TOME I
dans Ie9 angles des cadres des are64H)utaiKs ou des goussets , qui relient te montant et U chapeau. Les assemblages de charpente usités dans les constructions ordinaires peuvent être imités avec avantage dans les grandes excavations.
Nature des bois. Pria: des revêtements, — Les frais de boisage des galeries ^ns les terrains tendres, non ébouleux, dépendent surtout du prix des bois ^ qui varie avec les localités. Les essences les phis employées sont le pin, le sapin et le chêne.
Le prix du Ms de chêne de itetiCes dimensions, tel qu'il le faut pour le boisage des galeries de mines , varie généralement en France , depuis SO Jusqu'à 40 fr. le mètre cube. Aux mines de houille du Creusot (Sadne-et-Loire), le prix du bois de chêne ayant un diamètre suffisant pour qu'il puisse être équarri sur 10 centimètres de côté , n'est que de 21 fr. le mètre cube. Les baurres en chêne empU>yées comme bois de giirnissage, ne coûtent que 15 fr. le mêtr« cube envirott. Ces prix sont Irès-bas , comparativement à ceux du reste ée la France ; le pin et le sapin sont généralemept moins chers que le ohêoe. Sur les mines de bouille de Saiotr Etienne , on paye de 45 à 75 c. le mètre courant de bois de pin, ayant au moins 10 centimètres de diamètre au petit bout ; les arbres ont 10 à 12 mètres de longueur totale. Dans la même localité, les plancliesde&apin de 27 nûllimèlres d'épaisseur se vendent environ ^ fr. ht mètre carré superâcieK Le prix augmente proportion^ neUeraent à l'épaisseur , 4e sorte que ^s planches de 54 raillimdtrts se vendent environ 4 fr. le mè^re carré.
Au montant du prix des bo|s, qui peut être assez exactement déterminé, dans chaque localité , lorsqu'on sait le genre de boisage qui convient au terrain , il faut ajouter le montant de la main-d'œuvre dn boisage. La pose d'un cadre et des bois de garnissage , y compris reOfp taiUement des bois et le transport de la surface à l'intérieur de I9 mine, occupe ordioaifement un boiseur et son aide^ un tiers ou une demi-journée , suivant que le garnissage doit être plus ou moins eora* plet; en supposant la journée du boiseur à 3 fr. et celle de l'aide à % fr., la pose d'un cadre avec les bois de garnissage , reviendrait donc de 1 fr* 60 c. à â fr, 50 c. Dans une galerie boisée où les cadres seraient distants d'un mètre , il faudrait ajouter la somme ci-dessus an prix des bois, pour obtenir le prix du boisage par mètre courant. Ouand il ne faut pas de bois de garnissage, et que la galerie doit être boisée , par exemple, avec des cadres contigus, on peut estimer qu'un boiseur et s&b aide entailleront et mettront en place quatre cadres dans leur journée.
S'il faut , pour exécuter le boisage , creuser des entailles dans la
EXCAVATIONS SOUTERRAINES. 34.lf
roche , le prix dépend de la doreté de celle-ci , et les exemples que nous pourrioBS citer ne pourraient pas suppléer à tâceanaissBnce des localités, et à Texpérience d*un niaUre mineur on du directeur delà mine. Entretien des bordugeê, ~ Le Itoisage des galeries exige lin entretien soigné ; on doii remplacer les pièces de bots qui ont cédé à la pressioii dii terrain , le plus tôt possible , parce que à la suite de la rupture d^une pièce, la pression du terrain augmente sar les pièces voisines qui céderaient à leur tour ^ ce qtii mettrait bientôt dans la nécessité de faire une réparation beaucoup plus considérable. La répa* ration du boisage se fait , soit en plaçai)^ m cadre nouveau à c6té de celui qui est endommagé , et que Ton laisse le plus souvent en place, si>it en enlevant la pièce de bois rompue, pour lui en substituer une autre. Ces réparations ne présentent pas de difficulté , et se payent à peu près sur le même taux que la mise en place d'un boisage neuf, lorsque I«is dimensions de la galeirie n'ont point été diminuées par le gonflement du terrain, et qu'elle n'a pas besoin d*étre élargie. Lorsque le terrain doit être attaqué, pour rétablir la galerie dans les dimensions primitives qui auraient été altérées, le travail présente des difficultés qui croissent à mesure q4ie le terrain est moins solide , et qu'il a subi un mouvement plus considérable. On doit alors enlever tous les vieux bots, fi la réparation de ta galerie est souvent plus coàteuse que le creusement primitif , parce que la solidité du terrain est moindre.
