Selles copieuses, fréquentes, fièvre modérée
soif moins vive, tension et douleur des parties érysipélateuses moins fortes. Cataplasmes sinapisés sur les membres thoraciques et pelviens. Les jours suivans, résolution graduée.
8. Convalescence^ persistance de l'œdème dans les parties affectées.
i6. Léger mouvement fébrile, recrudescence de tous les symptômes. La diète, les lavemens de séné^ une potion purgative dissipent dans trois jours ces nouveaux accidens. Cette fois la guérison est pleinement confirmée. » (Gaz. méd. i834. t. lï^ p. 649. Clinique de M. Chomel.)
Obs, VI» — « A la clinique de M. Velpeau, à l'hôpital de la Pitié, les antiphlogistiques seuls, émissions sanguines, boissons émollientesont réussi dans trois cas; dans l'un, l'érysipèle avait son siège au genou; dans le deuxième, à la jambe; dans Se troisièmc,^ il occupait toute la tète. Une femme a succombe malgré ce traitement employé seul et dans toute sa pureté; cette malade avait une ophthalmie pour laquelle un séton avait été appliqué à la nuque. L'érysipèle est parti du séton, a envahi successivement la tête et toute la poitrine. La malade a succombé. A l'autopsie, on n'a trouvé aucune lésion appréciable dans les viscères ni au cerveau , ni même à l'estomac, bien que des vomissemens fréquens eussent eu lieu. L'irritation de ce viscère était telle que rien ne pouvait être pris, même de l'eau pure sans exciter des vomissemens; la membrane muqueuse offrait pour
DE L'ÉRYSIPÈLE RN GÉNÉRAL. ff
toute lésion physique de In pnicur. » {^Laiicet. franc, i83i, t. V, p. To5. ) ....,,^:'. :
Des insuccès de ce genre ont été l'occasion des réclamations faites par plusieurs praticiens, et notamment par M. Baily , sur les avantages des émissions sanguines dans le traitement de rérysipcle. Ainsi, « M. Banquier dit, dans le compte qu'il rend de la clinique des hôpitaux de la Pitié et de Cochin pendant le trimestre de 1827 , que M. Bally s'abstient de toute émission sanguine dans le traitement de l'érysipèle à la face, bien convaincu que la saignée et les sangsues sont alors des moyens dangereux. Il les signale comme propres à aggraver les symptômes, à faciliter l'invasion du délire, à lui donner de l'intensité et à prolonger la maladie.... Cette opinion est bien justifiée par ce que nous avons observé dans les deux hôpitaux, car de tous les malades que nous avons vu atteints d'érysipéle, les seuls qui aient couru des dangers, sont ceux chez lesquels la méthode antiphlogislique a été employée. y> (^An-nuaire médico-chirurgical, i82'7, p. 279.)
Ces oppositions entre les faits eux-mêmes nous font assez connaître l'impossibilité de décider cette question d'une manière absolue. --
Sangsues. — Leur application dans le traitement de l'érysipèle doit être examinée sous trois points de vue principaux : i** comme moyen déplétif sur la peau saine. Sous ce premier rapport, les considérations de leur influence rentrent dans celles^que nous avons exposées relativement à la saignée veineuse;
toutefois, d'après nous , avec une modification bien importante à signaler, c'est que jamais cette saignée capillaire n'agit exclusivement par déplétion sanguine, mais toujours en même temps par une véritable dérivation, en sollicitant un mouvement du centre à la circonférence; et, sous ce point de vue , son application ne doit pas offrir toutes choses égales d'ailleurs autant d'inconvéniens que la saignée proprement dite, lorsque l'érysipèle est de la nature de ceux dans lesquels une rétrocession est à craindre ; aussi trouvons-nous les succès de cette médication plus soutenus que ceux de la saignée.
Obs. VII. — Homme de 3o ans, tempérament bilieux , est pris d'un érysipèle à la partie postérieure du cou sous l'influence d'un séton à la nuque : peau chaude et sèche, pouls un peu accéléré, langue large, un peu rouge sur ses bords, suppression du séton. Quarante sangsues à l'épigastre. — Deuxième jour, anxiété, céphalalgie, faiblesse. — Septième jour, M. Lisfranc s'aperçoit que le cuir chevelu est tuméfié, rouge et douloureux. Trente sangsues à la base du crâne. Plus tard, invasion de la face , délire sourd pendant la nuit, langue sèche. — Huitième jour, vingt sangsues à la base du crâne; tisane émolliente. Pouls serré, tiraillement des traits, stupeur, délire sombre , invasion des deux côtés de la face, langue aride sans rougeur. Sinapisme aux jambes , vésicatoires aux cuisses. — Neuvième jour, résolution graduée. — Quinzième jour, le malade sort de l'hô-
pital. (Z« clinique des hôpitaux et de la ville, t. II, p. 277. )
