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« L'emploi du vcsicatoirc* dans le traitement de rérysipélc , n'est point une^mcthodc nouvelle ; cette pratique remonte vers la fin du^^xvu" siècle, et peutêtre au-delà : on a lieu de présumer que ce sont les italiens qui les premiers ont eu l'idée d'appliquer des vésicatoires sur le lieu même qui est le siège de l'érysipèle.... En France aussi l'usage du vésicatoire, dans le traitement de l'èrysipèle , a été depuis long-temps conseillé; du temps^de Thévenin , on employait le vésicatoire , mais l'application ^n'en était faite que loin de la partie malade. Petit, de Lyon, au contraire, l'appliquait sur l'èrysipèle lui-même, et l'on trouve dans la thès*e inaugurale de M. Rodamel , plusieurs observations qui prouvent l'efficacité de cette méthode Elle est éminemment utile dans le traitement de l'èrysipèle phlegmoneux... On recommande encore l'application du vésicatoire, soit auprès de l'èrysipèle, soit sur l'èrysipèle lui-même, lorsque celte maladie survient autour d'unie plaie récente ou ancienne, dont la suppuration diminue ou disparaît, dans l'èrysipèle ambulant; on saisit alors le moment où cette inflammation affecte une partie de la peau peu délicate et moins sensible que'celle primitivement affectée.... Tout récemment , M. Conté ^ frappé des bons effets qu'il a vu retirer de l'emploi de la méthode de Petit par M. Amiel , chirurgien en chef de l'hôpital général de la Grave a Toulouse , s'est déterminé à l'employer d'une manière méthodique , et il a publié à ce sujet un Mémoire très-intéressant dont voici l'un des corollaires : De tous les moyens
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employés jusqu'ici contre l'érysipèle , le plus e fficace est le vésicatoiie appliqué pendant une heure ou deux seulement, suivant la sensibilité de la peau; on le réapplique autant de fois que l'éruption paraît se renouveler; mais si le vésicatoire est laissé plus de deux heures , il ne fait qu'accroître la maladie au lieu de l'arrêter. L'érysipèle se trouve conslammentanété dans sa marche, par l'application du vésieatoire, et ce moyen n'a jamais produit de métastase , comme le font souvent les astringens et les répercussifs. » (Rousseau. Recueil de médecine et de chirurgie militaires , t. XII ^ p. 3o5.)
M. Hedelhofer {Gaz. méd. i833, t. i , p. 488), réclame en faveur de l'école de Montpellier, sinon la première idée de l'emploi du vésicatoire, au moins son importation à titre de méthode dans la pratique, relativement au traitement de l'érysipèle.
<( L'application des vésicatoires au voisinage de la partie frappée d'érysipèle , semble à M. Lawrence devoir être fort avantageuse. Il en a fait l'essai une fois, et le vésicatoire fut placé moitié sur la peau saine , moitié sur la peau malade , l'inflammation fut arrêtée; mais comme d'autres moyens avaient été mis en usage en même temps , son efficacité dans ce cas, est restée enveloppée d'un doute, » (La ciiniq, des hôpit. et de la vil. , t. i , n° 80 , p. 40
v( Les vésicatoires , tous les attractifs, rendent le plus utile des offices, lorsqu'ils peuvent remédier aux rétrocessions, ou prévenir de funestes métastases, l'excitemcnt qu'ils déterminent, suffit quelque*-
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tbis pour arracher les malades au péril le plus imminent. » (^Loc cit. 5 p. 440
(( Depuis lonfT-iemps, M. le professeur Alibert , . traite à Thôpital Saint-Louis dès leur début, les érysipèles des extrémités, par l'application d'un vésicatoire sur la partie enflammée. Nous avons vu M. Delpech employer également cette médication, dans le traitement de celte maladie. M. Récamier en fait aussi usage dans ses salles. » (^Annuaire médicochirurg. iS^S ^ p. 2go.)
MM. Biett, Cazenave et Schedel, limitent beaucoup cette médication : « Les vésicatoires ne doivent être employés que pour fixer l'érysipèle ambulant , ou bien pour rappeler sur la partie primitivement affectée, cet exanthème, quand il a disparu subitement, et que cette disparition coïncide avec des accidensplus ou moins graves. » (Loc. cit, , p. 25.)
