XX3UV AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR
moi. Mais alors quel seralear substratum? cil faut trouver dans la nature, continue Fénelon, quelque chose d'existant et de réel qui soit mes idées ; quelque chose qui soit au dedans de moi et qui ne soit point moi, qui me soit supérieur. Ce je ne sais quoi ne peut être que Dieu. » Donc l'existence des idées démontre l'existence de Dieu. (Ghap. iv de la II* partie.)
La première et la seconde de ces preuves , connues et admises dans tous les temps, mêlées aux notions populaires du sens commun, forment le fond inébranlable de la croyance de l'humanité à l'existence de Dieu; et elles sont encore aujourd'hui ce que les philosophes ont de plus exact et de plus solide à dire pour justifier cette croyance. Quant à la troisième preuve, qui a été imaginée par Descartes, et à la quatrième , qui était déjà dans saint Anselme avant
d'être dans Descartes\ elles ont été combattues avec une grande force de logique et ae bon sens dans les leçons de
M. Royer-CoUard, etelles ne ésistent pas k cette réfutation.
La quatrième d'ailleurs, osons le dire, est un vrai sophisme:
en effet, soit qu'on dise, avec saint Anselme et Descartes,
que ridée de Dieu étant celle d'un être parfait, et l'existence
étant une partie de laperfectio.i, il s'ensuit que Dieu existe.
4. « L'insensé Ini-mème est obligé de conrenir qu*il a dans Vesprit l'idée d'un être au-dessus duquel on ne saurait rien imaginer de plus grand ; et sans aucun doute cet être n'est pas dans rintelligence seule; car, s'U n'é^ tait que dans rintelligence, on pourrait au moins supposer quMl est aussi dans la réalité, nouvelle condition qui constituerait un être plus grand que celui qi^ n'a d'existence que dans la pure et simple pensée. » (Saint Anselme, Proslog., ch. n.)
« Il n'y a pas moins de répugnance de concevoir un Dieu, c'est-à-dire un être souverainement parfait, auquel manque l'existence, c'est-à-dire auquel manque quelque perrection, que de concevoir une montagne qui n'ait pas de vaUée. » (Pescartes, 6* MédUatton.)