M. Lisfranc fournit encore plusieurs autres faits analogues.
Obs, Vin. — Femme âgée de 3o ans, lingère, tempérament mixte, entrée le 18 mars à la Pitié, six jours auparavant tintemens d'oreilles, étourdissemens intermittens, puis céphalalgie obtuse, continue. — Troisième jour, face rouge sur les pommettes, gonflement énorme. — 19 mars au matin, teinte luisante rouge propre aux érysipèles, occlusion des paupières presque complète, céphalalgie suraiguë, pouls serré, fréquent, langue rouge au bord et à la pointe, peau chaude, acre, légère douleur à l'épigastre, constipation. 3o sangsues aux jugulaires, larges sinapismes aux jambes, orge oxymélé, écoulement du sang abondant, bien-être marqué, la nuit insomnie sans délire. — 20, cessation de la céphalalgie, pouls fréquent et souple, langue humide, même tuméfaction de la face, mais sans douleur, peau chaude, halitueuse, une selle. — 21, amélioration progrès^ sive, rénitence moindre de la face, un petit abcès dans chaque paupière, pus assez bien lié. — 22, retour léger de céphalalgie, insomnie. 10 sangsues au cou, deux vésicatoires aux jambes, desquammation. — 24, état général très-bon; soupe, bouillon. — 3 avril, faible recrudescence. 20 sangsues à l'épigastre, sinapismes aux pieds. — 5 et 6, desquammation, convalescence. — Suivent plusieurs autres faits ana-
8o DE L'ÉRYSIPÈLE EN G EN ÉB AL
logues(yérck. génér. de ?néd,yt. X, p. 5g i. Clinique de M. Serres ).
Il ne faut pas imaginer toutefois que ce genre de saignée déplétive n'ait pas aussi ses inconvéniens dans le traitement de l'érysipèle, le même recueil de M. Lisfi'anc et de plusieurs autres path^logistes en fournit des exemples. Ainsi, tout en considérant la saignée capillaire comme un peu moins dangereuse que la saignée des veines d'après les considérations que nous venons d'exposer, nous ne pensons nullement qu'on puisse l'adopter comme une méthode absolue.
2° Comme mojen dérivatif. Toutes \es fois que l'érysipèle tient à la suppression d'une hémorrhagie habituelle et surtout àes menstrues, des hémorroï*des, etc., l'application des sangsues au point même où l'hémorrhagie devait se manifester est d'un emploi beaucoup plus général. Dans ce cas, elle constitue la règle, dont quelques circonstances particulières que nous examinerons dans les spécialités peuvent seules fonder les exceptions. Desault, Boyer, S. Cooper, Pinel, MM. Richerand, Biett, Rostan, Chomel, Biache, Rayer et presque tous les praticiens sont d'accord sur ce pointv -i^ u iiJoi.
3" Comme moyen déplétif sur le siège inërnB de r inflammation. On conçoit déjà que ce genre d'application doit trouver un assez grand nombre de contr'indications positives, puisque chez les sujets actuellement sous l'influence d*une prédisposition à l'érysipèle, les piqûres de sangsues deviennent quelque-
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fois la cause déterminante et provocatrice de cette inflammation. Les épidémies rapportées par MM. Rayer, Chomel, Blache, Calmeil, Lisfranc, etc. , que nous avons déjà cités^ en fournissent des preuves incontestables. Cependant plusieurs praticiens assurent que ces applications ont assez souvent produit des effets très-avantageux. (( Dernièrement, nous avons vu nous-même à la Pitié M. Lisfranc ordonner l'application de 25, 3o ou 4o sangsues sur l'érysipèle, et celui-ci disparaître sans accident après vingt-quatre ou trente-six heures. Nous avons aussi entendu dire à ce professeur, dans ses leçons cliniques à la Pitié, que ce moyen lui réussissait constamment ( Annuaire niédico-chirurg. 1827, p. 280 ). » Des réclamations se sont élevées contre cette manière de voir, on a rapporté des cas dans lesquels ces applications de sangsues, loin d'améliorer l'érysipèle, en avaient rendu la marche plus grave et l'invasion plus profonde. L'auteur qne nous venons de citer répond ainsi à ces divers faits : « Les médecins qui suivent la méthode de M. Broussais pratiquent des saignées capillaires à l'aide des sangsues posées sur Férysipèle même j on reproche à cette médication de faire prendre à la maladie un caractère phlegmoneux, cela peut être vrai^ lorsqu'on les applique en petite quantité; car alors, ainsi que Ta expérimenté dans une foule d'occasions M. Lisfranc, elles agissent d'une manière rubéfiante et non anti-phlogistique. Mais il a'en est pas de même si on les applique en grand nombre, 3o, 4o^ 5o et plus, suivant l'intensité de la
8ti DE L'ERYSIPÈLE EN GÉNÉRAL.
phlegmasie. Lors donc qu'on veut se servir des vers aquatiques dans cette maladie, qui à notre avis ne résiste guère à ce moyen, surtout en faisant précéder son emploi d'une ou deux saignées générales, il faut bien se garder d'en mettre peu ( Loc. cit. 1826, p. 363 ). » M. Lawrence est souvent aussi dans l'usage d'appliquer des sangsues sur les surfaces érysipélateuses, et il en a obtenu de merveilleux effets, il regarde comme fausse la crainte que leur morsure ne détermine la gangrène. (Za Clinique des hôpitaux et de la ville^ t. i, n. 80, p. 4- )
Ce dernier mode relatif à l'emploi des sangsues, en admettant même que dans certains cas il soit applicable au traitement de l'érysipèle , nous paraît encore bien moins susceptible que les deux premiers de constituer une méthode générale.
