P- IO
(( L'expérience a prouvé que les vomitifs et les
purgatifs n'avaient dans les cas ordinaires qu'une rniluence fort équivoque sur la marche de l'érysipèlci*. Lorsque les symptômes bilieux l'accompagilenl^ doiton, dans tous les cas, suivant l'usage d'un grand nombre de médecins , recourir aux vomitif et aux purgatifs?.... Nous ne le pensons pas, et souvent nous avons observé qu'une diète sévère et des boissons délayantes acidulés étaient alors plus utiles. Toutefois, s'il existe des signes d'embarras gastrique ou intestinal, on voit presque toujours l'administration d'un émétiqde ou d'un purgatif être promplement suivie d'une amélioration notable dans les symptômes locaux et généraux, et quelquefois d'une guérison complète. » (Chomel et Blache , loc. cit. , p. 236 et 239.)
jo»K Les vomitifs sont quelquefois utiles quand les organes digestifs sont exempts d'inflammation, quand surtout il y a amertume de la bouche, enduit jaunâtre de la langue, etc. C'était la pratique de Stoll, celle de Desault, et aujourd'hui on l'emploie souvent avec avantage, surtout chez les vieillards. Les purgatifs sont aussi quelquefois très-salutaires pour faire cesser l'éfat saburral qui pourrait exister avec un érysipèle h la face. L'effet dérivatif qu'ils produisent sur le canal intestinal peut devenir très avantageux. Dans la
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plupart des cas, il suffira d'avoir recours aux laxalifs et aux purgatifs doux, » (Biëtt^ Cascnaveet Schedel, loc. cit. , p. 25. ) ^' '•'• '^ • ' ïîp *"' •'' ■
« Lorsque les organes digestifs' sont «exempts dinflammation , et ce cas n'est pas rare^' on peut employer une méthode de iraitçmenl qui consiste principalement dans l'administratian du tartre stibié à dose vomitive. J'ai vu ce moyen réussir, soit que les ïnalades rendissent ou non une quantité plus ou moins considérable de bile. Cependant , après des expériences comparatives^ je reste convaincu que la saignée est généralement plus salutaire et applicable à un bien plus grand nombre de cas que le tartre stibié à dose vomitive ou fractionnée. Il ne faut pas non plus admettre comme démontrée l'opinion souvent l'eproduite, que les vomitifs , dans certaines constitutions. Riédicales, guérissant constaniment les érysipèles devenus rebelles à. d'autres méthodes. » (Rayer, /oc. cit.^ p. 160.)
Nous ne citerons ici aucune observation particulière. Nous trouvons, en effet, que les cas nettement favorables à la médication que nous étudions appartiennent à la spécialité que noiis aurons bientôt Toc- Câsion d^examiner sous le ilom d'érysipèle bilieux ; c'est alors seulement que ces' faits àn^*ont de l'opportunité. Disons, pour le hioment, que les vomitifs et lès purgatifs^ les premiers spécialement, nous ont toujours paru des moyens nuisibles dans beaucoup de variétés de rérysipèlè\, et notamment dans ceux qui se cowipliquent d'irritations gastro-intestinales, dans
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ceux qui affectent la lête chez les sujets forts et vigoureux avec fièvre intense , imminence d'accidens cérébraux, et que, bien loin d'en faire une méthode générale, nous les réserverons pour un petit nombre de cas particuliers.
A l'occasion des vomitifs et du tartre stibié le plus fréquemment employé dans cette médication , parlerons-nous de ses effets déprimans sur toute la constitution, de ses modifications antiphlogistiques admises par quelques médecins lorsqu'il est appliqué localement en solution, les essais entrepris sous ce double rappqrt dans le traitement du rhumatisme inflammatoire, ne sont pas de nature à faire naître le désir d'en essayer l'emploi dans la curalion de l'érysipèle, nous renvoyons toutefois ceux qui voudraient connaître ses influences à l'ouvrage que nous avons publié. (Z)e V emploi du tartre stibié à haute dose dans le traitement des maladies^ p. iôï. i835.)
