‹ Traité de l'ésprit (volume 2)Chapitre 8 sur 42 · PT! KF ACE · texte numérisé non relu

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que clans la médiocrité de ses talens qu’on trouve un asile contre les poursuites des envieux. La médiocrité devient maintenant une protection; et cette protection, je me la suis vraisemblablement ménagée malgré moi.

D’ailleurs, je crois que l’envie pourrait difficilement m’imputer le désir de blesser aucun de mes concitoyens. Le genre de cet ouvrage, où je ne considère aucun homme en particulier, mais les hommes et les nations en général, doit me mettre à l’abri de tout soupçon de malignité. J’ajouterai même qu’en lisant ces Discours, on s’apercevra que j’aime les hommes, cpie je désire leur bonheur, sans haïr et mépriser aucun d’eux en particulier.

Quelques unes de mes idées paraîtront peutêtre hasardées. Si le lecteur les juge fausses, je le prie de se rappeler, en les condamnant, que ce n’est qu’à la hardiesse des tentatives qu’on doit souvent la découverte des plus grandes vérités , et que la crainte d’avancer une erreur ne doit point nous détourner de la recherche de la vérité. En vain des hommes vils et lâches voudraient la proscrire, et lui donner quelquefois le nom odieux de licence; en vain répètent-ils que les vérités sont souvent dangereuses : En supposant quelles le .fussent quelquefois, à quel plus grand danger

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