disposition interne et des symptômes généraux qui affectent plus ou moins l'économie animale. » ( Nosog, philosoph., 1. 11, p. 82. )

Renauldin. -^ (( L'érysipèle est une tumeur inflammatoire aiguë , douloureuse , communément plane, superficielle , non circonscrite, qui s'étend en largeur sur quelques points de la surface de la peau et dont la couleur rose pourpre ou rouge foncée passe momentanément au blanc par l'effet d'une compression opérée avec les doigts. » ( Diction, des scienc. méd,^ t. XIII, p. 254.)

BoYER. — « L'érysipèle est une inflammation de la surface de la peau , d'une étendue plus ou moins grande , mais sans bornes bien marquées, accompagnée de tuméfaction légère , d'une chaleur vive et acre , d'une douleur brûlante avec démangeaison , et d'une rougeur claire , luisante , tirant un peu sur le jaune qui disparaît quand on presse la peau avec le doigt et reparaît dès que la pression cesse. Et ce qui

caractérise ullcrieureinent l'érysipcle, c'est que l'inflammation semble changer de place à mesure qu'elle se dissipe dans la première qu'elle occupait, elle s'étend de proche en proche dans les parties voisines.» ( Traité des malad. chirurg.^ i. 11., p. 6.)

Bateman. — «L'érysipèleest une maladie suivie d'un état fébrile, dans laquelle la chaleur, la rougeur , le gonflement et des phlyctènes affectent à l'extérieur différentes parties du corps. La tumeur érysipélateuse est molle, étendue et irrégulièrement circonscrite; elle n'est accompagnée ni de palpitations, ni de douleur lancinantes ou aiguës.... La tumeur et la phlyctène empêchent de confondre cette maladie avec l'érythème. Les auteurs depuis Galien jusqu'à nous ont fait mention parmi les signes caractéristiques de l'érysipèle de la disparition de la rougeur par la pression, et de l'apparition nouvelle de cette même rougeur dès que l'on cesse la presvsion , ce phénomène s'observe soit dans l'érysipèle ^ soit dans plusieurs autres exanthèmes , comme dans refflorescence de la scarlatine, dans quelques variétés de la roséole et dans l'érythème. » (^Abrégé pratiq. des maladies de la peau, p. lô-j. )

S. CoopER. — L'érysipèle peut être défini une inflammation cutanée sans tuméfaction bien grande, accompagnée de rougeur qui disparaît momentanément sous la pression du doigt. Cette affection qui n^est pas régulièrement circonscrite comme le phlegmon est caractérisée par une propension singulière à •'étendre j la partie est généralement d*un rouge vif.

clair 5 très-apparent, la tumeur n'est pas accompagnée de battemens , et l'on sent plutôt une chaleur brûlante avec démangeaison qu'une douleur aiguë. Dans beaucoup de cas il s'élève des vésicules. » ( Dict. de chir. prat,, t. i , p. 43i» )

Lawrence. — « Cet auteur considère la division de l'érysipèle en érythème et en érysipèle phlegmoneux comme la meilleure, et parce que ces mots don^ nent une idée suffisante da la nature de la maladie et parce qu'ils sont maintenant généralement adoptés sur le continent. Il les regarde comme désignant non deux maladies différentes, mais plutôt divers degrés de la même affection qui varient en intensité et passent souvent d'une variété à l'autre. L'érvthème est, selon lui, une inflammation d'une espèce particulière, bornée uniquement à la peau et qui produit un peu de tuméfaction , que l'on ne perçoit que par la trace que laisse le doigt sur la surface de la peau^ et qui n'est pas accompagnée de beaucoup de rougeur. Le mal s'étend rapidement à la peau saine environnante 5 abandonne une partie pour en attaquer une autre, et parcourt ainsi une grande étendue du corps. L'érysipèle phlegmon eux au contraire est cet état dans lequel le mal affecte non seulement la peau, mais encore le tissu dans les cellules duquel se dépose la graisse, et aussi le tissu cellulaire propre luimême. Dans ce cas, la rougeur , la chaleur, la tuméfaction existent à un degré très-marqué et sont bientôt suivis, dans le tissu cellulaire, d'une effusion àe sérosité qui détermine une grande tension et finit bien-

DE Ï.'ÉÏIYSIPÈLE EN GÉNÉRA^,. ?5

tôt par la gangrène et la suppuration de ce lissu. u (I^/çi cl^iicjm^ des hopitfiujc çf de la ville ^ t. i, n. 8p.p. 3ir)

J. Co^xPï^*^ — M Vérysipèlp î^Uaqiip plus souvent le vjsi^ge, qqelquefois les bra^, les jar^bes, la poitrine; quclqvi^fois ppttp inflammation 8/3 borne à la surface de la peau; mais dans d'autres circonBlances, elle s'élèvg à un haut degré, et intéresse îQUto Tépaissour de la peau ^X mérne le tissu souS'Cwtané.... Il est ordinajff m^r||: préçiédé de jfp^lai^e , de lassitude dans tous les membres, d^ frisson, d^ nausées ^ de perte d'gppétiî;. Aw bput de M\\\ m trois. JQUf?^, an aperçoit ^n léger gjûnflerftent de la peau sur les points où l'érj^jpè}^ se manifeste avec i;ne rpugeur vive qui disparaît 5qvi5 la pression, et revient ensi^ite. Il y a chaleur ardpnte de la partie malade, avec fièvre plus Qlj mpins fortq après sjx, sep|; pu huit jours; il se développa , dp petiteil pustules, remplies d'un liquide séreux , la douleur et le gonflem^^f^t (iimi^y^nt, ^\ il s,e formée 4|?? croûtes légères qiii se détachent qrdinairjemient au bout du nei^vièrne p^ douzième jour.» (^ fjl^c t. de santé y Ij i^\lh ^'10, y ♦

(jEQIÎ^C^ESrHuMS WEATHE^HEiH, -rr « Cet auteUV

cppsidèr^ l'éry thème , rérysipèl^ et le phlegmpn diffus çpmn^e des maladies essentiellement différentes. D'après lui, l'érysipèle est une ma)adi^^ié4ff^«er(^ qui reconnaît le plus ordinai,i;'ement pour ç^use une disposhipn particulière, c^ qu'il^dme^ Sifrtopt d'auprès les dissenablanpesde la suppura^tipn dans les, infla^ç^ni^^-^

avoir égard à la diversité des tissus affectés. Il regarde l'érysipèle comme un exanthème contagieux s'appuyant des opinions de Sydenham et d'Hoffmann. Il admet en outre que l'érysipèle parfaitement pur^qui ne doit jamais suppurer, peut être suivi de suppuration, en agissant à la manière d'un irritant local sur des parties dont la texture est propre à devenir le siège d'un phlegmon; mais il ne pense pas que l'inflammation de la peau et celle du tissu cellulaire soient de même nature. )) {Joarn, complém, du Dict, des sciences méd. , t. XIV, pag. 171.)

BiETT. Cazenave. Schedel. — (( L^érysipèle est un exanthème non contagieux , caractérisé par une teinte rouge foncée de la peau , avec chaleur et tuméfaction de cette membrane^ et souvent du tissu cellulaire sous-cutané , occupant toujours une surface plus ou moins étendue , et pouvant, dans quelques cas très rares ^ devenir générale. » (^Jlbrégé pratique des maladies delà peau ^ pag. i3.)

RosTAN. — « L'érysipèle est la phlegmasie de la peau la plus simple, la plus facile à reconnaître; on peut la considérer comme le prototype de l'inflammation ; elle réunit au plus haut degré de simplicité et de la manière la plus complète les caractères que nous avons attribués à cette classe de maladiesTypA/e^masies aiguës de la peau). L'intumescence seule est peu sensible à la vue, parce qu'elle est générale. Du reste^ l'érysipèle nait, croît et se termine ainsr que nous l'avons exposé dans nos généralités.,.. Un sentiment de prurit, de démangeaison, bientôt une

véritable douleur, accompagnée d'une chaleur plus ou moiuvS vive, d'une rougeur intense, diffuse, disparaissant par la pression pour reparaître aussitôt après, d'une légère intumescence de la peau, caractérise l'érysipèle simple. C'est à dessein que nous omettons de dire que la peau est surmontée de phlyctènes dans l'érysipèle, tandis qu'elle est unie dans l'éry thème; nous regardons cette distinction comme trop subtile pour être conservée, et l'éry thème ne doit être considéré que comme l'érysipèle dans son plus grand état de simplicité. » (Cours deméd, cil'nique ^ t. II, pag. 179.)

Alibert. — « Eczème se manifestant à la surface du tégument, principalement à la face, aux bras, aux cuisses , ou sur d'autres parties du corps par des éruptions d'un rouge flavescent, mais très-rarement d'un rouge foncé; cette rougeur disparaît momentanément par la pression du doigt. Il y a chaleur, douleur pruriteuse ou brûlante ; la fièvre est primitive ou secondaire; la maladie s'achève par la desquammation ou la furfuration du douzième au quatorzième jour. Elle peut avoir des terminaisons plus fâcheuses. » (Nosog, des desmatoses^ édit. in-4**,

Broussais. — « Les causes externes et internes de l'érysipèle sont celles des inflammations en général, e'est-à-dire tout ce qui accumule l'irritabilité ou produit la pléthore.... Cette maladie peut se montrer dans toutes les parties du corps, mais elle a souvent json siège à la face. Elle offre lies quatre caractères

2Ci DE L'ÉRYSIPÈLE P!^ ÇJÉNl^RAL.:

connus, rougeur, tuméfaction , çhalpur, douleur, et représente un des principaux types^e l'ipflarnmation, La chaleur est cuisante, la rougeur^ pour ç^r^pfère de s'affaiblir et de se perdre in.se,n§i!3Jérçenl^ paip l^ nuança normale de la peau, 4^ disp^ra^îr^ p^r la pression du doigt qui laisse une l^çh.e blanche j ç^-^ pendant qugnd l'inflammation esit intensp^ , çett^ rougeur ne disparaît plus sous le doigt. Si l'infl^n^-p? mation est encore plus intense, il y a tuniéfi^c^iqn du tissu cellulaire et éçat phlegmoneux sous-ci:^tané j des pustules paraissent à l?i surface^ on en yait dfliis presque tous les érysipéles, mais plus pafticu^çrçment daris le zona, qui est un érysipèle cqrnnpe. un autre, qu'on ne doit pqint isoler^ malgré s^ (pi^met particulière. Si l'on objecte qu'il est en rapport ave,c des affections gastriqqes, je répondrai qu'il peut être indépeuds|pt et primitif conime les autres; je l'aibieyi coqstaté^ » (Cours, depç^th. et de thércm, générale. t. I, p. io8.)

