Organisation du travail dans les mines du flénu
Les produits obtenus de chaque mine sont en quantité considérable, eu égard à Tespace de temps fort restreint appliqué à l'arrachement et i l'extraction. Le travail eooimence à 4 1/3 ou 5 lieures du matin et finit à 5 ou 6 heures du soir; il n'est pas rare d'obtenir, dans ces douze heures, tin trait on extraction journalière s'élevant a 2,000, 3,500 et même 3,000 hectolitres.
C'est à l'excellento organisation du personnel dans les mines du Flénu, à l'ordre établi dans les divers travaux, que l'on doit attribuer cette circonstance 6i avantageuse. En effet, les ouvriers de l'intérieur et du jour étant tous solidaires les uns des autres , nul d'entre eux ne pouvant se retirer du irav^il $j tous n'oW accompli la tMie q«r
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leur est imposée, il en résulte une grande activité, une excitation mjotueUe au travail; et, si quelque ouvrier est moins habile ou plus lent que les autres , chacun trouve son intérêt à le former en lui donnant de bons conseils el même à l'aider en cas de besoin.
Les haveurs et les bouteurs descendent les premiers dans lea travaux du fond ; quelques jambots leur succèdent , puis les chargeurs à la taille suivis des sotauneurs. Deux chargeurs aux cuffats se rendent alors à raccrochage, où ils vident immédiatement dans les vases d'extraction douce ou quinze voitures restées de la veille^ et fournissent ainsi a Textraction dès le commencement de la journée; viennent ensuite les tourteurs, les avaneeurs de chariots, les sui* veurs de rames, les palefreniers^conducteurs, etc.
Le bouteur , à son arrivée dans la taille , dispose à l'entrée de la galerie la charge de deux ou trois voitures de houille restées de la journée précédente. Les mineurs du parel , profitant de la dislocation du front de taille qui a eu lieu pendant la nuit, arrachent une certaine quantité de houille ; ils se la passent de mains en mains et le bouteur l'ajoute au tas formé pour le chargeur. Les autres ouvriers à la veine imitent cette manœuvre , après avoir visité les boisages de la taille. C'est après ce travail préparatoire que commence le havage régulier effectué à deux et même trois reprises successives.
Il n'est permis d'entasser le charbon i l'origine de la galerie que lorsque plus de la moitié des cuffats ont été élevés au jour; le bouteur fait alors reculer le chargeur pour établir ce tas ; nul haveur ne peut se retirer si la quantité prescrite ne s'y trouve renfermée. Cette évaluation se fait à vue d'œiU En outre, on laisse dans la taille assez de charbon pour remplir deux ou trois voitures dès le commencement de la journée suivante; mais on le place en de*
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hors du cercle d'action des restaplears et des coupeurs dé voie , afin qu'ils ne soient pas exposés à le salir ou à le briser;
LeS'haveurs de chaque taille forment une brigade, désî^ gnée dans le registre d'inscription sous le nom de Tun d*entre eux qui, seul, a mission de recevoir le saisine général. Les membres de chaque brigade doivent, sous peine d'amende, livrer la quantité de charbon voulue ei ne jamais laisser le chai^eur en défaut de marchandise. Les ouvriers sont payés au mètre carré de surface a^ cavée. Le chargeur est payé par douzaine de voitures; il les charge à Tescoupe jusqu'à 0.10 à 0*18 mètre au* dessous du bord, et il achève de les remplir en y ajour tant de gros blocs de houille. Le contrôle qu'exemeqi sur lui les sclauneurs a pour objet de le contraindre k bien remplir les vases de transport ; car , payés par douzaine de cufiats , ils remplissent leur téche d'autaul plus vite que les voitures contiennent un plus grand volume de charbon.
Les voies thiernes étant d'inégale longueur , le sdauneur ne parcourt pas deux fois de suite la même galerie , mai9 toutes successivement , afin que le travail soit le mèm^ pour tous les ouvriers de cette catégorie. CeuxHci se oon^ trôlent entre eux; si l'un d'eux amène sur la eostresss une voiture mal remplie , il doit retourner en p^reodr^ une autre , et la première ne compte pas. Us sont tous solidaires les uns des autres et doivent compléter le trait. Enfin, les chargeurs au cuffat, payés à la mesure, ^citent naturellement l'activité des sclauneurs et trouvent leur intérêt à bien remplir les cuffats.
Tout est donc combiné , dans les mines du Flénu » pour que les intérêts des diverses classes d'ouvriers soient en opposition. Les chargeurs à la taille , payés par douzaine de voitures, cherchent à en augmenter le nombre;
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mais les selaoneure, payés au cuffat, exigent qae les voitures miem Uen rempties ; ceux-ci auraient de Tavantage & ce que les cuffats fussent mal comblés ; mais les chargeurs au puits , payés à la mesure , «nt ua intérêt directement opposé.
4ii CHAPITRE IV. — lir*. SECTION.
ftECTlOm IIP.
PROCÉDÉS d'exploitation EMPLOYÉS DANS LES PRINCIPAUX BASSINS HOUILLERS DE LA FRANCE.