Écorçage des bois, — Les bois employés au revêtement des parois dés galeries souterraines , dans le but de soutenir le terrain , sont en général simplement écorcés et non équarris. L'équarrissage diminuerait leur force sans aucune utilité. L'enlèvement de Técoree parait favorable à U conservation des bois, surtout quand il a en lieu assez longtemps avant la mise «n place, pour que les coucbes extà'ieures dn bois aient pu se d^ouiiler en partie de Peau qu'elles renferment.
Les étais ronds, formés d*un seal tronc d'arbre , sont les meilleurs. Qnand on est obligé de diviser les troncs on billes , parce que les dimensions seraient pka fortes que ne le demande la nature du terrain, il vant mieux les fendre à la hache et avee des coins, que de les sder. On évite ainsi de couper les ffiires des bois.
Durée des boii. Caueee de deetrucHon. -^ La durée des bois dans les galeries de mines est très-rarlable. I^ans un air chaud , et vidé , ils sont rapidement détruits. L*aeacia paraît être Tessence qui résiste le mieux dans ces circonstances. Ce fait a éié constaté dans les mines de houille de Garmeaux <Tam) , pat If. d*AubufS8on et M. François (Note sur remploi du bois d'acacia , Ann, dee Minée , S* série, t. VU, p. 661). Pes étals d'acacia ftirent placés au milieu d'étais de bois de
chêne blanc , et de bois de chêne noir , dans une galerie où Pair était stagnant et la température fort élevée. Les billes d^acacia furent mises en place vertes et garnies de leur écorce; elles avaient de 0(»,10 à 0>»,lg de diamètre. Les cadres de bois de chêne furent détruits au bout ' de peu de temps, environ trois mois pour le chêne commun , et deux ans pour le chêne noir, tandis que les cadres d*acacia qui restèrent seuls pour soutenir la poussée du terrain, étaient encore parfaitement sains, quatre ans après la mise en place. L*aubier était seul attaqué sous récorce , sur une faible épaisseur (5 à 6 millimètres). AL Chassignet et M. François attribuent la durée du bois d^acacia à un enduit visqueux , qui parait sortir de Técorce et qui s'applique sur Taubier. Celui-ci est ainsi préservé pendant sept ou huit mois. Au bout de ce temps , il s'altère mais le corps de Tarbre n'est nullement attaqué.
Les bois de chêne, et les bois résineux, le sapin, le pin, se conservent sous Peau pendant un temps indéfini; car on retrouve dans des mines abandonnées et inondées depuis nombre d'années (40 à 50 ans) , les bois qu'on y a laissés dans un état parfait de conservation. Il paraît qu'on parvient à prolonger la durée des bois, en les tenant constamment humectés. Ainsi dans quelques puits des mines du Hartz où les boisages périssaient en peu de temps ^ sous l'influence d'un courant d'air chaud , on les a préservés en les tenant constamment arrosés par un filet d'eau (Note de M. Regnault^ Jnn. des Mines y 3« série, t. VII, p. 572);
il résulte de quelques essais de M. Jordan , inspecteur des machines des mines du Hartz , que les bois ont la propriété d'absorber une trèsgrande quantité d'eau, surtout quand ils sont immergés sous une férte pression, et qu'ils retiennent ensuite avec une assez grande force l'eau absorbée. Celle-ci les préserverait peut-être de la carie Sjèche , qui , dans la plupart des galeries de mines , est la cause ordinaire de destruction. S'il en était ainsi, il suffirait, pour prolonger la durée des bois, de les faire séjourner pendant un certain temps dans l'eau, sous une fbrte pression, ce qui serait presque toujours focile dans les pays de mines, où l'on a des puits abandonnés remplis d'eau, au fend desquels on descendrait les bois, qu'on y laisserait séjourner pendant un temps que l'expérience ferait connaître. Ce procédé de conservation serait fort économique , et il est à désirer que les essais de M. Jordan soient continués.