Scarifications simples. Piqûres, Mouchetures. >*— Celte méthode dont M. Lassis a réclamé l'invention et qui se trouve particulièrement recommandée par Dobson et Bright , consiste à faire sur la surface érysipélateusc des piqûres légères que M. Lassis borne à quinze ou vingt sur une surface de moyenne étendue, que Dobson et Bright portent quelquefois à plusieurs centaines et même à plusieurs milliers; à favoriser récoulement du sang, au moyen d'une éponge imbibée d'eau tiède, à répéter celte opération deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures, si les parties offrent de la rougeur et de la tension « Si cette opération est pratiquée au début , elle abrège la durée delà maladie; dans tous les cas elle débarrasse
les vaisseaux plus eflîcacement qu'aucun autre moyen. ))(Gaz. Med, 1802. t. III. p. 752.)«M. Babington dit avoir eu des succès conslans chez les vieillards en associant des ponctions faites avec la lancette sur le lieu de l'crysipèle, au quinquina et aux stiniulans. Ce médecin est dans l'usage d'employer les incisions dans tous les cas d'érysipèle sur quelque partie que siège le mal. Ces incisions faites avec la lancette, sont petites mais rapprochées, et il a toujours vu s'éclouler de la sérosité par les piqûres, jamais il n'a vu en résulter aucun événement fâcheux. » {La Cliniq. des hop. et de la vil. t, i. n" 84. p. 2.)
Obs. IX. — « Femme âgée de 26 ans, guérie d'une pneumonie par les émissions sanguines et le lartrate d'antimoine, est prise pendant sa convalescence, 19 juillet, d'un érysipéle à la face, qui débute par le nez, s'étend à la face, au cuir chevelu. Le 28 , l'affection s'était beaucoup étendue, elle avait gagné la membrane muqueuse du nez et de la gorge, et offrait un aspect formidable survenant chez un sujet déjà considérablement débilité. M. Bright, prescrit des piqûres deux fois dans la journée, et des fomentations sur toutes les parties du cuir chevelu du front et de la face, soulagement très marqué, essation du délire , diminution de l'inflammation répétition des piqûres le lendemairj, nouvelle amé^ Ijoration.Deux jours après, il devint nécessaire d'appliquer un vésicatoire à la nuque du cou, à cause du retour du délire, lorsque l'inflammation externe
était très (liniiniiée. Dès ce moment, tous les symptômes eurent peu d'intensité et l'on put avoir recours h l'emploi de légers toniques.
Obs, X. — (( Homme de 38 ans, ayant été atteint de rhumatisme chronique ambulant, éprouve le 7 mars des symptômes fébriles avec céphalalgie considérable , inflammation érysipélateuse de la face 5 saignée de huit onces par des ventouses mouchetées à la nuque. Pilules de coloquinte et de calomeî, quinze grains. Julep avec acétate d'ammoniaque; vin d ipécacuanha.
10. La maladie a fait des progrès sur la face, mais elle paraît peu intense; même prescription , potion de séné.
14. Il y a eu du délire pendant la nuit, la face est très rouge et tuméfiée. Vésicatoire entre les deux épaules : deux onces d'huile de ricin, couvrir de piqûres toute la surface enflammée.
17. Les piqûres ont été pratiquées trois fois avec beaucoup de soulagement. L'inflammation de la face a diminué rapidement, mais il reste encore un peu de tendance au délire; huile de ricin^ deux onces.
24. Le malade se promène, la face est parfaitement guérie sans abcès, ni presque aucune trace de la maladie.
M. Briçjht cite encore huit autres observations analogues. Ces cas font assez connaître la manière dont il faut employer cette médication. M. Bright, tout en protestant qu'il ne la donne point comme un moyen infaillible, affirme cependant positivement
DE L'ÉllYSlPÈLli EN GÉNÉUAAL. 85
qu'aucun des cas d'crysipclc où il l'a vue employée à lenips et avec persévérance^ ne s'est terminé d'une manière funcsle. Ces piqûres ne laissent jamais d(î trace, même sui' le front. » ( Gaz. Med. loc- cit. )
Ce procédé relatif à la méthode antiphlogisliquc n'a pas encore tiouvé une grande faveur en France • il n'est pas nécessaire de dire que l'on ne peut point en faire une méthode générale. Nous verrons dans les spécialités à quels cas particuliers on pourrait l'appliquer.
J^entous es scarifiées. — Beaucoup moins employé en France qu'en Angleterre, ce moyen, qui rentre à peu près dans les applications de sangsues, seulement avec un effet plus dérivatif encore, nous offre par conséquent à peu près les mêmes avantages cl les mêmes inconvéniens, M. Poirson« assure devoir à ce moyen un grand nombre de succès, particulièrement dans les phlegmons érysipélateux. Un soldat d'une trentaine d'années, a été pris d'un érysipèle phlegmoneux occupant tous les muscles de la partie moyenne du dos, dans une étendue de lo à 12 pouces de diamètre environ. Cet érysipèle , qui menaçait de s'étendre et de devenir extrêmement dangereux? a été heureusement borné par de nombreuses ventouses scarifiées (12 en 2 jours), posées sur le siège du mal et autour de sa base. Le malade avait de la fièvre, du dévoiement; la tête s'embarrassait; la langue était couverte d'un enduit jaunâtre. Tous ces accidens se sont dissipés , et le malade est
en vom de guérison. » {Lanc et. franc., i83r, t. V, p. 3i3.)
