‹ Traité de l'existence de DieuChapitre 5 sur 81 · VI ESSAI · texte numérisé non relu

VI ESSAI

nelon pour précepteur du jeune prince. Ces vertueux amis, secondés par les soins de quelques hommes dignes de les imiter, commencèrent la noble tâche d'élever un roi. L'histoire atteste que jamais on ne vit un concours plus parfait de Volontés et d'efforts. Fénelon, par la supériorité naturelle de son génie, était l'âme de cette réunion. C'était lui qui, transporté par l'espérance de placer un jour la vertu sur le trône, et voyant le bonheur de la France dans l'éducation de son roi, détruisait avec un art admirable tous les germes dangereux que la nature et que le sentiment prématuré du pouvoir avaient jetés dans ce jeune cœur, et faisait succéder à tous les défauts d'un caractère indomptable l'habitude des plus salutaires vertus. Cette éducation, dont il nous reste d'immortels monuments dans quelques écrits de Fénelon, paraissait le chef-d'œuvre du génie qui se consacre au bonheur des hommes.

Fénelon, transporté au milieu de la cour, et ne s'y livrant qu'à demi, se faisait admirer par les grâces d'un esprit brillant et facile, par le charme de la plus noble et de la plus éloquente conversation. Il y avait en lui quelque chose de séduisant et d'inspiré. L'imagination, le génie lui échappaient de toutes paris; et la plus élégante politesse embellissait et faisait pardonner l'ascendant du génie. Cette supériorité personnelle excitait beaucoup plus d'admiration que le petit nombre d'ouvrages sortis de sa plume. C'est sous ce rapport qu'il tut loué, à l'époque de sa réception à l'Académie; et, peu de temps après, La Bruyère le peignit encore sous les mêmes traits, reconnaissables pour tous les

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