‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles; (volume 3)Chapitre 92 sur 193 · SECTION IX · texte numérisé non relu

SECTION IX

OB8 ingbudies pans lbs mines db houiub. 571. Origine des incendies souterrains.

Les incendies rentrent aussi dans la cacégorte de ces éYénemenCs désastreux appartenant à la nomenclature déj& trop longue des accidents qui menacent la vie du mineur et Texistence de la mine. Les progrés d'un incendie souterrain sont fort lents , mais il est trés-difficile d'en combattre les effets avec succès. Il s'avance' incessamment , s'étend de plus en plus, chasse les ouvriers en répandant subitement au loin des vapeurs méphitiques. Heureux s'ils peuvent se

existent, ou en imagineront d*analogues; mais il est douteux ! qu*il8 les rendent d*ua usage beaucoup plus pratique.

L*injection , par un puissant moteur , d*un courant yif et yolumlneux d'air pur, et quelquefois d'un torrent capable de noyer les gaz antsibles et de les entraîner avec lui, serait peut-être un moyen efiOcace. Mais ce moteur, éminemment transportaUe , devrait, pour pouvoir fonctionner dans la plupart des galeries , n'avoir qu*un volume assez minime.

Enfin, la découverte d'une substance ou d'un composé doué de

la propriété d'absorber ou de solidifier promptement le carbone

résoudrait-elle la question? N'aurait-on pas à craindre l'hydrogène

pur surgissant .de la décomposition du gaz inflammable contenu

dans le mâange? Dans tous les cas, le temps de l'initiation de

l'homme h ces secrets de la chimie est-il déjà venu , si toutefois

\ il vient jam^s? Car la solidification du carbone n'est autre chose

I que la fabrication du diamant, et l'absorption de cette substance

I élémentaire se rattache aux mystères de la nutrition des plantes.

soustraire par la fuite à une asphyxie immioente ; plus heureux eneore si les 4ravaux ne eoulieiuieot pas de grisou , dosA le contact avec la flamme augmente le danger des résultats de plusieurs explosions successives.

Si le mineur n'a pu, dès le premier instant, arrêter les progrès du feu , il s'évertue, en lui faisant sa part, de limiter rétendue de son cercle d'action. Dans ce eii» travaillant à une faible distance de ce foyer, il est exposé, malgré toutes les précautions, à de fâcheuses brûlures , aux dangers résultant d'une atmosphère chargée d'acide carbonique et à la crainte incessante des explosions. Si , après être parvenu à concentrer rineendie, il doit pourvoir à rextractioo, son travail s'effectuera péniblement dans un milieu dont la tenih pérature est tellement élevée, qu'il devra se dépouiller de m vêtements jusqu'à la ceinture.

Trois causes produisent ces déplorables résultats f

l"*. L'imprudence ou l'imprévoyand^. Uo feu allumé dans un puits, le tocfeu du foyer d'aérage ou les étifK^Ues provenant d'une machine à vapeur placée à fiatérieur, peuvent mettre en combustion les bois de revêtement» Un ouvrier tenant sa lampe avec négligence peut embraser ah passant un bouchon de paille , des menus bols ou toute autre substance éminemment combustible ; en un mot, ils peuvent résulter de toutes les causes qui produisent les inceodicB dans les maisons d'habitation.

¥. L'inflammation du gaz hydrogène au moment ou il sort de la cavité dans laquelle il était renfermé ^ et qui , agissant par l'intermédiaire des fascinages , dés bols et même des houilles menues , détermine Tembrasement de ta houille en masse. L'incendie peut également être la suite d'une explosion de grisou.

3^ Enfin, réchauffement graduel des bouilleis abandonnées dans les travaux , échauffement accompagné d^uft

ll>fCtNDll9 BOUTIRRAINS. 319

! oboluknl dégagemenl d'trcide carbonique, peut être miivi dt

leur inflamaittion spontanée « Cette action a pour okjet exciu«aif certaine» qualités de combustibles ; elle a été longtemps attribuée à la présence des pyrites (fer sulfuré), qui, par leur décomposition sOUs Tinfluenee de rbumidîté de l'air « dégageni une chaleur assez intense pour enflammer leà menues houilles; mais les houilles les plus sulfuiPeuses n'étani pas toujours les plus sujettes à rembraéemenft) et les plus facilement inflammables étant celles dans les^ iiuellcs Tanalyse fait ordinairement reconnaître les plus laries proportions d'oxygène, on est conduit à penser que cet effet pourrait protenir plutôt de la combinaison de ce dernier gaz et du carbone, sous Tinfluence de l'humidité répandue dans l'atmosphère, combinaison d'où résulterait un dégagement d'acide carbonique aoeompagné d'une cha-» leur assez intense pour produire la combustion, pourvu 4outeidis que cette action ait lieu dans un espace ren-^ fermé où cependant l'air pénètre en quantité notable^ Si les incendies provenant de Timprudence des ouvriers ou de Tinflammation du gaz hydrogène ne peuvent être prévenus, il n'en est pas de même des embrasements sponumés, pour lesquels le mineur a à sa disposition des moyens prévenir fort simples, qui seront exposés ttllérieurcment.

