‹ Traité de l'ésprit (volume 2)Chapitre 6 sur 42 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

ne me suis livré à cette idée, que par la persuasion où je suis que toute morale dont les principes sont utiles au public est nécessairement conforme à la morale de la religion , qui n’est que la perfection de la morale humaine. Au reste, si je m’étais trompé, et si, contre mon attente, quelques uns de mes principes n’étaient pas conformes à l’intérêt général, ce serait une erreur de mon esprit, et non pas de mon cœur; et je déclare d’avance que je les désavoue.

Je ne demande qu’une grâce à mon lecteur, c’est de m’entendre avant que de me condamner; c’est de suivre l’enchaînement qui lie ensemble toutes mes idées, d’être mon juge et non ma partie. Cette demande n’est pas l’effet d’une sotte confiance, j’ai trop souvent trouvé mauvais le soir ce que j’avais cru bon le matin , pour avoir une haute opinion de mes lumières.

Peut-être ai-je traité un sujet au dessus de mes forces : mais quel homme se connaît assez luimême pour n’en pas trop présumer? Je n’aurai pas, du moins, à me reprocher de n’avoir pas fait tous mes efforts pour mériter l’approbation du public. Si je ne l’obtiens pas, je serai plus affligé que surpris : il ne suffit point, en ce genre, de désirer pour obtenir.

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