M. Dupuytren a surtout rappelé l'attention des praticiens relativement à l'efficacité du vésicatoire dans le traitement de l'érysipèle phlegmoneux , et ses principes ont été développés dans la thèse inaugurale de notre ami le docteur Pâtissier. Nous y reviendrons dans l'histoire de cette importante spécialité. Leprofesseur que nous venons de citer en fait également usage dans d'autres variétés , même avec plus de confiance: «L'érysipèle est très-fréquent à la tête à la suite des plaies par armes à feu. On appliquera des vésicatoires volans sur le siège même du mal ; ils nous ont souvent réussi pour en arrêter les progrès, mais souvent aussi ils ont été insuftisans, et il
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a fallu établir une suppuration permanente. » (Leç. oral, t. 2. p. 4^5. )
O^^. XVII. — L...., chasseur au deuxième régiment d'infanterie légère , bonne constitution ^ un peu lymphatique. 12 mai 1821 , sans cause connue, violent accès de fièvre, délire pendant la nuit. — 1 3. Diminution de ces symptômes, apparition d'un érysipèle , invasion de la lèvre supérieure , du nez , de la joue, des paupières, du côté droit , d'une partie de la joue gauche. Vers le soir, augmentation des symptômes locaux , retour delà fièvre , pouls plein ^ fréquent , soif vive , langue rouge , surtout sur les bords, constipation. Diète, limonade gommeuse , demi-lavemens émolliens. — 14. Céphalalgie violente, dix sangsues au trajet des veines jugulaires. — i5. Céphalalgie moins intense. ^—16. Légère diminution del'érysipèle, pédiluves. Le soir retour, augmentation des symptômes locaux. Application d'un vésicatoire sur la joue droite y au centre de Térysipèle. Séjour d'une heure et demie. Douleur, tension inflammatoire, diminuées , un peu de sommeil pendant la nuit. — 1*7. Phlyctènes à l'endroit du vésicatoire. L'érysipèle abandonne le côté droit de la face , et se porte vers la joue , la tempe, l'oreille et le péricrâne du côté gauche. Nouveau vésicatoire sur la région zygomatique de ce côté ; séjour une heure six minutes. L'érysipèle est arrêté , amélioration sensible, — 18. Deux grains d'émétique. — 19. Convalescence. (Rousseau. Loc. cit. p. 3ii.)
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L'aulcur fournit encore deux observations analogues.
Nous verrons dans les spécialités, que le vésicaloire, pour certains cas, peut devenir une médication très-importante 5 en agissant d'après Tune ou l'autre des trois indications que nous avons assignées aux dérivatifs. Mais nous ne pouvons trouver dans son emploi les caractères suffîsans d'une méthode générale.
5° Méthode ectrotique, -—-( exTirpcao-xco j'avorte;) On a dans ces derniers temps parlé sous cette dénomination d'une, méthode qui consiste à faire avorter ^dans leur développement les inflammations , surtout exanthématiques, spécialement au moyen du nitrate d'argent fondu , soit en solution , soit à l'état solide, MM. Bretonneau et Serres l'ont employé en i835 contre la variole, M. Alibert depuis long-temps contre les affections dartreuses , M. Clément contre le zona; John Higginbottom contre l'érysipèle de la face en 1827.
« Le docteur John Higginbottom ayant employé avec succès le nitrate d'argent dans les érysipèles par suite de blessures , pensa qu'il pourrait obtenir les mêmes avantages dans les érysipèles déterminés par une cause constitutionnelle. Un de ces cas s'élant présenté à lui chez une jeune fille qui portait sur toute la face un érysipèle formant un masque de la figure d'un cœur, et laissant autour de lui un bord d'environ deux pouces , libre d'inflammation ; il essaya sur un des côtés de la face une application de
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nitrate d'argent dans une étendue de quatre pouces de long et de deux de larges, partie sur la peau ernflamméc, partie sur la peau saine. Cette cautérisation détruisit Tinflammation , et enipêcha ses progrès du côté où elle avait été faite, tandis que de Tautre la maladie s'étendit rapidement jusqu'au crâne et au col , et que de plus elle vint environner dans la même direction la partie cautérisée , en ne laissant intact que le point de la peau où le nitrate d'argent avait été appliqué. La maladie parcourut ses périodes avec gravité; la malade eut du délire, etc. , quoiqu'on eût employé le traitement usité en pareil cas , comme les saignées générales , les vésicatoires àla nuque, les purgatifs , etc. Le nitrate d'argent ayant évidemment dans cette circonstance détruit l'inflammation et prévenu ses progrés , puisqu'au bout de cinq jours , l'eschare s'était détachée en laissant au-dessous d'elle la peau libre d'inflammation et de gonflement. L'auteur fut amené à conclure que si dans de pareils cas la cautérisation était étendue à toute la surface enflammée et aux parties environnantes , la maladie serait arrêtée dans son commencement, ainsi que l'affection constitutionnelle qui en est la suite. ))
Obs. XVIII. — « Anne Ward, 4? ^^^t "o" menstruée depuis trois mois; depuis quelques semaines, toux, frisson, fièvre, céphalalgie; nez, paupières, envahis par un érysipèle. Émétiques , purgatifs. Extension de l'inflammation à tout le côté droit de la face et du crâne. Céphalalgie, langue blanche et
chargée, peau chaude, sèche, pouls i3o, insomnie. Saignée de i4 onces, calomel, infusion purgative, crâne rasé, nettoyé à l'eau savonneuse, application du nitrate d'argent à toute la surface malade , en empiétant un peu sur les parties saines.