7°. Méthode mercurielle. — Les médecins anglais qui font jouer un si grand rôle au calomel dans la thérapeutique médicale, ne pouvaient manquer de l'employer pour le traitement de l'érysipèle. MM. Lawrence, Graves, etc., le conseillent en effet à titre de purgatif, d'atténuant et même d'antiphlogislique. Mais ce n'est pas sous ce point de vue que nous devons envisager ici la médication mercurielle, son importance en adoptant les idées des auteurs qui l'ont conseillé se rencontre surtout dans l'application de l'onguent mercuriel au siège même de l'inflam-
mation , c'est dès lors cxcliisivemenl sous ce rapport que nous devons la considérer.
« L'onguent mercuriel a été employé en onctions sur les parties affectées d'érysipèle, ce moyen usité depuis fort long-temps aux États-Unis, si Ton en croit Dewes et Chapmon (Élem. hoff. thérap. 1821 , t. I. p. 354), qui en attribuent la première idée au docteur Little et Dean, a été conseillé surtout en France, par MM. Ricord, Serres, d'Alais et Velpeau. Mais tout porte à croire que la plupart des guérisons attribuées à l'action de ce médicament, étaient dues à la marche naturelle de la maladie : dans le petit nombre d'essais que nous avons tentés avec l'onguent mercuriel, ce remède nous a paru tout à fait impuissant pour arrêter les progrés de l'érysipèle. (Chomel et Blache. lot. cit.^ p. 237.)
«Quantaux onctions avec l'onguent mercuriel , si les érysipèles simples se résolvent toujours , les érysipèles phlegmoneux se terminent quelquefois par suppuration. Dans les érysipèles de la face, j'ai plusieurs fois fait oindre un des côtés du visage avec l'axonge et l'autre avec de l'onguent mercuriel , plusieurs fois aussi les onctions avec la graisse ou l'onguent mercuriel ont été faites sur une joue, tandis que l'inflammation a été abandonnée à elle-même sur l'autre, le décroissement de la maladie n'a pas été plus rapide sur un côté que sur l'autre. Ces médications topiques ont moins de portée que les personnes qui les ont spécialement recommandées ne leur en attribuent, ceci est surtout très- évident pou**
les érysipèles précédés de fièvre pendant un au deux jours et dont les périodes de développement, d'état et de décroisseiïient, ne sont point étouffées par ces remèdes extérieurs qui dirninuent seulement la chaleur, la sécheresse et la tension de la peau, w (Rayer. lop, cit. p. i6i.)
Sans nous occuper ici de la question de priorité relativement à cette méthode, nous la rapporterons surtout au médecin qui paraît en avoir le mieux compris les indications, les contr'indications^ l'administration et les raisons d'insuccès. Nous laisserons dès lors à M. Ph. Ricord le soin d'exposer lui-même ses idées sur ces différens points dans les notes pleines d'intérêt qu'il a bien voulu nous confier :
<( Quelles que soient les théories qu'on se fasse, les doctrines qu'on adopte, il doit rester évident pour tous, que dans le traitement des érysipèles, une foule d'indications se présentent, et doivent être remplies, d'où il résulte qu'une seule manière de faire ne saurait convenir, et surtout réussir dans tous les cas; mais n'est-il pas bien évident que, pour clia^ que indication en particulier, tel moyen peut convenir mieux que tel autre? Cela est incontestable.
Or, voici ce que l'expérience m'a appris dès 1828, époque à laquelle je fis mes premiers essais.
Dans l'érysipèle, envisagé comme affection locale, et quels qu'aient été les causes, le siège, le temps de durée et les complications, l'onguent mercuriel dou-» ble est le topique qui m'a constamment donné des résultats heureux et prompts. Sur cent seize observa-
DE L'ÉIVYSIPKLE EN GÉNÉRAL. ik,
lions d'érysipèlcs, je n'ai perdu cjuc deux malades : chez l'uTj, l'crysipèle était à la suite d'une carie des os du cràiie pénétrant dans l'orbite; dans l'autre cas, il survint chez un malade auquel j'avais amputé les trois quarts du maxillaire inférieur, la moitié droite de la lèvre supérieure, la joue, la totalité de la lèvre inférieure, et chez lequel les parties molles avaient été séparées avec la peau du cou; mais l'érysipèlc «juifit manquer les points de suture fut bientôt accompagné de glossite, d'inflammation des méninges et du cerveau.
