‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 156 sur 188 · TOME ni · texte numérisé non relu

TOME ni

72S. Drivage des pompes dans la province de Liège.

Si l'affluence des esux au fonds d'un puits , où des pompes permanentes ont été établies , est considérable ; si les réservoirs ne sont pas assez vastes ou s'ils sont déjà remplis d'eau , il peut arriver que Ton reconnaisse l'état défectueux de la soupape dormante du dernier jeu, au moment joù il n'est plus temps de la remplacer ; les eaux alors s'élèvent, recouvrent la chapelle, et la pompe est mise hors de service, ou, suivant l'expression des mineurs liégeois, le ster est eneltnsé. Ceux-ci peuvent , il est vrai , s'ils ont eu le soin d'installer au fond du puits un second jeu ft cdté du premier , accrocher promptement la tige du piston à la maitresse-tige , en sorte que l'épuisement n'éprouve que peu de retard. Mais fréquemment les machinistes ayant né*gligé de visiter cette double pompe en temps utile, la trouvent en mauvais état au moment même où elle devrait fonctionner. Quelles que soient d'ailleurs les causes de l'accident, il n'est possible d'y porter remède que par l'emploi d'un jeu descendant au fur et à mesure de l'abaissement des eaux. Ce procédé , usité de temps immémorial dans la province de Liège, a été également appliqué à l'épuisement des eaux pendant le creusement de l'un des puits des salines de Vie (département de la Meurthe). Il porte le nom de drivage^ et se trouve indiqué dans la figure 6 de la planohe LXXI.

Au-dessus du niveau des eaux et en un point du puits où elles ne puissent atteindre les travailleurs, est établi un plancher au-dessus duquel sont encastrées deux pièces de bois g^g. Ces pièces laissent entre elles un espace suffisant pour le passage des divers tuyaux à driver^ c'est-à-dire à faire descendre. Chacune de ces pièces est enveloppée

ASSÊGHBVEKT DES AVALBBBSSES. K47

de chaînes A, A dont la longueur est telle que, quand le tuyau aspirateur touche le fond du puits, il reste encore sur les cylindres 4 à 5 tours dont le frottement fait équilibre au poids de la pompe. L'engin sert à la descente des divers organes, jusqu'au point où le drivage doit avoir lieu.

Le tuyau aspirateur^ par lequel les mineurs commencent, s'attache aux extrémités des chaînes repliées en forme de nijéuà» coulants hf hf ; ils l'instailent au-dessous des pièces de suspension et ajoutent successivement , au-dessus la chapelle y le corps de pompe et le tuyau de dégorgement , auquel le câble de l'engin reste attaché. Alors ils procèdent à la descente de ces divers objets avec prudence et lenteur. Us soulèvent d'abord la partie de la chaîne qui retombe en liberté dans le puits , afin de relâcher le dernier tour et d'y faire passer deux ou trois mailles de plus qu'il n'avait dans sa première position ; puis , frappant la chaîne avec la paume de la main , ils font passer successivement les mailles excédantes, de tour en tour jusqu'au premier ; celui-ci les cède à la partie de la chaîne à laquelle l'appareil est suspendu , ce qui en détermine la descente. Cette manœuvre est répétée jusqu'au moment ou l'aspirante plonge dans l'eau; alors ils introduisent le piston, l'accrochent à la potence que porte la maitresse-tige et l'épuisement recommence. A mesure que les eaux s'abaissent, la pompe les suit; des tuyaux sont successivement ajoutés à la colonne montante et la tige du piston est progress^ivement allongée. Des cordes it lient les tuyaux et I^s chaînes , afin d'en consolider l'ensemble.

648 CHAPITRE VI. — Vl*. SECTION*

Tr. SECTION.

DBS MOTEUBS D'ÉPUISEMENT.

726. Nomenclature des divers moteurs appliqttés à l'épuisement des eaux de mines.

Les moteurs de répuisement dans les mines sont :

1^ Les bras des hommes;

2**, La force développée par les chevaux ;

Z\ L'action de la vapeur;

4**. Les effets produits par la dépression de Taîr;

S"". Les machines à colonne d*eau;

6'. Les turbines.

Les deux premiers moteurs ne sont jamais que tempo* raires; mais les quatre derniers sont permanents. Les roues hydrauliques et l'action du vent servent également à l'épuisement des mines ; mais il serait superflu d'en faire une mention plus développée , les règles de leur construction et de leur installation étant l'objet d'un grand nombre de traités spéciaux. En outre , ces moteurs ne sont que rarement en usage et d'une manière exception^ nelle dans les mines de houille, auxquelles sont appliquées presque exclusivement les machines à vapeur.

Page 1