ExécuHim des galeries btdsées dans les terrains ébouleux ou coulants les plus difficiles. — Lorsque le terrain est tout à fait ébouleux, et ne peut pas se soutenir, même sur une distance égale à la
largeur d*un cadre de boisage , il est nécessaire que le boisage précède , pour ainsi dire , le creusement de Texcavation , de manière que la portion de terrain que Ton enlève, soit enfermée dans une enceinte formée de pieux, ou planches jointives enfoncées d*avance, et qui soutiennent le terrain contigu à la masse enlevée. Ce genre de travail , appelé en allemand getriebe^rheit , est Tun des plus difficiles que Ton ait à faire dans Texploitation des mines, lorsque le terrain est tout à fait coulant , comme le sont certaines couches de sables ou d*argiles imprégnées d*eau. Nous le décrirons en conséquence avec beaucoup de détail. La manière de procéder consiste à établir sur le firont du terrain où Ton veut creuser la galerie un premier cadre formé de trois pièces , les deux montants et le chapeau , quand le sol de la galerie est solide et peut supporter la pression des montants latéraux. Si le sol est luimême mauvais , les montants sont posés sur semelle, et le cadre formé de quatre pièces. Ce cadre étant mis en place, on enfonce dans le terrain les bois de garnissage, qui s^appuient sur son contour , et sont destinés à soutenir les parois de Tespace à excaver. Ces bois sont or* dinairement des planches jointives, dites palplanches : d*autres fois ce sont des pieux pointus , pour quMIs pénètrent plus facilement dans le terrain , et qui ne sont pas tout à fait contigus. Le choix dépend de la nature du terrain. Ainsi , dans un terrain coulant de sable ou d'argihe détrempée, les palplanches jointives sont indispensables; dans les terrains qui s'éboulent sans se diviser en très-petits fragments , tels que les déblais qui résultent d*un éboulement antérieur qu'on est obligé de traverser, les bois n'ont pas besoin de se toucher, et des |Heox vaudront alors mieux que des planches.
Dans tous les cas, les bois de garnissage doivent être enfoncés dans le terrain en divergeant un peu , de manière que leur ensemble présente la forme d^une pyramide tronquée , dont la petite base est le contour du premier cadre.
Si le terrain n'est pas tout à fait coulant, on peut, aussitôt après renfoncement des bois , sur une longueur de 50 à 60 centimètres * commencer à fouiller et à déblayer Texcavation. Arrivé à une petite distance du premier cadre , on en place un second entièrement semblable au premier; on rétablit avec soin , de manière à conserver la direction de la galerie , la grandeur et la forme du vide intérieur. On maintient la divergence des bois de garnissage, en interposant entre eux et le contour de ce second cadre des planches qui sont juxtaposées sur les pièces du cadre , ou repoussées à une certaine distance au moyen de coins en bois chassés entre les pièces du cadre et ces plan.-
clw0. Le cadre es4 «taei maintenu en place paf la pression y en même temps fue les bois de garnissage sont convenablement écartés. Cda fait 9 on continue à enfoncer les bois dans le terrain à coups de masse, puis on fouille et on déblaye de nouveau , jusqu'à ce que Ton puisse poser un troisième cadre , que Ton met en place de la même manière que le second , avec interposition de planches entre son contour et les bois de garnissage. Ici , les coins destinés à tenir les planches écartées du cadre sont indispensables.
Après la pose de ce troisième cadre , sur lequel portent les extré* mités antérieures des palplancbes ou pienx , U est ordinairement né? cessaire d'enfoncer d'autres bois de garnissage. Ces bois ne peuvent guère avoir, en effet, beaucoup plus de 2 mètres à 2">,50 de Iongaeur« parce que, s'ils étaient plus longs, Us seraient embarrassants à ma* nier , et ne se laisseraient enfoncer qu'à grand'peine, à cause du frot? tement résultant de la pression du terrain sur eux. Qn enfonce donc un second cours de palplancbes ou de pieux , qui s'appuient sur le contour du dernier cadre, et occupent l'espace ménagé par les coins que l'on a enfoncés au-dessous des planches qui maintiennent écartées les extrémités du premier cours. On ôte d'ailleurs ces coins à mesure que cela est nécessaire pour loger les nouveaux bois de gar^ nissage qui tiennent leur place.
