Ventilateur à ailes planes de M. Letoret
Les ventilateurs de ce système sont connus depuits fort longtemps en Allemagne et en Belgique, où on les emploie pour l'aérage de tailles et de bouts de galeries dans lesquelles le courant d'air se refuse à pénétrer. Ils sont alors rarement appelés à agir par aspiration, mais bien plutôt par compression, amsi qu'on le verra dans l'une des sections suivantes. M. Letoret est le premier qui a eu Vidée de les appliquer & la ventilation générale d'une
AÉAAGB UiCkSmt. 153
mine de quelque importance ; c'est à lui que Ton doit la DOOYelle disposition indiquée dans les figures 5 et 6 de h phrnebe XXI.
Le ventilateur de Sainte- Victoire, pris ici comme exem* pie , est composé de quatre ailes k^ k, ou palettes rectangulaires en tdie de 0.003 mètre d'épaisseur , rivées sur des Biontants n, n en fer forgé; ceux-ci se réunissent, par articu* lation 0, o, à des bras m, m fixés à angle droit sur un arbre horizontal P P*; les articulations servent h faire varier Tinclinaison des ailes sur la direction du mouvement de rotation. Lorsque, par tâtonnement , on a trouvé la position correspondante au maximum d*effet utile ( si toutefois cette inclinaison exerce quelque influence ) , on la rend invariable à laide de demi-cercles fixés aux bras de Fappareil par Tune de leurs extrémités, tandis que l'autre, percée de trous, traverse les montants et la palette; on assujettit le demicercle au moyen de goupilles introduites dans les trous.
Le ventilateur est placé entre deux maçonneries creuses 5, 5* dont Tintérieur est en communication avec le puits de retour de Tair. Le courant, en sortant deccdernier, se bifurque 9 vient traverser les ouies T, T* percées autour de Taxe de rotation et dont le diamètre est moindre que celui de Tappareil. Les parois intérieures des maçonneries offrent des surfaces planes et bien dressées, afin que les palettes puissent se mouvoir sans frottement. L'espace libre laissé entre les parois et les tranches des ailes varie entre 0.03 et O.Oli mètre. Sur Farbre est fixée une poulie à gorge U recevant , par rintermédiaira, d*une courroie , le mouvement de rotation que lui communique le volant , d'un grand diamètre , fixé sur l'arbre de couche du moteur. Enfin, on place quelquefois au centre de Tappnreil un diaphragme formé de deux cônes en tôle très-évascs et opposés par leurs bases , afin d*empècber le choc de3 deux
courants dirigés en sens opposés ; nuiis Fauteur lui-même est enoore fort indécis sur l'utilité de cet organe, — Parmi les nombreux ventilateurs de ce genre qui ont été construits en Belgique , lès uns onl un diaphragme et d^autres en sont privés 9 sans qu'on ait pu constater jusqu^à présent la supériorité des premiers sur les seoonds*
Les éléments suivants , recueillis par M. Jocbams, ingé^ nieur du 9*. district des mines belges , serviront à faire apprécier l'effel utile de oe genre d^appareil; ils ont pour objet le ventilateur établi au puits 8ainte-8uzanne de la mine de Boyemont, prés de Cbarleroi, et celui de la Orande- Veine-du-Bois-d'Epinois, à Élouges (Couchant de Afons).
Aihkût IIÉGANIQI3B«
iW
^ * ) La fikree motrice dépensée a été calculée au moyen de la lor- ^*U« de M. Moria iAid»-Mémoin, page a07) ,
^ ^ Pi Pi r
^^>8 laquelle n est le nombre de eourses simples du piston; p, la
Les numéros d'ordre placés entre parenthèse désignent les expériences qui ont eu lieu sous Tinfluenoe de dis* positions exceptionnelles. Ainsi , dans la seconde , la partie supérieure du puits d*appel ayant été mise en eonmiunicalion directe avec l'atmosphère, le ventilateur n'a plus éprouvé d'obstacle de la part des frottements de l'air dans les galeries. L'expérimentateur avait pour but d'observer comment l'appareil se comporterait dans la circonstance exceptionnelle d'un courant libre de ses mouvements et jusqu'où pourrait s'élever la dépression.
Dans la troisième, on a recherché la valeur de l'effet utile sous l'influence d'une forte dépression , déterminée par l'obturation presque entière de l'orifice du puits d'appel.
Pendant les quatre premières expériences, les travaux renfermaient une galerie sans issue et divisée en deux compartiments ; l'air montait d'abord dans Tun de ces compartiments, puis redescendait par Pautre, sur une longueur de 60 mètres. Plus tard, la régularisation des
tension de la vapeur ; p' , la tension après ia détente ; v le volume engendré par le piston pendant Tadmission de ia vapeur » et IC un coefficient de réduction égal à 0.60.
Le coefficient adopté par M. Jochams ( 0.52 ) est une moyenne de celui que donne M. Claudel (0.5S) et de celui de HH. Grouvelle et Jaunez(0.46), c^est-à-dire la combinaison d*une valeur assez récente avec une autre valeur déduite d^expérienees faites à une époque où les ajustements et les dispositions des machines à vapeur laissaient beaucoup à désirer ; d*où résulte un coefficient peu en harmonie avec les moteurs que Ton construit actuellement en Belgique , ainsi que le prouvent plusieurs expériences , entre autres celles de M. Trasenster sur les machines de TEspérance et de Marihaye. Cet ingénieur trouve 0.03, tandis que les calculs suivants ne donnent que 0.00 , circonstance facilement explicable par la dilTérenoe de puis* sance des appareils mis en parallèle.
AÉRAOE aiÉCAmQUB. 157
travaux ayant ea pour résultat de supprimer le parcours descendant du courant, cette circonstance eut une influence fort avantageuse sur la ventilation, car, dans la einqirième expérience, le nombre des révolutions de Tappareil ayant été le même que dans la quatrième, la dépression fut également la même, et le volume d'air débité (6.939 M< au Ueu de K.093 M') augmenta de 1.83 mètre cube.
Le nombre de révolutions effectuées pendant la sixième expérience est trop petit pour permettre de le comparer aux autres.
Dans la huitième expérience, une cloison en bois obstruait la galerie qui réunit le ventilateur et le puits d*appel, en sorte que le courant ne pouvait se rendre dans l'appareil qu'en traversant les interstices existants entre la cloison et les parois de la galerie. Cette disposition a forcé la dépression & s'élever de 0.011 mètre, mais aux dépens du volume d'air , qui a été réduit de 53 pour cent.
Les moteurs sont des machines à vapeur à haute pression et sans condensation, de la force nominale de IS chevaux; le cylindre de la machine de Bayemont a 0.30 mètre de diamètre ; son piston une course de 0.60 mètre, pendant le quart de laquelle la vapeur agit par expansion. Le piston de la machine de la Grande-Veine a un diamètre de 0.31 mètre , sa course est de 0.61 mètre; la détente agit pendant les deux cinquièmes de cette dernière.
Si Ton supprime les expériences n*^. 2 , 3 , 6 et 8 , qui , comme on le sait , ont eu lieu dans des conditions anormales, il semble que les ventilateurs à ailes planes pubsent réaliser, en moyenne , 34 pour cent du travail du moteur.
158 CHAPITHB III. — V*. SECTION.