A toutes mes observations, que j'ai recueillies en clinique^ et qui ont été suivies par de nombreux élèves, je dois ajouter les succès obtenus par M. Casimir Broussais, quelques observations recueillies par mon ami le docteur Horteloup, médecin des hôpitaux de Paris; les observations remarquables publiées dans la Lancette par M. Marloy, chirurgien de îa marine; les éloges donnés à ma méthode par M. le professeur Broussais, dans le compte rendu de clinique et à son cours à la Faculté; ainsi, que les grands avantages et les heureux résultats qu'en a obtenus M. Lisfranc, et qu'il a récemment signalés dans ses leçons cliniques à l'hôpital de la Pitié.
Mais, il faut le dire, tous ceux qui ont mis ma méthode en pratique n'ont pas été aussi heureux; souvent le médicament a paru sans actions, d'autres fois il a nui! A quoi tiennent ces différences dans les résultats ?
J'ai également réussi à la Pitié quand j'y ai fait le
120 DK L'ERYSIPÈLE EN GENERAL.
service pour M. Lisfranc, à l'hôpital des vénériens, dans des salles basses , humides , sombres , mal aérées ;
Dans la pratique privée et dans toutes les conditions de fortune;
Dans les érysipèles de causes internes et dans ceux dit de causes externes et traumatiques.
Dans les érysipèles de la face, du cuir chevelu , du tronc, des mamelles, des membres, des organes génitaux ;
Or, dans les nombreux cas observés par les élèves, et par beaucoup de médecins, à la Pitié, à l'hôpital des vénériens et en ville, il faudrait supposer que le hasard m'a constamment servi, ou que ceux qui ont échoué n'ont pas suivi mes préceptes; car la vérité des faits que j'avance ne saurait être révoquée en doute, ils sont publics.
Et cependant, je l'ai dit, tous les chirurgiens n'ont pas eu les mêmes résultats. Cette différence ne peut s'appliquer qu'en supposant :
I®. Qu'on a fait quelquefois des frictions au lieu d'octions ;
2°. Qu'on a employé de l'onguent rance, qui a pu réussir quelquefois, mais qui en général irrite la peau et produit lui-même une érysipèle eczémateux;
3°. Qu'on a abandonné trop tôt le traitement;
4". Que mal dirigé, il a déterminé la salivation, avant d'avoir vaincu l'érysipèle;
5°. Qu'on a pu regarder l'érysipèle ambulant , erratique, comme un cas d'insuccès, et qu'on n'a pas
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poursuivi la maladie suv les nouveaux points qu'elle pouvait affecter;
6°. Que les complications n'ont pas été convenablement combattues, et que, dans quelques cas, constituant la maladie principale, et l'érysipéle l'accident, le traitement de celui-ci ne lésa pas empêchées d*avoir une fâcheuse terminaison;
•y". Enfin , que toutes les indications tirées des causes, du siège, de la marche et des complications, n'ont pas été concurremment remplies.
Quoi qu'il en soit de ce qui précède, voici la conduite que je tiens dans le traitement des érysipèles :
L'érysipéle est-il simple, sans complications, le malade est mis à la diète , aux boissons rafraîchissantes , il est placé dans une température peu élevée, et toute la surface malade est couverte d'une couche d'onguent mercuriel double, le plus récemment préparé possible. Cette couche d'onguent, appliquée à l'aide d'une douce onction, doit être suffisante pour recouvrir toute la surface malade pour la déborder, et pour masquer sa couleur; d'après cela la dose est en raison de la surface à couvrir. Le sujet est-il tranquille, la région malade est-elle située de manière à ne pas êlve essuyée par les vétemens , ou les linges de lit, il suffit d'une seule onction par vingt-quatre heures; le contraire a-t-il lieu , on répète l'onction aussi souvent que la partie cesse d'en être couverte.
Voici alors ce qui arrive, les malades éprouvent du soulagement; les douleurs sont promptement calmées, vingt-quatre ou quarante-huit heures après,
