Moyens préservatifs contre faction corrosive des eaux
La décomposition des pyrites rend quelquefois les eaux d'une mine assez acides pour que leur action incessante sur les surfaces des pistons et des tuyaux les corrode après un espace de temps plus ou moins long ( 1 ). La fonte perd alors sa couleur, sa force de cohésion et sa dureté pour prendre Tapparence de la plombagine, et se laisser entamer comme elle par un couteau. Cet effet s'observe rarement dans les mines belges ; mais il est assez fréquent dans les districts de Newcastle et dans le bassin de la Loire. Il importe donc de connaître les moyens à employer pour préserver les pompes contre les attaques de cet agent destructif.
Dans tes mines de Cornwall , où cette action se fait sentir d*une manière fort énergique, les pistons sont en bronze, et si le corps de pompe nVst pas composé de la même substance , sa surface intérieure , de même que celle des tuyaux , est revêtue de douves en bois de sapin de 0.01 B mètres d'épaisseur et de 0.05 à 0.08 mètres de largeur, suivant le diamètre du tuyau ^ et de même longueur que ce dernier. L'introduction des deux dernières pièces formant clef est la seule partie de lopération digne de fixer l'attention. Toutes deux, coupées, suivant leur
H) ta décomposiliOD des pyrites produit du sulfate de fer, qui se transforme eu sous-sel et en sel acide ; c*est ce dernier qui a .de Taction sur le fer.
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longueur , en forme de coins , sont introduites , chacune par l'un des orifices opposés du tuyau , dans le vide qui reste à remplir ; elles sont enfoncées à coups de marteau et déterminent ainsi le serrage de toute la garniture intérieure. Cet ajustement est souvent d*une assez longue durée. A la mine de Iluclgoat, M. Juncker s*est servi d*un moyen fort simple pour préserver les tuyaux de l'action des eaux corrosives. Il consiste à fouler à l'aide d'une pompe , agissant à grande pression , de Thuile de lin lithargirée , jusqu'à ce que la soupape se lève. Aucun suintement ne s'aperçoit à l'extérieur ; mais les surfaces intérieures se recouvrent d'une couche de vernis graisseux Irès-adhérentc , capable de garantir la fonte contre les effets des eaux acidulées. Des tuyaux ainsi préparés offrent, en outre , l'avantage de s'opposer aux fuites malgré la hauteur de la charge ^ et quoique , pendant les essais , l'eau chassée par la pompe de compression suinte abondamment à travers les pores de la fonte.
698. Comparaison entre le débit théorique et le débit pratique des pompes.
Les pompes les plus parfaites , sous ce rapport , sont celles dont le volume d'eau élevé se rapproche le plus du volume théorique, c'est-à-dire du volume engendré par le piston pendant sa course ascendante ou descendante. La différence entre ces deux volumes est le déchet de l'appareil.
Assez fréquemment les garnitures des pistons , défectueuses dès l'origine ou par suite d'usure, se laissent traverser par les eaux; les soupapes, mal ajustées, ne se ferment pas hermétiquement ; gênées dans leurs mouvements , elles ne s'ouvrent ou ne se ferment pas avec assez de promptitude et en temps utile. Ces circonstances , qui
D1^.TAIL8 RELATIFS AUX POMPES. Ht
toutes produisent la chute d une partie de Feau déjà sou^ levée, constituent une perte d*autant plus grande que la hauteur de la colonne est plus considérable ( 1 )«
Les pompes dans lesquelles plusieurs des conditions déravorables énoncées ci-dessus sont réunies , peuvent donner lieu à une différence de 25 p. c. entre le débit pratique et le débit théorique , calculé par la course et la section du piston. Mais des joints défectueux produisent quelquefois un déchet énorme et en dehors de toute pré« vision. On estime qu'en général des pompes ordinaires font éprouver une perte comprise entre 1/10°. et 1/1 !2*. Lorsque les ajustements sont bien soignés et Tappareil en bon état , elle peut n*étre que de 1/20°. ; quelquefois même elle se réduit, ainsi qu'on le voit à Huelgoat , à 1/30*. D*après M. d*Aubuisson , le minimum de déchet correspond à une certaine vitesse du piston , variable selon la nature et l'état des appareils^ les pertes par les clapets des soupapes dormantes et des pistons creux sont en raison inverse de l'amplitude des excursions.
Les pompes offrent, quoique rarement, des anomalies fort remarquables. Quelques personnes, entre autres M. Burat (2), ont eu l'occasion de constater que, dans certaines d'entre elles , le volume d'eau fourni par Toscillation d'un piston creux excède, d'une certaine quantité, le volume théorique engendré par la course. C'est ainsi que , par divei*ses observations faites sur les pompes élévatoires des mines de Bruille (département du Nord), il s'est convaincu
( i ) Dans ce cas , il convient de ne pas laisser retomber les eaux au fond du puisard , mais de les retenir au bas de chaque jeu et les diriger dans les réservoirs correspondants, afin de sa soustraire à la perte résultant de toute la hauteur comprise entre ces divers points et le fond du puits d'exhaure.
(2) Géoiogie appliquée^ page 433.
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qu'elles produisaient 1/12*. de plus d*eau que ne le corn* portait leur débit théorique. Ce fait remarquable est altri* bué au rapide courant d*eau déterminé par Tascension du piston dans la chapelle ; car les clapets , maintenus ouverts par ce courant, livrent passage au liquide, même après que le piston sest arrêté dans sa course. Probable* ment des effets analogues se produisent aussi dans les pompes à pistons plongeurs, et c'est i une circonstance de cette espèce que doivent être attribués les résultats trouvés par M. Diday (1) aux mines du Rocher-Bleu (lignites des Bouches-du-Rhône), où le débit pratique est, pour chaque coup de piston, de 0.450 mètre, tandis que le produit théorique n'est que de 0.452 mètre. Cette différence nulle est évidemment le résultat d'un ordre de choses exceptionnel.