372. Exemples de couches en combustion depuis un certain laps de temps.

La couche dite Ctronde^Moite de FaHzolU est pro^ bablement te seul gîte qui, actueUement en Belgique, soit la proie d'un ancien incendie. Celui-ci se manifeste depuis 1832 sur la crête d'une coUine située au sud

du village de Faiîzolle (entre Namur et Charleroi) el vers Taffleurement de la couche. Le voyageur s'aperçoit qu'il approche du foyer de Tincendie par des énaiMilions de gaz acide sulfureux ; celles-ci deviennent de plus en plus pénétrantes , jusqu'à ce qu'il aperçoive à ses pieds les matières embrasées à travers les soupiraux formés par les crevasses du terrain, sur lequel il rencontre, dispersés çà et là, de petits dépôts de fleur de soufre, provenant de la volatilisation des pyrites.

L'origine de ce feu souterrain doit être attribuée, d'après M. Bidaut (1), aux désordres résultant de l'exploitation de la couche par tous les habitants de FalizoUe, avant la concession de cette partie du terrain houiller. Ceux-ci , dans leur système d'exploitation aventureuse, se rencontraient dans les galeries intérieures , où ils se livraient à des rixes quelquefois sanglantes, en cherchant à se chasser mutuellement, tin des moyens employés pwr expulser des voisins incommodes consistait à produire , dans les excavations, des odeurs nauséabondes, en projetant de vieux cuirê sur un brasier ardent. Un jour, cette espèce de divertissement ayant eu lieu , grande fut la stupéfaction le lendemain , lorsque , voulant rentrer dans ies travaux, on trouva la houille embrasée. On essaya h plusieurs reprises d'éteindre l'incendie , mais toutes les tentatives furent vaines , et jusqu'à présent le feu a persévéré en se manifestant en un lieu de plus en 4>lus écarté du point de son origine.

Plusieurs couches puissantes du Centre et du Midi de la France, telles que la couche de la Ricamarie, près de St.-Étienne, celles de Decazeville, de la Taupe et du Creuzot , sont en combustion depuis un grand

{{) De la HouilU et de s(m emploi en Belgique y page 24.

tXCENDIES SÛUTCl^RAfXS. 5!21

fM>mbre d^années ; il a été impossible d*y porter remède par suite de la mauvaise direction donnée aux anciens tra* TMix, dans lesquels l'incendie s^est déclaré, ou de les inonder, TU leur position. En Silésie , les embrasements spontanés sont très-fréquents; les mineurs ont acquis une grande habileté pour les éteindre; mais autrefois il n'en était pas ainsi , et plusieurs couches de cette localité sont actuellement en pleine combustion depuis un temps immémorial , par exemple le versant méridional de la couche dite Heiniiz^ à Zabrze. Plusieurs stratifications sont également en feu dans le district de Saarbrûcken*

Les andens incendies ne sont pas moins nombreux en Angleterre et en Ecosse , où on les désigne sous le nom de Breednig fire. Certains embrasements de la couche principale du Staffordshire durent depuis fort longtemps. Ils se manifestent à la surface du sol par une lueur blanchâtre; les grés se vitrifient; les bancs d'argile plastique se transforment en une matière analogue à la porcelaine la phis dure; et enfin l'objet le plus rei^arquable est l'argile ferrugineuse, qui, par suite du haut degré de température , prend l'aspect de colonnes basaltiques d'environ 0.03 mètre de diamètre; elle devient si dure et si solide qu'on remploie pour l'entretien des routes ( 1 ).

Aux environs de Dudiey on voyait autrefois un jardin d'nne assez grande étendue dans lequel la neige se fondait dès qu'elle touchait la terre. Non-seulement les produits de ce jardin étaient très-printaniers , mais encore on pouvait iaire trcHs récoltes successives. Quoique le foyer de l'incendie fût très-rapproché de la surface du sol, il ne causait aucun dommage aux végétaux et favorisait la culture des plantes intertropicales.

(1) Robert Bald, extrait du Jamesan^s BdMurgh new phUoso^ pl^caiJaimaL Avril— Juin ISSS.

Tomt n. SI

322 CHAPITRE III. — IX*. SECTtOX.

L'embrasement de Tune des couches de la mine de KiU kerran ( Ayrshire) est fort ancien , puisque la colline qui recèle Tincendie est désignée , dans les plus anciennes cartes topographiques de la contrée , sous le nom de oMine brû", lante [Buming hill); ces cartes remontent iiu commencement du dernier siècle. La chaleur qui se dégage sur une grande partie de sa surface faisait fondre la neige et verdir Therbe pendant Fhiver; ces circonstances engagé* rent les possesseurs de ce terrain à y établir une école d'agriculture ayant pour objet les arbres des contrées équatoriales. L'opération eut un plein succès; la végétation était rapide et vigoureuse; mais le foyer de l'inoendie se déplaça; le jardin reprit peu à peu sa température normale ; en sorte que les possesseurs furent eontraints. d'abandonner oette singulière entreprise.

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