Macfarlane, Arnqlt. — Pïous rapprochons ces. deux auteurs afin d'établir ici l'antithèse des opinions extrêmes relativernent ^ la nature de l'érysipèle, opinions entre lesq^pile,^ vier^nep^ se Ranger, comp^ intermédiaires, celles de tous les autres pathologistes. Ainsi M. Arnolt, d'après les çlescriptions qu'il en dpni7p, considère l'érysipèle copime un yéritable phlegmon , tandis que M. Macfarlane lui refuse la nature inflammatQÎpe, Le traitement conseillé paf ces deux auteurs est relatif à leur manière de voir et par son exclusion constitue la meilleure critique de

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leurs opinions. (Journ, des conn. médico-chirurgicales ^ t. 2, p. 27 et 28.)

Chomel et Blache. — « ÏJérysipèle est une maladie caractérisée par la rougeur circonscrite et l'aspect luisant des tégumens avec tuméfaction f)eu considérable^, mais sensible, tension, douleur et chaleur plus ou moins vive , avec ou sans appareil fébrile par une marche toujours aiguë et une terminaison prompte, presque toujours par résolution et avec desquammation del'épiderme. Cette inflammation , une des plus fréquentes de celles que l'on observe à la peau^ peut se montrer sur tous les points de la surface du corps, les parties habituellement découvertes en sont plus souvent le siège... L'érysipèle ne reste presque jamais borné à son siège primitif, dans le plus grand nombre de cas il s'étend de proche en proche dans un ou plusieurs sens vers les parties voisines, et quelquefois il finit ainsi par atteindre progressivement les plus éloignées. Dans d'autres cas très rares, il franchit en quelque sorte les espaces, et se montre successivement dans de3 régions fort distantes les unes des autres. La mobilité peut donc être considérée comme un des caractères de l'érysipèle , puisqu'on la retrouve sous une forme quelconque dans toutes les variétés de cette maladie. )) (Diction, dentéd.^t. 12, p. 21 5.)

Roche et Sanson. — ruL'érythème^, l'érysipèle simple et l'érysipèle phlegmoneux ne sont à proprement parler que trois degrés différens de la même phlegmasie. Toute inflammation aiguë mais légère ^ sup^erficielle

et passagère de ia peau, a reçu le nom d^érythèine\ plus intense, plus vive et plus durable, on la nomme érjrsipèle\ moins superficielle, occupant toute l'épaisseur du derme et s'étendant même jusqu'au tissu cellulaire sous-cutané, elle a été appelée érysiphle phlegmoneux. Nous conserverons ces dénomînations,mais elles n'exprimeront pour nous que premier, second et troisième degré de l'inflammation a^guë de la peau ou de la cutite. » {Nousk élém, de pathoL , t. i,p, 290.)

Rayer. — «L'érysipèle est une inflammation exanthématique, exlensive et non contagieuse, caractérisée par une teinte rouge de la peau, avec gonflement du tissu cellulaire sous-cutané, se terminant ordinairement par résolution et desquammation , quelquefois par suppuration et rarement par gangrène. » (Traité théorique et pratique des mala-' dies delà peau ^t, 1 , p. i45.)

Pk. Ricord. — Nous exposerons ici les opinions de l'auteur, par des notes inédites qu'il a bien voulu nous communiquer avec une obligeance dont nous ne pouvons assez le remercier: « Pour moi, sans doute comme pour tout le monde, les érysipèles varient selon leurs causes, leur siège, leur marche, leurs terminaisons et les complications qui peuvent les accompagner. Mais quelle que soit la circonstance dans laquelle ils se présentent , l'altération locale des tissus affectés, l'état morbide, pathologique de la peau , offrent toujours les mêmes caractères particuliers , auxquels on est convenu de donner le nom

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spécial de la maladie dont nous nous occupons. Or ces caractères sont ceux de la fluxion, de la congestion inflammatoire , enfin d'un mouvement inverse à l'absorption. »

Après avoir mis en présence , à peu près toutes les opinions principales, relativement à Férysipèle, nous devons étudier cette maladie dans ses circonstances et ses caractères généraux, en réservant pour la seconde partie de ce travail , toutes les considérations spéciales et directement applicables à chacune des variétés ou modifications qu'elle peut offrir. Sous ce point de vue , nous examinerons successivement la nature^ le siège ^ les caractères anatomiques ^ les prédispositions^ les causes, les symptômes , les types^ la marche^ les terminaisons ^ la durée , les analo^ gies^ les complications , le pronostic^ le traitement et la convalescence de l'inflammation érysipélateuse.

Nature, — Si nous envisageons Vérjsipèle,^ en prenant ce terme dans son acception la plus commune et la plus générale , sous le point de vue des modifications locales qu'il imprime à la partie du tissu cutané, dans laquelle il établit son siège, il nous est impossible de ne pas y reconnaître les caractères fondamentaux, sinon d'une inflammation toujours franche, au moins d'un mouvement fluxionnaire indiqué par la rougeur, la chaleur , le gonflement et la douleur, avec des modifications variées suivant la profondeur des élémens cutanés envahis , l'intensité de ce mouvement et surtout la nature des agens et des circonstances qui le déterminent. Mais aussitôt que nous

considérons cette maladie dans sësi^apports avec tout l'organisme^ nous voyons son domaine s'agrandir^ son génie spécial apparaître^ et nous reconfiaissons d'après les faits, qu'il serait essentiellement erroné i dans la grande majorité des casj de vouloir y trouver une inflammation pure^ une maladie renfermée dans là circonscription de ses manifestations topiqueSi Cette erreur deviendrait d'autant plus funeste^ qu'elle amènerait des inductions thérapeutique^ impuissantes, souvent même directement nuisibleSé Qu'un sujel dans la force de l'âge ^ et d'une constitution parfaitement saine, éprouve sur l'un des points de son enveloppe dermoide , soit l'influence du soleil, soit le frottement d'une surface rugueuse prolongés, pendant un certain temps, il se développera dans le même point ^ rougeur vivey chaleur brûlantOj douleur prurigineuse , gonflement peii marqué , surtout vaguement circonscrit; l'inflammation sera franche^ la maladie purement locale, à moins qu'il ne àe manifeste une réaction fébrile , et même énns i[iè caSi^- elle sera la conséquence de l'érysi-^ pêlê^ Tjiii V^ toujout'S précédée au milieu de cè^ conditions. Dans cet état de simplicité , l'inflammation fournira les indications essentielles, et son traitement deviendra naturellement curatif de la fièvre. Mais qUe chez un autre individu surtout cacochyme^ soumis depuis long-temps aux influentes d'une alimentation acre, irritante, d'un air chargé de miasmes putrides, endémiques, épidémiques, etc. se rtiatiifeste sans cause locale ou méfne avec cette

DB t*8RYSlPÊLÊ m GÉNÉRAL. 5i

Gortdîlion , d'abord des frissons, du malaise, de Fanxiélé^ de la soif, de l'agitation, de l'insomnie, des rôvâsseVie^^de la fièvre, en fin les caractères de la phlegmâsiè caianée tjue nous venons de signaler^ avec des modifications variées dans ses principaux phénomènes, etc.^ pourrons -nous même rapprocher ces deux ^tats morbides, ne sentirons nous pas au con* lî^âirë (jb'ilfe sont essentiellement opposés, que la fluxion inflammatoire locale n'est qu'un résUltat,Une des expressions de la maladie, ou pour le moins de la tnauvaisé disposition constitutionnelle, et dès-lors Tju'ici le traitement de la phlegmasie cutanée, si lîieme il doit se cotnposer de moyens locaux, n'est qu'une partie accessoire de la médication. Si nous ajoutons actuellement que ces maladies, ces mauvaises dispositions constitutionnelles qui peuvent favoii^ëf* bu même déterminer imniédiatement l'érysipéle Sont nombreuses, diversifiées; on sentira bientôt ie vice d'une expression qui semble destinée à consacrer la plus funeste des erreurs en identifiant dans le langage médical des maladies aussi essentiellemertf différentes. Nous chercherons à rectifier^ fcét abus dans ^histoire des érysipèles considérés en particuiieh En résumé, la nature de l'érysipèle, envisagée d'utié manière générale, nous seriible participer de celle de V inflammation ti de V exanthème sans 6'^ ïtir nettement, dans la majorité des sujets, les caractères de l'uhé et de l'autre ; de V inflammation y JVafcib qile celle-ci n'en est bien souvent que le symp^ iônië, et que sa inarche, son traitement^ n'ont plus

rien de conforme à ceux de la phlegmasie pure; de V exanthème^ parce que les maladies qui méritent ce y'tre , telles que la scarlatine, la rougeole, etc., tiennent toujours dans leur développement, à l'action de causes entièrement inconnues, n'affectent ordinairement le même sujet qu'une fois dans la vie, ne peuvent être produites à volonté, etc., lorsque l'érysipèle offre, dans presque toutes ses variétés, des dispositions absolument opposées.

Siège, — Dans l'histoire anatomique de la peau, nous avons déjà fait pressentir que plusieurs auteurs semblaient vouloir étendre à d'autres tissus et surtout au muqueuxle siège de l'érysipèle; ainsi Kulin, Rust, Jahn et beaucoup de médecins allemands, dirent que « l'érysipèle, simple procédé exanthématique, peut, en sa qualité de maladie spéciale, affecter les organes intérieurs, comme d'autres exanthèmes, comme l'arthrilis, etc., et revêtir alors un caractère propre, bien que souvent il s'y joigne une complication inflammatoire.» [Gaz.méd.y t. 1,2* série i833,

M. Lieprieur exprime à peu près les mêmes idées

dans le passage suivant : « Il est encore une affection de la peau quime semble mériter uneattention particulière sous le rapport des lumières qu'elle peut répandre sur l'histoire des progrès et la nature des phlegmasies des membranes, et surtout de celles du canal intestinal, c'est l'érysipèle. L'analogie des tissus ne pouvait manquer de faire songer aux analogies qui doivent avoir lieu dans leur état pathologique, mais

les ressemblances qu'offre la peau dans ses altérations par l'érysipèle, et les membranes muqueuses par la phlogose font encore mieux sentir l'identité

des deux maladies Dans l'érysipèle, quand il ne

se promène pas, les symptômes inflammatoires et les autres accidens diminuent vers le septième jour^ il en est de même après le premier septénaire des fièvres gastriques simples et bénignes, et ,de toutes les phlegmasies muqueuses et séreuses. L'érysipèle le plus souvent se déplace, et quand la phlogose commence à s'effacer d'un côté, elle se reproduit d'un autre, alors la scène se prolonge à raison que les déplacemens sont plus répétés; les phlogoses muqueuses de la poitrine et du canal intestinal offrent également des exemples de locomotion qui prolongent la durée de la maladie, laquelle se compose alors d'un certain nombre de phlegmasies consécutives.... La plèvre peut être affectée sur un point d'abord, mais la phlogose, en s'établissant sur un autre point, se portant jusque sur la portion qui revêt les lobes du poumon, le diaphragme, etc., peut déterminer outre un point de côté ordinaire, alternativement une péripneumonie ou une paraphrénésie, etc. » {L'homme considéré dans ses rapports avec V atmosphère , t. Il, p. 55.)

