XXXII AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR
monde moral ; et , dans le monde moral , il insiste sur la liberté, sur la dépendance réciproque de l'âme et du corps, enfin sur les principales idées qui sont en nous comme le sceau de la divinité, telles que l'idée de l'infini, Tidée de l'imité. Partout, dans le monde comme dans l'homme, il montre l'éclatante empreinte de la puissance divine. Cette première partie est, comme il le djit lui-même au commencement de son livre, c une philosophie sensible et populaire, dont tout homme sans passions et sans préjugés est capable. » La seconde partie s'adresse plus spécialement aux esprits accoutumés à la réflexion philosophique. L'au-^ teur y reproduit les idées cartésiennes : il se place, comme Descartes, dans l'hypothèse du dou te absolu; et, comme lui , il échappe au doute jgar ce raisonnement que douter ) c'est p enser, et que penser c' est être ^ qu'ainsi il y a quel- V que chose de certain, c'est l'existence de l'être qui doute et qui pense. Enfin, réfléchissant sur cette première vérité qu'il vient de découvrir, il trouve qu'elle a pour caractère d'être parfaitement claire ; cette remarque le conduit à adopter un principe de certitude qu*il fait consister dans la clarté des idées, et qu'il applique successivement à la démonstration a priori de l'existence et des attributs de Dieu. Parmi les preuves de l'existence de Dieu, développées par Fénelon, il y en a qui sont, pour ainsi dire, aussi anciennes que le genre humain lui-même, et qui nous paraissent très-solides. Il y en a d'autres, de date plus récente, et qui sont, à nos yeux, très-contestables. Voici les unes et les autres :
Première preuve : l'admirable harmonie qui règne dans le monde n'est pas l'œuvre du hasard. Il n'y a qu'une
AVERTISSEMKNT DE L'£DITBUR. XXZUI
cause souverainement intelligente et puissante qui ait pu la produire. Donc Dieu existe. (I** partie , passim.)
Deuxième preuve : l'homme n'existe pas par lui-même; il n'a pu lui-même se créer; donc il existe par autrui. S'il existe par autrui y il faut que cet autre être qui l'a fait passer du néant à l'existence , soit par lui-même , et par conséquent soit infiniment parfait. Cet être, c'est Dieu. (Ghap. n de la II* partie, pag. 120 et suivantes.)
Troisième preuve : j'ai l'idée du parfait et de l'infini; ce n'est pas moi , être fini et imparfait, qui ai pu me donner cette idée; ce ne sont pas non plus les corps, imparfaits et finis eux-mêmes ; il reste que ce soit un être infiniment parfait, qui se rend immédiatement présent à moi, quand je le conçois, et qui est à la fois l'original sur lequel cette idée est faite, et la cause réelle qui la produit. (Ibid.^ page 124.)
Quatrième preuve : l'idée que j'ai de l'être nécessaire et parfait, implique l'existence actuelle et positive de cet être; car, s'il n'existait pas, il ne serait plus un être nécessaire, c'est-à-dire existant par lui-même à tous les moments de la durée; il ne serait plus l'être que j'aurais conçu, et ma Ripposition serait détruite. (J6id., page 128.)
Cinquième preuve t mes idées, dit Fénelon, « sont universelles, nécessaires, éternelles et immuables. Quand même je ne serais plus pour penser aux essences des ohoses, leur
vérité ne cesserait point d'être ; il serait toujours vrai (|ae la néant ne pense point, qu'une mftme chose nd peut tout ensemble êbre et n'être jas, eto, ? Dono mes idées ne sont pas moi. Elles ne se confcmdent pas non plus avee les objets qu m'environnent^ et qui sont changsanti «t i^4tkMi&A«ik vscus&i^