‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 167 sur 193 · Bassin siléskn · texte numérisé non relu

Bassin siléskn

iM couches du principal bassin de la Silésie ont une puissaoee comprise entre 0.40 mètre et 8.36 mètres; eHes sont horizontales ou n'ont qu'une inclinaison de 3 à 4 degrés, qui, jamais, d'ailleura, ne dépasse 10 degrés.

L'exploitation des riebesses immenses de ce terram car» bonifère date d'une époque trop récente pour que les travaux aient été portés à de grandes profondeurs. Le mineur silésîen pénètre dans le sein de la terre à Ttride de galeries à travers banes {StoUen)^ ou de puits dont la profondeur moyenne est de 80 à 60 mètres ; un fort petit nombre d'entre eux attagnent 100 ou 110 mètres. Leur seelidn rectangulaire a une longueur comprise entre 9.60 et 3.40 mètres, et une largeur de 1.40 mètre. On les revél d'un muraiUement et plus ordinairement d\m boisage, et on les divise en trois compartiments : deux pour T^xtraetion (Fcsrder trummer) et un autre (Pahrsehaeht) destiné à l'entrée et à la sortie des ouvriers. Les exploilants st* lésions ont construit , à l'imitation dea Anglais , quelques galeries navigables, entre autres celles de la reine Louise, à Zabrze dans la Haute-Silésie, et celle dcFuchsgrube, près de Waldenburg , en Basse-Silésie , dans lesquelles circulent des bateaux destinés au transport des produits de la mine.

Les alfltnirements dp certaines couches sont quelquefois

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l'objel d'excavBtions à ciel ouvert. Si la carrière doit s'ou^ vrir $ur le$ flancs d*UD colline inculte, les déblais sont confusément projetés sur la déclivité de cette dernière* Si le sol, peu accidenté , est livré à la culture, le mineur enlève d'abord la .terre végétale, attaque les roehes qui recoiivrent la houille et en rejette les fragments derrière lui ; puis il procède è Tarrachement des strates , en prenant un front fort étendu et en employant des moyens analogues. à ceux dont il se sert dans les travaux sou* terrains. Lorsque Texcavation est comblée sur une eer-> taine surface, il rejette sur les remblais la terre végétale mise en résen'e , et quelques années après , le sol peut être rendu à la culture. Tel est le procédé usité dans quelques parties des affleurements de la couche Fanny, puissante de 7.80 mètres et recouverte de schiste d*une épaisseur moyenne de 3.75 mètres. On Texploite suivant la direction et sur un front d'autant plus large que Tinelinaison des stratifications est plus faible.

Lorsque l'épaisseur des terrains de recouvrement n'es^ pas beaucoup plus grande que la puissance de la couche, on trouve ce procédé plus avantageux que l'exploitation souterraine ; qui , dans les parties trop rapprochée» de la superficie , entraine des dépenses considérables, une grande perte de houille et des difflcultés nombreuses , pour l'en* tretien des galeries percées au milieu d'un terrain ordinairement peu solide -, enfin l'on évite les embrasements spontanés, si fréquents en Silésie pendant l'arrachement des couches puissantes ( 1 ).

(1) Des procédés analogues ont été appliqués à plusieurs gttes du midi de la France pour rarrachement de la tête des couches* Cest ainsi que l'on exploite celle du Treuil b Tirminy (Loire), celle de Commentry ( Allier ) et celle de Decazeville , dont la puissance excède 20 mètres et qui n'est recouverte que par des schistes de 10 k I) mètres d'épaisseur.

47i • Systèmes d'exploitation et d'arrachement usités dans ces districts.

Les couches minces s'exploitent par grandes tailles {breiten Blick); mais les produits stériles de la couche et de Tentaillement des roches encaissantes doivent suffire à combler les vides résultant de rarrachement, et le toit, assez solide, doit aussi permettre l'ouverture, au-devant du front de taille , d'une excavation de 30 à 80 mètres ; car telle est la largeur attribuée aux chantiers d'exploitation. Ce mode offre la plus grande analogie avec le système du Staffordshlre, objet d'une description ultérieure, surtout quant à la disposition des galeries. Le front de taille (Kohlenwand)^ devant toujours être parallèle aii plan des fissures naturelles , est conduit suivant la direction , l'inclinaison ou la diagonale.