Topiques émoUiens. *— En général , dans l'êf y&îpèlé ordinaire, les parties affectées d'inflammation supportent impatiemment les topiques, même les plus doux , et notamment ceux qui peuvent offrir un certain poids, concentrer la chaleur locale. ou prendre des caractères irritans par leur séjour, inconvénient que ne manquent presque jamais d'entraîner les cataplasmes épais, tes fomentations mucilagineuses, les corps gras, etc. « Les cataplasmes mucilagineux, les compresses imbibées de liquides onctueux, nous ont paru avoir, en général^ le double inconvénient de provoquer une éruption eczémateuse et de favoriser les décollemens de l'épiderme. Les farines sèches de seigle, de froment^ dont on propose de saupoudrer la surface enflammée , forment des croûtes sous les* quelles se fait souvei^it une exhalation purulente, et sont souvent plus nuisibles qu'utiles. » (Chomel et Blache, /oc. c/f., p. 236.) En conséquence de ces observations^ un grand nombre de praticiens prois* crivent aujourd'hui toute espèce d'application topique. Nous admettons le principe, mais ces conséquences nous semblent trop absolues et trop exclusives; il est en effet des cas, même dans l'érysipèle envisagé d'une manière générale, où la sécheresse, la chaleur, la tension, la douleur de la peau, réclament des moyens locaux : c'est au médecin de savoir les modifier avantageusement. Les applications à demeure nous ont toujours paru difficiles à supporter et sou-
vent plus nuisibles qu'utiles; mais nous avons, dans un grand nonibrcde cas, retire beaucoup d'avantage et de soulagement pour les malades, surtout dans les érysipèles de la face, des lotions par intervalles avec les in fusions tièdes et peu chargéesdelaitue,demélilot,de tilleul, de fleursdemauve, de tussilage, avec lesdécoctions de riz, de gruau, de semoule surtout,de têtes de pavot, en faisant suivre chaque lotion d'une onction très-légère avec la pommade de concombre, et spécialement la crème de limaçon, la crème douce du lait, etc. Quelques médecins, et notamment MM. Martin Selon et Barlhez, ont employé dans ces derniers temps, avec beaucoup d'avantages^ Taxonge surtout, comme topique , dans le traitement de l'érysipèle: ils en citent plusieurs faits {Lancette franc. ^ i83i , t. V, p. 217, et Recueil de médecine et de chirurgie militaires ^ i834, t. XXX VL, p ^^^\ M. Barthez prétend même que le mercure, dans l'onguent , doit à son véhicule à peu près tous ses bons effets contre l'inflammation i3rysipélateuse , et que l'axonge se«l guérit aussi bien, sans avoir les mêmes inconvéniens.
Nous n'entrerons pas dans cette discussion qui serait peut-être encore prématurée , mais nous ferons observer que ces faits prouvent au moins la trop grande rigueur avec laquelle on a repoussé l'application des corps gras. Ce discrédit tient sans doute au mauvais choix de ces derniers et surtout aux pièces d'appareils usités dans ces applications pour les emplâtres , les fomentations et les cataplasmes. Ainsi
dans remploi de tous ces moyens quels qu'ils soient ^ user des corps qui ne rancissent pas , concentrer la chaleur le moins possible, Inisser aux parties affectées la plus grande liberté, tels nous paraissent être les principes dont l'application réhabilitera nécessairement plusieurs de ces médications locales.
Bains généraux tièdes.-^Ws ne doivent pas constituer une méthode 5 mais leur usage nous a plu-^ sieurs fois réussi pour des érysipèles des membres ^ du tronc à large invasion lorsque l'apparition e'tait faible et languissante avec des symptômes d'irritation intérieure, n Quant à l'érysipèle qui se montre avec les symptômes généraux de la fièvre ataxique, il réclame particulièrement l'usage des bains tièdes. » ( Chomcl et Blache, loc-cit. p, 24.) Ce moyen a sur^ tout merveilleusement réussi à M. Renauldin dans le traitement d'un érysipèle général, fait que nous avons cité en parlant du siège de cette maladie.
Boissons aqueuses. — Les praticiens conviennent généralement des avantages des boissons aqueuses plus ou moins abondantes et surtout chaudes soit mucilagineuses, soit acidulées très-légèrement^ dans le traitement de l'érysipèle; on rend ensuite ces boissons soit diurétiques^ soit diaphorétiques, laxatives et même toniques suivant les indications spéciales qui peuvent se présenter.
3°. Méthode répercussive. — Sous le nom de méthode réfrigérente plusieurs médecins ont proposé des applications que nous croyons devoir nom-^ . mer iépercussives^afin de signaler immédiatement les
dangers dont celte méthode nous semble environnée surtout si l'on voulait en i'aire une méthode générale. M. Gouzée rapporte à cette occasion les observations suivantes :
Obs, XI. — Rose fusillicr, âgé de 33ans^ d'une bonne constitution, entre à Thôpital militaire d'Anvers le 29 avril 1828, ayant une inflammation érysipélateuse à l'oreille gauche qui était recouverte de grosses phlyctènes. Eau d'orge acidulée, diète absolue.— 3. Invasion de toute la partie gauche de la face , phlyctènes presque confluentes , sérosité noirâtre, odeur fétide qui fait craindre la gangrène, langue sèche , soif vive , léger délire , saignée du bras répétée le soir^ 10 sangsues à la base de la mâchoire, ouverture des phlyctènes par la lancette. Toute la partie malade et le front sont recouverts de compresses légères mouillées avec une fomentation froide composée de 2 onces d'esprit de froment à i5°, mêlés à 16 onces d'eau , diète. — 4- L'érysipèle a gagné le côté droit, les accidens généraux n'ont pas augmenté. 8 sangsues à la base de la mâchoire ; continuation des réfrigérens. — 5. Diminution de tous les accidens, dégorgement des paupières ; le malade peut ouvrir les yeux, cessation de la fièvre et du délire. — 7. Desquammation. — 8. Les réfrigérens ne sont plus jugés utiles. — 14. Le quart. Convalescence rapide, aucune trace d'altération substantielle de la peau.
