Travaux ne formant qu'une seule conduite
Une mine qui , sur une petite surface , possède plusieurs orifices de communication avec l'atmosphère , dans laquelle les galeries ont une grande section et une longueur médiocre, exige peu de dispositions particulières pour provoquer la circulation de l'air. Ainsi, dans les mines du , département de la Loire, la ventilation est singulièrement I facilitée par la multiplicité des puits et par les galeries à grande section qu'engendre naturellement la puissance des couches. En Silésie et à Saarbrucken , Taérage est rendu très-facile par la réunion des mêmes circonstances ; cependant le dégagement assez abondant d'hydrogène carboné force parfois les mineurs & diriger le courant d'air avec beaucoup de prudence et à le distribuer d'une manière convenable.
Lorsque le nombre des puits est peu considérable et que les galeries intérieures sont très-nombreuses , on doit prendre beaucoup de soins dans la conduite du courant d*air. Autrefois on réunissait toutes les galeries pour n*en
DISTRIBUTION DE l'aIR. 229
former qu*une seule conduite sinueuse, dont chaque extré* mité aboutissait à Fun des puits ; Tair descendait par Fun de ceux-ci , pénétrait dans cette conduite , qu'il parcourait dans toute son étendue , et sortait par le puits d'appel. Des remblais étaient entassés et des portes établies en certains points de la mine, afin de diriger la marche du courant. L'exemple contenu dans la figure 3 a quelque analogie avec le mode d'exploitation autrefois en usage dans les mines du Couchant de Mons. JC est une galerie à travers bancs qui a recoupé deux couches MN et OP; elle est divisée en deux compartiments par une cloison ; l'une de ses extrémités est en communication avec le puits d'entrée A; l'autre avec le puits de sortie B. Des portes obturantes p et p\ placées dans les deux compartiments de la galerie à travers bancs, forcent la totalité de l'air descendu en il à faire le tour des travaux, dans le sens indiqué par les flèches , avant de sortir par B.
Ce mode de distribution de l'air était, il n'y a pas longtemps , presque exclusivement employé en Belgique et dans le nord de l'Angleterre ; actuellement, sauf quelques exceptions, il est proscrit dans ces deux contrées. Les inconvénients de ce système proviennent du long circuit imposé au courant , circuit d'autant plus grand que les tra- Taux sont plus développés , et qui contribue à augmenter considérablement les frottements contre les parois. Comme l'air, en plusieurs parties de son parcours, doit descendre , il en résulte, en cas de dégagement de gaz inflammable, une force d'inertie tendant à diminuer l'activité de la ventilation. Enfin , en quelque point de la mine que se dégagent des gaz nuisibles , ils seront rencontrés par le courant ventilateur , qui les entraînera , et il est impossible qu'ils ne passent pas auprèa des ouvriers, dont ils détrui- • iront la santé , s'ils sont méphitiques , et sur les lumières
230 CHAPITRE III, V|% ÔWTION.
desquelles Us déterminaroot un^ expli^sion , ^i , daQ9 aoo gropd parcours , le courant a réuni du gax inflfirnmcible ei quantité suffisante pour produire cet effet. On verra , dam Ie9 paragraphes suivants, les moyqns de m sovatreire à ces inconvénients.
538. Des moyens de forcer le courant d'air à p^sw duns les foçcavations les phs reculées.
La tendance d'un courant d'air est naturellemeoi d^ cbpisir « pour passer d'un point à un autre , le chemin le plM8 court, celui qui présente la plus grande section; en un n)ot , le plus facile. S'il pouvait circuler librement en suivant se^ tendances , il arriverait , par suite de la dispor pitjon des nombreusea galeries constitutives de^ mines, que le renouvellement de l/air ne se ferait paa dans la plupMt des excavations ou il est absolument nécessaire*
Ainsi , dans la figure 4 de la planche XXIV, représentant une disposition encore quelquefois usitée dpns Iji pror vince de Liège , où À est le puits d'entrée et J? le puits de sortie, le courant ventilateur doit suivre tout le par** cours indiqué parles lettres^, D, F^ Gi B et S avant de retourner dans ratmosphère; mais il ne peut marcher directement de ^ en D qu'autant qu'on obstrue les petites ga-; leries a,b,c,dj sans cela, traversant (a plus rapprochée, telle que a, par exemple, ou, k son défaut, 6, le courant passerait immédiatement du puits d'entrée dan^ le puit^ de sortie. De même, les galeries F^ G^ H w seront aérées qu'autant que les conduites f.g^h opposent au passage de l'air un obstacle qui le fasse refluer sur les points cT^trémes.