Les couches dont la puissance excède un mètre et qui ne produisent que peu ou point de remblais, sont l'objet d'un arrachement par piliers et galeries. Tout ce qui a été dit ci-dessus relativement à la disposition des voies dans l'exploitation par plans automoteurs de Saarbrûcken, et par diagonales dans les districts de la Ruhr, s'applique , sauf quelques modifications de détail, aux travaux de la Silésie.

Les couches dont la puissance n'excède pas 4 mètres peuvent être excavées au mur; au-delà de celte limite, cette opération est dangereuse pour le haveur, sans cesse menacé par un massif de houille dont nul étai ne peut prévenir les éboulements.

Dans les stratifications de plus de S à 6 mètres d'épaisseur, le havage s'effectue vers le milieu de la hauteur, l'abattage des bancs supérieurs est suivi d'un nouveau havage,

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et Ton marche ainsi en avant , en soutenant le toit à l'aide d'étais qui s'appuient sur la pariie inférieure cle la couche restée en place. Alors^ revenant en arriére, les bancs inférieurs sont arrachés en substituant aux premiers bois des étais en rapport avec la hauteur de l'excavation.

Souvent des bancs de houille , momentanément abandonnés au toit , sont l'objet d'un abattage ultérieur aussi dangereux que difficile. La couche dite Gerhard y puissante de 5.75 mètres , donne lieu à un travail de ce genre. La tranche enlevée par l'ouverture des galeries est de 4.20 mètres ; il reste donc au couronnement une planche de 1 .50 à 1 .60 mètre d'épaisseur ; il en est de même pour le dépilage , pendant lequel les bancs supérieurs sont soutenus par des étais dispersés dans l'excavation ; ceux-ci reposent simplement sur le sol et sont maintenus en état de tension à l'aide de coins insérés, vers le faite. Chaque fois que le dépilage s'est avancé de 5 à 6 mètres , une rangée .d'étais est installée en contact avec le front de taille ; ces bois , liés entre eux par des arcs-boutants et des étrésillons, qui eu préviennent la flexion , constituent un barrage {orgel ^ ou versetzung). Les ouvriers provoquent alors la chute de la houille du faite en enlevant d'abord le barrage établi précédemment et en arrachant les étais dispersés dans l'excavation ; ils s'arment pour ce travail d'un crochet fixé à l'extrémité d'une longue perche et saisissent la partie supérieure des bois , tandis que d'autres ouvriers, frappant à leur base, les font glisser sur le mur. Ils n'arrachent d'abord que deux ou trois étais et attendent pour savoir comment se comporteront les bancs du couronnement. Si, apHès un certain laps de temps , la pression ne se fait pas sentir sur les bois voisins , ils enlèvent quelques-uns de ces derniers et surveillent les résultats de cette manœuvre. Si la chute se fait encore

attendre , et si des écrasements et des fractures se prononcent sur les étais les plus rapprochés , Ué hachent et abattent à coup de bélier ceux qui , ayant pénétré par leur tète dans la houille du faite , s'opposent à l'éboulenîeDt. Alors le toit s'écrase, la houille tombe et les ouvriers se hâtent de transporter les blocs dans la galerie inrérieure, en attendant le moment de provoquer une nouvelle écrasée. Telle est la marche de l'opération désignée par les ouvriers silésiens sous le nom de rapine {Dos Rauben), probablement parce que, à Timitation des voleurs, ils doivent agir avec prudence et célérité.