Le premier cours de palplancbes ou pieux est ainsi en recouvrement par son extrémité sur le cours suivant , et le travail se continue de la même manière , en ayant toujours soin d'établir les cadres successiis dans des plans parallèles entre eux , normaux à l'axe de la galerie, et de conserver les faces intérieures de tous ces cadres dans le même plan.
La fouille s'exécute toujours au pic, et le déblayement à la pelle, ou avec les mains. Cependant^ il arrive, quand on a à traverser de vieux éboulements, quel'oi) rencontre de gros quartiers de rocher, qu'il faut briser à grands coups de masse pour se frayer le passage. On est même quelquefois forcé d'avoir recours à la poudre pour rompre quelques gros blocs. Otï ne l'emploie que comme dernière ressource , et ^ très-petite dose , aân d'éviter les projections Violentes et les secousses qui pourraient ébranler la portion de galerie déjà exécutée. Quand les terralns'sont tout à fait coulants, il devient nécessaire de soutenir les terres du front de rexcavation au moyen de planches, et quand le sol de la galerie est sans consistance , aussi bien que les parois et le faite, on est obligé de poser les cadres sur semelle , et même d'enfoncer des paTplanches dans le sol.
Nous empruntons à un BTémoire de Bff. le bergmeister ThUrnagel , imprima dans le cinquième volume de V^^rchiv fiir Sergbau umf
kmfienioeeen^ la descripUon du procédé u»ité, dans les cas tes plua difficiles, dans la mine de ctnc, dile FriedHckê grube, prds TarnowiU, en Silésie. Les fig, 10, 11 et 13, PL Xfl, se rapportent â cette deseriptiAn qui rendra plusfacileoMniintel^ible la méthode générale de travail dans les terrains ébouleux, que nons Tenons d'exposer.
Dès qoe t*on arrive, dans le percement d*uné gâterie, au terrain icoulant , on doit fermer le fond de la galerie , pour prévenir la cbute ou plutôt le coulage des terres. Pour cela, on pose immédiatement contre le fond nn cadre , et on applique sur le terrain les planches transversales a, a, etc.,/2^. 10 et 11, qui sont maintenues par le cadre sur lequel elles s^appnient. Si le sol est mauvais, les montants latéraux dH cadre sont posés sur une semelle ^, de forme demi- cylindrique, eoupée dans une bille on tronc d'arbre do 0>n,40 à 0n,50 de diamètre. Cette semelle est posée de façon que la face plane et large s^appuie sur le sol , afin quelle résiste mieux â renfoncement. Quslûû on le peat» M pose, dans le même but, sous les extrémités, des morceaux de plancbes c,c, dont la longueur d^asse un peu la largeur de la face inférieure de la semelle. Mais cela n*est pas toujours possible dans les terrains très->difficiles. Enfin , on donne à la semelle une longueur suffisante pour qu^èlle pénètre, par ses deux extrémités, dans le terrain, aussi làin quo possible. Celle-ci étant bien établie, on élève dessus les deux mon* tants <f , ef , dans une situation exsfctement verticale; ils sont dressés aux denx bouts, de manière qae tes faces des extrteités soient exactement planes et normales à Taxe de la pièce. Par te bas, ils reposent sur la semelle dans des entailles de 5 à 4 centimètres de profondeur; en haut, ils sont réunis par le chapeau e, 0, etc. , entaillé à ses deux bouts sur une profondear pareille. Les extrémités du chapeau ne doivent pas dé< passer les montants, mais affleurer exactement les plans tangents extérieurement à ceux'^ci.
On doit apporter te plus grand soin à la coupe des bois et k la bonne juxtaposition des pièces , afin que les cadres forment tous des rectangles égaux entre eux (ceci s'entend des aréles extérieures des cadres). Of dinairemenl il suffît de prendre, pour les montants et les chapeaux, de» parties d*arbre bien droites, de 37 à 30 cenlimètres de diamètre. Cependant, dans tes terrains qui exercent une très-grande pression eu emtriote des bois qui ont jusqu'à 45 centimètres de diamètre.