Obs. XII. — Maréchal , commis , âgé de 35 ans , faible constitution, rhumatisant. 6 mai i83o , érysi-
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pèle au côté gauche de la face. — 7. Envahissement des paupières et du front. Les jours sui vans rinilammation s'avance à droite et vers le cuir chevelu ; phlycténes. — 11. Front, tégumens de la tête, oreille droite , douloureux , tendus , enflanamés , augttientatiofl de la fièvre , langue blanchâtre , humide, soif vive ^ délire continu 5 efforts pour sortir du lit. Depuis les premiers jours , quatre applications chacune de 16 sangsues à la base de la mâchoire, aux tempes, derrière les oreilles, aux jugulaires, sans aucune influence notable sur la maladie, — 12. Nouvelles sangsues aux jugulaires. Persistance des accidens. Fomentations froides alcoolisées. J'avais eu dès le principe l'intention de recourir à cette médication, mais un mot d'une assistante dont je ne voulais pas heurter les préjugés sur les prétendus inconvéniens de l'application du froid , me fît différer l'exécution de ce projet , que je n'avais, au reste , pas encore fait connaître. Je voulais d'ailleurs saisir cette occasion d'essayer la méthode antiphlogistique ordinaire, mais je vis bientôt son insuffisance et ne balançai plus. Les fomenlatious furent posées légèrement sur le cuir chevelu peu garni de cheveux, sur le front et sur les joues avec recommandation de tenir l^s liages constamment humides et froids. Prompte amélioration , nuit calme. — i/\. Tuméfaction et r^ougeur considérablement diminuées. — - i5. Retour de Tintelligence; il ne reste qu'un peu de gonflement à la tempe et à roreille droite. Hallucinations passagères. Si n apis m es aux pieds pour les combattre. Ce moyen
DE L'ftUYSlPÈLE EN CÉNÉIUL. ()i
ne fait que les augmenter. — i6. Tout rentre dans l'ordre. — 17. Un peu de bouillon , cessation des réfrigérens. Deux jours après, convalescence confirmée.
Obs, XIII. — Hennuy , soldat du train , 23 ans , peau blanche et fine , indisposé , toussant depuis cinq jours , entre à l'hôpital le 21 mars 1821 pour une gastro-entérite grave , accompagnée d'une forte bronchite. Trois saignées de i4 à 16 onces ^ les premiers jours ; trois applications de douze sangsues. Convalescence dans les premiers jours d'avril. — 4. Gonflement à la parotide droite. — 5. Tuméfaction considérable, fièvre. Deux applications de sangsues. — - 7. A peine un peu de tuméfaction; mais rougeiîr érysipélateuse à la joue gauche. — 8. Envahissement du front, fomentation alcoolisée, diminution graduée de la rougeur , disparition totale en moins de trois jours. — - i3. Nouvel érysipèle à la joue droite. Nouvelle fomentation. Au bout de trois jours la convalescence était déclarée. Pendant tout ce temps , diète sévère. (^Arc. de méd, i833. — 2^ série, t. i , p. 493.)
M. Malgaigne témoin d'une application heureuse que fit M. Gama du camphre en poudre sur un érysipèle , eut l'idée d'en constituer une méthode thérarapeutique de cette maladie. Nous le laisserons luimême en exposer les caractères et les résultats qu'il en attend :
(( Kien de plus simple que la façon de mettre le camphre en œuvre. Si la partie est plane et horizon-
taie , on peut étendre le camphre sur la peau même , sinon on le place entre deux linges mouillés ou à la surface d'un cataplasme qui le retiennent au lieu où il doit agir. Il faut le mouiller et en même temps les compresses dont on le recouvre , afin que l'évaporation ait toujours un aliment. Quand la chaleur locale est très-élevée , en deux heures les compresses les mieux imbibées d'eau sont parfaitement sèches. Il faut les entretenir humides sans quoi le camphre n'aurait plus d'action , en un mot ^ il n'agit que comme les huiles volatiles , par l'évaporation et le froid qu'il procure; l'immense différence qu'il y a, c'est queson action est fixe , permanente , toujours égale, en un mot^ lui donne droit d'être introduit dans la matière médicale , comme le plus puissant et le plus sûr desréfrigérens.