Ces faits et ces raisonnemens sont de nature à fixer l'attention des praticiens sur les considérations qu'ils ont pour objet, mais non pointa faire sortir encore de l'opinion généralement admise que l'érysipèle a son siège exclusif dans la peau.

Les auteurs, et particulièrement ceux qui se sont occupés d'une manière plus spéciale des affections cutanées, ont reconnu que Tinflammation érysipélateuse envahit, suivant ses degrés, les parties superficielles delà peau^ toute son épaisseur et même le tissu cellulaire sous-jacent; mais peut-être n'a-t-on point encore assez nettement précisé les élémens de l'enveloppe dermoïde pour lesquels cette inflammation semble offrir une prédilection particulière*

Dans l'érysipèle, au degré le plus superficiel , cette phlegmasie, d'après la nature même des symptômes et surtout les résultats de la nécropsie, nous semble affecter cette couche vasculaire, superficielle et sousépidermoïde , considérée par les uns comme un lacis de vaisseaux lymphatiques , par les autres de vaisseaux capillaires, par d'autres enfin de canaux sudoriféres, exhalans, etc., etc. Aussi dans ce premier degré la couleur est-elle plutôt rose que d'un rouge foncé; la chaleur sèche avec prurit, absence de perspiration. Dans les degrés plus avancés, l'inflammation s'étend à la couche profonde du même réseau , au chorion, enfin au tissu cellulaire sous-cutané, lorsqu'elle prend le caractère de l'érysipèle phlegmoneux. Le corps muqueux de Malpighi n'est pas aussi spécialement affecté ; aussi tant qu'il n'existe pas de complication étrangère aux caractères propres de l'érysipèle, ce pigmentum n'éprouve point d'altération comme dans plusieurs autres phlegmasies cutanées, telles (jue le vaccin , la variole, etc., qui l'envahissent dans le(jr (léveioppemenl, et les désordres sont-

DE L'ÉRYSïPÈLE EN GÉNÉRAL. 85

ils bornés à la vésicalion , à la desquammation de l'épiderme, comme dans la simple brûlure au second degré. Les paquets celluleux et vasculaires qui traversent les aréoles du derme ne sont pas non plus compromis comme dans le furoncle et Fanthrax; aussi dans les cas ordinaires la formation des bourbillons par l'étranglement de ces paquets n'est-elle point une terminaison de Férysipéle , comme elle le devient toujours dans les deux maladies que nous venons de signaler. Enfin , le pannicule adipeux de la peau ne paraît jamais être le premier point d'élection de l'inflammation érysipélateuse, comme cela s'observe bien fréquemment pour le phlegmon souscutané; aussi la suppuration, terminaison naturelle de ce dernier, ne se manifeste-t-elle en quelque sorte qu'accidentellement dans Férysipéle, et si celui-ci envahit quelquefois le tissu sous-dermoïde, c'est seulement par extension de son point naturel d'établissement^ c'est en changeant en quelque sorte, sinon de nature, au moins de caractère et de gravité.

Caractères anatomiques, — L'érysipèle sioiple est peut-être une des maladies que l'anatomie pathologique a le moins éclairée jusqu'à ces derniers temps. A peine en trouvons-nous quelques traces dans Morgagni. (Epist. xxu^art, 165 — Epist. xxxix, art. 2.) ,

M. Louis dit qu'il a trouvé, chez des malades morts pendant le cours d'un érysipèle, la peau dure^ épaisse et friable. (^Lancet, Franc, ^ i833,

t. VII, p. 2l5. )

M. Rayer, dans plusieurs érysipèles qu'il a disséqués, n'a pas trouvé la plus légère trace d'inflammation des artérioles et des veinules cutanées. « Sur un malade^ la peau de la face était pâle, excepté sur les paupières, qui conservaient un peu de rougeur dans les points que les bulles n'avaient pas occupés; le tissu cellulaire cutané et intermusculaire de la face était infiltré d'une sérosité jaunâtre^ purulente; de petits dépôts d'un véritable pus existaient en avant et en arriére des muscles orbiculaires des paupières, dans le tissu cellulaire de l'orbite, et se propageaient vers les fosses temporales; le tissu cellulaire du cuir chevelu était lui-même infiltré. Les parois des veines de la face et du cou , quoique baignées dans le pus, n'offraient aucune trace d'inflammation; plusieurs de ces petits vaisseaux contenaient une sérosité purulente semblable à celle épanchée dans le tissu cellulaire enflammé. Les artérioles étaient saines. J'ai également trouvé du pus dans les vaisseaux lymphatiques d'un membre abdominal atteint de phlegmon érysipélateux , et sans altération a])préciable des parois de ces vaisseaux. Enfin, j'ai rencontré de véritables inflammations des veines principales du membre envahi par un érysipèle phlegmoneux ou par un phlegmon, comme à la suite d'un panaris ou d'une amputation. Si j'en juge d'après mes propres recherches, la phlébite complique plus souvent les inflammations du tissu cellulaire que celle de la peau. » (Zoc. cit.^ p. i56.)

D'après MM. Cliomel etBiache (Zoc. cit.^ p. 235),

« lorsque la mort arrive dans le cours d'uîi érysipèle, les régions qui en étaient le siège présentent, après le refroidissement du corps, une teinture brunâtre qui remplace la rougeur; l'épiderme se décole avec facilité, et la pression du doigt sur la peau détermine un enfoncement plus ou moins marqué. ))

Suivant M. Ribes (Mém. de la Soc. méd. d'émiil. , t. viiï, p. 622), (( les petites veines des tégumens sont visiblement et principalement affectées; la rougeur inflammatoire est surtout remarquable sur la tunique interne des veinules, dont la cavité est remplie par du pus; les ramuscules artériels et les vaisseaux lymphatiques sont eux-mêmes lésés j mais à un degré moindre que les veinules. ))

MM. Copland et Cruveilhier ont trouvé des dispositions anatomiques à peu près semblables à celles que vient de signaler M. Ribes.

Lorsque l'érysipèle devient phlegmoneux et surtout gangreneux , des désordres beaucoup plus profonds et plus facilement appréciable^s se rencontrent. Nous aurons soin de les indiquer en traitant de ces spécialités. Ajoutons seulement ici que, sans prendre le caractère de l'érysipèle phlegmoneux , la maladie que nous étudions, bornant ses progrès au tissu feutré du derme, peut y déterminer de petits abcès régulièrement circonscrits, jamais alors disposés en nappes, comme dans le cas d'invasion du tissu cellulaire lamelleux , observation déjà faite par M. Velpeau; et, comme nous l'avons nous-méme constaté

un certain nombre de fois, surtout dans les érysipèles des pieds et des mains, que l'on rencontre les vaisseaux lymphatiques, quelquefois jusque dans les aines et les aisselles, formant sur leur trajet des cordons rougeâtres avec épaississement de leurs parois, suppuration dans leurs cavités; disposition que l'on peut suivre chez certains sujets, même dans les ganglions auxquels se rendent ces vaisseaux.

Prédispositions, — Ce point est un des plus importans dans l'histoire de Térysipèle; en effet, un grand nombre de praticiens pensent que cette maladie, lors même qu'elle est produite par cause externe et qu'elle se développe avec ses caractères essentiels, dépend toujours d'une modification intérieure de la constitution , qui devient l'agent principal, pour ne pas dire indispensable, de son développement. Ainsi, MM. Blache et Chomel ( /oc. c^Y. , ■p. 216) partagent complètement cette opinion : a selon nous , l'érysipèle rûest jamais le résultat d'une cause ex terne ^o\x du moins si quelquefois une cause externe concourt à sa production, elle na qu'une part secondaire à son développement ', elle suppose le concours d'une cause interne, d'une disposition particulière que nous ne connaissons pas. Nous sommes par conséquent réduits à étudier les conditions dans lesquelles cette disposition survient, et les circonstances qui peuvent provoquer l'apparition de l'érysipèle chez ceux qui y sont prédisposés. »

Si nous recherchons ces circonstances, nous trouvons les principales dans les conditions suivantes ;

DE L'ÉIiYSIPÈLE EN GÉNÉRAL. 39

Age, — Période virile; sans doute à cause du plus graud développement des passions concentrées et des inquiétudes inséparables de la vie sociale. Sexe, — Les femmes sont le plus fréquemment affectées d'érysipèle j ce qu'elles peuvent devoir à leur plus grande excitabilité , à leur vie plus sédentaire et moins libre dans ses expansions. Tempérament» — Les bilieux et mélancoliques. Idiosjncrasie. — Certains sujets^ sans aucune disposition appréciable et relative à toutes les autres conditions, se trouvent plus facilement et plus souvent affectés d'érysipèle sous les influences qui peuvent les déterminer. Madame de L...., âgée de 66 ans, d'un tempérament sanguin lymphatique, d'une belle constitution , à laquelle nous avons donné des soins pendant quinze ans, offre ce genre de prédisposition d'une manière si prononcée, que depuis son enfance on n'a jamais pu lui faire l'application d'un vésicatoire, ni d'un cautère, sans développer immédiatement un érysipèle tellement violent, qu'il a toujours fallu renoncer à continuer l'entretien de ces dérivatifs, même dans le traitement des maladies qui nécessitaient leur emploi. Profession, — • Sans parler de celles où la malproprefé, le contact habituel des miasmes putrides, l'alimentation obligée au moyen des viandes salées, des substances d'un mauvais choix, etc., deviennent autant de causes susceptibles d'expliquer Je développement de l'érysipèle, nous indiquerons surtout les professions sédentaires, spécialement dans les grandes villes, où les ouvriers que Morgagni désignait par le terme de

4o DE L'ÉRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL.

sellarii sont fréquemment affectés de cette maladie. Hérédité. — Les auteurs rapportent des faits qui semblent prouver que les prédispositions à l'érysipéle sont transmissibles par voie de génération : no\is connaissons une famille nombreuse habitant la campagne dans une localité saine^ et dont la plupart des membres sont pris de cette maladie, soit vers l'automne, soit au retour du printemps. Habitude. — Il est peu de maladies qui se reproduisent aussi facilement sous cette influence, et quelquefois, par cela seul qu'un sujet a déjà présenté plusieurs érysipèles dans un point déterminé, le même sujet en offresuccessivement plusieurs autres, souvent dans le même point, jusqu'à ce que la disposition et l'influence de l'habitude se trouvent complètement détruites. Il y a des personnes pour qui l'érysipèle est une maladie habituelle : si elle attaque le visage, c'est ordinairement le même côté, et l'œil en est à la fin considérablement affaibli. (Tissot, Avis au peuple^ tom. Il , p. 35o). Saisons* — ^^Nous avons observé l'érysipèle, surtout dans l'automne, et vers la fin des étés humides et chauds , tandis que les inflammations franches se rencontrent plutôt au printemps. Un assez grand nombre d'auteurs considèrent cependant cette sai* son comme prédisposant à la maladie qui nous occupe. Climats: — Les pays humides, chauds^ marécageux , où l'air circule et se renouvelle avec difficulté. Constitutions atmosphériques : — Cette influence mérite surtout de fixer l'attention des praticiens. On voit quelquefois dans certaines saî-

