‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 100 sur 188 · fFagons de Newcastle · texte numérisé non relu

fFagons de Newcastle

l^es wagons des districts du nord de TAngleCerre ont des formes peu variées. Les figures 10 et 11 de la planche LXII représentent en élévation les plus usités de ces vases de transport; la figure 12 est une vue du train prise par dessous. Les roues en fonte sont fixées sur la fusée des essieux à Taide de coins en bois et en fer chassés à refus, et les essieux eux-mêmes tournent dans des crapaudines (fig. 16). Les caisses destinées à contenir la houille sont formées d'un cadre horizontal, sur les longs côtés duquel quatre montants sont assemblés à mortaises , tandis que les petits cotés en reçoivent chacun d eux i tous ces montants sont liés à leurs extrémités par des traverses. Ce squelette est garni à son intérieur de planches de deux à trois centimètres d'épaisseur, doublées de tôle mince ^ et Tensemble est enduit d'une peinture à rhiiilc. Quelquefois la caisse, entièrement composée de plaques de tôle forte , est plus légère , mais aussi moins solide et d'une moindre durée. Quoi qu'il eu soit , ces wagons sont toujours pourvus de planches de rehaussement iA , qui augmentent leur hauteur de 0.20 à 0.25 mètre. Au fond de la caisse est une trappe horizontale k , s'ouvront de dedans en dehors et soutenue par deux barres de fer /,/. Lune des extrémités m de ces

<1) Annales des iramux publics de Belgique^ tome XI, page 389.

dernières, repliée sur elle-même , passe sur deux agrafes et fait fonction de charnière , tandis que Fautreii^ti, mu« nie de deux anneaux , est maintenue par une broebe eC une chaîne. Lorsque les broches sont retirées et que les barres deviennent libres , la trappe cède sous le poids du charbon et toute la charge tombe au-dessous du wagon. A chaque extrémité du train sont fixés les crochets d'attelage 0^0. Les plaques en fer 9,9, percées d*un trou rond, servent à lier deux wagons à Taide d'une double fourchette (fig. 14) et d'une broche (fig. 13), qui traverse simultanément la plaque et les deux branches de la fourchette. Ce mode d'attache est bien préférable aux chaînes ordinairement en usage , car la roideur de l'ajustement empêche les wagons de s'entrechoquer ; et le conducteur du convoi , auquel ces organes servent de siège , s'y trouve è l'abri des contusions si fréquentes dans l'emploi des chaînes. Le frein (fig. 15) a pour mâchoires des blocs de bois fixés sur un levier en fer.

La contenance de ces wagons est ordinairement d'un chaidron de Newcastle , ou 2,790 kilogammes. Ils pèsent 1,420 kilog. avec des caisses en bois.

652. Uaclèines en usage pour tembarquement de la houille dans les districts du nord de VAnglelenre.

Les collines voisines de la Tyne , sur les flancs desquelles se trouvent les orifices des puits, sont sillonnées de chemins de fer aboutissant à des machines élevées de 10 i 20 mètres au-dessus des plus hautes eaux. Ces appareils , à l'aide desquels la houille peut être déposée sur le pont même des navires, sont les spoutê ou (runil; stoi7A< (embarcadères à coffre ) et les dropi , beaucoup plus commodes et plus avantageux sous tous les rapports. Des moyens

CHABGEMRNT DCS BATEAUX. 3GS

semblables sont employés près de Sunderland pour franchir les escarpements de calcaires magnésiens , gisant le long de la Wear, où ils ne laissent qu'un espace fort restreint entre la rivière et les parois presque perpendiculaires du rocher.

Les spouts consistent simplement en un plancher soutenu à une certaine hauteur au-dessus du niveau de la grève; de ce plancher, la houille est transmise aux vais* seaux en coulant dans un coffre ou déversoir en bois.

Les figures 1 et 2 de la planche LXIII se rapportent & un spout établi dans les environs de Newcastle , pour le service de la mine d'Elswick ( 1 ). a a, pièces principales de la charpente maintenues par des arcs boutans ; c , plancher portant un chemin de fer situé à un niveau de 9 à 10 mètres au-dessus des hautes eaux ; rf, déversoir fixe {trunck) formant un plan incliné sur lequel la houille glisse et se rend dans le navire ; les surfaces intérieures en sont garnies de tôles et de vieux câbles plats ; e^e\ ouvertures rectangulaires au-dessus desquelles viennent se placer les wagons. Une trappe en fonte, mobile autour d*un axe horizontal , retient la houille et la force de s'accumuler dans le coffre ; de temps en temps elle est soulevée en agissant sur le treuil g et le charbon s'écoule dans le navire; c'est le moyen d'éviter la casse qui ne manquerait pas de se faire sentir^ si le parcours du combustible devait s'effectuer d'un seul trait sur toute l'étendue du coffre. A, déversoir mobile dont Tinclinaison est modifiée par le raccourcissement ou l'alongement d'une chaîne; celle-ci passe sur la poulie i, et s'enroule sur le treuil k; /est un plancher sur lequel montent les ouvriers chargés de la manœuvre.

(i) Annales des Mines ^ 4*. série, tome !•'., page 305.

Les spouts offrent une grande variété dans leurs dispo* sitions. Quelques-uns sont composés de 3 ou 4 coffres superposés, et qui, par conséquent, débouchant à des hauteurs différentes, offrent la facilité d*embarquer le charbon quel que soit le niveau des eaux.

