‹ Traité de l'ésprit (volume 2)Chapitre 7 sur 42 · BU LIVRE DE L’ESPRIT · texte numérisé non relu

BU LIVRE DE L’ESPRIT

Dans tout ce que j’ai dit, je n’ai cherché que le vrai, non pas uniquement pour l’honneur de le dire, mais parce que le vrai est utile aux hommes. Si je m’en suis écarté, je trouverai dans mes erreurs mêmes des motifs de consolation. Si les hommes, comme le dit Fontenelle, ne peuvent, en quelque genre que ce soit, arriver à quelque chose de raisonnable , qu’âpres avoir, en ce même genre , épuisé toutes les sottises imaginables , mes erreurs pourront donc être utiles à mes concitoyens : J’aurai marqué l’écueil par mon naufrage. Que de sottises, ajoute Fontenelle, ne dirionsnous pas maintenant , si les anciens ne les avaient pas déjà dites avant nous, et ne nous les avaient, pour ainsi dire , enlevées !

Je le répète donc : je ne garantis de mon ouvrage que la pureté et la droiture des intentions. Cependant, quelque assuré qu’on soit de ses intentions, les cris de l’envie sont si favorablement écoutés, et ses fréquentes déclamations sont si propres à séduire des âmes plus honnêtes qu’éclairées, qu’on n’écrit, pour ainsi dire, qu’en tremblant. Le découragement dans lequel des imputations souvent calomnieuses ont jeté les hommes de génie, semble déjà présager le retour des siècles d’ignorance. Ce n’est, en tout genre,

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