122 DE L'ERYSIPÉLE EN GENEEAL.
l'épiderniç de îa partie affectée se ride, ia tuméfaction cesse, la rougeur et la chaleur s'éteignent, et du troisième au quatrième jour tout à disparu. Dans les érysipèles naissans, et de causes externes, souvent vingt-quatre heures suffisent pour la guérison. Mais aussitôt que le gonflement tombe, et que l'épiderme se ride,h\en que la rougeur et un peu de chaleur persistant il faut cesser sur cettte partie l'usage des onctions, car dès ce moment les phénomènes d'exhalation cessent , Téquilibre tend à se rétablir entre elle et l'absorption , et si on insiste sur î'onguent mercuriel, cette dernièr-e l'emporte bientôt, et alors la médication, dépassant le but qu'on s'était proposé, va déterminer des accidens plus ou moins graves, soit du côté du canal intestinal (diarrhée), soit du côté de la bouche (salivation). Les mêmes inconvéniens du médicament ont lieu si on dépasse les surfaces érysipélateuses ; mis sur la* peau encore saine, il est absorbé sans prévenir dans ce point l'arrivée de la maladie, se conduisant ici comme il le fait dans un foule de cas d'affections syphilitiques; guérissant le sjmptôme une fois développé ^ mais n'en prévenant pas le développement.
L'érysipèle s'étend-il ? Il faut le poursuivre, quelle que soit la région nouvelle qu'il envahit^ et l'étendue de la surface. Dans ces cas d'érysipèles ambulans, erratiques , rayonnes , serpigineux , on observe constamment que la surface onctionnée est éteinte, lorsqu'une nouvelle se prend , de telle façon que, dans ma méthode , si on traite un érysipèle au début, on
Dfî L'ERYSIPÈLK EN GENERAL. i2§
n'a presque jamais que de petites surfaces prises à la fois. Ainsi à la face, le nez commence-t-il ? on éteint l'érysipèlc en ce lieu, avant qu'il n'ait gagné la joue, et sur cette région, avant que l'oreille du mémecôié, an la partie du côté opposé ne soient affectées; par là on évite les réactions sympathiques, qui sont toujours en raison directe de l'étendue des surfaces malades.
Mais il est un fait qui ne doit point échapper à l'observation; c'est que souvent dans l'érysipèle ambulant, et qui semble partir d'un centre pour s'étendre en circonférence, les cercles excentriques sont nécessairement de plus en plus étendus, dans ces cas, si on s'arrête, si les onctions ne sont pas continuées la maladie fait de graves progrès.
Toutefois, bien qu'il faille poursuivre la maladie sur tous les points qu'elle affecte, on doit cesser les onctions dès que les nouvelles parties prises ne sont plus tuméfiées, qu'il n'y a plus que quelques traînées d'éry thème, souvent par petites plaques isolées et fugaces, car si on les continuait , on s'exposerait à la salivation. Il est inutile d'appliquer de l'onguent sur lesphîyctènes.
Quant aux érysipèles compliqués, il faut les traiter en remplissant toutes les indications, plus l'application de l'onguent mercuriel, comme d^ins les érysipèles simples.
Quant à la salivation , qui le plus souvent tient à ce que le médicament a été mal employé, elle arrive cependant quelquefois chez des individus très-
susceptibles, ou chez lesquels la médication est promptement curalive. Pour la prévenir , il faut tenir la bouche propre, faire employer pendant la médication des gargarismes astringens avec l'alun et l'opium , nettoyer les parties où l'érysipéle a cessé , afin de n'y pas laisser d'onguent qui pourrait être absorbé; et, enfin , si la salivation commence , la réprimer de suite par ma méthode d'application de l'acide hydrochlorique pur porté sur les gencives ou les différens points de la bouche qui pourraient être affectés.
Je n'ai jamais observé d'accidens de métastase, si ce n'est la salivation dont il vient d'être question, et la diarrhée qui, dans quelques cas, a été accompagnée de l'expulsion de vers intestinaux. Le phlegmon est rare dans l'emploi de l'onguent mercuriel ; les phlyctènes un peu moins.
La durée moyenne de Pérysipèle a été de quatre à six jours. Il y a plus de malades qui ont guéri du second au quatrième jour , que de ceux qui ont dé- ^passé le septième.
Les résultats définitifs sont tellement supérieurs à ceux que m'ont fourni les autres moyens opposés à l'érysipèle , que je trouve un acte de conscience dans la recommandation de cette méthode comme une des plus efficaces. »
Obs. XVII. — « Le nommé André, matelot, 26 ansj tempérament sanguin, forte constitution^ se présente au poste le 1 5 juin i83i ^ pour un érysipèle occupant toute la face interne du bras et de l'avantbras gauche; depuis trente-six heures, tuméfaction
DE L'ÉUYSIPÈLE m GÉNÉRAL. i25
Irès-manifeste, rougeur très-prononcée, pression douloureuse; il ne peut rien dire sur la cause qui a produit cette inflammation. Le bras est mis en écharpe; onction avec un gros d'onguent mercuriel sur toute la surface de Térysipèle. Le quart pour alimens. Le soir, nouvelle onction avec l'onguent mercuriel. Le lendemain, amendement de tous les symptômes 5 encore une onction d'un gros matin et soir.
