‹ Traité de l'existence de DieuChapitre 52 sur 81 · S, Âuo., Delib, Arb.^ lib. Il, n · texte numérisé non relu

S, Âuo., Delib, Arb.^ lib. Il, n

nombres, parce qu'ils ne sont que des répétitions ou des collections d'unités, il faudrait au moins avouer que je connais beaucoup de nombres avec leurs propriétés et leurs rapports. Je sais, par exemple, combien font neuf cents millions joints avei huit cents millions d'une autre somme. Je ne m'y trompe point; et je redresserais d*abord avec certitude un autre homme qui s'y \romperait. Cependant ni mes sens ni mon imagination n'ont jamais pu me présenter distinctement tous ces millions rassemblés. L'image qu'ils m'en présenteraient ne ressemblerait pas même davantage à dix-sept cents millions qu'à un nombre très* inférieur,

D'où me vient donc une idée si distincte des nombres que je n'ai jamais pu ni sentir ni imaginer? Ces idées indépendantes des corps ne peuvent ni être corporelles , ni être reçues dans un sujet corporel ; elles me découvrent la nature de mon âme qui reçoit ce qui est incorporel, et qui le reçoit au dedans de soi d'une manière incorporelle. D'où me vient une idée si incorporelle des .corps mêmes? Je ne puis la porter par ma propre nature au dedans de moi, puisque ce qui connaît en moi les corps est incorporel, et qu'il les connaît sans que cette connaissance lui vienne par le canal des organes corporels, tels que les sens et l'imagination. Il faut que ce qui pense en moi soit, pour ainsi dire, un néant de nature corporelle. Comment ai-je pu connaître des êtres qui n'ont aucun rapport de nature avec mon être pensant? Il faut sans doute qu'un être supérieur à ces deux natures si diverses, et qui les renferme toutes deux dans son infini , les ait jointes dans mon âme, et m'ait donné l'idée d'une nature toute différente de celle qui pense en moi.

Pour les unités, quelqu'un dira peut-être que je ne les connais point par les corps, mais seulement par les esprits, et qu'ainsi mon esprit étant un, et m'étant véritablement connu, c'est par là, et non par les corps, que j'ai l'idée de l'unité. Mais voici ma réponse :

Il s'ensuivra du moins de là que je connais des substances qui

n'ont rien d'étendu ni de divisible et qui sont présentes. Voilà

déjà des natures purement incorporelles au nombre desquelles je

dojis mettre mon âme. Qui esl-cô ç\w\\^ vm^^xû.wi^^^'Sk^ Cette

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