Le eadre étant mis en place, on pose contre tes montants et sur le chapeau les pUmches /*, /; A ^^«9 «P^i sont écartées à la distance convenable par les coins ^, ^.... Avant d'enfoncer ces coins, on vérifie et l'on rectifie au besoin la position des cadres , si elle n'est pas correcte. Les coins s*appuient sur tes palplanches, déjà enfoncées dans le terrain
qui résiste, et 1*od comprend ainsi comment on peut, en les enfonçant, rectifier la position du cadre qui est ensuite maintenu en place par la pression qu'ils exercent sur lui.
Après cela, on commence à enfoncer les palplancbes , en commen* çant par les deux palplancbes conti(pjes à Tun des angles supérieurs du cadre, et qui sont à cet e£Fet taillées suivant le trapèze représenté flg, 29. Elles sont enfoncées le bout le plus large en avant, afin qu^elles se touchent dans toute leur longueur , malgré la forme pyramidale que doit présenter Tensemble d*un cours de palplancbes mises en place. On continue ensuite de garnir le contour du cadre, en enfonçant des palplancbes sur le chapeau d'abord , et ensuite sur les côtés. On les enfonce à la fois de 50 à 60 centimètres, souvent aussi de 10 à 12 seulement , suivant que la nature du terrain permet de porter plus ou moins en avant les planches qui soutiennent le front de la galerie, après qu'on les a déplacées pour la fouille et le déblayement des terres*
Les palplancbes ont lm,20 de longueur, et sont prises dans des planches de 4 centimètres d'épaisseur et de 52 de largeur. Dans les terrains très-difiiciles , les palplancbes et les planches appliquées sur le front de la galerie ont souvent de 5 à 7 1/2 centimètres d'épaisseur.
Pour fouiller et déblayer , on écarte d'abord la planche supérieure , contigue au faite de la galerie ; on ne l'enlève pas complètement , mais on l'écarté d'abord d'un seul côté , puis de l'autre ; on fouille aussi loin que la nature du terrain le permet, sans Jamais atteindre l'extrémité des palplancbes enfoncées, et l'on reporte en avant la planche, que l'on appuie par deux étais courts, contre les montants latéraux du cadre , en ayant soin de la relever un peu , pour qu'elle vienne toucher par son bord supérieur les palplancbes enfoncées, fig.W.
Si le terrain est très-pénétré d'eau, il coule de lui-même, et on le laisse couler, en modérant toutefois le flux, pour qu'on puisse l'arrêter à volonté ; autrement il pourrait arriver que la galerie s'encombrât très-rapidement , et que les bols fossent renversés. Ainsi l'ouvrier , dès qu'il reconnaît qu'une quantité suffisante a coulé sur un des côtés , s'empresse il'arrêter le mouvement , en repoussant la planche et en enfonçant au besoin des tampons de paille dans le terrain. Des étais courts, fig, 11 , sont forcés à coups de masse entre la planche reportée en avant, et les montants latéraux du cadre. Quand la planche supérieure a est ainsi avancée également des deux côtés, il y a entre cette planche et celle qui était d'abord auslessous , et qui est maintenant en arrière, un vide par lequel le terrain coule quelquefois. On arrête le mouvement en enfonçant des tampons de paille , et au besoin on enfonce une rangée horizontale de petits lûeux dont on engage les
extrémités sous le bord de la planche supérieure. On réussit toujours ainsi à maîtriser le flux.
La planche immédiatement inférieure est ensuite reportée en avant de la même manière et à la même distance, et ainsi de suite jusqu'à la planche la plus basse. Si Ton peut enfoncer les palplanches un peu plus avant, on le fait, et Ton reporte ensuite les planches du fond de la galerie à la même distance , jusqu'à ce que Ton ait un espace suffisant pour placer un cadre intertnédiaire (einwechsel Gevierte) , qui soutiendra les palplanches dans le milieu de leur longueur à peu près. Ce cadre intermédiaire est entièrement semblable aux cadres princfpauir, et se place de la même façon , avec planches interposées sur le contour , et coins pour maintenir la divergence des palplanches , si cela est nécessaire. Seulement , on prend quelquefois des bois d'un diamètre un peu moindre. On peut d'ailleurs poser un ou plusieurs cadres intermédiaires dans un cours de palplanches , suivant que l'exige la nature du terrain.