— 17. On ne voit plus que quelques traces légères d'inflammation érysipélateuse. Une onction seulement avec l'onguent mercuriel. Même régime. — 18. Disparition complète de l'érysipèle , pas de métastase. Le malade demande à reprendre son service , on le lui accorde. » Suivent deux autres observations analogues, également sans métastase. (Marloy. Lancet.
franc, i833, t. VII, p. ^7.)
Obs. XVIII. — Madame Arnaud , 36 ans, tempérament sanguin, éprouvant tous les ans un érysipèle à la face , traité jusqu'ici par la méthode ordinaire (saignées, lotions de sureau, boissons délayantes, régime sévère). — 10 mai i832,érysipéle occupant tout le côté droit de la face et une partie du côté gauche; depuis deux jours, gonflement énorme, rougeur des plus intenses, toucher peu douloureux , légère céphalalgie, pouls plein , 90 pulsations. Saignée du bras, 16 onces; onction d'un gros d'onguent mercuriel, que l'on renouvelle le soir; diète, limonade gommée. — 1 1. Mieux sensible. Deux nouvelles onctions mercurielles, soupe, limonade gommée. — 12. Plus de céphalalgie, pouls normal, diminution
fâ6 DE L'ÉRYSIPÈLE EN GÉNÉML^
trés^nalable de tous les aiitres symptômes. Onction mercurielle, quart d'alimens. -^ i3. Le mieux continue, même pFescriplion.^— 14, Plus de tuméfaction ni de rougeur, desquammation commençante.^-^ i5. Guerison complète ; pas de métastase. ~ Etonnée d'êtîe débarrassée aussi rapidement de son érysi-' pèle 5 cette malade fit observer qu'elle en était redevable aux onctions mercurielles^ puisque ses érysipèles des années précédentes, soumis au même traitement y à l'exception de ces onctions, au lieu de se terminer dans cinq jours commEC celui-ci , en àvaierrÉ duré quinze et dix^huit^^ » (Âuriol. Lancet. franc: i833, t. VIIÏ,p. 28.)
Le même journal contient encore une série d'au-^ tre^ ôbs^ervatiôns favorables à la méthode mercurielle, ainsi : M. Ph. Ricord (i83 î; t. V. p. i r3) huit obèëi*A vations de succès sans accidens parles onclïonsïtrercurielles combinées aux moyens réclamés par les indications générales; (p. s 23) quatre observations tirées de sa clinique de l'hôpital du midi , huit de sa pratique à Grouy-sur-Ourcq(Seine-et-Mârne); i8i8, mêmes résultats. M. Biondin (i832. t. V. fi. 4^4)5 blessure à la cuisse par un instrument piquant, éif^ sipèle supprimé par un répercussif, accidens c^ê-^ brâux fort graves, rappel de rérysipèlé. Fricliotis ittéi^curielles, Guerison. — (1822. t. VL p. 395.) Un fait d'érysipéle phlegmoneux à îâ jambe guéri par les onctions mercurielles; un autre érysipèle du pied, môme traitement, même succès. Extrait de la Lan-^ cette anglaise.— M. Casiniir Broussais (i833; t. ViL
im L'ftRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL. 197
p. Bi.)? deux observations avec guérison, mais salivation^ aphthes, stomalitc très-intense. — 'M. Vernois, hôpital du midi, service de M. Ph. Ricord (p. 193), trois observations de succès.
Les opinions et les faits que nous venobs de rapporter démontrent assez que la méthode mercuriellc ne doit pas être admise comme générale, unique, et susceptible de remplacer toutes les autres médications. Cette opinion est précisément celle du médecin qui l'a le plus heureusement expérimentée. Nous observerons même à cette occasion qu'il fallait tout le bon esprit de M. Ricord pour ne pas se laisser illusionner par des succès aussi nombreux ^ et chercher h faire prendre rang à ce genre de traitement au milieu de ceux que d'autres médecins, avec des titres moins puissans, ont voulu faire adopter comme des méthodes exclusives. Nous verrons, au reste, dans les spécialités, à quelle modification d'érysipèle on peut, avec le plus de raison, appliquer les onctions mercurielles.