DE L'ÈRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL. 4i

sons et même pendant le cours de plusieurs années, les conditions atmosphériques absolument inappréciables à nos moyens d'investigation , disposer tellement à l'érysipèle, toute la masse des sujets qui s'y trouvent soumis, que la blessure la moins profonde, que l'opération la plus légère, quelquefois même l'excitation la plus superficielle de la peau , suffisent pour déterminer le développement d'érysipèles^ souvent très-graves, et dans tous les cas bien disproportionnées à la cause occasionnelle de leur manifesta* tion, de telle sorte qu'il est impossible de ne pas admettre des constitutions érysipclateuses, comme on en voit de varioleuses^ de rhumatismales , de scarlatineuses, etc. Quelquefois même, cette prédisposition est si puissante, qu'elle n'a plus besoin d'un autre agent pour causer l'érysipèle , et que cette maladie prend alors un caractère vraiment épidémique. Ainsi Tozzi (^Comment, sur les aphorismes d'Hippocrate ^\. VII § 20.) parle d'un érysipèle qui régnait épidémiquement à Naples, durant l'automne et l'hiver de 1770. Cette affection qui occupait surtout la face^ était compliquée d'épistaxis, de délire et d'autres symptômes malins fort graves. Bromfield (Guillaume) , Chirurg. observations*^ and cases. Londres^ 1733. — And Médical communications y vol. 1 1 , p. 822, mentionne une épidémie d'érysipèie qui sévit pendant deux ans, et durant laquelle la tète était surtout affectée; le traitement antiphlogistique fut généralement fatal, on obtint plus d'avantages du quinquina et des cordiaux.

MM. Bîache et Chomel ont observé (JLoc. cit.^ p. 216) qu'on l'a vu plusieurs fois régner épidémiquement à Paris; par exemple, dans l'automne de 18 18, à la suite d'une longue sécheresse et de chaleurs excessives. M. Calmeil dit « que dans certaines années, les érysipèles se multiplient à l'infini chez les aliénés , de telle sorte qu'il faut suspendre pendant un temps plus ou moins long, toutes les médications révulsives , qui font pour ainsi dire^ la base du traitement de l'aliénation mentale. L'application d'un séton , d'un moxa, d'un vésicatoire, est suivie d'une inflammation érysipélateuse ; une plaie superficielle de la peau 5 a le même inconvénient; le plus léger coup, l'ouverture d'une veine, une' application de sangsues, occasionne des érysipèles. L'année 1828, sous ce rapport , a été singulièrement remarquable , et pendant six mois, les infirmeries ont été encombrées d'aliénésérysipélateux(Rayer, Zoc*.CiY. p. i4^). M. Lisfranc, dans le printemps de la même année, recueillit en grand nombre des cas semblables, à l'hôpital de la Pitié. M. Velpeau, dans cet hôpital, pendant l'été de 1 83 1 , vit également une épidémie d'érysipèles. Dans l'un et l'autre service, l'application des sangsues, une opération légère, une piqûre, amenaient celte inflammation avec toutes ses conséquences.

Si nous voulons rapprocher de ces prédispositions de tout l'organisme celles des différentes régions de l'enveloppe dermoïde, nous trouvons, d'après les faits, que certaines parties semblent offrir à

rérysipéle un siège de prédilection indépendamment de toute cause locale. On peut établir ainsi la gradation relative à ces prédispositions locales, i" La téte^

— MM. Chomel et Blache étaient bien convaincus de ce fait lorsqu'ils ont dit : « L'érysipèle spontané est vingt fois plus fréquent à la tête que sur toutes les autres parties du corps. » ( Loc, cit»^ p. 219.) 2*" Au cou. — Il est encore fréquent dans ce point. Z^'Au scrotum^ chez l'homme, aux grandes le\>res^ chez la femme, — Nous en avons observé un grand nombre dans ces parties. 4° Aux membres pelviens^

— Surtout chez les vieillards, d'après l'observation de Franck; chez les sujets cachectiques et chez ceux que leurs professions obligent à rester long-temps debout. Gelse rapporte que l'érysipèle des jambes était très commun chez les Romains. 5° Aux mem.bres thoraciques, — Surtout en partant des mains, chez les boyaudiers, les teinturiers, les boulangersj etc. 6° Enfin, au tronc. — L'inflammation s'établit le plus souvent alors en forme de zone ou ceinture; c'est en effet dans ce point que l'on observe le plus souvent cette variété, connue sous le nom de zona zoster. L'érysipèle, comme nous le verrons, peut parcourir successivement la plupart des régions de la peau, mais on l'observe bien peu souvent dans toutes ses parties à la fois, a Une variété très-rarement observée, c'est l'érysipèle universel \ nous ne l'avons vu qu'une seule fois, c'était sur une dame de cinquante ans environ; toute la peau du tronc et des membres était légèrement tuméfiée et

présentait une rougeur érysîpélateuse très-intense, la figure seule paraissait moins prise. La malade, très-soufïrante, ne pouvait garder aucune position ^ ni jouir d'un instant de sommeil; elle se sentait comme dévorée par dés flammes ardentes. Heureusement, ce supplice ne fut pas de longue durée; il fut calmé par des bains entiers fréquemment répétés, et par l'usage de médicamens apéritifs. (Renauldîn, loç. cit^ p. 262. )

Causes. — Si nous recherchons la cause prochaine immédiate à l'action de laquelle se rattache le développement de l'érysipèle, nous ne trouvons que mystère et obscurité. Hippocrate, Galien , l'attribuent à une congestion de la bile, à l'influence d'une bile corrompue ^ d'un sang échauffé mêlé à ce fluide; Hoffmann, à l'irritation d'une bile acre caustique , altérée par la stagnation dans ses couloirs ; Lorry, à une sérosité acrimonieuse, irritante. « L'érysipèle dépend de deux causes : 1° d'une humeur acre et ordinairement bilieuse, répandue dans le sang; 2° de ce que cette humeur ne s'évacue pas bien par la transpiration. » (Tissot, loc, cit. y p. 35 1 .) îl est évident pour nous que cette cause première , dans l'éiysipèle spontané surtout, se rattache soit aux prédispositions individuelles, soit aux constitutions atmosphériques; mais en quoi consiste positivement ces constitutions et prédispositions: c'est un mystère qu'il ne sera peut-être jamais donné au médecin de dévoiler. Ainsi, par causes de l'érysipèle, nous entendrons seulement les circonstances plus ou

moins appréciables par nos nnoyens d'investigation, au milieu desquelles cette maladie se développe chaque jour sous nos yeux. Nous allons énumérer toutes celles qui peuvent appartenir à l'érysipèle envisagé d'une manière générale. Dans la seconde partie, nous préciserons les influences qui se rattachent plus directement aux spécialités de celte altération. Si nous réunissons en groupes les principales causes de l'érysipèle en général, nous trouvons les suivantes :

jo Irritations directes, — Malpropreté, frottemens des surfaces rugueuses, vétemens de laine, rayons solaires, action superficielle du feu, des corps trop chauds , application >des emplâtres rubéfians, des onguens, des pommades rances , de certaines substances animales et végétales acres, irritantes, immersion des parties dans les eaux bourbeuses , putréfiées , dans la vase qui s'y dépose , contusions, incisions et surtout piqûres, déchirures de la peau. Nous pourrions ajouter l'influence du froid s'arrêtant avant la mortification des parties superficielles de ce tissu ^ comme nous l'indiquerons surtout pour les engelures dans l'érysipèle atonique.

2° Irritans indirects.^ sympathiques^ de quelques auieurs. — L'irritation et l'inflammation des autres systèmes membraneux et notamment du muqueux, plus spécialement encore de celui qui revêt le tube digestif; c'est ainsi que l'on voit assez fréquemment des érysipèles se m.anifester quelques jours après l'invasion d'une gastrite , d'une duodénite , d'une en-

térite, etc. Ne pourrait-on pas ranger dans cette catégorie les répercussions diverses, mais surtout les suspensions et suppressions des menstrues y du flux hémorrhoïdal , d'une 'autre hémorrhagie habiluelie, etc.

3° Importation dans le torrent circulatoire (Té-* lémens nutritifs surabondans ou de matériaux irritans , âcres^ acrimonieux^ etc, — Dans la première catégorie, nous plaçons un régime trop exclusivement animal et notamment l'usage abusif des viandes rouges et noires. Nous neprendrons pas sur nous d'expliquer l'influence positive de celte cause, nous nous bornerons à rapporter l'opinion de M. B-ajev^ sous le point de vue des dispositions du sang favorables à la détermination des érysipéles. (( Il est constant que leur développement peut coïncider avec un état couenneux du sang analogue à celui qu'on observe dans le rhumatisme aigu; il n'est pas moins vrai q^ue chez quelques malades épuisés par des inflammations chroniques un érysipèle diffus et mobile est le présage d'une mort prochaine. L'observateur constate ces faits sans en entrevoir la cause. (^Loc. cit. p. i45.) Dans la seconde, nous rangeons les alimens salés, épicés , faisandés, fumés, les fromages passés , les légumes acres, le café , le tabac à fumer , les boissons alcooliques , les eaux malsaines, saumâtres , putréfiées, employés à l'intérieur , un assez grand nombre de substances vénéneuses , les moules non lavées que nous avons vues produire dans quelques heures une fluxion érysipé-

DE L'ÉRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL. Zj?

lalcuse presque générale avec gonflement très-marqué, chaleur et prurit insupportables, etc. C'est encore en agissant d'une manière analogue sur divers points de la peau que nous voyons quelquefois la bile dans l'ictère, l'urine dans la (ièvre urineuse , etc., provoquer des inflammations érysipélateuses ou pour le moins disposer à ces maladies. Faut-il interpréter de même l'influence des étatsbilieux et saburral dans la production de celte altération ou l'expliquer par une irritation sympathique, c'est une question que nous ne résoudrons pas, nous nous bornerons à constater la réalité du fait.

