‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 23 sur 188 · Disposition et service des plans automoteurs · texte numérisé non relu

Disposition et service des plans automoteurs

Ces plans inclinés se composent (fig. 12 et li, pi. XLU) de deux voies aa^ a^ a* en bois, ou plus souvent en fer,, disposées parallèlement sur le sol d'une galerie percée suivant la ligne de plus grande pente ; une chaîne ou un cible s*enveloppe sur un treuil T installé au sommet de la galerie et reçoit & ses extrémités une voiture vide et une autre pleine de houille.

Si les produits proviennent tous des chantiers situés k ua niveau plus élevé que la tête du plan automoteur , el $i la pente de ce dernier n'est pas trop considérable» le^ vases qui servent au transport dans les autres galeries de la mine peuvent parcourir directement la voie. La laanœuvre est alors fort simple : le vase plein étamt en haut et le vase vide en bas, il suffit que l'ouvrier chargé du service 4u treuil en soulève le frein pour que le premier vase, par son excès de poids , remorque le second le long de la rampe. Le wagon plein arrive au bas de la voie çt poursuit sa route jusqu'à la chambre d'accrochage,, tandis que la voiture vide se dirige vers les ateliers pour ][ prendre charge.

Si l'inclinaison n'est pas trop forte et si la houille provient de galeries intermédiaires, telles que 6 ou d, le& voitures peuvent être accrochées aux câbles au milieu même du plan incliné. Celui-ci est alors entaillé horizontalement , ainsi cju'ou le voit en a (ftg. 13), et les çavls c corrcspoa-

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dants i réchancrure sont ajustés de manière à pouvoir être enlevés et remis en place suivant les besoins.

Si la pente est considérable , le transport ne peut s'effectuer que par Tintermédiaire d*un chariot porteur (fig. 15), dont le tablier est horizontal , tandis que les essieux sont disposés parallèlement au sol de la voie ; sur ce tablier est ajusté transversalement un bout de chemin de fer. Le sol de la galerie supérieure doit coïncider avec le tablier lorsque le chariot se trouve au sommet du plan incliné ; il en est de même de la galerie inférieure, objet d*une cavité dans laquelle se loge l'appareil parvenu au bas de sa course. Les chariots porteurs nécessitent Femploi d'uu petit artiGce tendant h racheter la différence de niveau de la voie inclinée et des voies latérales. Par exemple, si, devant transporter le charbon provenant des galeries 6 ou <f , le wagon porteur se trouve sur la voie de gauche aa^ les voilures viendront directement se placer sur son tablier ; mais si les produits viennent de 6* ou de d* , il existera une lacune entre celui-ci et les voies ; cette lacune sera comblée par un pont volant ou par des bouts de rails mobiles dont rextrémilé est encastrée dans les coussinets extrêmes de la voie et dans ceux du chariot porteur.

Si les produits qui doivent s*écouler par le plan incUiié proviennent de la tranche même dans laquelle il a été percé, c'est-à-dire des tailles auxquelles aboutissent les galeries latérales 6,c(, leur enlèvement s'effectuera suc» cessivement en plaçant d'abord tout le personnel en 6, par exemple, jusqu'à ce que la taille soit vidée, pour passer ensuite en d, et ainsi de suite; mais la corde, dont la Ion* gueur est convenable pour une galerie, ne peut satisfaire aux autres. Ces différences sont compensées au moyen de bouts de chaînes ou de cordes terminés d'un côté par un aoneau et de l'autre par un crochet analogue i

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eeux des porte-mousquetons , c'est-à-dire muni d*nn ressort qui le maintient const«nmment fermé. S'agit-ii alors de passer de 6 en d, Vun des chariots porteurs est placé à la partie inférieure du plan incliné; Fautre, décroché, est descendu en d, et Tailonge est mise en place. Enfin ces allonges sont successivement supprimées pour passer en remontant d*une taille & la^ suivante.

Dans quelques mines , la construction du treuil dispense d*avoir recours à ces ajustements un peu minutieux ; celuici reste fixe dans la moitié de sa longueur, pendant que l'autre moitié , mobile sur un manchon , permet d'enrouler ou de dérouler à volonté la longueur de câble réclamée par les circonstances. Cette disposition sera décrite dans le paragraphe suivant.

Les signaux au moyen desquels les ouvriers placés aux deux extrémités du plan automoteur se préviennent mutuellement des manœuvres è exécuter se font & Taide de sonnettes et de cordeaux en fils de fer régnant sur toute la longueur de la galerie , ou de tiges en fer sur lesquelles Us frappent à coups de maillet.

K48. Des freins appliqués au. service des plans automoteurs.

La partie essentielle d'un plan automoteur est un appareil destiné à modérer la vitesse des vases sollicités & descendre par Taetion de la pesanteur. Cet appareil se compose généralement d'un tambour ou treuil sur lequel s'enroulent, en sens inverse l'une de l'autre, deux chaînes ou deux eordes, et d'un frein destiné à arrêter ou i modérer le mouvement. Ce dernier objet a donné son nom à tout Vensemble parce qu*il en constitue la partie essentielle.

