AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR
puisque autrement il serait imparfait; soit qu'on prètenae, avec Fënelon , que Tidée d'un être nécessaire impliquant l'existence actuelle, il faut que Dieu existe, puisque, s'il n'existait pas, il ne serait plus nécessaire ; ces deux raisonnements , qui sont les mêmes au fond, tombent devant une réponse bien simple : c'est qu'un Dieu qui n'existerait pas ne serait ni imparfait, ni parfait, ni contingent, ni nécessaire; il ne serait rien ; et l'on ne pourrait rien*affirmer de lui, sinon qu'il n'est pas.
La cinquième preuve de Fénelon, sans être à l'abri de la critique, comme nous allons le voir, mérite néanmoins d*étre traitée plus sérieusement que la précédente : elle se rattache à des considérations qui ont leur place légitime et leur réelle importance dans la théodicée. Il est certain, en effet, que rien n'est plus raisonnable que de considérer Dieu comme une intelligence omnisciente et éternelle , qui contemple dans toute la suite des siècles les principes des choses et leurs rapports, en sorte que les vérités gênéraies qui sont l'expression de ces rapports ont en Dieu, pour parler métaphoriquement, leur siège et leur substratum. Mais ce langage métaphorique peut-il servir de point de départ à une preuve de l'existence de Dieu, comme Fénelon l'a pensé ? Non ; car, en réaUté, qu'est-ce que les idées générales ? C'est l'esprit concevant certaines généralités. Or, si ces idées sont l'esprit humain lui-même, il n'y a pas de motif de les rapporter à Dieu. Mais, dira-t-on, elles sontéternelles, immuables; donc il faut une intelligence éternelle et immuable pour les recevoir. Â cela, nous répondons qu'on applique aux idées, par un abus de langage, ce qui ne doit se d'ire que de leur objet, qui peut être en eSeX èX^tti^ ^Xm-