4° Influences morales. — Sans rechercher les rapports immédiats qu'elles peuvent avoir dans le développement de l'érysipèle , nous ajouterons que les excès d'une étude prolongée, que les passions tristes, concentrées, que celles qui déterminent de violens mouvemens excentriques, la colère surtout, peuvent encore occasionner cette maladie. Fallope rapporte l'histoire d'une femme qui se trouvait prise d'un érysipèleau nez chaque fois qu'eilese mettait en colère. {Opéra omnia, t. Il, p. loo.) J. Franck dit qu'il n'a jamais vu autant d'érysipèles occasionnés par de vives émotions qu'en Lithuanie. D'après cet auteur, un enfant de six mois, effravé d'une rixe provoquée entre ses parens, fut pris de fièvre à l'instant même, et le lendemain d'un érysipéle à la face. {Praxeos med,^ t. lî, p. 452.)

5° Influences atmosphériques . — Nous devons les distinguer : en celles qui se rattachent aux dispo-

sitions de certaines localités , comme on le voit dans les lieux plats, bas, humides, marécageux, dans les gorges de montagnes, dans les grandes villes mal bâties , dans les camps où se trouve la pénurie des choses essentielles à la vie, dans les hôpitaux, les prisons, à bord des vaisseaux, où l'érysipèle régne parfois d'une manière endémique : jusqu'ici nous pouvons en quelque sorte les apprécier dans leurs influences comme les causes précédemment étudiées, et trouver dans leur insalubrité les altérations de l'organisme auxquelles vient se rattacher le développement de l'érysipèle; en celles que l'on a désignées par le terme de constitutions atmosphériques, et qui développent assez fréquemment les épidémies érysipélateuses, comme nous l'avons prouvé par des faits dans ie chapitre des prédispositions. Dans cette seconde modification , nous voyons le rapport de la cause et des effets, seulement dans ce qu'ils ont de consécutif l'un a l'autre; mais la nature intime de celte cause, la liaison qui la rattache à ces résultats, nous échappe entièrement.

6"^ Contagion. — L'érysipèle est-il contagieux? Cette grave question a dû fixer l'attention des praliciensiaussi l'avons-nous déjà vue soulever un grand nombre de discussions. La solution du problème par l'affirmative compte beaucoup de partisans en Angleterre: Wells, Pitcair, Baillie, Parr, Dickson, Weatheread, Stevenson, Arnolt, Gibson, Bury, Willan, Lawrence, ont prétendu l'appuyer par des faits {^Copland dictionnarj^ part. VllI, p. 819).

L'opinion contraire est presque généralement professée en France, notamment par MM. Alibert , Biett, Cazenave, Schedel, Chomel, Blache, Rayer, etc. Peut-être est-il nécessaire de s'entendre sur la véritable signification des termes , avant de décider entre des autorités aussi recommandables. Si l'on entend par contagioji^ et c'est l'acception que nous donnons à ce terme, la faculté de transmettre une maladie d'un sujet à un autre par le contact immédiat et surtout par l'inoculation, comme on le fait pour le vaccin , la variole, etc., nous prononcerons , dans l'état actuel de la science, que l'érysipèle n'est pas contagieux; mais si l'on entendait par cette expression la faculté de communiquer une maladie d'un sujet à un autre par le transport de l'atmosphère dont le premier est environné sur le second, alors nous craindrions de nous tromper en résolvant le problème par la négative, lorsqu'il s'agit de ces érysipèles typhodes qui frappent les enfans, surtout dans les lieux où ils se trouvent rassemblés en grand nombre, et particulièrement dans ceux qui sont déterminés avec les caractères d'épidémie par les constitutions atmosphériques. Nous ne voyons qu'un seul moyen d'établir, ici comme ailleurs, de la précision dans le langage médical : c'estde réserver le terme 6q contagion pour le premier mode de transmission pathologique, et d'accorder celui ^infection au second. D'après cette distinction, nous pourrions alors dire : l'érysipèle sans complication d'une autre maladie n'est pas cojitagieMx; l'érysipèle par cause externe et pu-

5§ DE L'ÊRYSIPÈLE m GÉNÉRAL.

rement local n'est ni contagieux ni infèetieusc^ enfin l'érysipèle épidémique surtout paraît infec* tieux.

Symptômes, — L'érysipèle en général étant l'objet de notre examen dans cette prenaière partie nous devrons nécessairement en énumérant ces symptômes rassembler des élémens souvent disparâtes. C'est un écueuil que nous ne cherchons pas à éviter parce qu'il nous fera mieux sentir encore la nécessité d'étudier celte maladie dans ses spécialités, afin d'accorder à chacune d'elles ses caractères essen» tiels et palhognomoniques. Dans cette énumération générale nous trouvons les dispositions suivantes:

1° Caractères locaux. — Avant aucune apparition appréciable par les sens, presque toujours sécheresse , prurit, chaleur, sentiment de tension, de pesanteur dans la région dermoïde où doit se développer l'érysipèle, ensuite :

Rougeur. —Variant du rose clair au rouge foncé, disparaissant ordinairement sous le doigt pour se reproduire plus ou moins rapidement lorsque I'ob cesse de presser. Cette rapidité du retour de la rougeur paraît dépendre surtout de la plus grande proportion de vaisseaux artériels envahis, de l'élasticité, du défaut d'ensouement sansfuin de ces vaisseaux. En effet, ce caractère généralement attribué par les auteurs n'existe pas toujours; nous l'avons vu manquer lorsque l'engorgement vasculaire était porté trèsloin avec stase sanguine , ce qu'indique ordinairement une coloration tirant sur le violet fpncé.

DE L'ÉRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL. 5t

M. Sanson paraît attribuer dans certains cas du moins cette modification à la prédominance des veinules affectées sur les vaisseaux artériels, nous rapportons cette opinion sans en prendre la responsabilité. Cette rougeur érysipélateuse offre assez souvent une teinte jaunâtre, flavescente, ruhor sub jla^ v es cens.

Chaleur. — Elle est ordinairement sèche, acre, même au toucher , chez quelques sujets ces développemens s'effectuent par des espèces de crises plus ou moins rapides, et le malade ressent dans la partie le sentiment instantané que ferait éprouver un cautère objectif, en passant à quelque distance de la partie : si l'on consultait exclusivement les sensations du malade , on pourrait croire à l'élévation considérable de la température dans cette partie ; les expériences thermométriques nous ont prouvé que dans la plupart de ces cas cette élévation n'était que de 3 ou 4 degrés.

Douleur. — Le plus ordinairement elle est brûlante, pruriginense, tensive , mais sans pulsations, la peau ne supporte que très-difficilement le contact des corps, même les plus légers et les plus doux.

Gonflement. — Il est plus considérable qu'on ne le pense vulgairement ; ce qui naturellement en impose sous ce rapport , c'est que la tuméfaction comme la rougeur , se perd en quelque sorte d'une manière insensible, dans la transition de la peau malade à la peau saine ; de telle sorte qu'il existe entre Pune et l'autre des portions de légumens , dans une disposi-

tion intermédiaire aux états physiologique et pathologique, sous le double rapport que nous venons de signaler , ce qui diminue beaucoup l'apparence de la tuméfaction , surtout quand Férysipèle se trouve largement étendu; mais si l'on examine le point central , on s'aperçoit qu'il est assez fortement tuméfié^ toutefois sans offrir la pointe acuminée du furoncle, ni rnéme le relief arrondi du phlegmon. Si l'on explore la périphérie par le toucher , on sent presque toujours une sorte de bourrelet qui détermine la circonscription moins vaguement que l'œil ne l'avait indiqué d'abord. La consistance des parties affectées présente un peu d'augmentation, il existe sous ce rapport, tantôt rénitence élastique , et tantôt léger empâtement œdémateux, suivant le caractère de l'inflammation, et surtout l'organisation des parties affectées, comme on le voit en comparant le nez, les joues, aux paupières, au pénis, au scrotum chezl'homme; aux grandes lèvres chez la femme , etc. , dans leur état érvsipélateux. La surface cutanée présente plusieurs modifications importantes à noter, elle est quelquefois lisse, tendue, luisante, quelquefois rugueuse , inégale et comme chagrinée; dans un certain nombre de cas, des petites vésicules miliaires apparaissent à sa surface, quelques jours après l'invasion; dans quelques circonstances, on voit même s'élever des espèces d'ampoules assez larges, analogues à celles du vésicatoire, dans les premières heures de son action, caractère accessoire qui sans doute a fait ranger l'érysipèle par Willan,dans le genvcbullœ. La sérosité

contenue dans ces vésicules, est orflin«Tirement roussâtre, acrimonieuse, elle augmente l'irritation des parties qu'elle touche pendant son évacuation , après l'ouverture de ces vésicules. Cette même sérosité peut encore offrir d'autres modifications qui amènent des changemens dans la desquammation ; elle peut être claire, limpide, ou devenir épaisse et susceptible d'acquérir une consistance assez marquée. «J'ai vu quelquefois , surtout quand l'érysipèle attaquait le visage, que l'humeur qui sortait de ces pustules, était extrêmement visqueuse, et formait des croûtes épaisses qui ressemblaient presque aux croûtes de lait des petits enfans , et restaient plusieurs jours avant que de tomber. » (Tissot. Loc. cit,^ p. 349.) Dans la plupart des cas , ces phénomènes locaux sont précédés, accompagnés et suivis de modifications constitutionnelles.

2P, Caractères généraux, — Le plus ordinaire « ment, l'inflammation érysipélateuse est précédée par des prodromes qui préludent à son invasion ; ainsi , malaise général, anxiété, pesanteur de tète, impatience, agitation, insomnie, rêvasseries pénibles, chaleur sèche, prurit sur toutes les parties de la peau, soif, dégoût, anorexie, lassitude spontanée, tristesse, ennui, frissons irréguliers, fièvre, quelquefois même nausées, vomissemens glaireux et bilieux, etc. La plupart de ces phénomènes diminuent après quelques jours ; toutefois la peau reste ordinairement sèche, la chaleur vive, la soif assez intense , et Ja fièvre assez variable dans ses développe-

54 DE L'ÉRYSIPÉLE EJN GÉNÉRAL.

mens. Les symptômes particuliers et relatifs aux localités affectées viennent se joindre à ces derniers : ainsi , dans les membres , l'impossibilité de les exercer librement 5 au tronc ^ l'impatience des vêtemens; à la tête , l'agitation ou l'assoupissement , souvent même le délire, comme nous le verrons surtout dans les érysipèles de cette partie.