Quand on est arrivé près de l'extrémité du cours de palplanches , on met en place un autre cadre principal , avec les planches/', f^ f^ et les coins g ^g^ qui déterminent le vide par lequel on enfoncera un nouveau cours de palplanches, par dessous les extrémités du cours précédent. Les coins sont ôtés, à mesure que les nouvelles palplanches sont mises en place.
Bans les terrains extrêmement difficiles, on ne peut pas opérer avec des planches a, a, qui s'étendent sur toute la largeur du front de la galerie. On remplace alors chacune d'elles par deux autres plus courtes et plus épaisses , qui se recouvrent sur 5 à 8 centimèt. de large , dans le milieu de la galerie. Ces planches sont étayées, à leur extrémité voisine des parois, contre les montants latéraux du cadre, et à leur autre extrémité contre un poteau vertical établi vers le milieu de la galerie , et allant de la semelle au chapeau du cadre principal. Ce poteau est en outre consolidé , s'il est nécessaire , par un arc-boutant , dont le pied s'appuie sur la semelle d'un des cadres plus éloignés du front. On se procure par là la facilité d'ouvrir seulement la galerie sur la moitié de sa largeur , ce qui est d'un grand avantage dans un terrain trèsfluide.
Ouand la pression du terrain sur les palplanches supérieures est trësfbrte , il arrive quelquefois qu'on ne peut prévenir l'abaissement de quelques-unes d'entre elles. Si cet abaissement est assez fort pour empêcher la pose d'un cadre intermédiaire ou principal , il faut y remédier en soulevant les palplanches abaissées , au moyen de poteaux isolés que l'on place directement au-dessous. Pour se procurer un
I^Miit d*appiii, au sol àe la galerie, pour ces^ poieauK, on éteiul horizontale ment , sur les semelles des cadres qui sont déjà en place , une forte pièce de bois de 4 à C mètres de longueur, dont rextrémiti^ vient toucher les planches appliquées contre le fend de la galerie. On la fixe au moyen de plusieurs poleaux veriicanx qui pressent sur elle et s*ap« puient contre les chapeaux des cadres établis, et on prend sur son prolongement du c6té du fond de la galerie le point d*appui des poteaux destinés à relever les palplanches abaissées ou rentrées en dedans.
Quand le sol de la galerie est très-mauvais , et fait craindre que les cadres, malgré, leurs larges semelles, ne s'enfoncent dans le terrain, il faut enfoncer aussi des palplanches dans ce sol. On établit à cet efifet, par dessus la semelle de chaque cadre principal , une traverse it fig, 1 1 f maintenue en place par deux poteaux verticaux appuyés sur ses extrémités et contre le chapeaFu du cadre. On enfonce ensuite peu à peu les palplanches entre la semelle et cette traverse, dans une direction inclinée sur rhorizontale , jusqu'à ce qu'ils aient pénétré audessous de remplacement de la semelle du cadre intermédiaire suivant. Celui-ci étant mis en place , on achève d'enfoncer ces palplanches, et l'on peut même ensuite , si la galerie est trop rétrécie , enlever la traverse i. 11 arrive quelquefois qu'on est obligé d'enfbncer des palplanches dans ce sol, non seulement à chaque cadre principal, mais encore aux cadres intermédiaires.
Un autre moyen de consolider le sol et de prévenir l'abaisseneot des boisages, consiste à couvrir entièrement avec des madriears de 5 à 12 centimètres d'épaisseur^ tout l'espace compris entre les semelles. Les planches sont coupées- sur une longueur égale à la largeur de la galerie, posées jointives , quelquefois même réunies par une demi-rai^ nure , et maintenues appliquées sur le sol par des poteaux verticaux « reposant sur leurs extrémités et réunis entre eux par un chapeau. Ce sont d'autres cadres posés dans l'intervalle des premiers.
