‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 180 sur 193 · Comparaison entre les divers systèmes · texte numérisé non relu

Comparaison entre les divers systèmes

Les longs massifs semblent préférables aux piliers rec-* tangulaires de petites longueurs ; car les premiers offrenl une plus grande résistance à la pression des assises supérieures, et le charbon qu^ils renferment se maintient plus longtemps intact et sans dislocation. La probabilité d'obtenir cet important résultat est d'autant plus grande que les traverses pratiquées à travers les massifs sont moins rapprochées les unes des autres ; sous ce rapport , les dispositions adoptées dans la plupart des mines d'Allemagne semblent fort convenables quand il s'agit d'éviter Taffaiblissement des massifs. Les deux systèmes s'appliquent à toutes les couches, queUe que soit leur inclinaison; mais, lorsqu'elles sont minces, ils semblent peu avantageux , et il convient de leur substituer les grandes tailles.

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lAi principal inconvénient des mnssifs longs et des pi- Kers rectangulaires, provient de leur écrasement sous la pression du toit, de leur destruction partielle lorsqu'il s'écoule un laps de temps trop considérable entre la préparation et le dépilage, en sorte que la houille, réduite en menu, est tout ce qu'on peut attendre de cette opération , si, toutefois, Tétat du toit permet d'attaquer les massifs. Pour remédier à cet inconvénient, il suffit de déterminer l'étendue des champs d'exploitation, d'après la nature des roches encaissantes.

Les massifs longs et les tailles remblayées offrent plusieurs avantages; les premiers ne sont jamais recoupés pour les besoins de la ventilation; la préparation se faisant par chantiers d'une assez grande largeur, exige, proportionnellement, moins de main-d'œuvre que les galeries dont la section ne peut dépasser certaines limites; les tailles constituent d'ailleurs dés l'origine des travaux une véritable exploitation; mais ce mode de travail, par le seul fait qu'il donne des produits dès la première attaque de la couche , n'a rien qui sollicite l'exploitant à s'occuper du dépilage ; dès lors, la préparation s'étend sur une étendue de plus en plus grande , et lorsqu'elle se trouve portée à des distances défavorables au transport, il songe seulement à reprendre les massifs réservés. Or , pendant ce long espace de temps, le toit disloqué, les piliers écrasés, les galeries encombrées ou le mur gonflé, le contraignent & se contenter du percement de quelques tailles transversales dans les piliers, ou à les abandonner entièrement. En outre, les galeries fort développées sont l'objet d'un entretien très-coûteux, et le courant d'air, soumis à un parcours très-considérable, se trouve vicié longtemps avant sa sortie de la mine. La division du champ d'exploitation en un certain nombre de sections d'une surface limitée, TOME u. 38

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suffirait pour remédier à tous ces inconvénients; mais les idées progressives qui se sont développées chez les exploitants de Liège ont eu pour tendance rintroductioQ de nouveaux systèmes, et non le perfectionnement de celui qui est en usage depuis tant de siècles.

L'exploitation par grandes tailles semble la plus convenable dans son application aux couches dopt la puiasance ne dépasse pas 1.80 mètre; au-delà de celle limîle maximum, le volume des remblais n*est plus en rapport avec la capacité des excavations. Dans tous les cas, le toit^doit offrir quelque consistance, autrement Qe mode devient impraticable, ainsi que Font démontré les essaie tentés , à différentes reprises , dans les^ mines de houille du Centre du Hainaut.

Les grandes tailles usitées en Belgique se composent de plusieurs ateliers de petite hauteur, accolés les uns aux autres, et dont les fronts en retraite s'avancent simultanément dans le gite. Il ne faudrait pas conclure de cette circonstance qu'elles exigent un plus grand nombre de coupures que les tailles anglaises et silésienncs dont le front, en ligne droite ou sinueuse, est fort développé. Car celui-ci est recoupé , en général , & distances assez rapprochées, d entailles verticales qui Cacilitent Tabattage de la houille; en sorte que , dans ieç dçux circonstances, la main-d'œuvre est la même , et la quantité de gros blocs obtenus dépend , non du mode de travail, mais de la solidité de la couche. La disposition en gradins est d'ailleurs nécessitée , en Belgique , par une moindre consistance des assises du toit, qui ne peuvent rester dénudées sur un espace trop considérable.

Les grands chantiers sont très-avantageux; |e mineur ne perd aucune parcelle de charbon; la 4ii*cction du courant ventilateur est simple, le transport facile, e(c.

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Mai9 9 parmi (ouïes les nombreuses modifications dont ce mode est susceptible, Touvrage en retraite semble offrir une disposition très-convenable dans les cas où son application est possible. En effet, le mineur prend connais* sance de tous les accidents du terrain avant l'exploitation ; pquyani disposer ses chantiers à l'avance et de telle façon que Textraction ne soit jamais interrompue , il n*est jamais pris au dépourvu ; les galeries , se raccourcissant à mesure qpe les tailles avancent , exigent moins de réparations ; )e CQurant d*air est divisé en autant de branches que la fnine contient d'ateliers d'arrachement ; enfin les éboulemçnts ont peu d'importance, puisqu'il est indifférent que les points où ils se déclarent deviennent inaccessibles.

Si la mauvaise qualité des roches encaissantes ne permet pas l'ouverture de grandes tailles , l'exploitant peut avoir recours aux chantiers consécutifs et parallèles ; leur petite surface les préserve en partie des éboulements , et , par jeur succession en retraite sur le puits , ils jouissent de plusieurs des avantages signalés ci-dessus. Ce système a cependant de graves inconvénients : la minime quotité de produits résultant de chantiers isolés et fort étroits , et la nécessité d'attaquer non -seulement une couche sur plusieurs points, mais encore plusieurs couches simultanément , afin de subvenir aux besoins de l'extraction , et d'ouvrir , par conséquent , beaucoup de voies d*un entretien coûteux.

Quant aux couches puissantes, le procédé par piliers, l^aleries et estaux , encore usité dans un petit nombre de inioes d'Ecosse , cl celui par compartiments dont on se sert en Staffordshire , entraînent des pertes considérables de houille pour le soutien du toit et le maintien des galeries. L'exploitation par remblais rapportés semble indispensable dans les localités où des canaux , une rivière et

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de nombreux établissements ne permettent pas de troubler impunément la surface du sol ; mais la difficulté de se procurer des débris stériles en quantité suffisante est souvent très-grande et entraine des manipulations fort coûteuses. Le système d'Epinac réunit des conditions favorables , quant à Téconomie de main-d'œuvre et à rcnlévemenC complet de la houille ; mais le toit doit être assez solide pour se soutenir seul pendant un certain laps de temps, se briser ensuite, s'affaisser sur le mur de la couche et combler les excavations. Le procédé par étages successifs en descendant , consacré par une longue expérience dans les mines de Silésie , et dont les essais tentés à Blanzy ont été suivis d'un grand succès, semble si convenable pour l'exploitation des couches puissantes, que M. Combes, se fondant sur les travaux d'exploitation du gtte d'anthracite de la Mure (département de l'Isère) (i), propose de rappliquer non-seulement aux couches horizontales , mais encore aux stratifications fortement inclinées ou verticales.

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