Types, — L'érysipèle peut se manifester au type continu 5 c'est le mode le plus ordinaire; au type rémittent^ comme on le voit surtout dans certaines épidémies. Peut-il être intermittent? Nous ne connaissors pas de fait qui le prouve d'une manière incontestable; les suivans nous semblent en effet peu concluans : a Un homme âgé de 34 ans^ d'une forte constitution , est continuellement tourmenté depuis neuf mois par un érysipèle'a la face qui dure troisrà quatre jours , cesse après ce temps pour reparaître au bout de quatorze ou quinze jours, sans qu'on puisse savoir à quoi cej attribuer le retour. Quelquefois la douleur se propage dans le cuir chevelu; mais toujours il éprouve dès le début un frisson, puis de fe 'chaleur et de la sueur. Habituellement il a la pituitaire enflammée, les yeux larmoyans; du reste, toutes les autres fonctions se font régulièrement; plusieurs dents sont cariées, principalement les deux canines supérieures. L'érysipèle s'étend à la base du Aez, qu'il affecte vers les deux pommettes, et de là Vers les deox angles internes des yeux. La pituitaire est très- en flammée; il y a aussi un léger épiphora dû ai^ rétrécissement des points et des conduits lacry-

maux, dont la membrane muqueuse est probablement enflammée par continuité de tissu..... Le 27 mai, deuxième jour de séjour à l'hôpital, l'érysipèle est dissipé, l'état général du malade est très-bon. On fait l'avulsion des deux dents canines supérieures et de la première petite molaire gauche cariée jusqu'à la pulpe. Le3o, cet homme sort de l'hôpital; et comme l'érysipèle vient régulièrement tous les quinze jours, prescription de trente grains de sulfate de quinine à prendre en trente-six ou cjuarante heures , deux jours avant ceux qui pourraient amener l'érysipèle. Nous recommandons expressément au malade de revenir à la consultation , que l'érysipèle se reproduise oti non. Cet homme ne s'est point représenté. » (Piorry^ Lancet.Jranc.^ t. vi, p. 267, i832. )

(c L'érysipèle paraît souvent pendant les paroxysmes des gastro-entérites, et s'ef£ace dans l'intervalle; il est quelquefois régulièrement intermittent. » (Roche et Sanson , loc. cit. , p. 297, )

« L^érysipèle intermittent est une maladie trèsrare, je ne l'ai observé qu'à la face; il était précédé et accompagné d'accès névralgiques. Quel que soit le type qu'il affecte, il cède ordinairement à l'usâge du quinquina ou du sulfate de quinine administré comnie dans les fièvres d'accès. )) ( Rayer, Dict. de méd. et de chir. prat. , t. vu , p. 4^9- )

Si l'on entend, comme cela doit être, par intermittence^ la marche d'une maladie qui suspend en quelque sorte son expression symptomatique pendant un ou plusieurs jours, pour la reprendre ensuite sans

aucune cause appréciable et susceptible d'affecter un développement morbitique nouveau, les observations que nous venons de citer ne sont nullement des érysipèles essentiellement intermittens. En effet, dans le premier cas, un érysipèle survient surtout dans la peau qui recouvre le maxillaire supérieur et le nez, le développement de cette maladie coïncide avec la carie de plusieurs dents, elles sont extraites, et l'on a tout lieu de penser, puisque le malade n'est pas revenu, que l'érysipèle qui s'était reproduit tous les quinze jours, pendant neuf mois, a complètement disparu; autant voudrait dire que toutes les fluxions des joues qui si fréquemment accompagnent les odontalgies, la carie des dents, sont intermittentes. Ne retrouvons-nous pas au contraire ici l'action d'une cause qui reproduit ses effets à des intervalles, sans imprimer au génie de l'inflammation qui s'y rattache un caractère naturellement intermittent.

Dans la seconde, l'expression du fait porte en soi la réfutation du principe que l'on tend à consacrer.

Dans la troisième, un érysipèle apparaît sous le type intermittent, et l'on parle du quinquina comme anti-périodique dans le traitement de cette variété. Mais ne voit-on pas en même temps l'auteur signaler dans tous les cas soumis à son investigation la coïncidence d'une névralgie , maladie naturellement intermittente , et souvent guérie par le quinquina. Ne savons-nous pas d'un autre côté, qu'un accès névralgique est plus que suffisant pour occasionner le développement d'une fluxion érysipélateuse, et dès--

lors où se trouve la preuve que celle-ci reslc essentiellement intermittente.

Que l'on nous fournisse des observations d'crysipèle à l'état de pureté marchant à l'instar de la fièvre d'accès , nous en admettrons immédiatement le caractèreintermittent. Entre ce caractèredel'intermittence. vraie et de la périodicité prise dans un sens beaucoup général , il existe un intervalle que l'érysipèle peut occuper, se reproduisant ainsi vers les mêmes époques, soit aux équinoxes, au retour du printemps, de l'été , de l'automne , mais alors ordinairement sous l'influence d'une cause qui nous explique sa reproduction et qui fait de ses retours non plus une maladie qui s'assoupit et se réveille, mais une succession de plusieurs maladies distinctes, bien qu'appartenant à la même espèce. C'est ainsi que le comprennent la plupart des pathologistes, et c'est dans cette acception que MM. Blache, Chomel, ont parlé de sa périodicité. « L'éryspèle périodique attaque de préférence les vieillards, les individus cachectiques et les femmes arrivées au temps critique. Il occupe en général les mêmes parties et le plus souvent il se reproduit à des intervalles inégaux, à plusieurs mois par exemple; chez quelques sujets néanmoins il reparaît à des époques déterminées. Lorry a connu un homme qui, deux fois chaque année^ vers l'un et l'autre équinoxe, était attaqué d'érysipèle; il dit avoir vu l'érysipèle périodique reparaître une fois chaque année, au printemps. Franck parle d'une affection semblable qui se reproduisait chez la même personne

tous les mois. » ( Loc cit,^ p. 232. ) En résumé, nous pensons que la prédisposition érysipélateuse existant chez un sujet, il peut^ pendant la durée de celte prédisposition , éprouver des retours périodiques de la fluxion érysipélateuse réguliers ou irréguliers , suivant la marche des causés déterminantes. Mais que cette fluxion soit essentiellement intermittente, comme la fièvre d'accès, nous ne pouvons l'admettre jusqu'à connaissance de nouveaux faits.

Marche^ durée, — En la considérant dans les points actuellement affectés, elle est ordinairement assez rapide et met rarement plus de sept à dix jours pour parcourir ses diverses périodes. Pendant les deux ou trois premiers les accidens locaux indiqués augmentent progressivement , vers le cinquième ou sixième, la rougeur pâlit ou devient plus jaunâtre, la peau plus rude sous le doigt et légèrement ridée par la diminution de la tension et du gonflement. L'épiderme ainsi détaché de ses adhérences cutanées se dessèche et s'enlève soit en poussière blanchâtre, soit en pellicule mince, furfuracée, soit enfin en forme d'écaillés plus ou moins épaisses, plus ou moins larges en raison de l'absence ou du degré de la vésication , des caractères de la sérosité qui remplissait les vésicules; la peau reste alors pendant quelque temps plus rouge , plus sensible et même un peu plus gonflée, de telle sorte que si plusieurs érysipèles se manifestent successivement avant son retour à l'état normal, elle peut acquérir et conserver un épais sissement qui modifie très-sensiblement ses

conditions naturelles, de manière qu'à la face, par exemple, on voit des sujets dont les traits ont été déformés sous cette influence. On conçoit cfue si l'érysipèle est profond, s'il est compliqué de la formation d'abcès^ et surtout s^il prend les caractères de l'érysipèle phlegmoneux, ces conditions de marche et de durée ne lui sont plus applicables. Quant aux symptômes généraux, ils suivent ordinairement k même progression , mais avec des modifications qui ne peuvent trouver place que dans les spécialités. Deux points principaux doivent surtout fixer l'attention du praticien dans la marche de l'érysipèle : ses dispositions progressives et erratiques^ dont W ne faut pas identifier les caractères. Par sa nature, l'érysipèle est essentiellement progressifs c'est à-dire qu'il envahit un point de la surface cutanée, s'étend par degrés insensibles au point contigu, à mesure qu'il abandonne les parties primitivement affectées; de telle sorte que, sans avoir dans le même instant offert une très-large surface, il peut, après sa terminaison^ avoir compromis la majeure partie de la surface dermoïde; c'est ainsi qu'à la tête on le voit presque toujours partir d'un point du nez , par exemple , s'étendre à la pommette, à l'oreille d'un côté, parcourir la voûte péricrânienne, et revenir au nez, après avoir envahi successivement l'oreille et la pommette du côté opposé. On conçoit dès-lors trèsbien qu'en suivant cette marche, l'érysipèle suivant l'étendue du trajet qu'il décrit, peut durer quinze jours , un et même plusieurs mois, sans prendre

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pour cette raison les dispositions de l'état chronique, auquel on l'observe très-rarement. D'un autre côté 5 l'érysipèle peut devenir exceptionnellement erratique; dans ce cas, il ne s'agit plus d'un envahissement successif des parties contiguës, mais de la disparition d'un lieu pour s'établir dans un autre plus ou moins éloigné, séparé quelquefois par de très-grands intervalles d'une peau complètement saine. Ce mode est tellement dangereux et si particulier dans sa marche et les moyens qu'il exige, que nous en ferons une histoire spéciale.

Terminaisons . — La plus naturelle, et celle vers laquelle doivent tendre les efforts du médecin , c'est la résolution^ accompagnée de la desquammation et des autres symptômes de rémission indiqués; elle est quelquefois brusquement amenée , surtout chez les sujets très-sanguins, par des épistaxis ou d'autres hémorrhagies critiques , particulièrement lorsque la maladie se rattache à des suppressions de ce genre. Dans les autres modifications, ses crises peuvent s'effectuer par les urines, les sueurs ou les évacuations alvines; dans certains cas, il n'existe aucune crise appréciable. La délitescence ^ la métastase^ sont heureusement moins fréquentes: leurs dangers ou les accidens qu'elles provoquent obligent souvent à rappeler l'inflammation dans son siégeprimitif par des moyens irritans. La suppuration est une terminaison exceptionnelle dans l'érysipèle ordinaire et superficiel; si du pus se manifeste alors, il est rarement de bonne nature, ou plus exactement il ne

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présente pas les caractères du pus phlegmoneux. Il faut éviter autant que possible dans l'érysipéle ce genre de terminaison, que l'on cherche au contraire souvent à favoriser dans le phlegmon. Nous verrons, au reste, dans l'érysipéle profond et dans Térysypèle phlegmoneux, les conditions et les indications relatives à la suppuration. La gangrène est rare dans l'érysipéle simple, mais elle arrive assez fréquemment dans l'érysipéle atonique , et toujours dans la spécialité que nous décrirons sous le nom d'érysipéle gangreneux: c'est alors surtout que nous devrons l'examiner avec soin.