Obs. XIV. — « Le 1 1 mai 1829, un sous-officier, âgé de 4^ ans, entre au Val-de-Grâce. Fracture de la jambe droite, plaie contuse par laquelle le fragment supérieur semblait êlre sorti. Cure longue, compliquée de suppuration, de foyers de pus. Après plusieurs contr'ouvertures, le pus semble vouloir tarir et la consolidation se faire ^ quand , le 9 août, le malade se plaint de vives douleurs développées dès la veille. Vaste érysipèle occupant la jambe , depuis long-temps gonflée par le repos et les accidens. M. Gama prescrit une diète sévère, fait saupoudrer tout Térysipèle de camphre et recouvrir la jambe de simples compresses trempées dans une infusion de sureau. Le lendemain, toutes les parties en contact
DE L'ÉRYSIP1:LE en (aiNERAL. 9^
avec le camphre avaient repris ieur aspect naturel; mais le dos du pied qui , par son inclinaison , n'avait pu retenir la poudre médicamenteuse, était resté rouge et gonflé; déplus, Térysipèle, chassé de la jambe, avait envahi la moitié supérieure de la cuisse. Diète, boisson émolliente, deux grains de sulfate de quinine à l'intérieur, application sur la cuisse d'un large vésicatoire en travers , partie sur la peau sainc^ partie sur l'érysipèle. On recouvre celui-ci de camphre, et le lendemain, l'érysipèle n'existe plus qu'autour du vésicatoire. Deux nouvelles applications de poudre de camphre l'amenèrent à complète guérison. Quant à la tumeur du cou de pied, elle persiste et se termine par un abcès. ))
Obs. XV. — (( Au commencement de i83o, il vint dans la salle de M. Broussais un jeune soldat affecté d'érysipèle trcs-inlense, occupant toute la partie gauche du visage jusqu'au niveau du sourcil et de l'oreille. Déjà plusieurs phlyctènes avaient soulevé î'épiderme sur la joue. Fièvre intense, soif, inappétence, céphalalgie; langue rouge à la pointe, chargée à la base; pouls plein et fort. Je fis une saignée de douze onces et une forte application de camphre mouillée et recouverte d'une compresse humide. Comme je n'étais pas sans inquiétude sur la métastase de l'érysipèle, douze sangsues au cou. Le soir, plus de douleur, pouls presque naturel. Continuation du réfrigèrent. Le lendemain , disparition de l'érysipèle; ampoules affaissées et flétries dans les points primitivement affectés, mais progrés au front,
à une partie du cuir chevelu. Extension du réfrigèrent aux parties nouvellement envahies. Le lendemain, guérison complète, aucun accident ultérieur. » — M. Malgaigne ajoute encore deux autres faits analogues, et complète ainsi les résultats de son expérience : « Depuis lors , j'ai employé nombre de fois le camphre, et il n'en est résulté aucun accident, et toujours la guérison a été aussi rapide. » (Gaz. méd.y t. III, p. 382, i832.) — Chélius s'exprima ainsi relativement à la médication réfrigérente : « Dans l'érysipèle pustuleux et ses variétés d'après Rust,on doit souvent, surtout lorsque sa marche est plutôt chronique qu'aiguë, employer le froid humide; et l'eau de Goulard , avec une faible addition de teinture alcoolique d'opium , est ce qui convient le mieux. )) ( Traité de chirurgie^ t. i, p. 36 , traduction de M. Pigné. )
On doit rapprocher comme élémens de la méthode répercussive,avec des avantages ou des inconvéniens variés, tous les moyens de réfrigération locale, et notamment les affusions d'eau froide, les arrosemens continus^ d'après les procédés communs ou les modifications spéciales de MM. Josse, de Genève; A. Bérard^ etc.
Si l'on pouvait toujours envisager l'érysipèle comme une inflammation de la peau complètement locale, sans doute à certains de ses degrés, les applications réfrigérentes offriraient, comme dans la brûlure^ par exemple , dea ressources précieuses pour faire avorter cette inflammation ou borner son dévelop-
DE L'ÉRYSIPÈLE KN GÉNÉRAL. gô
penicnt, et prévenir sa terminaison par suppuration. Mais il n'en est point ainsi ; dès lors, si nous conseillons cette méthode, surtout lorsque nous parlerons de l'érysipèle simple et par cause locale^ on comprend qu'il nous est impossible , d'après les principes que nous avons établis, d'en faire une méthode applicable aux généralités de l'érysipèle.
4° MÉTHODE DÉRivATivE. — Elle consistc essentiellement à déplacer l'inflammation d'un point où ses progrès peuvent devenir très-dangereux pour l'établir sur un autre où son développement n'offre plus la même gravité. Ce changement du siège de l'inflammation peut exister tantôt à divers points de l'enveloppe dermoïdeplus ou moins éloignés, tantôt aux élémens superficiels de la peau mis en opposition avec les élémens profonds et surtout le tissu cellulaire sous-cutané. Dans le premier cas , l'art se propose de changer complètement le lieu de la surface inflammatoire, dans le secon'd de conserver la phlegma/ie dans son lieu, mais de la rendre plus superficielle et plus étroitement circonscrite. Nous trouvons un exemple delà première dérivation dans la rubéfaction des pieds, sous l'influence d'un sinapisme pour contrebalancer les progrès d'un érysipèle de la face; et de la seconde, lors de l'application d'un vésîcatoire sur le centre d'un érysipèle phlegmoneux pour en arrêter les envahissemens en largeur et surtout en profondeur. Tous les élémens thérapeutiques de cette méthode sont des excitans plus ou moins actifs et dans lesquels nous devons reconnaître ^ pour
bien en comprendre les applications , trois effets essentiellement distincts : i° le rappel à son siège primitif d'une fluxion érysipélateuse détournée vers des organes importans, 2° le transport de cette phlegmasie d'un point dans un autre, 3" enfin la concentration des phénomènes inflammatoires au sein même des parties phîogosées. Dans ce dernier cas, il existe en même temps un trouble jeté brusquement dans la marche de l'altération , de telle sorte que la méthode est peut-être alors autant perturbatrice que dérivative. Nous n'indiquerons pas individuellement tous les agens qui peuvent servir à déterminer ces effets , ils sont aussi nombreux que les excitans cutanés avec toutes leurs modifications; nous examinerons seulement ceux dont l'expérience a consacréles avantages , encore le ferons-nous d'une manière générale, conservant les applications particulières pour l'histoire des spécialités de l'érysipèle.