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Les freins sont ordinairement construits comme l'indiquëtlt les figures 24 et 25. Le tambour tC tourne sur un ùxe eà fer solidement assujetti à deux poteaux encastrés dans les roches encaissantes. La roue de friction /*, invariablement fixée sur le treuil , est armée à sa circonrérence d'un cerclé en fer. Le frein ou levier refrénateur qr est creusé drculairement è sa partie inférieure, afin d'embrasser un ar6 Suffisant de la roue de friction ; cette entaille est pratiquée dans une pièce de bois indépendante du bras de levief , en sorte qu'on peut en substituer une autre lorsque lé frottement a enlevé à la première sa forme primitive. L'extrémité postérieure r du bras de levier est fixée A un étai pendant que l'autre extrémité est ordinairement libre ; l'ouvrier attaché au service du frein presse ou Soulève le levier suivant qu'il veut enrayer l'appareil ou lui laisser un libre mouvement. Quelquefois ( flg. SI et H ) un levier accessoire i en fer , prenant son point d*apput sur une pièce horizontale A:, augmente la pression et facilité la manœuvre. Telle est la disposition des freins ( Brahfê) établis à la mine de Guley, près d'Aix-la-Chapelle.

Lorsqu'une voiture , venant d'un chantier , est arrivée au sommet du plan automoteur, l'ouvrier l'accroche & l'extré-^ mité de la corde et lui donne une impulsion en la dirigeant sur celle des deux voies qui lui est destinée ; il se porte vivement ' au frein , le serre contre la roue ou le soulève Suivant la vivacité du mouvement de descente. Alors le vase plein entraîne le vide en sens inverse ; celui-ci parvient AU sommet du plan automoteur, où il est pris et eondttii aiti ateliers d'arrachement.

Les figures 26 et 27 représentent les freins employés dallsi la mine de la Trappe (district de la Ruhr). La rdue dé friction f est embrassée , sur la moitié postérieure dé sa circonférence, par un sabot en bois d'orme AA, auquel est

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fltt&ehée une pièce de bois 9,9' portant & son extrémité une masse de fer d d*un poids suffisant pour serrer le frein et produire Tenrayement. Dans cette situation, l'appareil » abandonné à lui-même , reste dans Timmobilité ; mais un levier tournant autour de son axe / est muni d'un cordon pp qui se prolonge jusque dans les mains d'un ouvrier placé au bas du plan automoteur. Dès que la voiture csl accrochée & la corde , l'ouvrier tire le cordon : la branebe 9,9' se soulève , dégage la roue de l'étreinte du sabot , et d'autant plus il tire , d'autant plus le mouvement est libre , jusqu'à ce que l'action du eontre*poids soit entièrement annihilée ; mais on doit se garder de tirer trop fort , parce que le sabot , reculant trop en arrière , ne se remet que difficilement en place. Cet accident est prévenu «U moyen d'un arrêt en fer ou en bois qui empêche le levier g g^ d'être soulevé au-delà d'une certaine limite , et dont la position est facile à déterminer par l'expérience.

M. Rasquinet, directeur de la mine de Guley, district de la Wurm , pour allonger ou raccourcir les cordes des plans automoteurs , emploie les dispositions suivantes (flg. 8, pi. XLIII) :

Le tambour est composé de deux parties ! l'une J^ Héè avec le disque en bois du frein G^ est fixée invariablement sur l'axe ; l'autre B^ consistant en un manchon creux , tourne sur un noyau c inhérent au même axe. Ce matichon , rivé sur un disque d en tôle épaisse , est mis en contact avec un plateau ee* portant un grand nombre de trous à quelques centimètres de sa circonférence. La partie A , tournant ainsi folle autour du noyau c , peut lâcher ou reprendre une partie de la corde qui en dépend , sans que l'autre corde participe à ce mouvement. Après avoir régularisé la longueur de celle-ci , il suffit d'engager la tis k simultanément à (ravers les deux plateaux et d'y

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ajuster un écrou t pour que toutes les pièces soient rendues solidaires les unes des autres et que lappareil puisse être immédiatement appliqué au service du plan automoteur.

Les freins en usage dans les mines du Couchant de Mons, devant s'avancer avec le front de taille , sont exposés à de fréquents déplacements. Ce sont de simples poulies è axe vertical sur la surface plane de laquelle frotte un bloc de bois ajusté sous un bras de levier.

Quelques mines de la province de Liège possèdent des appareils établis sur les mêmes principes ^ c'est-i-dire dont la poulie est horizontale | mais leur construction est beaucoup plus soignée et ils n'admettent d'autres matériaux que le fer. On en voit une représentation générale dans la figure 28 , pK XLII , et une élévation , un plan et une coupe de détail dans les fig. 3 , 4 et S de la pi. XLIV»

La chaîne c (lig. 28), à laquelle s'attachent les wagons F^ embrasse une grande roue de fonte J supportée par un pivot f. Cette roue , dont la circonférence est taillée en gorge de poulie, se place parallèlement au sol du plan automoteur et à une hauteur déterminée par la position du point d'attache des voitures. Au-dessous de cette roue aa* et sur le même axe (fig. 3, 4 et S, pi. XLIV) est fixé, au moyen de six boulons, un disque de même métal a^^ è la circonférence duquel agit un frein 66 formé de deux branches semi-circulaires ajustées comme suit : en cf , les extrémités , assemblées à charnière , sont liées par un boulon fixé dans le cadre sur lequel repose l'appareil ; les deux autres extrémités s'assemblent de la même manière sur une pièce ik mobile autour du point o. Les lignes ponctuées indiquent la position du levier au moment où il cesse de presser à la circonférence du disque. Dans l'autre position , les branches sémi-circulaires , agissant par frottement, arrêtent subitement tout mouvement de la

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