Dans plusieurs cas, une couche puissante , divisée en deux parties par une intercalation assez solide, est oensidérée comme formant deux couches distinctes. L'attaque commence par les bancs supérieurs , qui sont enlevés en totalité par le procédé des piliers et des galeries ; puis quelques années après, le toit s'étant affaissé , ayant comblé les cavités et pris son assiette , il est possible de procéder è Texploitation complète des bancs du mur. Ce mode 4 dont Texpérience a prouvé les avantages, a été imité par M. Harmet pour l'exploitation de la couche Lucie.

472. Nomenclature des employés et des ouvriers attachés aux mines allemandes.

Le maître-mineur (Sieiger) et les sous^^maitrca^mioeiirs {Unter$teiyer) sont des praticiens qui ont reçu une iostniC' tion théorique suffisante pour être en état de diriger les détails d'exploitation '^d'une mine. Avant d'être appelés à remplir ces fonctions, ils doivent justifier de leurs con-' naissances par un examen subi devant des délégués du gouvernement. Chaque mine de quelque importmoe eooi-

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prend un steiger et deux untersieiger. Les ouvriers d*une inioe (Bergleute) se divisent en quatre catégories !

l"*. Les mineurs proprement dits {GttteinhaetMr)^ chargés des percements dans les roches encaissantes. Us travaillent 8 heures et reçoivent une somme convenue à Tavance pour chaque unité linéaire d'avanoement.

3**. Les haveurs {HaetMr)j dans les mines de la Wurm et d'Escbweileri sont suivis des abatteurs {Abhohler)^ des étanfonûeurs {Stempeltetzer) et des ouvriers oceupés k Texhaussement des galeries { Naehreiser) ; tAûdïn que, dans le bassin de la Ruhr, les mêmes travailleurs excavent , abattent, boisent et font Favancement des voies perfedtio&nées. A Saarbrucken et en Silésie , ils prennent à leur compte tous les frais de main^l'Œuvre de la taille et se eharfent même d*une partie du transport. Cest dans ces deux derniers districts que se trouvent les haveurs d'épreuve {Probehaeu€r)y ouvriers de confiance qui remplacent pen« dant une journée les mineurs en réclamation sur les prix alloués et dont le travail sert à vérifier si les plaintes ont quelque fondement. Enfin, les boiseurs {Zimmerlinge ou Zimmennaenner) , travaillent aux réparations des galeries. L'arrachement de la houille et les travaux accessoires sont des opérations désignées par le terme générique de Kohlengewinnung .

3*. Les ouvriers occupés au transport intérieur ( Foerderleute) sont : Les traineurs {Schlepper)^ dont le salaire est basé sur la quantité de houille transportée et la distance parcourue ; la plupart du temps , ils sont astreints à charger eux-mêmes les vases de transport; lorsque ces ouvriers doivent pousser les voitures, ils portent le nom de Wagenstœsser. Les chargeurs (Fâ//er), employés quelquefois dans le transport à bras dliommes, deviennent indispensables pour les voitures traînées par des chevaux.

Les ouvriers attachés aux freins des plans automoteurs (Brernser). Les chargeurs au puits {An$cUaeger) eC ki décrocheursau jour (Jusslurzer). Le palefrenier-conducleur {Pferdeknecht) effectue un certain nombre de voyages par jour; il est à la solde de la mine. A Saarbrûcken et en Silésie , il dépend de Fentrepreneur du transport sur les grandes voies.

4*. Les ouvriers occupés au jour sont : Les mesureurs de charbons (Kohlenmesser) , dont la désignation indique suffisamment les fonctions. Les tireurs (Zieher) , qui mettent en mouvement les treuils dont on se sert pour extraire les produits des mines peu profondes. Les surveillants {Waerhr) des machines à vapeurs appliquées à l'extraction et à Tépuisement , leurs aides ( WaeriergehUfe), et un ou deux chauffeurs (Schuerer) , occupés à entretenir le feu sous les générateurs. Et enfin , le forgeron (Bar^êchmidt ) , employé à différents ouvrages de mine , entre autres , à refaire les pointes des outils ; il est payé, tantôt à la journée , tantôt à la pièce , d'après uo tarif comprenant la nomenclature des travaux de cette catégorie relatifs à une mine de houille.