Pommade ou Uniment de Kentisch. — C'est un mélange d'onguent basilicum et d'huile essentielle de térébenthine dont la consistance doit être molle et non liquide. Le docteur Charles Meigs assure avoir obtenu de ce moyen les plus grands succès dans le traitement de l'érysipèle. Il l'emploie indistinctement contre toutes les variétés de cette affection ; il assure avoir guéri par ce seul moyen un érvsipèle œdémateux grave à la jambe , chez un malade qui portait depuis plusieurs années un ulcère sur ce membre. Il cite également l'histoire d'un jeune enfant qui éprouvait de violentes convulsions, occasionnées par un érysi-
pèle occupant en entier le pied droit, la jambe et la cuisse. Des applications fréquentes de cette pommade firent dispniaîlre la maladie avec une extrême promptitude. ( The N. Arno, Med. and, surg. journ. )
Fer incandescent, — C'est particulièrement à M. Larrey que nous devons la recommandation expresse de ce moven dans le traitement de l'érvsipèle; voici comment il expose lui-même le résumé de ses opinions : « Sans avoir égard aux causes concomitantes, à la formation de cette maladie ( de l'érysipèle), on devra mettre promptement en usage un moyen qui soit capable d'arrêter ce travail inflammatoire péristaltique, en absorbant le principe morbide avec les fluides qui le récèlent et en rétablissant en même temps les propriétés vitales dans les tissus malades d'où cette stase morbifique les avait expulsés. Le cautère actuel nous a paru produire ce double effet et le succès le plus extraordinaire a justifié notre attente.:. Vers la fin du dernier siècle, M. Pelletan, de l'institut de France , avaitdéjà signalé ce topique comme un puissant révulsif contre l'érysipèle , et c'est au reste dans les éloquentes leçons de ce professeur célèbre, qu'on a puisé la plupart des idées lumineuses qui ont conduit les physiologistes modernes à tant de découvertes. Appliqué sur les points les plus rouges de l'érysipèle et sur ceux qui sont le plus rapprochés de la plaie ( érysipèle traumatique) le fer incandescent arrête en effet et à l'instant même la marche de la phlegmasie. Cette application qui ne cause
point ou presque point de douleur, est immédiatement accompagnée et suivie i*' d'une effluve gaziforme, d'une odeur animale rendue visible par une légère fumée qui l'enveloppe; 2° de la disparition de la chaleur et de la douleur tensive que le malade éprouvait dans toute la partie enflammée; 3° la rougeur et le gonflement qu'on y observait se dissipent également; 4" ces cauléi-isations ne sont point suivies de suppuration , elles ne sont pas susceptibles de produire la gangrène comme les robéfians; les parties brûlées du cutis tombent par petites écailles charbonneuses et ne laissent point de cicatrices sensibles; 5" le flux purulent de la plaie dont la suppression avait précédé l'érysipèle se rétablit presqu'aussitôt ; 6° enfin les forces de l'individu renaissent en même temps et les fonctions affaiblies des viscères , surtout celles de l'estomac se raniment et concourent ainsi à l'entière résolution de la maladie exanthémaiique. S'il existe d'ailleurs encore quelque signe d'une affection gastrique saburrale , on achèverait l'effet révulsif du cautère actuel par l'administration d'un grain d'émétique dissous dans une infusion d'ipécacuanha, faite à froid et filtrée. » ( Cliniq, chirurg,^ t. i ,
Obs. XVI. — Jean Féton , 22 ans , cordonnier dans l'artillerie à cheval est apporté à l'hôpital le 5 octobre 1 825, au sixième jour d'une plaie contuse à la jambe droite par un coup de pied de cheval , d'abord légers répercussifs, inflammation locale^ émoiliens., caractère érysipélateux de la plaie, symptômes
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nerveux généraux ,1'crysipélc envahit toute la jambe et le pied qui se tuméfie. — Onzième jour. Lignes rougcâtres étendue au loin sur la cuisse , petites phlyctènes gangreneuses autour de la plaie, diminution de la sensibilité dans le membre très gonflé, d'un rouge violet, nausées, vertiges^ pouls petit, fébricitant, langue noire, aride, œil terne, larmoyant, visage décoloré, urine rare et noire, danger imminent. Vomitifs y fomentations de vinaigre chaud fortement camphré. — Douzième jour. Même état local et d'ataxie, application du cautère actuel sur tous les points principaux de l'érysipèle en commençant par les bandes rouges de la cuisse, et descendant vers le pied avec l'attention d'éviter les adhérences de la peau sur les saillies osseuses, une cinquantaine de boutons de feu incandescent furent ainsi posés en moins de dix secondes, un moxa sur Pépigastrc, mêmes fomentations soutenues par une bande légèrement serrée. — Treizième jour. Gonflement du membre considérablement réduit , érysipèle presqu^éntiérement dissipé, suppuration louable déjà rétablie dans la plaie, langue humectée, moins noire, fonctions ranimées; et le malade qui la veille n'avait pu proférer une parole , déclare à voix élevée qu'il se trouve mieux. Évacuations al vines noires, extrêmement fétides. En moins de trois jours tous les symptômes de l'affection érysipélateuseet de la lièvre traumatique eurent entièrement disparu. La plaie se détergea promptement. Les brûlures du fer rouge n'ont point été suivies de suppuration , et n'ont laisse
aucune trace sur les points de la peau oii le cautère avait été appliqué. {Loc, cit. p, 67).