L'emploi de ces moyens ne prévient pas toujours l'abaissement du boisage, qui du reste n'entraîne pas la destruction de la galerie, lorsqu'il est faible et s'opère régulièrement. Dans les mines de Tarnowiix, on a quelquefois établi la galerie à un niveau supérieur à celui qu'elle devait réellement conserver , et qu'elle a repris par le tassement* On comprend du reste, que ce ne peut être là qu'une opération bien hasardeuse. Il faut mettre les plus grands soins à contenir le terrain, à ne pas le laisser couler plus qu'il n'est nécessaire , afin qu'il ne se fasse pas de vide extérieur au boisage, et à faire de celui-ci une enceinte entièrement fermée qui demeure en place an milieu du terrain mouvant.
iorsqut les galeries ont une largeur un peu grande, qui fait craindre la rupture des chapeaux ou des semelles, on applique contre les parois de la galerie , le long des montants latéraux , des longuerines ^f ^ »/^* 10elll<»de6it8 mètres de long , posées sur les semelles, et sur lesquelles s'élèvent les poteaux verticaux m, m^ qui supportent les longuerines/, /, parallèles aux premières et posées sous les chapeaux , dans les angles supérieurs de la galerie. Si les galeries sont encore pl«s larges , on les consolide par un troisième système de longutrflMS boriaoBtales et de poteaux verticaux, établi.dans le milieu;de la galcm.
Dans uo terrain excessivement mauvais , c'est déjà gagner beaucoup que d« pouvoir avancer , quand bien même le travail serait incom[>iet, la galerie trop étroite, etc., parce qu'une première ouverture assèche le terrain pénétré d'eau , qui devient ensuite plus traitable. Dans ce but, on a employé une fois à Tarnowitz, avec succès, le procédé suivant, pour Texécution d'une galerie très-large dont le sol était trèsmauvais. On établit les montants des cadres principaux d^ U, fig* 13 » PI. XI J y non pas directement sur les semelles b, fr... , mais sur de longues pièces de bois n, n^ couchées horizontalement sur les semelles, et calées en arrière par les poteaux o, o. On enfonça les palplanches à moitié, on mit en place un cadre intermédiaire, on compléta l'enfoncement des palplancbes, etl'on posa le cadre principal suivant, sur les extrémités de deux pièces de bois longitudinales sem- |)|ab(es aux premières. Le cours suivant de palplanches fut établi de la même façon, et lorsque le terrain asséché eut pris un peu de consistance, on remplaça^ce boisage provisoire par un boisage complet à demeure. L'opération réussit parfaitement; mais il serait impossible de procéder de la même manière , dans des galeries étroites.
iA description précédente d'un des travaux les plus difficiles que l'on M à exécuter dans l'intérieur des mines , est très propre à faire aiH^éeier la méthode de travail avec palplanches ou pieux enfoncés d'avance dans» le terrain, dite en allemand Getriebe-Jrbeit ou Jb- Ureib-jirbeii ; on en fait un fréquent usage dans les travaux souterrains » pour traverser des terrains ébouleux, coulants, et des déblais qui encombrent de vieux travaux ; mais il est néanmoins fort rare que les difficultés smni assez considérables pour nécessiter toutes les précautions qui ont été indiquées. Ainsi il arrive fort rarement que l'on toit obligé de fermer avec des planches , le fond ou le front de la galerie. L'essentiel , dans tous les travaux de ce genre , est d'être constamment maître de modérer l'éboulement des terres , pour qu'il ne se fasse pas de vide extérieur autour de la galerie , et que la masse du
terrain ne soit point ébranlée ; de poser ensuite avec soin les cadres principaux , de façon à conserver à la galerie ses dimensions et sa direction.
Le prix du mètre courant de galerie varie avec celui des bols et des difficultés du terrain , qui peuvent donner lieu à des accidents qui retardent beaucoup le travail. On comprend qu'il doit être quelquefois extrêmement élevé. Lorsque des galeries semblables doivent passer à une profondeur médiocre au-dessous du sol , il est ordinairement plus économique de les exécuter à tranchée ouverte , et de les murailler , après quoi on rejette les terres provenant de la fouille par-dessus la voûte. On peut voir dans la richesse minérale , t. Il , p. 182 et PL IX de Tallas , la description d'une galerie ainsi exécutée en tranchée ouverte , dans un terrain mouvant du pays de Tecklemboui^.