Si les voies que l'on se propos d'obst,ruer sont devenues inutiles à la circi^lation des ouvriers ou aii( passage
BIgTRIBCTION DB l'aIR. 231
461 voiture», Tobstaole pourra être immobile et consistera ÇQ on mur de pierres sèciies ou de briques liées avec du mortier , ou ^ plus simplement^ en remblais fortement tassât e( no livrant passage à aucun filet détacbé du courant d^« (4*ob3tacle« au contraire, devra être mobile, si le «erriez de la mine exige un libre passage à travers I9 galerie qu'il s'agit de fermer. On se servait autrefois en Belgique d'une toile grossière , clouée è la partie sup^ Heure d'un châssis, et maintenue vers le bas par deux ou trois boucles qu'un enfant accrochait et décrochait sui* vaut les besoins du transport. Quoique cette disposition seit très^vicieuse , surtout dans les mines à grisou, puisqu'elle n'intercepte pas entièrement le courant ventilateur, et que Taérage de la mine se trouve ainsi confié aux maina d'un tout jeune enfont ; quoique cette disposition , qui de^ vrait être sévèrement proscrite, ait été la cause immédiate de plusieurs coups de feu , elle est cependant encore employée dans oertaines localités où l'esprit de routine a prévalu jusqu'à présent.
Is moyen le plus convenable d'empêcher le passage du courant ventilateur dans une galerie où Ton veut cependant conserver les moyens de circuler consiste à placer dea portes en chêne (fig. 7 et 8) très-solides, joignant exactement contre un châssis. L'ensemble est légèrement incliné du côté opposé à la battue, afin que, la porte^ lorsqu'elle cesse d'être maintenue ouverte par la main de l'homme , tombe et se ferme d'elie-mème par l'effet de son propre poids. Ces portes p, p, p ( fig. * ) » que Ton ouvre et ferme fréquemment, peuvent être désignées sous le nom de portes obturantet , pour les distinguer des portes prinâpateg P ( main doors ), destinées à intercepter la communication immédiate , établie dès l'origine , du puits d'entrée de Tair au puits de sortie. Ces dernières , fermées à clef»
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ne s'ouvrent que fori rarement et par le maitre mineur lui-même ; elles sont l'objet de précautions très-sév^es , puisque d'elles dépend la ventilation générale de la raine*
On place ordinairement dans chaque passage deux portes obturantes consécutives, mais on les espace suffisamment afin que rintervalle qui les sépare puisse contenir un eonvoi de voitures tout entier , et que la première soit déjà fermée lorsqu'il s'agit d'ouvrir la seconde. Dans les points très* dangereux de la mine , si une seule porte constamment close est jugée insuffisante , on en place trois , dont deux , par conséquent , restent constamment fermées*
Les portes régulatrices ont pour but de ne laisser passer , dans de certains quartiers , que des quantités d'air déterminées et de forcer l'excédant du courant à refluer dans les autres parties de la mine. Ce sont simplement des portes fissurées, fermant mal, ou desquelles on a enlevé une ou plusieurs planches ; mais il est plus convenable de pratiquer un guichet dans le panneau supérieur et d'en régler l'ouverture au moyen d'une planche mobile dans des coulisses. On détermine par expérience ou par tâtonnement la grandeur de l'ouverture, et on fixe invariablement la planche par un cadenas , dont le maitre-mineur seul conserve la clef. Ces portes sont désignées par les Anglais sous le nom de Sham ou Sheth doors.