Analogies. — Nous ne parlerons pas ici des caractères qui distinguent l'érysipéle du phlegmon, du furoncle, de l'anthrax, etc.; la connaissance des symptômes pathognomoniques relatifs à chacune de ces maladies ne permet pas de les confondre. Cette erreur de diagnostic deviendrait plus facile avec l'urticaire, le pemphigus, la miliaire, la rougeole, la scarlatine , etc. , si l'on ne considérait que dans toutes ces maladies la forme spéciale, soit vésicule, bulle, pustule, papulle, etc., précède ordinairement la rougeur érysipélateuse, tandis que dans l'érysipéle, alors même qu'il revêt quelques-unes de ces formes, la rougeur érysipélateuse prélude à leur apparition. Ajoulotjs que les caractères généraux de ces maladies, leur marche, leur complication et leur durée, sont autant de moyens d'établir le diagnostic différentiel. Une seule affection cutanée reste à séparer de l'éry-

sîpèle, d'après les uns, et d'après les autres à identifier avec cette maladie : cette affection est l'érythème. Au nombre des premiers nous citerons surtout les suivans : « L'érythème est une rougeur insolite, qui se montre sur quelques points de la surface de la peau; ce n'est point à proprement parler une maladie, mais un signe de maladie. » (Renauldin, loc. cit, p. 269). » L'érythème ^semblable à l'affection roséolée^est ordinairement un état symptomatique.... it est caractérisé dans son premier mode par des taches rouges, iiTégulières , et ressemblant à la rougeurqui est produite par la pression : leur durée est courte. » (Bateman, /oc. c/^. p. 16.) « L'érythème est un eczème qui se manifeste sur une ou plusieurs parties du tégument par des élevures rouges, circonscrites, plus 6u moins étendues, plus ou moins superficielles, se terminant d'ordinaire par des desquammations ou légères furfurations de l'épiderme; il survient quelquefois des excoriations , même des ulcérations à la peau. » (Alibert, loc. cit,, p. 8.) « L'érythème . est un exanthème non contagieux, caractérisé par des rougeurs légères superficielles, irrégulièrement circonscrites, de forme et d'étendue variables. » (B!eit,Casenave et Schedeï^ loc. cit.^p, 4-) ^< L'érythème est un exanthème non contagieux, avec ou sans fièvre, caractérisé par une ou plusieurs taches rouges de quelques lignes, à plusieurs pouces de diamètre, disséminées sur une ou plusieurs régions du corps, et dont la durée la plus ordinaire à l'état

aigu est d'un à deux septénaires. »j (Rayer, loc, cit.^ p. i?o.)

Parmi les seconds, nous indiquerons les suivans : « Ainsi que nous l'avons annoncé, nous ne donnerons pas la description de l'érythéme; nous le regardons comme l'érysipèie de l'espèce la plus simple et la plus légère. » (Rostan, loc. cit. i86.) « L'éry thème, l'érysipèie simple et l'érysipèie phlegmoneux ne sont à proprement parler que trois degrés différens de la même phlegmasie, voilà pourquoi nous les réunissons dans une même description. Toute inflammation aiguë, mais légère, superficielle et passagère de la peau a reçu le nom d'érythème; plus intense, plus vif et plus durable, on la nomme érysipèle. j) (Roche et Sanson , loc. cit. 290. )

Cette question se réduit , comme on le voit , à une' discussion de mots; il est en effet impossible de confondre avec l'érysipèie, même au premier degré, la maladie décrite par les premiers auteurs sous le nom d'érythème; les seconds sont libres sans doute, après s'être expliqués, de faire l'histoire de l'érysipèie superficiel sous ce nom d'érythème; toutefois, il en résulte à notre sens, d'une part, confusion , de l'autre, oubli d'une maladie qui devait être dénommée. Sans confondre érysipèle et éry thème , nous décrirons donc seulement sous la première de ces dénominations, avec les indications relatives à ses degrés , à ses variétés , la maladie qui fait l'objet de ce travail.

Complications . — Elles sont relatives d'abord à l'extension de la phlegmasie aux tissus contigus de la

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peau , comme on le voit dans les érysipèles œdémateux et surtout phlegmoneux qui lui donnent plus de gravité; à d'autres altérations dermoïdes combinées à celle-ci, et notamment le furoncle 5 l'anthrax, la variole , etc. ; à certains caractères particuliers de la phlegmasie, comme dans l'érysipéle gangreneux; à la coïncidence de toute autre lésion plus ou moins grave, et surtout aux diverses réactions fébriles, aux infections miasmatiques, à l'état saburral , aux désordres constitutionnels, aux contusions, aux plaies, aux fractures, etc. , qui peuvent s'y joindre comme simple coïncidence, ou avec des relations de cause à effet; des inflammations vasculaires plus ou moins étendues , telles que la phlébite avec ses modifications, la lymphite, si fréquente en pareil cas, avec engorgement des ganglions voisins et quelquefois même éloignés, avec des rapports d'effet à cause, etc. Pronostic, — Il est en général peu grave dansFérysipèle simple. « Dans tous les cas observés par M. Louis, la maladie a présenté une terminaison heureuse; les auteurs qui ont cité des cas d'érysipéle terminé par la mort, n'ont pas tenu compte de l'état antécédent de leurs malades. M. Louis a vu aussi des sujets succombera diverses maladies pendant la cure d'un érysipèle. Mais lorsqu'au moment de l'invasion de cet exanthème les malades étaient bien portans, cette affection a toujours eu une issue heureuse.» {Lancet. franc. i833, t. VII, p. 2i5. ) La fluxion érysipélateuse peut même, dans certains cas, devenir critique d'une autre maladie; c'est sans doute ce

point important d'obscrvalion qui a fourni à M. Sabotier l'idée (][i travail qu'il a publié sur l'érysipcle envisagé comme moyen thérapeutique. Mais dans des érysipèles compliqués, il offre une gravité relative à l'état constitutionnel des sujets, à leur âge, à la nature de sa cause essentielle, comme nous le dirons d'une manière précise dans chacune des spécialités ; ajoutons seulement ici que dans ce genre d'inflammation , c'est moins l'importance des phénomènes locaux de la phlegmasie que l'altération générale dont elle est l'expression qui doivent servir de base au pronostic. C'est ainsi qu'un érysipèle purement de cause externe assez étendu, ménae assez profond , n'est pas souveat à craindre , comme on le voit dans la brûlure au premier, même au second degré, tandis qu'un érysipèle par cause interne^ plus superficiel et plus étroitement circonscrit, doit être beaucoup plus redouté dans ses terminaisons.

Traitement. — Si nous consultons les recueils d'observations, nous voyons l'érysipèle traitée avec succès par les méthodes les plus opposées , nous compre-= nons déjà qu'il en doit être ainsi, puisque ces médications n'attaquent pas une altération identique, mais au contraire des modifications pathologiques souvent très différentes auxquelles par conséquent chacune de ses méthodes peut être appropriée. Afin de procéder avec ordre dans l'examen de ces différentes méthodes, nous les exposerons successivement et d'une manière générale en indiquant seulement leurs caractères et leurs effets reconnus par

les observateurs, nous réservant d'en faire ultérieurement les applications raisonnées à chacune des principales espèces d'érysipèle. Nous signalerons particulièrement les suivantes : méthodes : i"" expectante; i^ antiphlogistique^Z" répercussive ; 4° dérivative; 5" ectrotique ; 6° é^^acuante et perturbatrice; 7° mercurielle ; 8° tonique; 9" compressive \ 10" divisante.

i". Méthode expectante, — Elle consiste pour cette maladie dans le repos général, dans la situation appropriée des parties où siège l'inflammation ^ dans la diète, les boissons tempérantes, etc. Dans cette méthode on abandonne entièrement à la nature le travail et les soins de la guérison. On conçoit que dans les érysipéles simples et qui deviennent en quelque sorte un effort critique de l'organisme , la solution de la maladie puisse être heureuse ne se trouvant contrariée par aucun moyen perturbateur; mais on comprend également que dans un érysipèle traumatique , par cause interne avec certaines conditions ou complications graves, cette expectation pourrait avoir des conséquences funestes. Les observations suivantes justifient l'emploi raisonné de cette méthode.

Obs. I. — « Madame V..., âgëe de 24 ans, d'un tempérament nerveux sanguin, jouissant habituellement d'une bonne santé, est prise à la suite d'un violent accès de colère, d'un tremblement général avec frisson, nausée, céphalalgie j quelques heures après, sentiment de chaleur incommode à la face,

démangeaison et rougeur de cette partie, agitation, insomnie.

Deuxième jour, au matin. — Gonflement et rougeur du nez, des joues^ sensibilité très-grande des tégumens , de la face et du tronc , céphalalgie susorbitaire, agitation, langue humide, point de fièvre. Pédiluves, lavemens émolliens , infusion pectorale, diète.

Troisième — jour. Gonflement considérable de toute la face, couleur violacée et brillante de la peau, tuméfaction des paupières, impossibilité de les écarter , tégumens du crâne d'une sensibilité extrême, pouls élevé; délire. Bouillon de veau aux herbes.

Quatrième jour. — La malade est un peu plus calme, le gonflement cependant est le même , il a envahi ainsi que la rougeur, toute la tète et une partie du cou. Les oreilles excessivement tuméfiées, sont le siège de vives douleurs; la langue est saburrale, le pouls normal. Limonade , lavement avec addition d'une once de mercuriale et d'une demi-once de sulfate de magnésie.

Cinquiènîe jour.— Le gonflement est à peu près le même, la rougeur et le brillant de la peau sont moindres, la malade se plaint de vives douleurs, qui paraissent avoir leur siège dans les muscles du cou. Cataplasme émollient.

Sixième jour. — Gonflement encore assez prononcé, sensibilité de la peau, sentiment de faiblesse; la malade se lève, lypothimie, quelques nausées. Lave-

ment, avx^c une demi-once de suifate de magnésie;» deux soupes maigres. /

.^Septième et huitième jour. Les parties reprennent i|i sensiblement leur état et leur aspect naturel, l'épiderme se détache et tombe en écailles ^ quelques petites tumeurs arrondies, dures, existent dans le cuir chevelu. 'ijiibo'i

Neuvième jour. La malade prend une once de sulfate de magnésie, et quelques tasses de bouillon aux herbes. La convalescence est évidente, l'appétit et les forces ne tardent pas à revenir, et maidame V... se livre de nouveau à ses occupations. «

Obs, IL — (( Un jeune homme de 20 ans, d'un tempérament bilieux, se livrant avec ardeur à l'étude et fatigué par des veilles prolongées, éprouve dans la nuit du 10 août, un violent mal de tète, accompagné de frisson et de nausées , il lui semble que la face se gonfle, que les yeux sortent des orbites , il y a de l'agitation , de l'insomnie, un léger délire.

1 1. La face est gonflée, rouge , brillante , le néi surtout. Ces parties sont le siège d'une vive démangeaison , les nausées n'ont pas persisté , il n'y a pas de fièvre. Pédiluves, lavement , limonade , diète.

12. Le gonflement a envahi tout le cuir chevelu ,■ la sensibilité des parties affectées est excessive, il y a de la fièvre, du délire. On recommande le silence et l'obscurité. Les parens appliquent sur le front et une partie de la face , des compresses imbibées d'eau émolliente , elles irritent le mal, et le médecin les fait enlever.