8° Méthode tonique. — Elle se compose plus particulièrement de l'emploi du quinquina, des autres amers, des alcooliques^ etc. Plusieurs^ médecins du moyen âge ont adopté cette méthode plutôt en conséquence d'une théorie préconçue, que des résultais de l'observation. Ainsi, Selle regardant l'érysipèle comme une espèce de fièvre putride, associe aux évacuans le quinquina , le vin et les autres antiseptiques. Gullen penche quelquefois vers cette méthode.S^lj ditiiQnj-^YQi|vj0b^^nu |>lusieuis succès :
« J'ai guéri par cette médication une jeune fille qui, depuis 5 ans, était sujette à des érysipèles de la face; ayant par le moyen du quinquina fortifié le système gastrique et bilifére, elle fut, par la suite, exempte des retours de cette maladie. » ( Loc. cit. p. ^i^.) Fordice « dans les inflammations érysipélateuses qui ne s'étendent pas au-delà des membranes et qui sont ordinairement accompagnées de symptômes d'irritation , lesquels dégénèrent facilement en symptômes de malignité, recommande fortement le quinquina, réservant la saignée et le traitement antiphlogistique pour les inflammations phlegmoneuses. » (^Sdjenham. œuvres de médecine pratique. Edition de Beaumes. t. II. p. ^11. ) « M. Travers déclare que sa méthode consiste à donner des doses répétées de tartre d'antimoine tous les deux ou trois jours , ensuie le quinquina. Dans un grand nombre de cas, il a vu plusieurs de ses confrères tirer un avantage réel de l'emploi du quinquina et d'autres stimulans ou toniques au début de la maladie, même dans des cas où il aurait employé le traitement antiphlogistique si le malade avait été confié à ses soins.» (Za Cliniq.deshôp. et de la ville, t. I. n^ 80. p. 4» 1827.) (( M. Lawrence blâme sévèrement tous autres moyens que les antiphlogistiques et ne peut concevoir qu'en aucun cas le quinquina, le vin ou tout autre stimulant puisse être mis en usage, si ce n'est dans quelques occasions fort rares, pour des sujets vieux, affaiblis , chez lesquels la saignée a déjà été employée, et dans le dernier degré de la maladie. » {Loc. cit.)
DE L'ÉUYSÏPÈLK EN (Ji]NI^:iUL. *29
Wous ne pensons pas devoir entrer dans aucune discussion relative à cette médication comme méthode générale; il est trop évident qu'elle ne peut convenir qu'a certains cas particuliers, comme nous le verrons, surtout en parlant des érysipèles asthéniques , typhodes , périodiques , etc.
9^ Méthode compressive — « La compression est un moyen de modérer l'afflux du sang vers une partie, et par conséquent de diminuer les accidens que Ton suppose causés par l'arrivée de ce liquide nourricier, parfois devenu morbifique par sa qualité ou par son abondance.»» {Dict. unw^dematlère méd. et de thérap.^ t. II, p. 376.)
Cette vérité, reconnue depuis long-temps par les observateurs, devait naturellement conduire à l'emploi de la méthode compressive, dans le traitement des inflammations en général et de l'érysipèle en particulier. « Considérant les vaisseaux sanguins d'une partie, qui est le siège de l'inflammation, comme privés de leur contractilité ordinaire, le docteur Charles Meigs pense que le meilleur moyen de guérir les inflammations consisterait à exercer une compression plus ou moins forte sur les vaisseaux où on l'observe... A juger, du reste, des bons effets de ce procédé par les succès obtenus par M. Bretonneau de Tours et par d'autres praticiens distingués, il est de fait qu'on devrait l'employer très-souvent, et qu'on pourrait le considérer comme un véritable moyen antiphlogistique. » {Annuaire médico-chirurg.y 1828, p. 291.)
îl est certain que Théden, MM. B retonneau, Velpeau, etc., ont obtenu des résultats très-favorables de la compression dans le traitement de l'érysipèle, mais de Tërysipéle phiegmoneux. Loin d'en vouloir faire une méthode générale, nous devons donc en renvoyer l'examen à l'histoire de cette particularité de l'inflammation érysipélateuse.
lo. Méthode divisante. Nous comprenons sous ce titre l'emploi des incisions plus ou moins profondes appropriées au traitement de l'érysipèle.
