Maitresses-^tiges en bois
Autrefois les exploitants regardaient le bois de chêne comme le seul propre à ce genre de construction ; mais son prix élevé et les difficultés qu'ils éprouvent à se le procurer dans des longueurs convenables les ont engagé à lui substituer le sapin de Riga ou sapin rouge ( i ) t qu'ils trouvent dans le commerce à des prix moins élevés que le chêne , et à des dimensions beaucoup plus considérables. Us ont reconnu , d'ailleurs , que cette essence est d'un usage au moins aussi avantageux , s*ils ont le soin de
( 1 ) n est d'usage d'extraire la résine de tous les sapins livrés au commerce » mais en quantité plus ou moins grande. Si Topera* tion est poussée trop loin, les bois deviennent blancs; s'ils retiennent une quantité notable de leur goudron végétal, ils conservent leur couleur rougeâtre. Ces derniers doivent être Tobjet exclusif du choix des constructeurs.
TIGES ET HAlTREd-TlRANTS. 48i(
choisir des pièces exemptes de nœuds et de défauts quelconques. Quant à la force , la supériorité du sapin sur le chêne est établie depuis longtemps par de nombreuses expériences. Ainsi la résistance à récrasement des fibres refoulées sur elles-mêmes est respectivement pour les deux essences de 800 kilog. et de 424 kilog. par centimètre carré de section, et la résistance aux efforts de traction dirigés dans le sens de la longueur des fibres est en moyenne, pour le chêne et le sapin, de 814 kilog. et 858 kilog. Par conséquent, les efforts de refoulement el de soulèvement, communiqués à une colonne d*eau par Tintermédiaire d'un tirant de sapin, pourront être plus grands que s'ils étaient transmis par une maitresse-tige en chêne de même équarrissage.
Les pièces constitutives de ces attirails sont équarries , dressées, puis assemblées à trait de Jupiter (fig. 10 À\ pi. LXVII); les abouts, entaillés en biseau, sont forcés de s'appliquer contre les parois des entailles par suite de la compression qu'exercent des coins introduits dans une ouverture rectangulaire ménagée au milieu du trait ; deux de ces coins se placent contre les parois de l'ouverture et le troisième pénètre facilement entre les deux premiers , en glissant suivant les fibres longitudinales du bois. Les traits de Jupiter, dont la coupe est oblique, donnent lieu à des fentes qui se produisent par Feffet du serrage ; c'est un inconvénient auquel il est facile de remédier en faisant les traits droits, c'est-à-dire en les découpant è peu prés parallèlement et perpendiculairement aux fibres du bois (fig. 10^).
Quel que soit , d'ailleurs , le mode d'entaille adopté , deux des faces opposées de la tige et quelquefois toutes les quatre sont revêtues , aux divers points de jonction (fig. 10 ^** ) , d'armures en fer plat d*une longueur assez
grande pour recouvrir le joint et se prolonger beaueoup au-delà des extrémités du trait de Jupiter. Les bandes do fer 9 encastrées dans le bois sur la moitié de leur épais* seur, sont percées de trous correspondants aux trous forés sur la mailresse-lige, puis réunies deux à deux par des boulons ; elles sont serrées par les écrous de ces derniers^
Les armures ou platines en fer peuvent conserver une longueur et une largeur uniforme sur toute la hauteur de la maitresse-tige ; leur épaisseur seule doit décroître en l'avançant dans la profondeur. A la mine des hauts-fourneaux d*Ougrée , près de Liège, les armures d*un tirant, fonctionnant à une profondeur de 300 mètres , ont 4.73 mètres de longueur et 0.10 mèlre de largeur ; les épaisseurs suivent une progression décroissante, exprimée par 0.019, 0.018, 0.017 et 0,016 mètre. A Huelgoat , pour une profondeur de 170 mètres et pour une tige de sapin , les platines ont 0.12 mètre de largeur; elles sont divisées en séries dont Tépaisseur décroit comme les nombres 0.033 i 0.028, 0.024 et 0.030.
Les assemblages représentés par la figure 1 1 sont d'un ei^cellent usage. Sur deux faees opposées des tiges parr tielles , placées bout à bout , sont appliquées des pièoes de même largeur que le tirant, mais d'une épaisseur un peu moindre. Tou^ ces points de jonction sont étroitement serrés par cinq étriers munis de boulons ; puis , afin de pré^ venir le glissement de ces surfaces les unes sur les autres , quelques entailles pratiquées de manière à entamer simuW tanément deux pièces reçoivent des coins de bois dur el bien sec enfoncés à refus. La mailresse-tige conserve ainsi toute sa force de résistance, par suite de la suppression des nombreux trous dont elle est habituellement percée d'outre en outre dans remploi des armures en fer. Enfin , les tiges partielles ne perdent pas de leur longueur.