Deuxième jour. — De cette médication , inflammation arrêtée sur la face au point de l'empêcher de passer de l'autre côté du nez. Quelques points du crâne où le nitrate d'argent n'a pas été appliqué, sont œdémateux. Cautérisation de toute cette partie et de l'oreille gauche saine. Engourdissement dans la tête qui est moins douloureuse, un peu de délire dans la nuit, pouls 104. Langue plus nette, fièvre moindre.
Troisième jour. — L'inflammation ne s'est pas étendue, mieux général, pouls 100, continuation des purgatifs, disparition complète de l'inflammation; de petites phlyctènes qui s'étaient développées sur la partie cautérisée ont disparu.
Quatrième jour. — Séparation des eschares , audessous d'elles peau sans inflammation, seulement un peu engourdie. Les jours suivans, la peau se nettoie, convalescence. » (Journ, des Progrès ^ t. VL 1827. p. 266.)
L'auteur cite encore une autre observation analogue. Deux autres lui sont fournies par le docteur J. Storer; l'une, d'érysipèle à la face, l'autre à la cuisse où le nitrate d'argent avait eu un plein succès.
M. Tanchou {Lancet. Franc, i83i. t. V, p. 120) s'exprime ainsi relativement à cette méthode. « J'ai
l'habitude de me servir du nitrate d'argent dans toutes les inflammations de la peau^ quelle que soit leur cause et leur degré, avec le plus grand succès , notamment dans l'ërysipèle. Je crayonne ou mieux je badigeonne toute la surface enflammée avec un lingot ou une dissolution de nitrate d'argent, ordinairement avant même que cette opération soit terminée, l'inflammation tombe sur les premiers points qui ont été touchés. Toute la surface enflammée pâlit, tous les phénomènes phlegmasiques disparaissent, il ne reste plus qu'une auréole rosée qui entoure la croûte noirâtre occasionnée par la cautérisation. Bientôt celle-ci tombe, l'autre se dissipe au bout de quelques jours et le malade se trouve guéri, alors que si l'on eût combattu la maladie par les moyens ordinaires, elle eût à peine parcouru sa première période. )>
« On a quelquefois employé le nitrate d^argent avec avantage, pour borner les érysipèles de la face, qui tendent toujours à envahir de proche en proche. M. Velpeau a préconisé cette méthode : nous l'avons vu employer par M. Biett avec succès, et notamment dans un cas grave, où il ne faUait rien moins, pour borner l'érysipèle, que des cautérisations profondes avec le nitrate acide de mercure. » (Casenave et Schedel , loc, cit.^ p. 25.)