M. Larrey cite encore une seconde observation analogue , on en trouve d'autres dans la Clinique des hôpitaux et de la 'ville ^ t. i, n. 68 , p. 2. t. 2, p. 242.
Nous ne prenons sur nous aucune responsabilité des avantages de cette méthode et des explications qu'en donne son célèbre auteur; nous ajouterons seulement que la cautérisation soit par le fer incandescent , soit par le moxa ou tout autre moyen, nous paraît absolument incapable de constituer une méthode générale; nous indiquerons dans les spécialités les avantages qu'elle peut offrir pour certains cas.
Sinapismes. — C'est a peu près exclusivement comme dérivatif éloigné que ce moyen est conseillé par les auteurs; ainsi dansle traitement de l'érysipèle, M. Bally se borne à l'usage de la lim-onade gommeuse et à quelques sinapismes aux extrémités. «Il a remarqué que les malades qu'il a traités de la sorte guérissaient promptement, tandis que ceux qui étaient soumisàune médication anliphlogistique par les évacuations sanguines ou auxquels on adnjinistrait des purgatifs, éprouvaient des accidens graves ou succombaient. » {Annuaire médico-chirurg . \^i^.p. 280. ) Tissot parle ainsi de ce genre de dérivation : « Il est très-utile, quand le mal est à la tête, <ie baigner souvent les jambes dans l'eau tiède, l'on doit même, s'il est violent, appliquer des sinapismes à la plante des
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pieds. J'ai vu ce remède attirer sur les jambes au bout de quatre heures un érysipèle qui couvrait le nez et les yeux. » (Zoc. cit. p, 3540
Beaucoup d'autres auteurs ont également recom-mandé les sinapismes, et leurs avantages seraient peut-être encore plus généralement admis, si l'on en faisait des applications mieux raisonnées, surtout en les mitigeant de manière à ne pas éveiller les douleurs violentes qui s'accompagnent souvent alors d'un éréthisme général et de réactions directement nuisibles. Quant à leur application sur les points enflammés ou même dans le voisinage de l'érysipèle^ nous les croyons plus nuisibles qu'utiles par les accidens gangreneux ou phlegmoneux qui peuvent s'y rattacher , on pourrait tout au plus y recourir dans la nécessité de rappeler à son premier siège un érysipèle répercuté avec métastase dangereuse. Ce moyen, comme \es précédens, ne peut dès-lors point constituer une méthode générale.
Vésicatoire. — On s'est beaucoup occupé surtout dans ces derniers temps, de l'emploi du vésicatoire dans le traitement de l'érysipèle, toutefois cette médication n'est pas nouvelle. « En Espagne aussi il a été question d'appliquer des vésicatoires sur le lieu même où siège un érysipèle; il est très-curieux de remonter à l'ancienneté de ce hardi procédé curatif qui, de nos jours, a été tiré de l'oubli par l'un des grands praticiens de la capitale (Dupuytren). Nous ignorons si l'autorité d'un grand nom l'a fait adopter par beaucoup de médecins , mais nous pouvons assu-
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rer l'avoir vu employer plusieurs fois avec succès^ il paraît que ce sont les Italiens qui, les premiers, en pnt eu l'idée. Le docteur Garcia Vas-Quez, chirurgien du roi Ferdinand VI ? rapporte dans sa traduction espagnole de \2l chirurgie d'Heister^ qu'il a vu un célèbre médecin italien appliquer des canlharides sur le lieu même de l'inflammation dans deux cas d'érysipèle très-grave , et qu'il résulta de l'abondante évacuation de sérosité qui eut lieu, un grand soulagement pour les malades Il fait remarquer que
l'on doit regarder comme critiques certains érysipèles qui reviennent périodiquement et qu'il serait dangereux de combattre par l'application des résolutifs, mais bien plus encore par celle des vésicatoires; ce dernier moyen ne peut pas convenir non plus quand l'érysipèle s'accompagne de symptômes très aigus avec exaltation des propriétés vitales. Dans ces cas, appliquer un vésicatoire, ce serait ajouter un stimulus à un stimulus déjà existant et précipiter la nature dans un abîme de symptômes mojrtels. L'application des vésicatoires sur l'érysipèle peut être avantageuse dans les cas où cette maladie survient chez des individus d'un tempérament lymphatique ^ chez lesquels
il y a surabondance de sucs Elle est surtout
indiquée, si les érysipèles marchent lentement et ne s'accompagnent pas de l'éruption de ces petites vésicules séreuses qui forment l'un de leurs phénomènes naturels les plus ordinaires. (ZeçoAZ de Chirurgie par Jean de Herréra , Journ. comp, 1821 ^ t. X ,
p.-as. )