« MM. Copland , Hutchison et Lawrence emploient les incisions d'une manière différente que les chirurgiens français, ils les emploient dans tous les degrés de l'érysipèle et toutes les fois que le traitement général est insuffisant. Selon M. Lawrence, ces incisions diminuent puissamment la tension , toujours portée à un très-haut degré; elles enlèvent en outre aux seuls vaisseaux enflammés une quantité de sang qui produirait une grande faiblesse, si elle était tirée du système général Il cite des exemples où elles ont été pratiquées sur toutes les parties du corps avec plus ou moins de largeur, suivant le plus ou le moins d'étendue de l'érysipèle. En général, il n'a été fait qu'une seule incision qui passait par le centre de la partie enflammée et occupait toute sa longueur; deux fois on a divisé les tégumens de la paupière inférieure pour des érysipèles de la tête. M, Lawrence a traité de celte manière et avec le plus heureux succès un érysipèle survenu pendant la grossesse. Dans un autre cas, une incision de
DE L^ÉRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL. i3i
quatorze pouces fut faite au membre inférieur avec
un avantage bien évident M. S. Cooper prétend
que cette méthode, à sa connaissance, a été plusieurs fois fatale; les érysipèles guérissent fort bien sans ce moven ; il ne voit donc pas la nécessité de soumettre
les malades à un traitement anssi douloureux
M. Lawrence désire qu'il soit bien compris qu'il n'a jamais employé les incisions que dans le début de l'érysipèle, et pour s'opposer à la suppuration et aux progrès trop étendus du mal... r. Son expérience lui a appris qu'il épargne aux malades de grandes souffrances, etc. , etc. (^La Clinique des hôpitaux et de la ville ^ 1. 1, n° 80, p. 4-— n° 84-, p. 2. 1827.)
« En scarifiant les parties fortement enflammées , on court risque de voir se développer autant de points gangreneux qu'on aura fait de mouchetures , sans que la déplétion qu'elles occasionent soit assez salutaire pour arrêter l'érysipèle; et, de plus^ en incisant profondément, n'est-il pas évident qu'après l'extinction de la maladie, il restera des plaies qui doivent nécessairement laisser des ciiratrices plus ou moins apparente. M. Velpeau n'a eu que deux fois recours à ce mode de traitement: la première, chez un malade couché au n° i4 de la salle Saint-Michel, année i83o^ pour un érysipèle de la cuisse; la seconde fois, dans la même année ^ chez un autre homme couché dans la même salle au n° 32, qui, après une parotide , fut pris d'un érysipèle de la face. Ces deux malades succombèrent : le premier, à l'envahissement général du corps par la maladie; le second, à
tSa DE L'ÉRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL,
une métastase sur le cerveau, quoique dans ces deux cas il se fût écoulé une assez grande quantité de sang par des artérioles qui avaient été comprises dans les incisions. Depuis cette époque^ M. Velpeau n'a jamais remis cette médication en usage , convaincu qu'il est de son inutilité. » ÇBasséreaUjJourn, hebd,y 1834, t. III, p. 91.)
Comme méthode générale, les incisions ne compteront jamais un grand nombre de partisans; il n'en sera pas de même dans Jes érysipèlcs abcédés pour favoriser promptement l'évacuation du pus, et plus spécialement encore dans l'érysipèle phlegmoneux pour obtenir le double résultât de cette évacuation et d'un obstacle puissant opposé aux progrès destructeurs de celte funeste maladie, etc.; moyens que Dupuytren, Patissjer, Rust, etc., ont surtout préconisés dans ces derniers temps, comme nous le verrons en traitant du phlegmon diffus.
