‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 2)Chapitre 24 sur 188 · JLCTIO^ DE LA GRAVITÉ · texte numérisé non relu

JLCTIO^ DE LA GRAVITÉ

roue. L'aie porte sur une crapaudine doublée d'une botte en cuivre. La charpente BB, composée d*un cadre placé dans le pian de la galerie ei de quelques autres pièces , n*exige aucune explication. Dans les freins de cette espécCi la chaîne , n*embrassant qu'une demi circonférence , ne produit pas toujours un frottement assez intense sur la poulie et, par conséquent , une résistance suffisante pour arrêter le mouvement acquis par le vase de transport; et, quoique la roue reste immobile , la chaîne glisse dans la goif^e et la voiture accélère son mouvement de descente. Le remède à cet inconvénient fort grave, puisqu*alors le frein devient inutile , consiste à envelopper la poulie d'un douUe tour, ou, mieux encore, à disposer deux rouleaux à axes verticaux r^r^ (6g. 5^^) qui la forcent d^embrasser une plus grande partie de la circonférence.

849. Plans automoteurs à simple voie de la mine des Produits {Couchant de Mons).

Le lecteur a vu, dans la section consacrée à l'exploitation des mines du Couchant de Mons, que les galeries inclinées, dites voies thiemes , peuvent réclamer l'établissement de plans automoteurs pour transporter les produits des tailles aux voies principales. En attribuant à ces galeries temporaires une largeur en rapport avec une double voie , l'espace réservé aux remblais se resserre et les revêtements entraînent un excédant de dépenses considérables. C'est dans le but d'obvier à ces inconvénients que M. Guibal a établi , au puits n*. 19 de la mine des Produits, un système fiutomoUf accompagné d'une voiture contre-poids.

Les rails destinés aux vases de transport sont attachés aux billes par des coussinets en fonte. Au^dedans et en eontre-bas de cette voie s*en trouve une seconde moins TONS m, i

W CRAHTRI V. — m*. ttCTlOU.

large dont les rails , w fer plat du coromeroe » placéi de champ, reçoivent la voiture contre-poids. Celle-ci (fig. 13, 15 et 16, pi. XLIII) consiste en un train à 4 roues recouvert d*une platine en fer de fonte dont le poids est calculé pour produire, par sa descente, l'ascension d*un wagon vide. Mais, pour que ce poids soit proportionne i la raideur des pentes, le train offre une cavité s dans laquelle peuvent être déposées des plaques de foiiie en nombre variable.

Les wagons de transport (6g. 13, 13 et 14) sont en tôle ; ils contiennent 7 à 8 hectolitres de houille ei pèsent 33K kilog. Les quatre roues, dont le diamètre est de 0.3(( mètre , sont simultanément pressées par un frein r modérateur de la vitesse dans les voies descendantes. Les deux vases sont liés par une corde qui se recourbe pour passer sur une poulie M installée à la tète du plan automoteur. Cette poulie, fixée à une pièce de bois, est disposée de manière à recevoir un frein, si celui du wagon ne permet pas de se dispenser de cet organe. A mesure que la taille s'avance par des excavations successives , la poulie la suit, et la longueur de la corde est augmentée d'une quantité correspondante. Il semble inutile d'ajouter que le contrepoids passe au-dessous du wagon au milieu de la longueur de la galerie 9 et qu'il doit pouvoir remorquer le vase vide et être entraîné par ce même vase eharfé de houille.

Les voitures , parvenues au puits, ont un poids trop considérable pour que leur contenu soit déversé à la maio dans les cuffals. Aussi M. Guibal adopte, à cet égard, une disposition mécanique fort simple. Dans une échanerure Jf , (flg. 17) pratiquée en contre-bas de la chambre d'aecroehage, se trouve une voie transversale I, sur laquelle route un culbuteur formé d'un train de voiture f et d'un tablier et*

ACTION Dl LA QtAVlTtf. gj

mobile tulour d*un axe horizonul. La chambre, poan'ue d*un double chemia de fer, offre des Toies distinctes aux lagons pleins et aux wagons vides; les premiers arrivent par celle de droite, passent sur le culbuteur, se déversent immédiatement dans le cuffat le plus rapproché ou dani le suivant, et se trouvent, après un petit cheminement de Tappareil, vis-à-vis des rails de gauche, route préparée four les wagons vides. La voiture est retenue sur le tablier par la courbure 9 de rextrémilé des rails el par une chaînette A. Quand elle est chargée, le centre de gravité de tout le système passe par A; quand elle est vide, le même centre se déplace et passe par A*, circons» lanee qui contribue à faciliter la culbute du wagon et i k rappeler dans sa position normale.

8!K). Installation des plans automoteurs sur les pentes rapides.