Les drops inventés par M. William Ghampman , de Newcastle, ont été en 1807, l'objet dun brevet dinvention peu fructueux pour son possesseur, les exploitants anglais ayant attendu qu'il fût tombé dans le domaine public, pour s'emparer de cet ingénieux appareil et en élever une multitude sur les bords de la Tyne.

Les figures 9, 10 et 11 de la planche LXIII sont les projections horizontales et verticales de l'un des drops employés à South Shields par la Compagnie du chemin de fer Stanhope à la Tyne ( 1 )« A^A^ mur du quai construit au bord de la rivière. BB, maçonnerie en forme de pyramide tronquée s'élevant jusqu'à la plate-forme où sont installés les chemins de fer. a,a\ extrémités de la double voie qui relie entre eux les huit drops construits parallèlement et se rattache à la voie générale venant des mines de houille. b,b plaie-formes tournantes destinées à changer la direction des wagons suivant un angle droit. Dy D , montants verticaux encastrés dans la maçonnerie du quai , liés entre eux par des boulons et consolidés , en outre , par des pièces horizontales ; ils constituent la cage de l'appareil et forment un hangard dans lequel sont montés les divers organes du mou-

• ( 1 ) Le lecteur peut coosulter à ce sujet le mémoire publié par M. Thomas E. Harrison dans les Transaction of the institution of civii engineersj vol. Il, page 69. La 4«. série des Annales des Mines contient la traduclion des paragraphes les plus remarquables de ce mémoire ( tome i*'., page 308 ).

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Vément; ils derveni en outre à rinstallation du plancher c,c «t de h toiture d.

Le cadre vibrant {vibrating frame)^ principal organe de Tappereil , est appelé à faire descendre les wagons de la plate-forme sur les navires. Il se compose de deux poutres C^C ^ liées par des traverses horizontales g^g et des croix de Sl.-André A^A; de deux jambes de force t,t% servant ft la coDSOlidbtion latérale du cadre. /*,F, arbre en fer Ibrgé» à section carrée, autour duquel a lieu le mouvement de rotation ; les pièces du cadre vibrant s'y rattachent par le moyen indiqué dans la figure 16. Cet arbre tourne dans des erapan^nes et des coussinets en bronze (fig. 15). £ , axe de suspension ajusté au sommet du cadre (fig. 12 ). F , plateau sur lequel se place le wagon & décharger ; e*e9l un cadre en bois dont les deux pièces longitudinales , disposées sur le prolongement du chemin de fer , sont recouvertes de tôle ; des tiges de fer , liées deux à deux à un fer i cheval (fig. 13) , servent à raccrocher è Taxe de suspension. De cet ajustement dérive un mouvement osciHatojre d'avant en arrière et réciproquement. Pour que le plateau , sur lequel passe un wagon , ne s*écarte pas du plancher fixe, ces deux objets sont réunis par une pièce m percée d'un trou accompagnée d'un anneau et d'une clavette m\*on emploie aussi les pédales exprimées dans la ff^re 17. Une solive horizontale n, contre laquelle viennent buter les roues , s'oppose au cheminement du wagon d'ar* Hère en avant. Son retour en arrière est prévenu au moyen de cales mobiles autour d'un axe vertical qui , d'abord mises de côté pour laisser passer le wagon, reçoivent ensuite une impulsion du pied de l'un des ouvriers et viennent s'appliquer contre les roues postérieures.

H^H, câbles plats attachés à l'axe de suspension des plateaux; ils passent sur les poulies de renvoi (,/(repré*

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sentées sur une plus grsinde échelle dans la 6gure 14) et s'enroulent sur d*autres poulies k^kk gorg^ cylindrique^ assez profondes pour contenir tous les tours nécessaires. L*axe sur lequel sont montées ces deux poulies en porte une troisième o, disposée pour Tenroulement de la corde du contrepoids P, chaîne en fonte de 9,500 i 3,000 kilogrammes. Les maillons de cette chaîne s'accumulent au fond d'un puits au moment où le cadre vibrant se relève ; ils se suspendent à la corde lorsque se rapproche de la position horizontale. Une grande roue qq ^ fixée sur l'arbre des poulies d'enroulement, reçoit à sa circonférence un frein circulaire semblable à plusieurs appareils de cette espèce décrits ci-dessus.

La manœuvre d'un drops est fort simple : Iorsqu*un wagon plein de houille a passé de la plate-forme sur le plateau, un ouvrier cale les roues de derrière, enlève la clavette m^ et se place à côté du wagon, les pieds appuyés sur un bout de planche. Un autre ouvrier des* serre le frein ^ et comme l'équilibre de l'appareil a été établi de telle sorte que le moment tendant à entraîner le wagon plein dans son mouvement de descente soit plus grand que celui de la résistance exercée par le contrepoids , les câbles attachés au cadre se déroulent ; celui-ci descend et fiiit décrire un arc de cercle au plateau qui vient se déposer sur le pont du navire amarré à une distance de la grève égale à la longueur du bras de' levier, point où Ton a la certitude de trouver 4 à 5 mètres d'eau , même à la martre basse. L'ouvrier ouvre la trappe ; puis, armé d'une pelle, il provoque la chute du charbon. Pendant ce temps les maillons du contrepoids se sont successivement relevés et son poids s'est accru de la même manière que l'efTort exercé par le wagon.

Ces drops sont considérés comme les plus remarquables

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