Sim DU PAYS DE GALLES. 521) <

SECTION V% Bfi l'exploitation £N AN6LETBBRE.

Les circonstances inhérentes au gisement de la houille en Angleterre sont loin d*entratner les difficultés d'exploitation qu'offrent les terrains carbonifères du continent. Les stratifications se trouvant dans une position assez rapprochée de celles qu'elles occupaient après leur dépôt , sont , par conséquent , plus régulières que partout ailleurs. Les galeries d'allongement s'étendant quelquefois sur une longueur considérable , sans rencontrer un dérangement de quelque importance , les travaux se portent sans difficulté sur une immense étendue , et présentent simultanément une multitude de points d'attaque concentrés sur la même couche. Les rejettements , qui apportent de si grands obstacles à l'exploitation continentale , se rencontrent , il est vrai , dans les bassins carbonifères de l'Angleterre; mais ils sont en général assez éloignés les uns des autres ; il est inutile , la plupart du temps , de les percer, et ils peuvent être considérés comme les limites naturelles du champ d'exploitation. Ces dérangements favorisent même l'arrachement, en ce que, formés la plupart du temps d'une argile imperméable , il est possible d'exploiter des fragments du terrain sans être inquiété par lés eaux des stratifications gisant de l'autre côté de l'accident. TOME u. 34

530 CHAPITRE IV. — V*. «BCTIOn.

La richesse miaérale des divers bassins est générdement assez grande pour qu'on ne soii pas foreé d*«Ua|ii6r les couches dont Tépaisseur est au-dessous de O.SO et même 0.75 mètre , à moins qu'il ne s'agisse d'enlever simultanément une stratification voisine d'aiigile réfractaire ou de minerai de fer, ou que leurs produits exeeptionoels (le cannel cocU, par exemple) ne soient fort recherobés.

Le mineur anglais n'est pas forcé , comme celui du continent, de percer de puissantes stratifications aquifères, causes de difficultés et de dépenses considérables , mais seulement des sables mouvants ou des bancs de gravier incomparablement moins épais et plus faciles à traverser. Enfin , l'habileté des ouvriers anglais et les puissants moyens dont l'exploitant dispose expliquent la cause de la grande quantité de bouille produite par un seul puits de certains districts.

Les principales considérations qui guident le mineur anglais consistent à restreindre l'emploi des bois par tous les moyens possibles, et à rejeter les eaux au dehors du champ d'exploitation , sans s'inquiéler si les travaux limi-* trophes en souffrent et si la houille de la propriété voisine en reçoit quelque atteinte. L'importance attachée à une sévère économie dans les bois s'explique par cette circonstance que les sapins dont on se sert, provenant des montagnes d'Ecosse ou des forêts de la Norwège, sont d'un prix tel ( 1 ) qu'une consommation analogue à celle des mines de la Belgique ou de l'Allemagne entraînerait des dépenses à peu près équivalentes à la valeur vénale de la houille. Mais la solidité des roches eneaia*

(1) Les parties de galeries qui , dans le pays de Galles , doivent être boisées , coûtent pour les matériaux seulement IS fr. le yard courant (0.9, mètre). Voir Thomas Smith's Miners ptUie^ page M.

gOD DU PAYS DE fiALlIS. KSI

Sioleâ 681 teUe que le faiie dei galeries se soutient de lanméme ^ exeepté daûs ud petU nombre de points où se placent quelques étançons arrachés ensuite pour les employer plus loin. Dans certains districts » un ouvrier se croirait déshonoré s'il abandonnait dans la mine les bcfis qu'il â de la peine i retirer ; il les hache et les met en pièces plutôt que de les laisser dd>out. Jamais on ne toit en Angleterre , comme sur le continent , de ces grandes lignes d'étais si rapprochés les uns des autres qu'ils rappellent à la mémoire les tuyaux d'un jeu d'orgue.

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