DE L'ÉRYSIPÈLK EN GENERAL. Of)

i3. Calme marqué, assoupissement, point de iièvrc, la tuméfaction est énorme, la rougeur et le brillant de la peau , sont moins prononcés, langue saburrale, soif vive. Deux îavcmens avec une once de sulfate de magnésie. Evacuation. Les jours suivans, amendement notable de tous les symptômes; desquammation de l'épiderme , seulement faiblesse extrême.. Le malade fait usage pendant quelques jours, de boissons laxatives , reprend quelques aliraens et part pour la campagne parfaitement guéri. » {Lancet. franc. i833,p. 3o5.)

:ii |,Si l'on excepte l'emploi de quelques légers laxatifs, on voit dans ces faits les résultats heureux d'une méthode qu'il est dés lors permis de nommer expectante.

2^ Méthode antiphlogistique. - — Les élémens principaux dont elle se compose, d'après les opinions généralement admises sont : la saignée, les sangsues, les scarifications simples, les ventouses sacrifiées , les topiques émolliens^ les bains généraux, les boissons aqueuses.

Saignée •— La plupart des praticiens sont d'accord sur les dangers des émissions sanguines, dans la majorité des Erysipéles et pensent qu'elles ne doivent être pratiquées que dans les cas où cette inflammation marche franchement chez un sujet pléthorique avec fièvre violente et réplétion du pouls. « Lorsque Félysipèle est très intense , qu'il s'étend jusqu'au tissu cellulaire^, et qu'il est accompagné d'une fièvre inflammatoire , la saignée est nécessaire^ surtout lors-

que la maladie dépend de la suppression d'une évacuation sanguine. Dans les autres espèces d'érysipèle, la saignée est rarement nécessaire, elle pourrait même devenir nuisible, aussi les praticiens circonspects n'usent-ils de ce moyen , qu'avec la plus grande réserve. » (Boyer. loc. cit. 17.) « Si le sujet est vigoureux j d'un tempérament sanguin, il n'y a pas de meilleur moyen de calmer la violence des symptômes, que d'ouvrir une des veines du bras et plutôt du pied, lorsque l'érysipèle siège à la tête et menace cette partie d'une congestion sanguine. » (Renauldin. joc, cit, p. 265. )>« Si l'érysipèle est plus intense et plus étendu, et si a l'inflammation locale se joignent une chaleur ardente et universelle, la sécheresse de la bouche et de la langue , la fréquence^ la dureté et l'élévation du pouls, ou si un état de pléthore générale est un obstacle au développement et à la marche régulière de l'éruption , il faut ouvrir sur le champ une des veines du bras ou la saphène; le soir ou le lendemain^ une saignée locale, pratiquée à une certaine distance des limites de l'inflammation, assure les heureux effets de la saignée générale. Ces émissions sanguines doivent être répétées le lendemain et les jours suivans, si le sang est très couenneux, et si, lorsque l'éruption est arrivée à son état, la fièvre persiste au même degré que lors de l'apparition de l'exanthème ; toutes les fois que l'érysipèle est compliqué de phlébite, cette pratique doit être encore plus active » (Rayer, loc. cit. p. 159.) « L'expérience a prouvé que les saignées générales n'avaient sou-

vent d'autre effet que de faire pâlir l'éruption , sans en abréger bien notablement la durée.... L'érysipèl«, qui occupe toute la tête, est toujours comme nous l'avons vu, une maladie grave, c'est aussi une des formes les plu» fréquentes^ et à ce double titre, une des plus intéressantes, sous le rapport du traitement. Dés l'apparition de l'érysipèle, nous avons généralement pour habitude de pratiquer une saignée abondante du pied ou du bras, et quand l'intensité des symptômes l'exige, une ou plusieurs autres saignées à douze ou vingt-quatre heures d'intervalle. » ( Chomel et Blache. Loc. cit. p. 236 et 241. ) M. Serres, jirchwes de méd, 1826 t. X. p. 5845 ^^P' porte plusieurs faits très favorables à cette médication. M. Bouillard d'après ses rapports cliniques paraît considérer la saignée dans le traitement de l'érysipèle en général, comme la meilleure des méthodes, les faits suivans sont invoqués à l'appui de cette opinion :

Obs, III. — « Le n° 5 de la salle des hommes était pris depuis la veille; c'était ua enfant de i4 à i5 ans, d'une constitution lymphatique, scrophuleuse, l'inflammation était très-vive, elle avait envahi toute la face qui était rouge, tendue, luisante, le doigt formait une impression assez durable dans laquelle la rougeur disparaissait pour quelque temps. Le nez était singulièrement tuméfié. L'entrée des narines était oblitérée par un amas de croûtes jaunâtres, les paupières tuméfiées étaient couvertes d'un mucus puriforme de même couleur, et les ganglions sous-

maxiliaires fortement engorgés , les symptônies généraux, tels qu'une fièvre intense, la céphalalgie, la soif, l'inappétance, venaient compléter le tableau, on fit pratiquer le jour de l'entrée une saignée, le lendemain , M. Bouillaud en ordonna une seconde et 20 sangsues au cou; le jour suivant, deux saignées furent faites, elles furent toutes de 3 palettes 1/2 à 4 palettes. Sous l'influence de ce traitement , l'inflammation érysipélateuse qui existait à un degré trèsprononcé , fut arrêtée en cinq jours. »

Obs. IV. ^- « L'autre malade couchée au n° 6 de la salle des femmes , arrivée le jour même où la maladie s'était déclarée, offrit au premier examen tous les symptômes d'un érysipèle à la face des plus prononcés , tout le visage était rouge, tendu, luisant, douloureux au toucher, le front et le cuir chevelu participaient à un moindre degré à l'inflammation, le pouls était très-déveioppé à 100 pulsations ; il existait quelques nausées de la douleur à l'épigastre. Une saignée dé 3 palettes 1/2 diminua à un tel degré tous ces symptômes qu'on ne crut pas nécessaire d'y insister; on prescrivit un purgatif et la malade fut complètement guérie après trois jours de traitement. Ce cas est remarquable par la promptitude avec laquelle tous les accidens ont disparu après la saignée. Ce n'est pas le premier de ce genre que nous avons guéri , et cesguérisons rapides me confirment de plus en plus que les émissions sanguines l'emportent sur le traitement de Férysipèlc sur toutes les autres mé-

(lications proposées. » (Jouj'îi. Jiebd,^ i834o ^^ in,

M. Robouam apporte dans l'emploi de la saignée une modification qui doit être signalée ; il conseille en effet de la pratiquer au moment de l'accès fébrile, et fournit l'observation suivante à l'appui de son opinion: Jeune homme de 22 ans^ tempérament sanguin, ayant éprouvé, il y a trois mois; un érysipéle à la face^ combattu sans avantage notable par trois saignées d'après la méthode ordinaire^ et deux purgatifs, éprouve le 10 juillet iSsS un nouvel érysipèle dans la même partie. Frisson, malaise, céphalalgie, fièvre, sans aucune cause connue.

Deuxième jour. — Anorexie, rougeur à la joue droite, cessation de la fièvre, puis retour avec fris-

son , anxiété , etc.

Troisième jour. — Face tuméfiée , rouge, chaude, paupières gonflées, chaleur brûlante, céphalalgie intense, langue molle et blanchâtre^ peau sèche, pouls assez développé, résistant, "yo pulsations,

M. Robouam recommande qu'on le fasse avertir au moment de la fièvre, et dès l'instant oti la réaction arrive, saignée de la saphène droite, trois palettes et demie. Disparition des frissons et du malaise à mesure que le sang coule , développement du pouls , 90 pulsations, sueurs générales, syncope, décoloration de la face, diminution du gonflement, disparition de la céphalalgie, sommeil. La face reprend de Ja coloration, mais beaucoup moins qu'avant la saignée.

Quatrième jour. — Le malade est levé s'occupant à écrire 5 et reçoit son médecin en lui disant qu'il a escamoté son érysipéle, que la nuit a été parfaite, qu'il se sentait de l'appétit et ne s^était jamais mieux porté. La face a repris son calme et son volume ordinaires, et sans la légère desquammation qu'on y remarquait déjà , on ne se fût jamais douté que la veille elle était le siège d'un erysipèle très-intense. Le malade, revu quelques jours après, se portait parfaitement bien. (Nouvel, bibliot, méd.^ t. III, p. 4o6.) Un fait isolé n'est pas susceptible de fonder une méthode; mais l'heureux effet de la saignée, mise en usage, contrairement à toutes les habitudes reçues, entre le frisson et l'invasion fébrile pour en contrarier le développement, a quelque chose d'assez insolite et d'assez neuf pour fixer l'attention des praticiens.

Tous les faits ne sont pas aussi décisifs que ceux dont nous venons de parler pour étabhr la supériorité des évacuations sanguines dans le traitement de Térysipèle en général.

Obs. V.' — « Une fille âgée de 21 ans, couturière de profession , d'une constitution grêle et n'ayant jamais eu ses règles, fut admise au n° 16 de la salle Saint-Lazare ; elle se rappelle avoir eu , il y a deux .9ns, un erysipèle à la face qui fut bientôt suivi de l'apparition de la variole. Depuis quatre jours seulement , cette jeune fille ressent des douleurs de tète , des maux d'estomac et des étourdissemens continuels.

DK L'ÉRYSÏPÈLE EN GÉiNÉRAL. ^5

3i juillet. Elle se fait recevoir dans les salles cliniques de l'Hôtcl-Dieu. Une saignée est jugée nécessaire, on la pratique sur le channp.

l'^aoùt. Le sang tiré de la veine présente une couenne inflammatoire très-épaisse, céphalalgie violente, point de sommeil pendant la nuit. Les ganglions du cou sont d'un rouge érysipélateux, les joues rouges, tuméfiées , tendues, sont parsemées de bulles irréguliéres. Cette rougeur et la chaleur fébrile date du 28, les jours suivans avaient été caractérisés par un accroissement dans les symptômes; la malade a vomi, à trois reprises différentes, des matières vertes et amères, son épigastre est douloureux à la pression , la constipation n'a pas cédé depuis le début des premiers phénomènes morbides et la langue humide se trouve recouverte d'un enduit jaunâtre. Le visage de la malade est entièrement défiguré par les progrès de l'inflammation érysipélatéuse , l'ouverture des paupières est rétrécie, le nez et la lèvre supérieure considérablement gonflés, des pellicules légèrement brunâtres fendiculées et froncées, recouvrent la muqueuse labiale , la respiration n'offre rien d'anormal. Pouls, 120 pulsations par minute, saignée de 8 onces, petit lait tamarisé, limonade gommeuse, cataplasmes, sinapismes aux pieds, lavement, diète.

2, La malade accuse une intensité plus forte dans la céphalalgie, sang couenneux, langue humide et pointillée sur les bords, constipation , bouillon avec une once de sel de Glauber.

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