Le plan automoteur {Bremsberg) de la mine de Gewalt (distrid de la Ruhr y occupe un percement (Ueberhàuen) de 4 métrés de largeur pratiqué dans Obisweig, couche dont la puissance est de 1.K5 mètre et Tinclinaison de M à 70 degrés. Le chariot porteur {SchlUter), roulant sur un chemin perrectionné , se compose ( fig. 1 , â et 3, pi. XLIII) d*un cadre en bois tt , sur lequel sont ajustées Averses pièces de fer k,k,k^ propres à recevoir les vases et è les maintenir en place. Le contre-poids {Gegengewiehi) mm* est un tuyau en fonte portant sur quatre roues; son poids est calculé de manière à soulever le chariot porteur chargé d*un wagon vide et à céder à Faction combinée •du même chariot et d*une voilure pleine de houille. Ces objets sont attachés aux extrémités de deux cordes en fil es fer titi,f**R*, qui s'enroulem en sens inverse Tn^

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de l'autre , mais ne peuvent se confondre , séparées comme elles le sont par des anses en fer 0,0 formant saillie sur le tambour. Le frein p , semblable à plusieurs de ceux qui ont été décrits ei-dessus, est muni d*un bras de levier q prolongé jusqu'à la galerie la plus rapprochée de l'appa^ reil , dont la marche est arrêtée par un contre-poids r fixé à l'extrémité d'une tringle; il suffit de soulever celle-ci , en poussant q de x en y, pour provoquer le mouvement de descente ou d'ascension. Un ouvrier spécial {Bremser) est préposé à la manœuvre du frein ; des marques faites à la corde lui font connaître à chaque instant la position exacte du chariot porteur dans le puits; et des signaux exécutés avec un marteau le mettent en relation avec la personne chargée de retirer les vases sur la voie de niveau. La lettre H indique la ligne des échelles disposées pour la circulation des ouvriers.

A la mine de Gewalt , les travaux d'exploitation n*ont pour objet qu'un seul côté du plan automoteur; mais, dans les mines des environs de Bochum, les houilles provenant des galeries situées du côté du contre-poids sont transportées à l'aide de ponts volants ( FalUhûren ) , consistant en un simple plancher tournant autour de charnières fixées sur le soi. Toutefois les mineurs cherchent à se dispenser de l'emploi de ce procédé , qui diminue toujours l'activité du transport.

La figure 4 représente le frein en usage dans cette dernière localité. Le bras de levier est remplacé par une corde s s qui, se repliant sur deux poulies, permet de soulever le contre-poids r placé à l'extrémité du levier t. La corde régnant sur toute la hauteur de l'excavation , la manœuvre du frein peut s'effectuer de tous les étages.

Des dispositions de ce genre, appliquées même aux peroemeiil9 yerticauxi tendent i remplacer les cheminées,

ACTIO.t DE LA OnAViTÉ. 88

auxquelles les mineurs allemands trouvent de graves inconvénients.

8Si. Considérations sur les plans inclines automoteurs.

La longueur des galeries automotrices varie suivant la hauteur de la tranche à exploiter, et surtout suivant les habitudes locales. Ainsi , les mineurs belges ne se hasardent guère à les établir sur une étendue de plus de 100 mètres, et ils préfèrent en superposer deux ou trois plutôt que d en installer un seul dont la grande longueur permettrait d'atteindre Textrémité du champ d'exploitation. Les Silésiens , au contraire , ne craignent pas de leur donner 200 mètres de hauteur, et, en Angleterre, elles atteignent 250 et même 300 mètres.

L'inclinaison d'un plan automoteur , quelque bien cons* truites que soient les voies , ne peut être moindre de 1 S à 17 p. c. (ou 8 à 9 degrés) avec les chemins de fer, et de 25 à 28 p. c. ( 15 à 16 degrés) pour les chemins de bois. Le mineur éprouvait autrefois quelques difflcultés à faire circuler les voitures sur des pentes de 60 p. c. (36 à 37 degrés) , surtout si les vases de transport étaient d'un poids un peu considérable ; actuellement cette limite est fréquemment outrepassée, et quelques couches fortement inclinées du district de la Ruhr sont exploitées par plans automoteurs établis même dans des puits verticaux. Toutefois , l'ouvrier préposé au service du frein doit être très-soigneux et très-attentif pendant la descente du convoi.

Les cordes et les chaînes sont également en usage; les dernières, plus coûteuses, sont cependant préférées à cause de levr longue duréç, Ellç? doiveof élrç copslrpi^cs (ivcq

16 CUAPITRI T. -^ m*. tBCTlON.

soin et les anneaux soudés vers le milieu de leur longueur et non aux extrémités, suivant la méthode ordinaire. Ce* pendant elles offrent quelques difficultés avec les plans automoteurs faiblement inclinés ou d'une grande longueur. Au commencement de la descente , le vase plein a de la peine à vaincre le poids du vase vide augmenté de celui de la chaîne; et comme l'épaisseur de cette même chaîne s*accroit en raison de la longueur du parcours , il arrive un moment où la descente des vases devient impossible et remploi des cordes une nécessité. Les Allemands ont constaté le mauvais usage des cAbles en fil de fer pour les plans automoteurs , où la chaire doit être arrêtée brusquement à Taide du frein ; le choc résultant de oetie manœuvre détériore la texture du fer et lui ôte la ma* jeure partie de sa force de résistance à la traction.