te Depuis long-temps on commence à sentir dans la pratique l'utiUté des irritations artificielles; souvent c'est un moven sûr de détourner la nature des voies sinistres où elle s'est engagée. L'application du ni-
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Irate d'argent a , du reste , un avantage qu'il importe de signaler: c'est de fixer l'érysipèle, qui est la plus mobile desindammations. » (Alibert loc. cit»^ P-44)
« Nous avons plusieurs fois employé la cautérisation avec le nitrate d'argent, lorsque l'érysipèle occupait la face, et que nous redoutions l'envahissement du cuir chevelu. Assez souvent alors l'érysipèle a suspendu sa marche; mais, dans d'autres cas, ses progrès n'ont été nullement entravés, et la maladie a suivi son cours ordinaire. Nous avons recherché à connaître les circonstances auxquelles il fallait attribuer ses résultats opposés, et nous avons pu nous convaincre que la cautérisation par le nitrate d'argent , aussi bien que la vésication , n'avait ou ne paraissait avoir d'effet que dans les cas où l'érysipèle n'offrait plus sur ses limites qu'une simple rougeur sans gonflement, c'est-à-dire dans le cas où il était sur son déclin, tandis que là où il y a un bourrelet rouge, indice certain du progrès de l'érysipèle, la cautérisation et la vésication étaient l'une et l'autre sans action pour en arrêter la marche. » (Chomel et Blache, loc, cit. , p. 237.)
L'opinion que nous venons de citer sert en quelque sorte de transition à celle de M. Rayer sur le même objet. Qoc cit.^p, 162.) « On a assuré que les cautérisations superficielles avec le nitrate d'argent arrétaienj; promptement la marche de l'érysipèle : les résultats de l'expérience que j'ai tentée sont contraires à cette assertion. »
Il s'en faut beaucoup que la méthode ectrotique
soit basée sur un assez grand nombre de faits pour nous dégager de toute inquiétude relativement aux dangers de l'avortement inflammatoire dans le plus grand nombre de phlegmasies érysipélateuses , et surtout pour nous engager h la présenter comme une méthode générale etc. Nous indiquerons, dans la seconde partie , les spécialités auxquelles on peut l'appliquer.
6° Méthode évacuante et perturbatrice. — Elle se compose particulièrement des vomitifs et des purgatifs. Les premiers surtout offrent une double action sur l'organisme, l'expulsion des matières contenues dans letube digestif, et la secousse plus ou moins violente communiquée à toute l'économie dans les efforts du vomissement; de telle sorte que leur influence participe également de l'évacuation et de la perturbation , et qu'il est quelquefois difficile de décider si les heureux effets qu'ils ont produits appartiennent plus à l'une de ces modifications qu'à l'autre. L'emploi de ces moyens dans le traitement de l'érysîpèle compte un assez grand nombre de partisans : Stoil parmi les médecins, Desault au nombre des chirurgiens, l'ont plus spécialement recommandé. Quelques-uns en ont exagéré les avantages et d'autres les inconvéniens.
« La fièvre érysipéiateuse parut quelquefois pendant ce mois (décembre), et l'éruption avait lieu ordinairement sur le visage. Le traitement antibilieux, savoir , des fondans salins et un émétç-cathartique , firent disparaître promptement et sûre-
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ment, sans aucun remède externe, et la fièvre et les exanthèmes. » (Stoll, Méd. prat, traduct,deMahon^ t. I, p. 4i8.)
« La mélhodc que j'emploie généralement est fort simple : c'est celle que m'avait recommandée mon illustre maître Lamure. L'érysipèle, me disait-il, est une maladie qui a la plus grande tendance a la gangrène, et si jamais des circonstances impérieuses commandaient dès le début de la maladie des émissions sanguines, celles-ci à peine pratiquées, aies recours au tartre stibié. Ce conseil a été la règle de ma conduite : dans aucun cas d'érysipèle, à la face ou ailleurs, je n'ai eu besoin de faire tirer du sang, et dans ceux où j'ai administré le tartre de potasse anlimonié à litre d'émétique, je n'ai eu qu'à me louer de ses effets. » (Clirestien , Gaz, meW,, i833,
« Les émétiques jouent un rôle important dans la
curalion de l'érysipèle Le tartre stibié doit être
administré , tantôt pour faire contracter l'estomac embarrassé de sa plénitude, tantô en lavage pour ébranler toute la masse intestinale. » ( Alibert, loc, cit.^ p.«43-)
M M. Émery, médecin de l'hôpital Saint-Louis, administre l'ipécacuanha à la dose de vingt-quatre grains dans tous les cas d'érysipèle^ et surtout lorsquil siège à a face; si l'exanthème n^a pas disparu sous t'influence du premier vomitif, il y revient le lendemain, une troisième fois même, et rarement il
s'est vu trompé dans son attente sur les effets de ce
medicâiïient. La résolution ne tarde pas a se fâtr'e , la fièvre cesse et l'f^ppétif révient. » (J.-P. Volage ^ Thèse; Paris, i835. Traitement de rérjsipèle ,