Con\>alescence. — Dans aucune maladie, les précautions à prendre pendant la transition qui s'effectue de l'état morbide à l'état physiologique^ ne me'ritent plus de soins et d'attentions que dans l'érysipèle, et l'expérience démontre qu'il e.^t peu d'altérations dont les rechutes soient aussi faciles et surtout aussi fréquentes; il est aisé d'en trouver la raison. Toutes les fois, en effet, que la prédisposition ou la cause intérieure a jeté des racines profondes au milieu de la constitution, il arrive presque toujours, dans cette circonstance, que la phlegmasie locale disparaît avant la destruction entière de son élément fondamental ;
DE L'ÉRYSIPÈLE EN GÉNÉRAL. i53
et que, dès lors, à la plus h^gèrc occasion, elle se reproduit avec une force nouvelle, et souvent au milieu de conditions aggravées par les désordres même de la première invasion. ïl ne faut donc jamais perdre de vue que chez tous les sujets promptement guéris des symptômes locaux de l'érysipèle, les soins de convalescence bien entendus et prolongés ont encore à faire disparaître la modification constitutionnelle en prévenant des recrudescen<?es toujours à redouter. Un régime doux et surtout végétal chez les sujets qui ne sont pas affaiblis par l'âge ou les caractères asthéniques de la maladie, l'exercice régulier, les bains lièdes; la respiration d'un air pur, à la campagne surtout; l'entretien des évacuations alvines, urinaires; une grande propreté dans les \éle^ mens, des passions douces, l'éloignement des travaux de cabinet; chez certains sujets, les bains de mer, les eaux minérales de Seltz, de Sediitz, de Vichy; enfin, chez les malades guéris d'érysipèle périodique et rebelle dans leurs récidives, surtout lorsqu'il existe un état de cacochyraie constitutionnelle, un exutoire à demeure, soit vésicatoire, cautère^ etc., formeront à peu près les moyens généraux de la convalescence.
Si nous résumons actuellement toutes les méthodes appliquées au traitement de l'érysipèle, deux conséquences fondamentales se présentent naturellement à notre esprit, comme résultat naturel de leur discussion et de leur rapprochement : savoir que ces méthodes ont ordinairement peu de prise sur la
cause essenlielle de l'érysipèle; qu'il est impossible, dans une pratique raisonnée, d'adopter aucune d'elles d'une manière absolue , sans acception des caractères particuliers de l'altération et des circonstances nombreuses qui peuvent la compliquer. Les deux citations suivantes prouveront la réalité de ces conclusions et la nécessité dans laquelle nous sommes d'aborder actuellement les particularités de Tinflammation érysipélateuse, pour en bien préciser le diagnostic et le traitement.
(( Dans l'espace de trois ans, nous avons observé quatre-vingt-neuf cas d'érysipèle simple, la plupart suites de blessures. De ces quatre-vingt-neuf, M. Velpeau en a traité neuf par l'onguent mercuriel, cinq par la graisse pure, douze par les vomitifs et les purgatifs, dix-huit par les vésicatoires , quatorze par les émissions sanguines, sept par la cautérisation , deux par les incisions, vingt-deux par les émolliens seuls, — total , quatre-vingt-neuf, — ^ sans qu'aucune de ces médications réussît , je ne dirai pas à arrêter complètement la marche de cette maladie, mais même à l'entraver d'une manière appréciable. (Bassereau, loc. c/^. , p. 92.)
« Jamais question ne fut plus controversée que celle relative à la nature et au tiaitement de l'érysipèle, toutes les feuilles médicales périodiques l'ont agitée tour-à-tour, et cependant les opinions sont encore bien divergentes sur ce point.... Si lesdifférens faits rapportés par les auteurs constituent des vérités thérapeutiques, comment expliquer la différence
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des résultais. Evidetnmcnl plusieurs vérités appliquées au même objet ne pourront jamais devenir eonlradicloires. L'érysipèle n'est pas toujours eomposé des mêmes élémens morbides, il peut revêtir dilTérens caractères, suivant la constitution médicale régnante, Fâge, l'idiosyncrasie du sujet, etc. Cette inflammation peut offrir des complications multiples qui toutes nécessitent un mode de traitement particulier. Cette différence dans la nature de la maladie explique d'elle-même les effets avantageux de divers trailemens^ même les plus contraires. Le difficile est de
saisir les indications Tel érvsipèle se présentera
avec un élément bilieux et sera promptement guéri par les vomitifs , tandis que la même maladie semblable, quant au fond, mais développée sous l'influence d'autres conditions morbides^ cédera avec rapidité à Tusage des émissions sanguines. Chez un troisième individu, une médication locale, énergique , enrayera tout à coup la marche de l'inflammation érysipé-
lateuse Il est donc bien important de différencier
les élémens des maladiesqui^semblables en apparence, présentent néanmoins des indications curativcs diverses. )) ( Gaz. méd,^ i834, t. u , p. 649» )