Les procédés connus pour faire parvenir les produits déi tailles dans une partie plus basse de la mine ne pouvant consister, quant aux couches dites plateures, qu'en galeries diagonales ou en plans automoteurs , on voit d*un coup d*œil combien l'emploi de ces derniers est avanu^ux aux exploitants. En effet , dirigés suivant la ligne de plus grande pente , leur longueur est toujours moindre que celle des diagonales; l'activité de la marche des voitures est une large eompensation des retards résultant des manœuvres effectuées à la base et au sommet des plans automoteurs. Enfin, l'économie de ce mode est notable, puisque les frais de main-d'œuvre se réduisent à un seul ouvrier attaché au service du frein , en remplacement des hommes eu des chevaux, fort nombreux lorsqu'il s'agit de produire le même effet utile sur des galeries percées diagonalement dans le gtte. Quoique la largeur assez grande des excavations propres à rétablissement des plans automoteurs nécessite un boisage très-solide et de nombreuses réparations;

ACTION M LA GRAVlît. S7

ifuai^iM renireiien des voies soit un objet fort dispendieux, surtout si le mur de la couche offre une tendance au ioulévemeni; et ûialgré l'usure assez rapide des câbles , des chaînes et des autres appareils , ce système de transport tend à se généraliser partout où les dépenses de ces oonstrudtions sont en rapport avec l'importance des produits à transporter.

StU. Cheminées ou puits intérieurs appUqués au transport de la houille.

Les cheminées, comme le lecteur Ta déjà vu sont dé petits puits creusés dans un gite fortement incliné ou ménagés au milieu des remblais pour faire descendre les produits d'une galerie supérieure dans une autre galerie lituée A un niveau inférieur. La houille dont les cheminées sont Constamment remplies s'affaisse lentement et en masse par son propre poids, tandis que, précipitée isolément, elle se brise et ie réduit en menu. Elle est retirée au fuf et A mesure des besoins. Soit par le ^rddédé belge déjà décrit (S98), soit par l'une des dispositions suivantes. La partie inférieure de la cheminée est obstruée par des planches placées sur les chapeaux de la gsierié; l'une de ces planches, fonctionnant coûime un tiroir, s'écarte plus ou moins de sa position primitive et détermine un passage pour la houille, qui tombe directement dans les voilures placées au-dessous* Ou bien on ajuste ilne trémie ou oaisse en bois munie d'une porte latérale , dont l'ouverture est proportionnée à la grosseur des blocs ; au-dessous de la porte se trouve un couloir en planches recevant le combustible pour le déverser dans les vases de transport sans Texposer aux déchets résultant de sa chute.. Une extraction active exige l'emploi de caisses

%% ctiAPiTiiE V. — m*, ncrm.

k doubles portes qui permettent le chargement simultané de deux voitures.

Les cheminées pratiquées à travers les remblais sont boisées à la manière des puits d'extraction ; percées dans le gite , on supprime le boisage , si les parois offrent une résistance suffisante; enfin, si les roches encaissantes sont déliteuses, ou Tinclinaison de la cheminée peu considé* rable , les parois de Texcavation sont revêtues de planches qui facilitent la descente de la houille et Tempéchcnt de se souiller.au contact des débris de schiste qu'elle entraîne dans son mouvement. Leur orifice est recouvert de ma* driers formant un pont sur lequel s'effectue le transport dans la galerie supérieure. L'inclinaison de ces puits intérieurs doit être au moins de 30 degrés; au-dessous de ce terme, les produits sont retenus par les aspérités des parois ; un engorgement se prononce et la descente ne peut avoir lieu. La hauteur, fort variable ; de ces excavations ne doit guère excéder 30 à 40 mètres; hauteur au-delà de laquelle la houille , parvenue à la base , souffre beaucoup du poids considérable auquel elle est soumise.

L'exploitant qui a recours à ces dispositions doit s'at* tendre à éprouver des pertes dérivant du brisement des blocs, surtout dans le moment où il est occupé à remplir les cheminées. Mais des soins peuvent diminuer l'intensité de cet effet désavantageux , qui , du reste , dépend en grande partie de la friabilité du combustible; cet inconvénient est compensé d'ailleurs par la simplicité de la méthode de transport et par l'emploi d'un moteur entièrement gratuit,

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IV« SECTION

NAVIGATION SOCTBEBAfllS.

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